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Centre historique de Sighişoara

Roumanie
Facteurs affectant le bien en 2002*
  • Impacts des activités touristiques / de loisirs des visiteurs
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Projet de construction du parc Dracula 

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2002
Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2002**

mars 2002: mission conjointe UNESCO/ICOMOS de suivi

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2002

Comme demandé lors de la vingt-cinquième session du Comité, une mission conjointe UNESCO-ICOMOS a eu lieu sur le site, du 22 au 28 mars 2002. Le rapport complet de cette mission est contenu dans le document de travail WHC-02/CONF.202/INF.11. L’objectif général de la mission était d’évaluer les différents impacts que la construction d’un parc de ce type pourrait avoir sur le site et ses valeurs. La mission conjointe a visité le site du Centre historique de Sighisoara et la zone proposée pour la construction du Parc Dracula ; elle a pu rencontrer à Bucarest le ministre du Tourisme – responsable du projet – et le ministre de la Culture. La mission a évalué la situation du site lui-même, y compris son état de conservation, la protection juridique du site et de sa zone tampon, la gestion et la planification, y compris la planification touristique, ainsi que les problèmes sociaux. La mission a noté le mauvais état de conservation des murs et tours fortifiés de la ville. Une partie du mur de la ville s’est effondrée durant l’été 1998 et reste dans un état dangereux. La mission a également noté que des plans pour la protection à long terme de ce mur n’ont pas été établis et discutés avec des experts internationaux, comme il avait été recommandé au moment de l’inscription du site sur la liste du Patrimoine mondial.

La mission a présenté des recommandations concernant la gestion et la planification du site, la responsabilité de la gestion du site, le développement du tourisme culturel et l’amélioration de la présentation du site. La mission a reconnu la nécessité d’un développement et d’une amélioration des conditions de vie des communautés locales, dans les sites inscrits et leurs environs.

Dans son évaluation du parc à thème proposé et du projet de construction (dans une étude de faisabilité intitulée « Parc Dracula «), la mission s’est principalement concentrée sur l’emplacement et les dimensions exacts du parc à thème, l’environnement, l’archéologie, l’architecture et la conception, la viabilité financière, le calendrier, les études d’impact, les infrastructures annexes et les types de tourisme attendus. La mission a souligné le fait qu’aucune construction permanente n’a jamais été érigée sur le plateau de Breite. En ce qui concerne l’environnement, la mission a noté que le plateau de Breite est protégé par la loi 5/2000 du 5 mars 2000 pour ses valeurs naturelles, en particulier ses chênes. Au cours de la visite sur place, la mission a découvert que des fouilles archéologiques de sauvetage sont actuellement en cours.

En ce qui concerne la viabilité financière du projet, la mission a noté la proposition de financer la conservation du centre historique de Sighisoara sur les bénéfices du parc à thème. Ces revenus dépendront toutefois du succès du parc, qui est basé sur des chiffres et des prévisions concernant le nombre et du type de touristes selon ces prévisions, 70 à 90 % devraient être des Roumains vivant dans un rayon de 80 km, hypothèse qui semble irréaliste étant donné les bas salaires et le niveau de vie très faible en général. De plus, la mission a noté que la situation du parc – à 5 heures de Bucarest en train ou en voiture – découragerait les visiteurs étrangers. La mission a douté que les touristes allant au parc à thème soient les mêmes que ceux qui s’intéressent au tourisme culturel et au sept sites du patrimoine mondial de la région. La mission a été informée des questions soulevées par une partie de la population locale en ce qui concerne l’impact social et culturel potentiel du nombre de visiteurs attendus et de ce type de tourisme. La mission a reconnu la diversité des cultures présentes à Sighisoara et a noté que l’impact extérieur considérable d’un parc à thème pourrait affecter leur mode de vie et le maintien de leurs traditions culturelles.

La mission s’est inquiétée du fait qu’en cas d’échec du projet après la phase I, les constructions resteraient sur le plateau, non utilisées. En ce qui concerne les études d’impact, la mission a rappelé que le Comité avait demandé une étude d’impact sur l’environnement et noté que cette étude n’a pas été entièrement réalisée. En ce qui concerne les infrastructures annexes, la mission a été informée de diverses possibilités d’accès, dont deux aéroports régionaux.

La mission a évalué l’impact potentiel du projet proposé sur le site et l’environnement proche, notamment en ce qui concerne le paysage, l’impact visuel et l’impact culturel. Elle a constaté qu’un paysage rural d’une beauté exceptionnelle constitue le cadre du site inscrit sur la liste du Patrimoine mondial. La mission se demande donc si le développement d’un tel parc à thème, couvrant une superficie très supérieure à celle de la cité historique de Sighisoara, est opportun dans une région rurale où les activités agricoles se poursuivent.

La mission a noté que la construction du parc à thème ne dépasserait pas la ligne des arbres, et que par conséquent rien ne serait visible. Toutefois, en hiver et selon les matériaux et les couleurs utilisés, il pourrait y avoir un certain impact visuel entre les arbres.

La mission est parvenue aux conclusions suivantes :

1.  Même si l’impact visuel et le niveau sonore du parc à thème proposé restent limités, les impacts secondaires dus à l’accroissement du nombre de touristes et de véhicules, ainsi que l’impact culturel négatif, sont très importants. De plus, la présence de la cité médiévale de Sighisoara dans un paysage rural est importante pour l’intégrité globale du site du patrimoine, qui pourrait être affectée par un tel développement à grande échelle dans une zone récréative et sur un site naturel protégé tout proche de la ville.

2.  L’intention de financer la conservation du site du patrimoine par les bénéfices du Parc Dracula est louable. Toutefois, l’état de conservation du site est critique et est une question trop importante pour attendre la construction et la réussite du parc à thème.

3.  En ce qui concerne la gestion du site, il faut noter qu’aucun plan de gestion n’est disponible. Il est recommandé fortement de créer une équipe de coordination du patrimoine mondial, responsable de la gestion et rattachée à l’administration de la ville pour préparer un plan général de gestion, incluant la gestion touristique.

4.  La situation socio-économique de la ville et de la région ont pour résultat un certain nombre de grave problèmes sociaux, dont il faudra tenir compte pour tout développement futur dans la ville de Sighisoara et ses environs. En même temps, la région possède un énorme potentiel de développement avec une série de sites du Patrimoine mondial (Centre historique de Sighisoara, 7 églises fortifiées à proximité, etc.), en particulier pour les itinéraires culturels et le tourisme culturel. Les autorités régionales et locales doivent être fortement encouragées à revoir les propositions existantes et nouvelles impliquant les partenaires concernés.

Décisions adoptées par le Comité en 2002
26 COM 21B.67
Centre historique de Sighişoara (Roumanie)
Le Comité du patrimoine mondial,

1. Note le rapport de la mission conjointe UNESCO-ICOMOS envoyée sur le site ;

2. Note avec beaucoup d'inquiétude le mauvais état de conservation du site inscrit sur la Liste du patrimoine mondial et les forts impacts négatifs potentiels, tant sur le plan culturel qu'environnemental, du projet de parc à thème envisagé ; 

3. Rappelle les paragraphes 80 à 82 des Orientations ;

4. Incite vivement l'Etat partie :

a) A renforcer d'urgence l'état de conservation du site avant que le Comité n'envisage des mesures en vue de son inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril et, à cet égard, à rechercher immédiatement un financement à la fois national et international, et à demander pour les travaux de restauration les plus urgents une coopération technique pour la conservation et la protection du site. Le Comité rappelle que des fonds pourraient être obtenus auprès du Fonds du patrimoine mondial, à la demande de l'Etat partie ;

b) A établir d'urgence une équipe de coordination du patrimoine, rattachée à l'administration municipale et responsable de la gestion en vue de préparer un plan de gestion global, y compris pour la gestion du tourisme pour le site du patrimoine mondial ;

c) A tenir compte des principaux problèmes sociaux de la ville et de la région dans les futurs projets d'aménagement à Sighisoara et dans les environs, et à tenir compte du développement potentiel existant que représente notamment la série de sites du patrimoine mondial dans la région, en particulier pour les itinéraires culturels et le tourisme culturel ;

5. Prend note avec satisfaction de l'intention des autorités roumaines de déplacer le parc à thème proposé dont l'emplacement était initialement prévu à 1,5 km du site du patrimoine mondial ;

6. Demande par ailleurs à l'État partie d'éviter de construire le Parc à proximité des sites du patrimoine mondial en Transylvanie ;

7. Demande à l'État partie de définir le plus tôt possible un plan de gestion du site;

8. Demande à l'État partie de fournir un rapport sur cette question et sur l'ét

Le Comité pourrait souhaiter adopter la décision suivante :

 

« Le Comité note le rapport de la mission conjointe UNESCO-ICOMOS envoyée sur le site. Le Comité note avec beaucoup d’inquiétude le mauvais état de conservation du site inscrit du patrimoine mondial et les forts impacts négatifs potentiels, culturel qu’environnementaux du projet de parc à thème envisagé. Le Comité, rappelant les paragraphes 80 à 82 des Orientations, incite vivement l’Etat partie :

1.  A renforcer d’urgence l’état de conservation du site, avant que le Comité n’envisage des mesures en vue de son inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril ; et à cet égard, à rechercher immédiatement un financement tant national qu’international et à demander, pour les travaux de restauration les plus urgents, une coopération technique pour la préservation et la protection du site. Le Comité rappelle que des fonds pourraient être obtenus, sur demande de l’Etat partie, auprès du Fonds du Patrimoine mondial.

2.  A établir d’urgence une équipe de coordination du patrimoine, rattachée à l’administration de la ville, responsable de la gestion, en vue de préparer un plan de gestion global, incluant la gestion du tourisme, pour le site.

3.  A prendre en compte les graves problèmes sociaux de la ville et de la région lors de tout développement futur dans la ville de Sighisoara et ses environs ; et à prendre en compte le développement potentiel existant, que représente notamment la série des sites du patrimoine dans la région, en particulier pour les itinéraires culturels et le tourisme culturel. De plus, le Comité, inquiet des bénéfices réels que pourrait apporter le parc à thème au site du patrimoine, et à sa population, demande au gouvernement roumain de reconsidérer le parc à thème proposé et en particulier son emplacement – qui est prévu à 1,5 km du site du patrimoine mondial. Le Comité demande à l’Etat partie de fournir un rapport sur cette question et sur l’état de ce projet avant le 1er  janvier 2003, pour examen lors de la 27ème session du Bureau en avril 2003. »

Année du rapport : 2002
Roumanie
Date d'inscription : 1999
Catégorie : Culturel
Critères : (iii)(v)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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