Une mission commune de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS a été entreprise du 23 au 28 novembre 2011 sur le bien pour en évaluer l’état de conservation et étudier les projets routiers et d’extension de l’aéroport.
Le 30 janvier 2012, l’État partie a soumis un bref rapport sur l’état de conservation du bien.
a) Projet de construction d’un tunnel routier dans la zone de monuments de Pashupati
L’État partie fait part de l’abandon du projet de construction d’un tunnel routier qui aurait traversé la zone de monuments de Pashupati, comme l’avait demandé le Comité. Cette route, dont la construction avait démarré en 2007, aurait divisé en deux la zone de monuments. Les travaux commencés ont été stoppés après que la menace que cela constituait pour le bien ait été reconnue. Des mesures d’atténuation visant à restaurer l’apparence de la zone avant 2007 ont été demandées dans la décision du Comité du patrimoine mondial. L’État partie fait savoir que ces mesures d’atténuation ont été débattues avec la mission de novembre 2011, mais il ne fournit aucun détail complémentaire sur leur mise en œuvre.
La mission commune de novembre 2011 Centre du patrimoine mondial/ICOMOS a précisé dans ses recommandations que les travaux d’atténuation des impacts de la construction du tunnel routier déjà entrepris dans la zone de monuments de Pashupati Monument Zone étaient essentiels car les travaux de construction avaient été stoppés et qu’il convenait donc d’entreprendre immédiatement une restauration écologique pour redonner à cette zone son apparence d’avant 2007. La résolution de la question d’une infrastructure de transport, en particulier d’une nouvelle route, devient une exigence. Il convient à cet égard d’établir et de respecter des procédures clairement définies pour guider à l’avenir la planification de la circulation et la construction de la route.
La mission a également recommandé que le Comité passe en revue l’avancement concernant la question d’une autre route qui longerait la limite du bien.
La mission a estimé que la présence de l’armée dans le périmètre du bien devait être réduite au minimum et qu’elle ne devait plus utiliser une partie du bien comme Club de golf. Il convient d’autre part d’établir et d’adopter une stratégie de transport et d’urbanisme pour l’ensemble de la ville, et d’évaluer l’impact du projet d’extension de l’aéroport, de l’élargissement du périphérique et de nouveaux aménagements au nord de la zone de monuments de Pashupati. Il ne faudra inclure dans la stratégie susmentionnée que des projets jugés sans impact négatif sur la valeur universelle exceptionnelle du bien.
b) Mise en œuvre du plan de gestion intégrée (PGI)
L’État partie indique que l’actuel plan de gestion intégrée du bien date de cinq ans et devra donc être revu et actualisé.
La mission de novembre 2011 a considéré qu’il convenait de féliciter les agences gouvernementales népalaises de leurs efforts pour la mise en œuvre du plan de gestion intégrée (PGI) de 2007 du bien.
La mission a recommandé que l’établissement réussi du PGI soit suivi de la formation d’une structure de coopération entre services gouvernementaux, autres organismes et communautés pour en soutenir la mise en œuvre, et par des mécanismes permettant d’entreprendre des évaluations d’impact sur les projets d’aménagements. Il conviendra de mettre au point des régimes spécifiques de gestion du bien et une réglementation de la construction pour chacune des sept zones du bien. Le Département de l’Archéologie devra également mieux faire connaître la valeur universelle exceptionnelle du bien à tous les intervenants concernés. Par ailleurs, la mission a considéré qu’il faudrait disposer d’un complément de ressources pour aider le Comité de coordination des travaux à appliquer le PGI. Il faudra également établir un plan de gestion des risques.
c) Conservation
La mission a noté qu’il fallait éviter tout aménagement inapproprié, comme ceux qui ont été réalisés près du sanctuaire de Pashupati et sur le site d’Hanuman Dhoka. Il faudra s’efforcer de préserver les monuments historiques essentiels dans toutes les zones de monuments. Qui plus est, les projets de conservation devront faire l’objet d’une évaluation d’impact et d’un suivi sur le patrimoine et d’un suivi pour s’assurer de la bonne application des normes de conservation, car la mission a constaté qu’elles pouvaient varier. Il faudra disposer d’une aide sous forme de subventions pour conserver certains bâtiments privés dans le périmètre du bien.
S’agissant de la conservation du bien, la mission précise dans sa recommandation que la nouvelle construction adjacente au Pujari Math sur le site de Bhaktapur a un impact négatif sur le caractère historique et le cadre du lieu et devrait être démolie. Par contre, la réutilisation d’un monument historique pour abriter le Musée de Patan est exemplaire et cet exemple mérite d’être suivi pour d’autres bâtiments. Il convient d’encourager les techniques de construction artisanales et d’améliorer la communication avec le public pour faire mieux comprendre et apprécier la valeur universelle exceptionnelle du bien.
d) Évaluation d’impact sur le patrimoine
Une évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) pour les aménagements proposés a été demandée par le Comité dans la décision 35 COM 7B.75, pourexamen par les Organisations consultatives. La décision impliquait que cela soit effectué pour deux aménagements mentionnés dans la décision : le projet routier et le projet d’extension de l’aéroport. Cette décision demandait également un rapport sur la mise en œuvre des recommandations de la mission consultative de mars 2011 qui ont étudié le projet de nouvelle route, les réparations nécessaires du réseau de drainage naturel, la restauration des zones forestières endommagées, les contrôles d’accès des piétons et des véhicules, et la nécessité de fixer des limites précises au bien.
L’État partie n’a fourni d’EIP officielle pour aucun des projets et le rapport indique simplement qu’une évaluation sera fournie pour le projet routier une fois que l’on aura atteint un consensus à cet égard. Les recommandations de la mission consultative de mars 2011 ne sont pas traitées dans le rapport de l’État partie.
e) Projet de reconstruction du temple de Bhaidegah, place Durbar à Patan
La mission a pris note d’un avant-projet de reconstruction. L’État partie devra fournir une justification complète pour la reconstruction, ainsi que des plans d’architecte détaillés incluant des informations sur les matériaux et l’ornementation, pour permettre à l’ICOMOS d’effectuer un examen complet. Un rapport établi par l’ICOMOS évaluant les projets de reconstruction de la place Durbar à Patan par l’État partie accompagne le rapport de mission.