Faites une recherche à travers les informations du Centre du patrimoine mondial.

Réserves de la cordillère de Talamanca-La Amistad / Parc national La Amistad

Costa Rica, Panama
Facteurs affectant le bien en 2015*
  • Infrastructures de transport de surface
  • Infrastructures hydrauliques
  • Modification du régime des sols
  • Élevage de bétail / pacage d’animaux domestiques
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Construction de barrages hydroélectriques près du bien au Panama et effets connexes (présence humaine accrue près du bien, interruption du couloir de migration d’espèces aquatiques)
  • Empiètements (établissements humains, élevage bovin extensif)
  • Projet de construction de routes à travers le bien dans la partie panaméenne
Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO jusqu'en 2015

Montant total accordé: 30 000 dollars EU du Fonds de Réponse Rapide

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2015
Demandes approuvées : 9 (de 1982-1997)
Montant total approuvé : 276 350 dollars E.U.
1997 Technical assistance for Talamanca-La Amistad (NOT ... (Approuvé)   19 900 dollars E.U.
1992 Repair of damage to housing of staff at Talamanca -La ... (Approuvé)   10 000 dollars E.U.
1990 La Amistad: construction of 3 guard posts, purchase of ... (Approuvé)   50 000 dollars E.U.
1990 Various conservation and training activities for La ... (Approuvé)   50 000 dollars E.U.
1988 Equipment and financial contribution for strengthening ... (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
1985 Improvement of infrastructure, implementation of the ... (Approuvé)   40 000 dollars E.U.
1985 Strengthening the protection and management of ... (Approuvé)   32 150 dollars E.U.
1983 Training programme, improvement of infrastructures and ... (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
1982 In situ training of wardens of La Amistad Reserve (Approuvé)   14 300 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2015**

Février 2008 : mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN ; décembre 2011 : mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN ; janvier 2013 : mission suivi réactif de l’UICN

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2015

Un rapport conjoint sur l’état de conservation du bien a été soumis par les États parties du Costa Rica et du Panama le 4 février 2015, qui est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/205/documents/.

Le rapport confirme que la construction du projet hydroélectrique Bonyic se poursuit et que le barrage a été achevé en décembre 2014. La centrale est actuellement en phase d’essai et le rapport note sa conformité avec les mesures d’atténuation et de compensation du plan de gestion environnementale. Un système est en place pour surveiller la faune d’eau douce potentiellement affectée sur le long terme et des mesures d’atténuation ont été mises en place pour certaines espèces de poissons affectées. Des progrès sont signalés dans la résolution des conflits sociaux associés au projet, auquel s’opposent les membres de la communauté Naso. Toutefois, quelques points demeurent en suspens et ne sont pas davantage développés. Des mesures d’atténuation ont également été élaborées pour le projet hydroélectrique CHAN75 et un suivi de certaines espèces de poissons migrateurs est en cours.

Une étude d’impact sur l’environnement (EIE) pour la nouvelle centrale hydroélectrique (Chan II), également située sur la rivière Changuinola, a été approuvée en 2013. Le rapport note que le projet se situe au sein de la forêt protégée de Palo Seco et reconnaît qu’il se traduirait par des impacts cumulés sur la faune aquatique et terrestre du bien ainsi que par le déplacement forcé de populations locales. Les 20 et 30 mars 2015, l’État partie a fait part d’informations complémentaires sur le projet, déclarant qu’il avait provisoirement été suspendu et qu’il était actuellement réexaminé par l’ANAM (Autoridad Nacional del Ambiente) à la suite de modifications apportées dans la conception du projet proposé par l’EGESA (La Empresa de Generación Eléctrica, S.A.) susceptibles de potentiellement réduire les impacts négatifs sur la forêt protégée de Palo Seco.

D’autres informations sont données sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre des autres demandes du Comité :

  • Les plans de gestion des éléments costaricains et panaméens du bien sont signalés comme ayant un degré élevé d’harmonie ; néanmoins, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour harmoniser les systèmes de zonage ;
  • Aussi bien au Costa Rica qu’au Panama, des élevages d’animaux localisés au sein du bien sont signalés mais la situation s’est stabilisée et aucune augmentation de ces activités n’a été enregistrée ;
  • Aucune EIE pour une quelconque infrastructure routière susceptible de traverser le bien n’a été enregistrée ;
  • L’État partie du Panama reconnaît la pénurie de personnel du fait de réductions budgétaires et travaille sur des stratégies permettant d’impliquer le secteur privé, en particulier les entreprises des deux projets hydroélectriques existants, pour augmenter les effectifs.
Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2015

Les informations fournies par les États parties qui montrent que plusieurs menaces affectant le bien (pâturage de bétail, construction de route) n’ont pas progressé sont encourageantes. Les progrès accomplis en matière de collaboration transfrontalière doivent également être loués, même si les États parties déplorent le manque de personnel pour réaliser des patrouilles conjointes régulières et soulignent la nécessité d’impliquer les autres agences gouvernementales dans les activités dans la région de la frontière.

D’un autre côté, le développement actuel de l’énergie hydraulique au Panama soulève de considérables préoccupations. Malgré la demande du Comité de suspendre le projet Bonyic jusqu’à ce qu’une évaluation environnementale stratégique (EES) générale pour le bien ait été préparée, ce qui a été exprimé dans la Décision 34 COM 7B.32 et réitéré dans la Décision 37 COM 7B.31, le barrage a été achevé en décembre 2014. Bien qu’une EES préliminaire ait été terminée en 2012, aucune avancée significative n’a été faite pour l’élaboration d’une EES complète pour le bien. Qui plus est, en dépit de la demande du Comité « de ne pas autoriser d’autres projets d’aménagements hydroélectriques (…) à l’intérieur ou directement adjacents au bien », le projet Changuinola II a été approuvé en 2013. Les informations complémentaires remises par l’État partie du Panama en mars 2015 signalent que le projet est actuellement réexaminé par l’ANAM (Autoridad Nacional del Ambiente) à la suite de modifications apportées dans la conception du projet susceptibles de potentiellement réduire les impacts négatifs sur la forêt protégée de Palo Seco. Toutefois, notant que le rapport sur l’état de conservation soumis par les États parties conclut que ce projet impliquerait des impacts cumulés sur la faune aquatique et terrestre et affecterait directement deux populations indigènes, il est essentiel qu’un tel examen du projet soit accompagné par une EES détaillée pour le bien qui doit être préparée de toute urgence et que tous les projets ayant des impacts potentiels sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien soient suspendus jusqu’à sa réalisation. Le besoin réel d’une EES globale est encore plus évident lorsque l’on considère le plan national d’électricité 2014-2028 du Panama qui inclut non seulement la centrale Changuinola II mais mentionne également qu’un autre projet hydroélectrique potentiel sur le Rio Teribe (pour l’heure un cours d’eau intact, prenant sa source dans le bien) est « à l’étude ». Il est recommandé au Comité de prier les États parties d’élaborer cette EES afin de guider le développement de tout projet hydroélectrique et autre infrastructure d’envergure pour veiller à ce que ces aménagements n’aient pas un impact négatif sur la VUE de ce bien transfrontalier. Tout développement de nouveau projet d’hydroélectricité avant la finalisation de l’EES représenterait un danger potentiel manifeste pour la VUE et l’intégrité du bien et devrait par conséquent conduire à envisager l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

L’élaboration de mesures d’atténuation pour les projets hydroélectriques existants est favorablement accueillie ; toutefois, ces mesures, basées sur des espèces individuelles, ne peuvent pas compenser l’impact causé par la construction de barrages sur l’ensemble des espèces d’eau douce. La création d’un système de suivi à long terme pour certaines espèces d’eau douce est une initiative bienvenue qui devrait aider à évaluer la portée et l’efficacité des mesures d’atténuation. Il est recommandé que le Comité demande à l’État partie du Panama de soumettre avec son prochain rapport sur l’état de conservation les résultats préliminaires de ces programmes de suivi, ainsi qu’une évaluation détaillée de l’efficacité des mesures d’atténuation.

Décisions adoptées par le Comité en 2015
39 COM 7B.28
Réserves de la cordillère de Talamanca-La Amistad / Parc national La Amistad (Costa Rica / Panama) (N 205bis)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-15/39.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 37 COM 7B.30, adoptée à sa 37e session (Phnom Penh, 2013),
  3. Félicite les États parties pour les progrès accomplis dans le renforcement de la coopération transfrontalière et la réduction des menaces qui pèsent sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien résultant de l’empiètement de l’agriculture, du pâturage de bétail et d’une potentielle construction de route ;
  4. Regrette vivement que, malgré les décisions antérieures du Comité, la construction du barrage Bonyic ait été terminée sans tenir compte au préalable des résultats d’une évaluation environnementale stratégique (EES) globale, et prie insta mment les États parties d’élaborer en priorité une telle évaluation, sur la base des résultats de l’EES préliminaire menée à bien en 2012, et en consultation avec l’UICN, si nécessaire ;
  5. Note avec inquiétude les impacts sur la biodiversité d’eau douce dans pour le moins deux bassins versants (Changuinola et Bonyic), et demande à l’État partie du Panama de veiller à ce que les résultats des programmes de suivi élaborés orientent des mesures adéquates pour minimiser la perte de biodiversité ;
  6. Considère que tout développement de nouveau projet d’hydroélectricité avant la finalisation de l’EES conduirait à l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril ;
  7. Note également avec inquiétude qu’un nouveau projet d’hydroélectricité sur la rivière Changuinola (Chan II) a été approuvé en 2013, qu’il devrait, selon les États parties, avoir des impacts cumulés sur la faune aquatique et terrestre et implique des risques de conflits sociaux avec les populations locales et, notant l’actuel réexamen rapporté du projet à la suite de propositions de modifications de sa conception, prie aussi instamment l’État partie du Panama de ne pas reprendre ce projet, tant que :
    1. l’EES pour le bien n’a pas été réalisée afin de guider l’examen du projet,
    2. le projet n’a pas fait l’objet d’une étude d’impact sur l’environnement indépendante incluant une évaluation spécifique des impacts potentiels sur la VUE du bien conformément à la Note de conseil de l’UICN sur le patrimoine mondial : l’évaluation environnementale,
    3. une procédure régulière n’a pas été suivie pour obtenir le consentement libre, préalable et informé des populations indigènes ayant des droits territoriaux sur les terres concernées ;
  8. Demande également aux États parties de mettre en œuvre toutes les autres recommandations de la mission de suivi réactif 2013 de l’UICN ;
  9. Demande en outre aux États parties d’inviter une mission de suivi réactif de l’UICN sur le bien pour évaluer les progrès accomplis dans l’élaboration de l’EES, apporter l’assistance technique nécessaire et évaluer l’efficacité des mesures d’atténuation élaborées pour les projets Bonyic et CHAN-75 ;
  10. Demande par ailleurs aux États parties de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2016, un rapport actualisé, incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points qui précèdent, incluant une évaluation de l’efficacité des mesures d’atténuation élaborées pour les projets hydroélectriques existants, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 40e session en 2016, en vue d’envisager, en cas de confirmation d’un danger avéré ou potentiel pour la valeur universelle exceptionnelle, l’inscription éventuelle du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.
Projet de décision : 39 COM 7B.28

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-15/39.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 37 COM 7B.30, adoptée à sa 37e session (Phnom Penh, 2013),
  3. Félicite les États parties pour les progrès accomplis dans le renforcement de la coopération transfrontalière et la réduction des menaces qui pèsent sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien résultant de l’empiètement de l’agriculture, du pâturage de bétail et d’une potentielle construction de route ;
  4. Regrette vivement que, malgré les décisions antérieures du Comité, la construction du barrage Bonyic ait été terminée sans tenir compte au préalable des résultats d’une évaluation environnementale stratégique (EES) globale, et prie insta mment les États parties d’élaborer en priorité une telle évaluation, sur la base des résultats de l’EES préliminaire menée à bien en 2012, et en consultation avec l’UICN, si nécessaire ;
  5. Note avec inquiétude les impacts sur la biodiversité d’eau douce dans pour le moins deux bassins versants (Changuinola et Bonyic), et demande à l’État partie du Panama de veiller à ce que les résultats des programmes de suivi élaborés orientent des mesures adéquates pour minimiser la perte de biodiversité ;
  6. Considère que tout développement de nouveau projet d’hydroélectricité avant la finalisation de l’EES conduirait à l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril ;
  7. Note également avec inquiétude qu’un nouveau projet d’hydroélectricité sur la rivière Changuinola (Chan II) a été approuvé en 2013, qu’il devrait, selon les États parties, avoir des impacts cumulés sur la faune aquatique et terrestre et implique des risques de conflits sociaux avec les populations locales et, notant l’actuel réexamen rapporté du projet à la suite de propositions de modifications de sa conception, prie aussi instamment l’État partie du Panama de ne pas reprendre ce projet, tant que :
    1. l’EES pour le bien n’a pas été réalisée afin de guider l’examen du projet,
    2. le projet n’a pas fait l’objet d’une étude d’impact sur l’environnement indépendante incluant une évaluation spécifique des impacts potentiels sur la VUE du bien conformément à la Note consultative de l’UICN sur le patrimoine mondial : l’évaluation environnementale,
    3. une procédure régulière n’a pas été suivie pour obtenir le consentement libre, préalable et informé des populations indigènes ayant des droits territoriaux sur les terres concernées ;
  8. Demande également aux États parties de mettre en œuvre toutes les autres recommandations de la mission de suivi réactif 2013 de l’UICN ;
  9. Demande en outre aux États parties d’inviter une mission de suivi réactif de l’UICN sur le bien pour évaluer les progrès accomplis dans l’élaboration de l’EES, apporter l’assistance technique nécessaire et évaluer l’efficacité des mesures d’atténuation élaborées pour les projets Bonyic et CHAN-75 ;
  10. Demande par ailleurs aux États parties de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2016, un rapport actualisé, incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points qui précèdent, incluant une évaluation de l’efficacité des mesures d’atténuation élaborées pour les projets hydroélectriques existants, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 40e session en 2016, en vue d’envisager, en cas de confirmation d’un danger avéré ou potentiel pour la valeur universelle exceptionnelle, l’inscription éventuelle du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.
Année du rapport : 2015
Costa Rica Panama
Date d'inscription : 1983
Catégorie : Naturel
Critères : (vii)(viii)(ix)(x)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2015) .pdf
arrow_circle_right 39COM (2015)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


top