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Zone des temples de Sambor Prei Kuk, site archéologique de l’ancienne Ishanapura

Temple Zone of Sambor Prei Kuk, Archaeological Site of Ancient Ishanapura

The archaeological site of Sambor Prei Kuk, “the temple in the richness of the forest” in the Khmer language, has been identified as Ishanapura, the capital of the Chenla Empire that flourished in the late 6th and early 7th centuries AD. The property comprises more than a hundred temples, ten of which are octagonal, unique specimens of their genre in South-East Asia. Decorated sandstone elements in the site are characteristic of the pre-Angkor decorative idiom, known as the Sambor Prei Kuk Style. Some of these elements, including lintels, pediments and colonnades, are true masterpieces. The art and architecture developed here became models for other parts of the region and lay the ground for the unique Khmer style of the Angkor period.

La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

Zone des temples de Sambor Prei Kuk, site archéologique de l’ancienne Ishanapura

Le site archéologique de Sambor Prei Kuk, « le temple dans la forêt luxuriante » en langue khmère, a été identifié comme étant Ishanapura, la capitale de l'empire Chenla qui prospéra de la fin du VIe siècle au début du VIIe siècle de notre ère. Le bien comprend plus d’une centaine de temples, dont dix temples octogonaux qui constituent des spécimens uniques en leur genre en Asie du Sud-Est. Leur décoration architecturale en grès est caractéristique du style pré-angkorien, le style dit de Sambor Prei Kuk, et certains des éléments (linteaux, frontons, colonnades...) sont de véritables chefs-d'oeuvre. L'art et l'architecture développés sur ce site devinrent un modèle qui s'est diffusé dans d'autres parties de la région et a posé les fondations du style khmer unique de la période angkorienne.

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Zona de los templos de Sambor Prei Kuk, sitio arqueológico de la antigua Ishanapura

Al sitio arqueológico de Sambor Prei Kuk, “el templo en el bosque frondoso” en lengua jémer, se lo identifica con Ishanapura, que fue capital del imperio Chenla y prosperó desde finales del siglo VI hasta principios del siglo VII de nuestra era. Los vestigios de esta ciudad se extienden en un área de 25 km2 y contenían un centro urbano fortificado y numerosos templos, entre ellos diez templos octogonales que constituyen ejemplos únicos en su género en el sureste asiático. Sus ornamentos arquitectónicos de arenisca son característicos del estilo pre-angkoriano, llamado estilo de Sambor Prei Kuk, y algunos de sus elementos –dinteles, frontones y columnatas– son verdaderas obras maestras del mismo. El arte y la arquitectura desarrollados en este sitio se convirtieron en un modelo que se difundió hasta otras zonas de la región, sentando las bases del estilo jémer único propio del periodo angkoriano.

source: UNESCO/ERI
La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

Tempelzone van Sambor Prei Kuk, archeologische site van het oude Ishanapura

De archeologische stie van Sambor Prei Kuk, “de tempel in de rijkdom van het bos” in de Khmer taal, is geïdentificeerd als Ishanapura, de hoofdstad van het Chenla Rijk, dat bloeide in de late 6e en vroege 7e eeuw na Christus. De overblijfselen van de stad beslaan een oppervlakte van 25 vierkante kilometer en omvatten een ommuurd stadscentrum evenals talloze tempels. Tien van deze tempels zijn achthoekig, unieke exemplaren in hun genre in Zuidoost-Azië. Gedecoreerde zandstenen elementen zijn karakteristiek voor het pre-Ankor decoratieve idioom dat bekend staat als de Sambor Prei Kuk stijl. Sommige van deze elementen, waaronder lateien, timpanen en zuilenrijen zijn echte meesterwerken. De kunst en architectuur die men hier ontwikkelde kwam model te staan voor andere delen van de regio en legde de basis voor de unieke Khmer stijl van de Angkor periode.

Source : unesco.nl

Sambor Prei Kuk, site archéologique représentant le paysage culturel de l’ancienne Ishanapura - Prasat N15 SE © So Sokun Theary
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

La Zone des temples de Sambor Prei Kuk appartient aux vestiges de l’ancienne Ishanapura, « le temple dans la forêt luxuriante », jadis capitale de l’Empire Chenla qui prospéra dans une grande partie de l’Asie du Sud-Est de la fin du VIe siècle au début du VIIe siècle de notre ère, et dont les réalisations architecturales posèrent les fondements de celles de l’Empire khmer plus tardif. La Zone des temples couvre un vaste domaine de 840 hectares, à l’est des ruines de la cité entourée de douves ; elle est reliée à la rivière Stung Sen et à l’emplacement probable du port d’Ishanapura par trois chaussées de terre mesurant entre 600 et 700 mètres de long.

La Zone des temples qui abrite un ensemble exceptionnel de 186 temples en briques cuites parées de sculptures ornementales en grès, reflète l’introduction de principes techniques et préceptes spirituels des cultes hindous Hariharan et Sakabrahmana importés respectivement d’Inde et de Perse, et leur convergence progressive avec les éléments animistes et bouddhiques ayant inspiré le style artistique unique de Sambor Prei Kuk qui sera ensuite caractéristique du style khmer développé à Angkor. Les inscriptions en sanskrit et en ancien khmer sur certains temples reflètent l’adoption d’un « dieu-roi » dans l’État centralisé, tandis que d’autres relatent les activités du temple, les noms des souverains et d’autres personnages, décrivent des scènes de la vie religieuse et politique, et suggèrent les limites globales de l’Empire. Les reliefs des temples sont les premiers signes de narrations visuelles dans la décoration des temples qui vont au-delà des anciennes représentations héraldiques traditionnelles de déités dans de petits médaillons ou de figurines chevauchant des animaux mythologiques.

Il existe trois grands ensembles de monuments : Prasat Yeai (groupe sud), Prasat Tao (groupe central), Prasat Sambor (groupe nord, avec le groupe Prasat Sandan et Prasat Bos Ream). Chacun d’eux possède une tour centrale sur une plateforme surélevée, entourée de tours plus petites et d’autres structures cernées par des murs en briques carrées et/ou en latérite sur deux côtés pour les groupes central et sud ; Prasat Sambor dispose, toutefois, d’un troisième mur d’enceinte de même longueur que les deux autres, soit 389 mètres de côté. Ces trois groupes abritent 125 temples individuels avec 46 autres temples et structures dans la zone environnante, y compris les groupes Prasat Trapeang Ropeak et Prasat Kuok Troung. Au nord, une zone satellite de 16 temples appartenant aux groupes Prasat Srei Krup Leak et Prasat Robang Romeas illustre la transition architecturale du style Zhenla (Chenla) à celui de Sambor Prei Kuk. Il reste à découvrir dans cette zone une vaste superposition de couches archéologiques.

Les temples sont construits dans des formes, configurations et dimensions variées, mais il convient de noter la présence de 11 temples octogonaux conçus selon les principes généraux des anciens manuels d’architecture indiens (sans aucun prototype indien connu). Ils sont censés représenter le palais volant octogonal d’Indra ou Vimana Trivishtapa, havre céleste d’Indra et de 33 divinités. Les murs extérieurs sont décorés avec une iconographie hindoue et des palais volants sont délicatement sculptés à l’intérieur de six temples.

Le vaste ensemble d’édifices religieux avec leurs structures auxiliaires, ainsi que 102 éléments hydrauliques, témoignent de réalisations sans précédent en Asie du Sud-Est en termes de planification, d’ingéniosité technique, d’exécution et de gestion des ressources.

Critère (ii) : Le style architectural et artistique de Sambor Prei Kuk dans la Zone des temples d’Ishanapura, comme en témoignent l’implantation, les formes architecturales et les reliefs sculptés sur 186 temples en briques cuites avec des incrustations en grès, présente une réelle convergence d’influences spirituelles et techniques entre des cultes hindous venus principalement d’Inde et de Perse et d’éléments de l’animisme et du bouddhisme qui devinrent un modèle diffusé dans d’autres parties de la région pour finalement aboutir à la cristallisation du style khmer unique de la période angkorienne.

Critère (iii) : La Zone des temples de Sambor Prei Kuk de l’ancienne Ishanapura, en termes d’ampleur et de portée de ses édifices ayant survécu et de ses cours d’eau, apporte un témoignage exceptionnel sur les traditions culturelles du royaume Chenla qui prospéra dans une grande partie de l’Asie du Sud-Est à la fin du VIe siècle et au début du VIIe siècle de notre ère, et dont les réalisations architecturales posèrent les fondements de celles de la civilisation khmère plus tardive durant la période angkorienne.

Critère (vi) : Les inscriptions des temples en langue khmère de la Zone des temples de Sambor Prei Kuk illustrent le concept de dieu-roi qui, selon les légendes originaires de Vat Phou, poursuivit son évolution au cours de la période angkorienne, puis influença beaucoup plus tard le système administratif à quatre piliers d’Ayutthaya, en Thaïlande. Ce concept est resté fondamental dans les systèmes politiques et de gouvernance cambodgien et thaïlandais jusqu’au début du XXe siècle.

Intégrité

Le bien couvre la Zone des temples de Sambor Prei Kuk et la totalité de ses environs, ainsi que la zone boisée qui est à l’origine du nom actuel du site. Tous les édifices encore debout, la plupart des restes connus des éléments hydrauliques, toutes les chaussées et tous les temples aujourd’hui connus et les zones identifiées pour recéler d’autres vestiges archéologiques de temples se situent à l’intérieur des limites.

La Zone des temples a souffert des ravages du temps, des aléas climatiques et des récents événements historiques, mais aussi de l’empiètement de la forêt qui ont tous contribué à la dégradation de certains monuments. Au fil du temps, diverses parties des monuments et des objets appartenant aux temples ont été déplacées et/ou pillées. Toutefois, le plus grand désastre a été le conflit international qui a placé le Cambodge en zone de guerre depuis la fin des années 1960 jusqu’au début des années 1990. En dépit de ces tragiques événements, les principaux temples ont gardé leur forme et leurs matériaux d’origine, malgré les réparations et les modifications apportées du VIIe au XIe siècle. Bon nombre d’éléments décoratifs, de statues et d’inscriptions sont restés in situ, mais la plupart des importants chefs-d’œuvre de la sculpture sont entreposés dans des réserves ou exposés dans des musées. Les recherches archéologiques indiquent qu’un grand nombre de structures enfouies sont en bon état. Le système de digues, canaux et ouvrages hydrauliques, qui totalise 102 sites, est intact et toujours largement utilisé de nos jours.

Authenticité

Malgré leur détérioration, les temples toujours debout présentent une authenticité de forme et de conception et illustrent l’influence culturelle et architecturale indienne durant la période Chenla dans le style unique de Sambor Prei Kuk. En termes de matériaux, les éléments restants conservent leur substance d’origine grâce à une restauration respectueuse des maçonneries endommagées qui perpétuent les techniques traditionnelles et l’utilisation de briques anciennes. Cela contribue au maintien de l’authenticité des qualités formelles, fonctionnelles et visuelles. De plus, par comparaison avec Angkor, il y a eu relativement moins d’interventions physiques et aucune reconstruction hypothétique. Des reconstructions mineures ont eu lieu dans certains temples, mais avant tout pour garantir une stabilité structurelle et toutes les interventions de restauration sont réversibles. De nombreux autres temples en ruine sont extrêmement vulnérables et en attente de travaux de consolidation et de conservation.

Éléments requis en matière de gestion et de protection

La Zone des temples de Sambor Prei Kuk, site archéologique de l’ancienne Ishanapura, et la zone tampon sont protégées par le Décret royal du 24 décembre 2014 et la Loi sur la protection du patrimoine culturel (décision royale NS/RKM/0196/26 du 25 janvier 1996). Dans ce cadre, l’Autorité nationale de Sambor Prei Kuk (ANSPK) est responsable de la gestion globale du bien et sa zone tampon, y compris la conservation, la protection, la restauration, les activités de développement en cours, ainsi que l’interprétation de ses valeurs patrimoniales pour les visiteurs. Le travail est guidé par un plan de gestion. Les opérations de conservation sont menées en fonction d’un plan de conservation étalé sur quinze ans, basé sur une analyse des risques détaillée des temples, et conformément à un manuel de conservation qui définit les approches de conservation pour les temples très fragiles et leur environnement sensible.

L’ANSPK reçoit le soutien d’une ONG locale, « La Communauté de conservation et de développement de Sambor Prei Kuk », créée en 2004 avec l’accord du Ministère de la Culture et des Beaux-Arts, qui a joué un rôle prépondérant dans la conservation durable du patrimoine culturel et l’implication croissante de la communauté locale.

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