Le 12 mars 2008, l'Etat partie a remis un rapport sur l'Etat de conservation du bien. Ce rapport signale que, depuis la signature des accords de paix de Ouagadougou, la situation politique du pays s'est considérablement améliorée: la division du pays en plusieurs zones d'influence est révolue, les autorités locales ont été rétablies et l'ensemble des forces militaires a été intégré au sein d'une seule armée formée au moyen de diverses composantes. La sécurité dans le parc s'est, elle aussi, améliorée.
Le rapport fait également état de progrès accomplis dans les domaines de la surveillance du bien, des partenariats visant à rétablir la gestion du bien dans sa totalité, du financement, de la mise en œuvre d'un plan de gestion et de la démilitarisation de la base de Nassian. Le braconnage et l'absence d'une structure de gestion efficace continuent cependant de constituer de sévères menaces. Les mesures correctives identifiées doivent encore être pleinement mises en œuvre. Aucune donnée sur la situation actuelle des valeurs du bien n'a été fournie.
Les progrès accomplis dans la mise en œuvre des mesures correctives sont les suivants:
a) Créer un système efficace de contrôle et de patrouille pour l’ensemble du bien
Quinze gardes sont actuellement déployés sur les deux secteurs accessibles à ce jour, au sud et à l'est du bien. Il est prévu de faire passer ce nombre de gardes de quinze à quarante cinq en juin 2008, une fois un nouveau directeur en place et lorsque l'accès à au moins trois des cinq secteurs du parc aura été sécurisé.
b) Mettre en place et lancer la mise en œuvre d’un plan de gestion
Le rapport déclare qu'un plan de gestion est en cours d'élaboration mais aucune échéance quant à son achèvement n'est précisée. Le zonage, les unités de gestion et les différentes fonctions managériales seront définies dans le cadre d'un atelier réunissant toutes les parties concernées.
Afin de résoudre les problèmes liés à l'empiètement et au braconnage, des activités communautaires de proximité sont actuellement menées dans la région mitoyenne du bien, activités comprenant entre autre des projets pilotes d'élevage, d'agriculture et d'agriculture sylvicole, et ce en coopération avec le programme "L'homme et la biosphère" (MAB) de l'UNESCO. La radio locale est actuellement utilisée pour la promotion de ces actions et la sensibilisation à ces pratiques. L'UICN et le Centre du patrimoine mondial font remarquer qu'il est indispensable d'impliquer les communautés locales dans la gestion du bien afin d'en améliorer sa gouvernance.
c) Etendre les activités de la structure de gestion pour inclure l’ensemble du bien
L'Etat partie a signé un accord de partenariat avec le programme MAB, avec l'Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR), avec le Programme national de désarmement et avec le Centre de recherche en écologie (CRE) afin de rétablir le contrôle sur la totalité du bien au cours de l'année 2008. Le partenariat vise également à assurer le financement par la Banque mondiale de la mise en œuvre d'une gestion efficace au cours des quatre prochaines années, et, à trouver un cofinancement adapté.
L'Etat partie signale en outre que le braconnage continue de constituer la menace principale vis-à-vis de l'intégrité du bien. Cependant, la surveillance et le contrôle du braconnage s'améliorent avec des patrouilles menées sur le territoire du bien pendant 120 jours qui ont permis l'identification d'un réseau de braconnage à des fins commerciales, de plusieurs pistes utilisées par les braconniers et la saisie auprès de commerçants de gibiers braconnés. Les activités de patrouille sont cependant entravées par un manque de personnel et de moyens de transport. La sensibilisation des communautés locales au moyen de la radio a eu pour conséquence l'abandon des pistes utilisées pour le braconnage dans les zones au sud et à l'est du bien. Une stratégie visant à combattre le braconnage et le trafic de viande de brousse a été élaborée mais n'a pas encore été soumise à l'examen du Centre du patrimoine mondial.
La mission de suivi réactif de 2006 a remarqué qu'en raison de l'accroissement de la population locale et donc d'une demande de production agricole plus importante, des terres dans le périmètre du bien ont été données aux villageois dans la zone de Gorowi, afin qu'ils y pratiquent une agriculture extensive. Le rapport de l'Etat partie signale cependant qu'il n'y a pas de présence humaine dans le périmètre du bien.
L'Etat partie travaille actuellement avec deux ONG locales et environ vingt villages afin d'encourager des initiatives de gestion des incendies dans le périmètre du bien et dans celui plus large de la Réserve de biosphère qui l'entoure. Aucun détail sur les départs de feu et leurs conséquences n'a cependant été fourni.
Il n'est fait état de progrès ni dans les domaines de la recherche sur l'utilisation des ressources ni dans celui des conflits, ni dans la réinstallation d'une station de recherche et dans la recherche environnementale. Il n'est pas non plus fait mention de la mise en place d'un corridor écologique avec le Burkina Faso et le Ghana.
Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN font remarquer que, bien que des progrès aient été accomplis dans la mise en œuvre des mesures correctives, il reste beaucoup à faire. Profitant de l'amélioration des conditions de sécurité, il semble déterminant d'augmenter le financement du bien afin de reprendre toutes les actions de gestion et d'accélérer la mise en œuvre des mesures correctives et des autres recommandations de la mission de 2006.