Du 10 au 23 juin 2006, une mission UNESCO-UICN de suivi a visité le bien. Les conclusions de la mission ont été présentées oralement au cours de la 30e session du Comité et sont résumées ci-après.
La mission a confirmé que l’État partie contrôlait seulement 20 % du bien, 15 % étant sous le contrôle de la force de maintien de la paix des Nations Unies et le reste sous le contrôle des forces rebelles. La mission a identifié le braconnage comme étant la menace principale avec l’exploitation illégale du Parc, notamment pour l’agriculture. Toutefois, la mission a noté que la Valeur universelle exceptionnelle pour laquelle le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial existait encore. La majeure partie de l’équipement et de l’infrastructure de base du parc a été détruite et il est nécessaire de mettre en place un mécanisme de patrouille commun pour l’ensemble du parc avec l’aide de la force onusienne de maintien de la paix. La mission a émis nombre de recommandations, dont certaines ont été adoptées par le Comité à titre de mesures correctives, et a proposé un plan d’action avec un échéancier.
L’État partie a soumis un rapport le 23 janvier 2007. Le rapport reprend certains éléments d’information sur l’état de conservation du bien inclus dans le rapport de la mission de suivi de 2006, et fait brièvement le point sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre des mesures correctives adoptées.
a) Mettre en place un système de contrôle et de patrouille efficace pour l’ensemble du bien
Suite aux recommandations de la mission, les discussions sont maintenant en cours avec le PNDDR (Programme national de désarmement, de démobilisation, et de réinsertion) afin d’identifier dans les villages situés autour du parc des gardes qui pourraient faire office d’éco-gardes chargés d’assurer le suivi et la surveillance. Toutefois, jusqu’à présent, aucun système de réglementation n’est en vigueur dans les zones non contrôlées par l’État partie. En ce qui concerne le sud du parc géré par l’État partie, un financement est actuellement sollicité pour subvenir aux besoins d’une brigade de 24 agents et former les gardes originaires des communautés voisines du parc.
b) Mettre en place et lancer la mise en œuvre d’un plan de gestion du bien, comprenant un zonage du bien et des dispositions de gestion participative avec les communautés locales afin de réduire les pressions et les impacts
L’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR) a commencé à élaborer le plan de gestion. La définition des zones, des unités, et des rôles de gestion sera mise au point lors d’un atelier qui réunira les parties prenantes évoluant dans la périphérie du parc. Cependant, rien n’indique tout à fait clairement que les zones non contrôlées par le Gouvernement y seront incluses. Aucun nouveau progrès n’a été constaté quant à la recommandation de la mission de 2006 visant à clarifier le cadre juridique et à harmoniser les statuts et les limites de zonage qui se rapportent au bien en tant que Réserve de biosphère, bien du patrimoine mondial, et Parc national.
c) Étendre les activités de la structure de gestion pour inclure l’ensemble du bien
Aucun progrès n’a été constaté.
d) Avancement des autres recommandations de la mission UICN de 2006 :
En conformité avec le calendrier proposé par la mission de 2006, l’État partie est à la recherche de financement pour permettre la restauration et la prise en main effective du parc. Une proposition de plan d’urgence a été élaborée et soumise à l’Agence allemande de coopération pour le développement (KfW/GTZ). L’OIPR a aussi organisé, en novembre 2006, une visite du parc pour des bailleurs de fonds potentiels (y compris les ambassadeurs d’Allemagne et de la Norvège).
En réponse à la recommandation relative à la création de couloirs de migration reliant le bien aux aires protégées du Burkina Faso et du Ghana, l’UICN aide l’État partie à recueillir des fonds pour instaurer la cogestion et la conservation de couloirs de faune sauvage à travers son projet transfrontalier des 3 IC, ‘Espace Comoé.’ Une réunion de planification régionale a été organisée en décembre 2006 avec des représentants de l’État partie, de l’UICN et du Burkina Faso.
Le rapport de l’État partie ne donne pas de statistiques sur les populations de faune sauvage dans le parc, bien qu’il signale en effet la migration de grands mammifères vers la zone centrale de biodiversité et vers les pays limitrophes. La récente cessation des hostilités dans le parc a vu le retour des éléphants, des buffles, des hippopotames et des bubales dans le sud. L’absence de données écologiques sur le parc pose de sérieuses difficultés pour évaluer l’état actuel de conservation du bien et pour assurer l’efficacité du plan de gestion, le zonage et les couloirs de protection de la faune sauvage. Ce problème est cependant difficile à régler tant que l’État partie ne contrôle pas intégralement le bien.
Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN estiment que le travail avec les communautés locales devrait être une priorité. L’État partie devrait centrer son action sur l’instauration de la confiance et sur la sensibilisation des communautés qui bénéficient des ressources du parc. La mission de suivi de 2006 a identifié une pression croissante sur la zone centrale causée par les animaux domestiques et les nouveaux agriculteurs, à laquelle il conviendrait de répondre par la cogestion et l’application de directives précises sur les pratiques autorisées. L’État partie devrait instaurer des relations formelles entre l’autorité en charge de la gestion du parc et les communautés environnantes afin de parvenir à un accord sur les droits, les obligations et les possibilités d’aide offertes à ces communautés.