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La ville de pierre de Zanzibar

République-Unie de Tanzanie
Facteurs affectant le bien en 2014*
  • Cadre juridique
  • Habitat
  • Impacts des activités touristiques / de loisirs des visiteurs
  • Ressources financières
  • Ressources humaines
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Vastes infrastructures et/ou installations touristiques / de loisirs
  • Autres menaces :

    Pressions environnementales liées au projet du port de Malindi ; Catastrophes naturelles et absence de préparation aux risques

Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Pressions du développement ; 
  • Pressions environnementales liées au projet du port de Malindi ;
  • Catastrophes naturelles et absence de préparation aux risques ; 
  • Pressions des visiteurs/touristes ; 
  • Manque de ressources ; 
  • Absence de cadre juridique. 
Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO jusqu'en 2014

Montant total accordé au bien : 24 000 dollars EU pour l’inventaire des espaces publics de Zanzibar (Fonds-en-dépôt des Pays-Bas)

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2014
Demandes approuvées : 1 (de 1998-1998)
Montant total approuvé : 15 000 dollars E.U.
1998 Preparation of a nomination file for the Zanzibar Stone ... (Approuvé)   15 000 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2014**

Mai 2008 : mission Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; janvier 2011 : mission ICOMOS de suivi réactif ; septembre/octobre 2013 : mission consultative de l’ICOMOS 

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2014

Le 31 janvier 2014, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation, dont un résumé analytique est consultable à https://whc.unesco.org/fr/list/173/documents/. Une mission consultative de l’ICOMOS a été effectuée du 30 septembre au 3 octobre 2013. On trouvera à l’adresse https://whc.unesco.org/fr/list/173/documents le rapport de cette mission, la matrice et les directives approuvées pour les plans révisés et la restauration du bâtiment du Mambo Msiige à Shangani-Zanzibar, ainsi que les commentaires de l’État partie sur le rapport de la mission consultative.

  • Projet du Mambo Msiige : En 2011, des informations ont été reçues au sujet d’un projet de construction hôtelière utilisant partiellement le bâtiment historique du Mambo Msiige et l’espace public classé adjacent. Le Comité a fait part de sa préoccupation de l’impact potentiel de cet aménagement de l’un des bâtiments les plus emblématiques du bien et il a instamment demandé à l’État partie de poursuivre son travail avec le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS pour garantir que de nouveaux aménagements potentiels et la réhabilitation du bâtiment historique et de son espace public associé n’aient pas d’impact négatif sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien ;
  • À la suite des recommandations de l’évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) de janvier 2012, des entretiens tenus en juin 2012 entre le Centre du patrimoine mondial, les Organisations consultatives et l’État partie ont permis de convenir d’une matrice et de plans pour une version révisée du projet. L’État partie indique que les plans révisés ont été soumis au Centre du patrimoine mondial en novembre 2012 mais le registre de correspondance du Centre n’a aucune trace de réception de ces plans et par conséquent aucun commentaire n’a été fait sur le projet révisé.
  • En juin 2013, une seconde réunion, tenue en présence du Centre du patrimoine mondial, des Organisations consultatives et de l’État partie, a conduit à l’envoi d’une mission consultative sur place en octobre 2013. Les plans révisés ont été présentés à cette mission consultative qui a découvert que la construction en cours ne respectait pas la matrice et les directives approuvées. La mission a donc recommandé l’arrêt immédiat des travaux de construction et a recommandé de prendre plusieurs mesures pour atténuer ce qu’elle considérait comme des impacts très négatifs et potentiellement permanents sur la VUE du bien. Une troisième réunion entre le Centre du patrimoine mondial, les Organisations consultatives et l’État partie s’est tenue le 22 janvier 2014 et une quatrième réunion le 19 mars 2014, après quoi l’État partie a soumis des exemplaires des plans révisés au Centre du patrimoine mondial le 20 mars 2014.
  • État de conservation : Il y a eu peu de progrès dans les efforts de conservation étant donné les contraintes financières et techniques. Parmi les actions réalisées, on compte notamment un inventaire des espaces libres pour aider à la planification de leur aménagement. Des études d’état des lieux ont aussi été menées dans neuf zones de la ville historique et les premiers résultats montrent que près de 50 % des bâtiments classés de niveau I sont en mauvais état de conservation. Des mesures préliminaires ont été définies pour les interventions prioritaires et même pour l’évacuation de certains bâtiments qui risquent de s’effondrer. La mission consultative a eu un rôle de conseil sur la manière d’atténuer les causes de délabrement. En termes de développement, le rapport de l’État partie indique que les pressions sont importantes malgré les efforts en cours pour concentrer les nouvelles constructions à l’extérieur du bien. Le rapport signale aussi qu’un nouveau plan de circulation des véhicules va être mis en œuvre par étape pour traiter les problèmes de circulation dans le périmètre du bien.
  • Système de suivi et aménagements illégaux : Un nouveau Service de contrôle de l’aménagement urbain a été créé pour améliorer les mécanismes d’octroi des permis et renforcer les capacités de contrôle à l’intérieur du bien et de sa zone tampon. Le projet final de réglementation est au bureau de l’Attorney General de Zanzibar pour étude juridique finale. Pour renforcer le contrôle, un Forum de parties prenantes a été créé et il réunit des habitants de la Ville de pierre, des représentants du monde des affaires et d’autres partenaires pour créer un engagement actif dans les questions de patrimoine. Un Bureau du patrimoine a également été constitué pour faire participer tous les acteurs concernés à la prise de décision pour tous les grands projets d’aménagements. En outre, un Comité spécial a été chargé du Projet du Mambo Msiige.
  • Outils de planification : Le Plan de gestion du patrimoine est le principal outil de planification du bien. Des conflits existent cependant entre l’autorité responsable de la Ville de pierre et le Conseil municipal de Zanzibar et l’insuffisance des ressources humaines et financières a freiné la mise en œuvre effective de ce plan. Pour remédier à la duplication des mandats, il a été créé un Bureau du patrimoine qui va faire participer toutes les parties prenantes et rationaliser la prise de décision.
Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2014

Il est recommandé que le Comité, tenant compte de l’importante signification culturelle du bâtiment du Mambo Msiige building et de son importante contribution à la VUE du bien, regrette vivement que la matrice et les directives approuvées par le Centre du patrimoine mondial, les Organisations consultatives et l’État partie pour des interventions sur le Mambo Msiige n’aient pas été respectées et que des travaux de construction aient été entrepris sans aucune considération pour les paramètres approuvés figurant dans ces documents. Il convient en particulier d’exprimer de la préoccupation concernant la hauteur excessive du nouvel hôtel de six étages (soit deux de plus que ce qui avait été convenu) dominant le Mambo Msiige et la mosquée Bushir (deux monuments historiques classés de niveau I), l’empiétement sur les espaces publics de la plage, et les altérations du bâtiment existant.

La mission consultative a jugé qu’il y avait d’importantes conséquences négatives pour l’intégrité et l’authenticité de ce bâtiment emblématique suite aux modifications de la construction, au rehaussement des parapets existants et à l’ajout d’une grande suite sur le toit. Le projet du Mambo Msiige tel qu’il se présente maintenant a un impact négatif sur la forme urbaine et la perspective du bien, ainsi qu’un impact négatif important sur sa VUE.

À partir de cette analyse, il est recommandé que le Comité du patrimoine mondial demande à l’État partie de stopper les travaux en cours et de mettre d’urgence en œuvre les mesures palliatives recommandées par la mission consultative.

Les travaux en cours s’écartent radicalement des exigences du plan de gestion, de l’EIP et de la réglementation en vigueur sur la construction, ainsi que des paramètres du projet qui avaient été approuvés dans le cadre de la matrice et des directives. Cette absence de conformité semble refléter une absence de bonne gestion et de contrôle du développement dans l’ensemble du bien. Le plan de gestion adopté n’a été que partiellement mis en œuvre et n’est pas utilisé pour orienter efficacement le prise de décision dans le bien. Il reste à élaborer une stratégie et un plan de travail avec des objectifs clairs et une hiérarchisation précise des priorités des interventions. Ce plan de travail devra constituer la base de l’élaboration d’outils et de mécanismes de planification intégrée destinés à garantir la protection efficace du bien, et entre autres le contrôle d’importantes pressions du développement, comme le montre l’exemple du projet Mambo Msiige.

Par suite de l’absence de ressources appropriées, du manque de gouvernance effective dû aux conflits au sein de la structure de gestion – reconnus par l’État partie – et de l’absence de mise en œuvre du plan de gestion, il est extrêmement préoccupant que l’état du bien ait été en grande partie négligé. Aucun avancement significatif n’a été noté pour contrer le délabrement de la plus grande partie du patrimoine bâti, malgré les recommandations du Comité à plusieurs sessions depuis 2007.

Le mauvais état général de conservation de l’ensemble du bâti, l’absence de mise en œuvre des plans de gestion et de conservation, ainsi que les problèmes de modalités de gouvernance constituent des dangers graves et précis pour la VUE du bien.

Il est fermement recommandé que le Comité du patrimoine mondial demande à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif à se rendre dans le bien dès que possible en 2014 pour étudier la mise en œuvre des mesures palliatives pour le Mambo Msiige et pour l’état général de conservation du bien.

Décisions adoptées par le Comité en 2014
38 COM 7B.55
La ville de pierre de Zanzibar (Tanzanie, République Unie de) (C 173rev)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 36 COM 7B.49 adoptée à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),
  3. Regrette profondémentqu’en dépit du dialogue prolongé tenu entre l’État partie, les Organisations consultatives et le Centre du patrimoine mondial, un nouvel hôtel et des modifications internes du bâtiment du Mambo Msiige aient été réalisés en contrevenant à la matrice et aux plans approuvés du projet révisé ; et considère que le nouvel hôtel de six étages – soit deux étages de plus que prévu dans la matrice et les directives approuvées – et l’empiétement sur la plage publique, auront un important impact négatif sur la forme urbaine et la perspective du bien, ainsi qu’un impact négatif notable sur sa valeur universelle exceptionnelle (VUE) ;
  4. Prie instamment à l’État partie de stopper les travaux en cours et de mettre d’urgence en œuvre les mesures palliatives recommandées par la mission consultative, notamment l’abaissement de deux étages de la hauteur générale du nouveau bâtiment ; et considère également que si cela n’est pas fait, le bien remplira alors les conditions d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril, conformément aux paragraphes 177 et 179 des Orientations;
  5. Considère en outre qu’étant donné que la construction actuelle du Mambo Msiige n’est ni en conformité avec le plan de gestion, ni avec l’évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP), ni avec la réglementation sur la construction, cela reflète une sérieuse absence de gestion adéquate et de contrôle des aménagements dans le périmètre du bien ;
  6. Note que l’État partie reconnaît l’absence de ressources appropriées et de gouvernance effective en raison de conflits au sein de la structure de gestion, et le fait que le plan de gestion adopté n’a été que partiellement mis en œuvre et n’est pas utilisé pour orienter efficacement la prise de décision et le contrôle du développement ;
  7. Constate de nouveau avec inquiétude que la situation critique actuelle dans le bien est restée en grande partie non traitée et que l’on ne note aucun progrès notable pour contrer le délabrement de la majorité du bâti, malgré les recommandations du Comité à plusieurs sessions depuis 2007 ; et considère en outre que le mauvais état général de conservation du bien, l’absence de mise en œuvre des plans de gestion et de conservation, ainsi que les problèmes de modalités de gouvernance, constituent des dangers graves et précis pour la VUE du bien ;
  8. Demande à l’État partie d’inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM dans le bien en 2014 pour évaluer la mise en œuvre des mesures palliatives et l’état de conservation du bien, afin d’étudier si l’état du bien remplit les critères d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril ;
  9. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ci le 1er février 2015, un rapport actualisé incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre de ce qui précède, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session, en 2015.

Projet de décision :  38 COM 7B.55

Le Comité du patrimoine mondial,

  1.   Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B.Add,
  2.   Rappelant la décision 36 COM 7B.49 adoptée à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),
  3.   Regrette profondément qu’en dépit du dialogue prolongé tenu entre l’État partie, les Organisations consultatives et le Centre du patrimoine mondial, un nouvel hôtel et des modifications internes du bâtiment du Mambo Msiige aient été réalisés en contrevenant à la matrice et aux plans approuvés du projet révisé ; et considère que le nouvel hôtel de six étages – soit deux étages de plus que prévu dans la matrice et les directives approuvées – et l’empiétement sur la plage publique, auront un important impact négatif sur la forme urbaine et la perspective du bien, ainsi qu’un impact négatif notable sur sa valeur universelle exceptionnelle (VUE) ;
  4.   Prie instamment à l’État partie de stopper les travaux en cours et de mettre d’urgence en œuvre les mesures palliatives recommandées par la mission consultative, notamment l’abaissement de deux étages de la hauteur générale du nouveau bâtiment ; et considère également que si cela n’est pas fait, le bien remplira alors les conditions d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril, conformément aux paragraphes 177 et 179 des Orientations ;
  5.   Considère en outre qu’étant donné que la construction actuelle du Mambo Msiige n’est ni en conformité avec le plan de gestion, ni avec l’évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP), ni avec la réglementation sur la construction, cela reflète une sérieuse absence de gestion adéquate et de contrôle des aménagements dans le périmètre du bien ;
  6.   Note que l’État partie reconnaît l’absence de ressources appropriées et de gouvernance effective en raison de conflits au sein de la structure de gestion, et le fait que le plan de gestion adopté n’a été que partiellement mis en œuvre et n’est pas utilisé pour orienter efficacement la prise de décision et le contrôle du développement ;
  7.   Constate de nouveau avec inquiétude que la situation critique actuelle dans le bien est restée en grande partie non traitée et que l’on ne note aucun progrès notable pour contrer le délabrement de la majorité du bâti, malgré les recommandations du Comité à plusieurs sessions depuis 2007 ; et considère en outre que le mauvais état général de conservation du bien, l’absence de mise en œuvre des plans de gestion et de conservation, ainsi que les problèmes de modalités de gouvernance, constituent des dangers graves et précis pour la VUE du bien ;
  8.   Demande à l’État partie d’inviter une mission commune de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM dans le bien en 2014 pour évaluer la mise en œuvre des mesures palliatives et l’état de conservation du bien, afin d’étudier si l’état du bien remplit les critères d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril ;
  9.   Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ci le 1er février 2015, un rapport actualisé incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre de ce qui précède, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session, en 2015.
Année du rapport : 2014
République-Unie de Tanzanie
Date d'inscription : 2000
Catégorie : Culturel
Critères : (ii)(iii)(vi)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2014) .pdf
Rapport (2014) .pdf
arrow_circle_right 38COM (2014)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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