Au cours de l'année passée, l'Etat partie a remis deux rapports au Centre du patrimoine mondial. Un premier rapport (en espagnol) a été reçu en novembre 2007. Il inclut 31 annexes et fait état des progrès accomplis dans la mise en œuvre des mesures correctives du plan d'action élaboré en réponse au décret présidentiel No 270. En février 2008, l'Etat partie a remis un rapport complémentaire sur l'état de conservation du bien du patrimoine mondial (une nouvelle fois en espagnol) comprenant des informations mises à jour sur la mise en œuvre du plan d'action. Le rapport de février 2008 inclut 9 annexes sur les différents accords, résolutions et nouvelles réglementations qui ont été récemment approuvés et qui soutiennent plusieurs actions fondamentales. Cela inclut:
a) La prise de décision pour les problèmes majeurs de planification et de gestion a été transférée aux organismes locaux. Dans ce but, diverses institutions comme le Conseil de l'INGALA et ses Comités techniques respectifs et l'Autorité de gestion inter institutionnelle (AIM en espagnol) ont été réactivées. Ces institutions et d'autres organismes ont adopté des résolutions, des projets et des règlementations qui visent à résoudre les problèmes mentionnés ci-dessus. Elles ont, entre autre, adopté le plan pour le contrôle total des espèces introduites, les règlementations sur le contrôle migratoire, un moratoire sur l'importation de véhicules, l'interdiction d'atterrissage d'avions en provenance d'autres aéroports que ceux de Quito ou Guayaquil.
b) au niveau national, des instruments de planification intégrée ont été élaborés, dont le plan national de développement pour 2007 – 2010, qui inclut un plan spécifique pour les Iles Galápagos.
c) d'importants résultats ont été obtenus dans le contrôle et l'éradication d'espèces introduites. Le rapport fait état de 2.936 chèvres, 45 cochons, 135 ânes, et 56 vaches expulsés des îles entre décembre 2007 et janvier 2008. Une campagne d'éradication des rats noirs a été initiée, la phase pilote est en cours sur l'île de Seymour Norte, et, le rapport fait état d'une campagne d'éradication du poisson tilapia dans les eaux du lac El Junco début 2008 – en février 40.000 poissons avaient été retirés de ce très petit lac et le suivi se poursuit. La présence de chèvres sur des îles où elles étaient jusqu'alors inconnues est une source d'inquiétude croissante car cette présence pourrait compromettre le travail d'élimination des chèvres réalisé au prix d'investissements massifs. En janvier 2008, 53 otaries ont été mystérieusement tuées sans raison apparente, c'est là encore une autre raison d'inquiétude.
d) Depuis septembre 2007, le Fonds des Galápagos pour les espèces invasives (GISF) a commencé sa collecte de fonds avec 1 million de dollars EU reçu du Gouvernement équatorien et 2,19 millions de dollars EU collectés sous les auspices du Centre du patrimoine mondial aidé par la Fondation des Nations Unies (UNF), le Fonds de conservation mondiale, émanation de Conservation International, et par le Conservatoire des Galápagos. L'objectif fixé par le GISF est d'atteindre une capitalisation de 15 millions de dollars EU.
e) Des travaux complémentaires de restauration des écosystèmes et de populations d'espèces essentielles menacées ont été réalisés, entre autres, la tortue géante sur l'île d'Isabela. Un plan de restauration écologique de l'île de Pinta a été préparé et sa mise en œuvre a commencé en mars 2008.
f) En ce qui concerne l'industrie de la pêche, les actions se sont concentrées sur l'élaboration d'un projet de chapitre sur la gestion de l'industrie de la pêche, à inclure dans le plan de gestion de la réserve marine des Galápagos. Ce projet de chapitre est en cours de discussion avec les coopératives de pêche dans l'espoir qu'elles l'approuvent avant d'être soumis à ratification. Le projet du Centre du patrimoine mondial "Paysage marin de l'est du Pacifique tropical" (ETPS) a soutenu des travaux entrepris avec des pêcheurs en définissant de petites zones où la pêche est interdite et en étudiant la faisabilité d'un renoncement aux droits de pêche dans des zones sensibles avec en contrepartie un accès facilité au crédit permettant de se réorienter vers des activités non extractives.
g) Les mesures concernant le tourisme se sont concentrées sur a) le développement de réglementations pour des activités touristiques spécifiques; b) une étude sur la capacité d'accueil de l'écotourisme qui a débuté en septembre 2007 et qui vise à définir un nombre optimal d'activités touristiques sur chaque île; c) une évaluation des besoins en renforcement des capacités qui a été menée afin de mettre en place une structure de formation continue pour les écoguides travaillant dans le Parc national des Iles Galápagos; d) un suivi satellitaire des bateaux de croisières est mis en œuvre, il facilitera le contrôle des mouvements de ces bateaux en s'assurant qu'ils suivent bien des itinéraires préétablis ; e) des ancres flottantes sont mises en place afin de remédier à de nouveaux dommages causés aux fonds marins sensibles par des ancres de fond; f) la direction du Parc national des Iles Galápagos a entamé un processus de concertation participative pour établir un nouveau schéma touristique pour l'archipel et un système de concessions d'activités touristiques. Avec l'aide internationale de l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), un atelier sur la gestion touristique a été mis en place en octobre 2007 afin d'examiner et de prévoir un nouveau système de concessions des activités touristiques. Le Centre du patrimoine mondial a aidé cette action par l'octroi d'une bourse de 40.000 dollars EU en décembre 2007.
h) Un contrôle de l'immigration a été mis en vigueur avec l'application de la Réglementation spéciale de qualification et de contrôle de la résidence, depuis septembre 2007, et la mise en place d'une "Carte personnelle pour le contrôle des déplacements" qui permettra d'identifier les gens qui essayent de rester sur les îles au-delà du temps maximum autorisé par la loi (90 jours).
i) Le 20 décembre 2007, le Ministère de l'éducation a signé un accord avec le Bureau de l'UNESCO de Quito pour réformer les système éducatif sur les Iles Galápagos. Un financement est en cours de recherche pour cette initiative.
Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN prennent note avec satisfaction du très grand développement au cours des dernières années de la capacité technique du Service du Parc national des Iles Galápagos et de la Fondation Charles Darwin, développement accompagné des ressources nécessaires. Ces deux organismes semblent avoir la capacité de relever bien des défis liés aux espèces introduites et à la restauration écologique. Cependant, les contextes socioéconomiques et politiques sous-jacents restent difficiles et encourager des actions positives dans ces domaines requerra des agences gouvernementales et de la société civile en présence une approche beaucoup plus globale et durable. A ce propos, il reste un grand nombre de problèmes qui doivent être traités:
a) Alors que le rapport de l'Etat partie fait état de progrès accomplis dans la résolution des problèmes mentionnés ci-dessus, il n'est pas évident que les actions entreprises mènent à des changements réels dans les domaines concernés. La plupart des actions mises en œuvre jusqu'alors sont axées sur leur propre processus et la plupart d'entre elles sont encore dans l'attente d'une autorisation officielle. Le rapport ne fait état d'aucune échéance. Il n'apporte aucune preuve de la mise en œuvre des actions ou de témoignage sur la façon dont elles sont réalisées. La nécessité pour l'Etat partie de passer rapidement de l'étape actuelle du projet à celles futures de l'autorisation officielle puis de la mise en œuvre de ces actions doit être accentuée.
b) Alors que le rapport signale que 2000 personnes ont régularisé leur statut de résident dans le cadre de la Réglementation spéciale de qualification et de contrôle de la résidence, le rapport ne fournit aucun chiffre concernant le nombre d’immigrants illégaux qui ont été recensés et quelle sera la politique à leur égard, rendant ainsi difficile l’évaluation des impacts réels de cette réglementation visant à limiter une croissance de la population provoquée par l’afflux d’immigrants.
c) En mars 2008, la Directrice du Parc national des Iles Galápagos a été révoquée et un Directeur intérimaire a été nommé. L’instabilité du poste de Directeur du Parc et la rapide succession de 12 Directeurs et Directeurs intérimaires en 3 ans (2002-2006) ont été un grand problème et un problème majeur de gestion lié à une piètre gouvernance et à une mise en œuvre inappropriée des programmes de conservation et de gestion.