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Parc national de Coiba et sa zone spéciale de protection marine

Panama
Facteurs affectant le bien en 2016*
  • Cadre juridique
  • Impacts des activités touristiques / de loisirs des visiteurs
  • Infrastructures de transport maritime
  • Pêche/collecte de ressources aquatiques
  • Ressources humaines
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Élevage de bétail / pacage d’animaux domestiques
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Elevage (présence permanente et croissante de bétail) 
  • Système de gestion (mise en œuvre retardée du plan de gestion)
  • Infrastructure de transport maritime (projet de construction d'une base navale)
  • Cadre juridique (absence de réglementation explicite)
  • Pêche/ collecte de ressources aquatiques 
  • Ressources humaines (capacités de gestion insuffisantes)
  • Impacts des activités touristiques / de loisirs des visiteurs
Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO jusqu'en 2016

Montant total accordé au bien: 350 000 dollars EU (planification de gestion, installation de bouées d'amarrage pour les bateaux de plongée, travail avec les communautés locales, renforcement des capacités, plan d'utilisation du bien par le public, travaux visant à une meilleure compréhension par les intervenants locaux des mesures de protection juridique) 

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2016
Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars E.U.
Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2016

Le 27 novembre 2015, l'État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/1138/documents/, et qui fournit les informations suivantes :

  • Le retrait du bétail de l’île de Coiba est la priorité du Directorat national des aires et de la faune protégées relevant du ministère de l’environnement nouvellement établi ;
  • Les mécanismes financiers du Fonds de Coiba sont en cours d’élaboration et leur mise en œuvre devrait intervenir au début de 2016 ;
  • A la suite de l’évaluation du plan de gestion du parc national de Coiba, sa validité a été étendue à cinq ans. Sa révision sera achevée d’ici juillet 2017 ;
  • Un certain nombre de mesures sont prévues pour renforcer le Conseil exécutif du parc national ;
  • Aucune infrastructure supplémentaire n’a été construite dans la base navale et l’effectif du personnel militaire présent sur l’île reste faible (11 personnes). Le personnel du parc national a organisé des réunions avec le personnel militaire ainsi que des présentations concernant la conservation du bien ;
  • Un plan d’utilisation publique (PUP) du bien est en cours d’élaboration, qui identifiera sa capacité d’accueil et établira les limites de changement acceptable ;
  • Le ministère de l’environnement et l’autorité des ressources aquatiques du Panama traversent une phase de restructuration concernant leurs rôles respectifs dans l’application des réglementations de la Zone spéciale de protection marine du bien (SZMP) ;
  • L’autorité des ressources aquatiques du Panama introduit actuellement des changements afin d’améliorer la gestion des pêcheries au niveau national. En 2016, il est prévu d’évaluer les activités de pêche de la SZMP et d’élaborer des propositions de gestion grâce à une approche participative. L’Etat partie confirme que l’enlèvement des nageoires des requins est une pratique interdite au Panama ;
  • Il est rapporté que le bien se trouve dans un bon état général de conservation, notamment les communautés des récifs coralliens qui sont en bonne santé.

Le 11 mars 2016, l’Etat partie a soumis des informations complémentaires, à savoir une copie de la résolution adoptée par le ministère de l’environnement qui autorise le retrait du bétail de l’île de Coiba et demande aux autorités concernées d’élaborer et d’appliquer un plan de travail pour ces activités.

Le 13 avril 2016, l’Etat partie a fourni des informations complémentaires sur le projet visant à évaluer les activités de pêche et le développement des actions de gestion pour les principales pêches artisanales, commerciales et de loisir de la SZMP. L’Etat partie déclare également que le développement du PUP visant le bien est dans sa dernière phase d’élaboration.

Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2016

Les mesures entreprises par l’Etat partie pour mettre en œuvre les recommandations de la mission de 2014 sont les bienvenues.

La résolution adoptée récemment par le ministère de l’environnement qui autorise le retrait du bétail de l’île de Coiba est bien accueillie, mais étant donné la lenteur des progrès constatée dans le traitement de cette question jusqu’à présent et le retard pris sur le précédent calendrier proposé par l’Etat partie, il est impératif que l’Etat partie définisse rapidement un calendrier de mise en œuvre de ce projet.

Il est noté la décision d’élaborer un PUP pour le bien, afin d’identifier sa capacité d’accueil et les limites d’un changement acceptable. Des informations détaillées sur le PUP n’ont toutefois pas été fournies. Bien que le développement de ce type de plan soit important pour garantir que l’utilisation publique, en particulier les activités touristiques, soient strictement réglementées, il reste à définir dans quelle mesure ce plan peut traiter la demande du Comité de s’assurer qu’aucun projet d’aménagement ne sera autorisé dans les limites du bien et que les impacts cumulatifs sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien causés par des projets de développement sur le continent seront effectivement traités.

Tandis que la communication entre le personnel du parc national de Coiba et le personnel militaire de la base navale est notée, l’Etat partie n’a fourni aucune information spécifique sur la mise en œuvre des mesures de biosécurité sur la base.

Les progrès indiqués concernant la réglementation sur la pêche dans la SZMP sont notés. Il convient toutefois de rappeler que le Comité, par sa décision 38 COM 7B.84, a exprimé son inquiétude concernant les impacts négatifs de la pêche et que la mission de 2014 concluait que les pêches, en particulier la pêche illégale et la pêche de loisir, faisaient peser une menace sur la VUE du bien. Les mesures mentionnées par l’Etat partie pour traiter les problèmes et le projet d’évaluation des activités de pêche ainsi que le développement d’actions de gestion des principales pêcheries dans la SZMP sont les bienvenus mais ne suffiront pas à traiter entièrement les impacts des pêcheries présentes sur le bien. Rappelant que l’achèvement et la mise en œuvre du plan de gestion pour la SZMP était une demande essentielle du Comité dans sa décision 38 COM 7B.84, d’importantes mesures supplémentaires dans le cadre d’une réponse de gestion consolidée sont nécessaires, conformément aux recommandations détaillées formulées par la mission de 2014, afin de traiter entièrement ce problème. En l’absence de progrès significatifs, il sera considéré que la menace que fait peser la pêche non réglementée représente un danger potentiel pour la valeur universelle exceptionnelle du bien, conformément au Paragraphe 180 des Orientations.

Un certain nombre de changements institutionnels ont récemment été introduits au Panama, en particulier la création du ministère de l’environnement en 2015. L’Autorité des ressources aquatiques est en cours de restructuration et la validité du plan de gestion du parc national de Coiba a été étendue et subit actuellement une révision. Malgré ces changements institutionnels, il sera crucial d’éviter de nouveaux retards dans la mise en œuvre des demandes du Comité et de garantir que les mesures principales sont entreprises, telles que la révision et la mise en œuvre du plan de gestion du bien, l’élaboration et l’application d’une législation complète sur la pêche, la formulation de réglementations explicites qui garantiraient qu’aucun développement côtier ne serait autorisé dans les limites du bien et l’opérationnalisation du Fonds de Coiba. L’absence prolongée des principaux instruments législatifs et de gestion constituera un danger potentiel évident pour la VUE et l’intégrité du bien. Etant donné l’absence de progrès significatifs concernant le traitement des demandes précédentes du Comité, il est recommandé que le Comité demande à l’Etat partie d’inviter une mission de suivi réactif de l’UICN pour évaluer l’impact de la pêche non réglementée, évaluer les progrès de la mise en œuvre des recommandations de la mission de 2014 et fournir un conseil technique à l’Etat partie sur la mise en œuvre urgente des recommandations restantes dans le contexte du nouveau cadre institutionnel du bien.

Décisions adoptées par le Comité en 2016
40 COM 7B.76
Parc national de Coïba et sa zone spéciale de protection marine (Panama) (N 1138rev)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 38 COM 7B.84, adoptée à sa 38e session (Doha, 2014),
  3. Accueille favorablement l’adoption d’une résolution autorisant le retrait du bétail du bien, ce qui devrait permettre de traiter les retards importants constatés concernant ce problème, et demande à l’État partie de retirer le bétail de manière tout à fait prioritaire ;
  4. Note avec inquiétude qu’aucun progrès significatif n’a été réalisé concernant la mise en œuvre d’un certain nombre de demandes importantes du Comité, en particulier celles liées aux réglementations garantissant qu’aucun développement côtier n’est autorisé dans les limites du bien et la gestion des pêcheries, et considère qu’une absence prolongée de réglementations effectives et de programmes de gestion à cet égard constituerait un danger potentiel pour la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, conformément au paragraphe 180 des Orientations;
  5. Réitère ses demandes à l’État partie de :
    1. Faire en sorte que le Fonds de Coiba soit pleinement opérationnel de manière prioritaire et que le Conseil de direction renforce son pouvoir de décision, en associant les représentants du secteur du tourisme et des communautés locales des zones côtières face à Coiba,
    2. Veiller rigoureusement à ce qu’aucun projet de développement ne soit autorisé dans les limites du bien et à traiter de manière effective les impacts cumulatifs causés par des projets de développement sur le continent sur la valeur universelle exceptionnelle du bien,
    3. Compléter, mettre en œuvre et faire respecter en priorité le plan de gestion pour la Zone spéciale de protection marine (ZSPM), qui devrait inclure une réglementation explicite de la gestion des pêches, indiquant les zones interdites et les fermetures saisonnières de zones critiques telles que le banc Hannibal, l’île Montuosa et l’île d’Uva, et fournir une version électronique et trois exemplaires imprimés du projet de plan de gestion de la ZSPM pour examen par le Centre du patrimoine mondial et l’UICN ;
  6. Demande également que l’État partie invite une mission de suivi réactif de l’UICN à évaluer les impacts de la pêche non réglementée, évaluer les progrès concernant la mise en œuvre des recommandations de la mission d’évaluation de 2014 et offrir des conseils techniques concernant la mise en œuvre urgente des recommandations toujours en attente dans le contexte du nouveau cadre institutionnel ;
  7. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2017, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017.
Projet de décision 40 COM 7B.76

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 38 COM 7B.84, adoptée à sa 38e session (Doha, 2014),
  3. Accueille favorablement l’adoption d’une résolution autorisant le retrait du bétail du bien, ce qui devrait permettre de traiter les retards importants constatés concernant ce problème, et demande à l’Etat partie de retirer le bétail de manière tout à fait prioritaire ;
  4. Note avec inquiétude qu’aucun progrès significatif n’a été réalisé concernant la mise en œuvre d’un certain nombre de demandes importantes du Comité, en particulier celles liées aux réglementations garantissant qu’aucun développement côtier n’est autorisé dans les limites du bien et la gestion des pêcheries, et considère qu’une absence prolongée de réglementations effectives et de programmes de gestion à cet égard constituerait un danger potentiel pour la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, conformément au Paragraphe 180 des Orientations;
  5. Réitère ses demandes à l’Etat partie de :
    1. Faire en sorte que le Fonds de Coiba soit pleinement opérationnel de manière prioritaire et que le Conseil de direction renforce son pouvoir de décision, en associant les représentants du secteur du tourisme et des communautés locales des zones côtières face à Coiba,
    2. Veiller rigoureusement à ce qu’aucun projet de développement ne soit autorisé dans les limites du bien et à traiter de manière effective les impacts cumulatifs causés par des projets de développement sur le continent sur la valeur universelle exceptionnelle du bien,
    3. Compléter, mettre en œuvre et faire respecter en priorité le plan de gestion pour la Zone spéciale de protection marine (ZSPM), qui devrait inclure une réglementation explicite de la gestion des pêches, indiquant les zones interdites et les fermetures saisonnières de zones critiques telles que le banc Hannibal, l’île Montuosa et l’île d’Uva, et fournir une version électronique et trois exemplaires imprimés du projet de plan de gestion de la ZSPM pour examen par le Centre du patrimoine mondial et l’UICN ;
  6. Demande également que l’Etat partie invite une mission de suivi réactif de l’UICN à évaluer les impacts de la pêche non réglementée, évaluer les progrès concernant la mise en œuvre des recommandations de la mission d’évaluation de 2014 et offrir des conseils techniques concernant la mise en œuvre urgente des recommandations toujours en attente dans le contexte du nouveau cadre institutionnel ;
  7. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2017, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017.
Année du rapport : 2016
Panama
Date d'inscription : 2005
Catégorie : Naturel
Critères : (ix)(x)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2015) .pdf
arrow_circle_right 40COM (2016)
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* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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