En réponse aux décisions prises par le Comité à ses 27e (UNESCO, 2003), 28e (Suzhou, 2004) et 29e (Durban, 2005) sessions, l'État partie a soumis le 1er février 2006 une proposition de « modification mineure » des limites des sept zones de monuments et une proposition de modification du nom du site selon la procédure établie aux paragraphes 163, 164 et 167 des Orientations. Ces modifications, qui ont été examinées par l’ICOMOS, sont présentées dans le document WHC-06/30.COM/INF.8B.1. Il n'est pas possible à l'heure actuelle pour l'État partie de redéfinir les limites du bien d’un point de vue juridique en attendant l'approbation du Comité sur ce point. Entre-temps, des dispositions législatives sont prises afin d’en faciliter l’adoption en temps voulu.
Comme l'avait demandé le Comité, l'État partie a examiné la validité des critères existants (iii), (iv), (vi) et a indiqué dans sa proposition que les critères ayant fondé l'inscription de la Vallée de Kathmandu en 1979 restaient encore applicables pour définir la valeur universelle exceptionnelle du site. La proposition de modification des limites du bien a été préparée sans oublier les critères d'inscription, l'intégrité du site et la conservation des attributs qui définissent la valeur universelle exceptionnelle du site.
L'évaluation technique réalisée par l'ICOMOS concernant le nouveau nom de site proposé et la « modification mineure » des limites du bien laisse à penser que le projet de modification avancé par l'État partie est suffisamment important pour constituer un cas de « modification majeure » qui devrait donc suivre les mêmes procédures que les nouvelles propositions d'inscription.
L’ICOMOS considère que la révision des limites du bien et le développement d’une déclaration de valeur universelle exceptionnelle doivent correspondre à la fois aux ensembles monumentaux et aux bâtiments traditionnels vernaculaires, qui ont été inscrits en 1979 et ont conservé leur valeur universelle exceptionnelle.
L'État partie a suggéré de changer le nom de « Vallée de Kathmandu » en « Sept ensembles monumentaux de la Vallée de Kathmandu », tandis que l'ICOMOS recommande « Sept ensembles historiques de la Vallée de Kathmandu ».
Le rapport d'avancement complet sur l'état de conservation du bien, reçu le 6 février 2006, donne une description détaillée des principaux chantiers de restauration de monuments qui ont été exécutés sous le contrôle des unités nationales et municipales du patrimoine. Selon les informations obtenues, l'État partie n’a pas entièrement terminé l’inventaire en cours des bâtiments par catégorie des sept zones monumentales. Le Département d'Archéologie, avec le concours des municipalités, continue également d’entreprendre des activités de conservation de ces bâtiments inventoriés au patrimoine, en particulier des ensembles monumentaux.
Le plan de gestion intégré (IMP) du site du patrimoine mondial de la Vallée de Kathmandu est actuellement préparé par le Département d'Archéologie, en étroite collaboration avec le Centre du patrimoine mondial et le Bureau de l'UNESCO à Kathmandu, avec l’aide financière du gouvernement néerlandais. La gestion complexe de ce bien du patrimoine mondial est due à la nature différente et à l’étendue des sept zones monumentales réparties dans trois municipalités et un village, avec un « royal Trust » (organe public de gestion) chargé de l’administration du site dans l’une des zones. L’IMP gère la situation en appelant chaque municipalité et chaque agence à prendre les décisions adaptées aux priorités en matière de conservation et à donner des conseils techniques cohérents à la population locale. Les efforts remarquables auxquels ont consenti les autorités népalaises pour établir l’IMP sont jugés très satisfaisants. Bien qu’initialement prévu pour l'été 2006 et compte tenu du caractère complexe du plan de gestion qui vient d’être évoqué, il semble important d'accorder une année supplémentaire, jusqu'à l'été 2007, pour en assurer le bouclage effectif. Faute de disposer de ce délai supplémentaire pour garantir l'accord des parties prenantes et le soutien des résultats, l'ICOMOS et le Centre du patrimoine mondial estiment que l’IMP ne pourra bénéficier ni du soutien local suffisant, ni de la crédibilité requise pour sa mise en œuvre intégrale.
L’ICOMOS et le Centre du patrimoine mondial souhaitent faire remarquer que, même si l'évaluation technique réalisée par l'ICOMOS dans le document WHC-06/30.COM/INF.8B.1 recommande de reporter l'approbation du projet de redéfinition des limites du site et engage à rédiger un document complet en vue d’une nouvelle proposition d'inscription du bien, il est important que ces efforts ne retardent pas le travail en cours concernant le plan de gestion intégré du bien.
Dans le cadre de l’IMP, l'État partie a adopté une politique de révision des règles du bâtiment afin d'assurer l'intégrité des zones patrimoniales. Les nouvelles règles de construction prendront en considération la spécificité des zones monumentales et accorderont la priorité à la restauration sur la reconstruction. Cela est censé être une mesure corrective pour lutter contre les activités de construction illicites. Par ailleurs, des mesures de surveillance sont actuellement mises au point en vue d’améliorer la mise en œuvre des programmes et des règlements en matière de conservation, en faisant de la zone de monuments de Bhaktapur une zone pilote.
Une base de documentation numérique sur la Vallée de Kathmandu, qui centralise toutes les informations disponibles sur ce site du patrimoine mondial, est actuellement en préparation pour servir de base à la création d'un centre de documentation du patrimoine pour la Vallée de Kathmandu, qui sera ouvert au public. La troisième et dernière mission de l'Université de Venise (IUAV), qui s’est déroulée durant l'été 2005, a terminé l'inventaire et la catégorisation des bâtiments privés à l'intérieur du site. Les conclusions des trois études de l'IUAV réalisées en 2003, 2004 et 2005 ont été transmises à l'État partie, notamment aux municipalités qui peuvent maintenant exploiter ces données pour le suivi. L'ICOMOS souligne qu'une mission de spécialistes en conservation, effectuée en août 2005, a constaté que l'État partie n'était pas en possession de l'importante documentation provenant des nombreuses missions effectuées sur le site dans les années 1990 avec le soutien du Fonds du patrimoine mondial. L'ICOMOS recommande d’entamer le processus de création d'une base de données consultable en cherchant d’abord à récupérer, cataloguer et numériser tous les projets de documentation antérieurs sur ce bien du patrimoine mondial.
Le Centre du patrimoine mondial et l'ICOMOS considèrent, à la lumière des progrès accomplis dans la mise en œuvre des décisions du Comité, qu’un mode de gestion du site pleinement opérationnel incluant une garantie de mise en œuvre des directives en matière de conservation et des réglementations sur la construction dans le cadre de l’IMP, ainsi qu’une protection juridique appropriée afin de sauvegarder ce qu’il reste d’intégrité du bien sur le site, constitueraient des conditions favorables au retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril. De plus, ces critères pourraient être remplis dans le cadre de la nouvelle procédure de proposition d'inscription qui a été requise suite à l'évaluation présentée dans le document WHC-06/30.COM/INF.8B.1. Étant donné la complexité des questions soulevées et la difficulté de la situation politique au Népal, ces conditions pourraient être atteintes d'ici le 1er février 2009 à temps pour la 33e session du Comité.
Une mission d'évaluation est prévue fin juin 2006 en vue de donner des conseils sur la finalisation de l’IMP.