En août 2002, une mission conjointe UNESCO/ICOMOS de suivi réactif a été effectuée à Coro et son port (La Vela) pour en évaluer la gestion et l’état de conservation. La mission a conclu que le site risquait fort de répondre aux critères d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril et elle a rédigé une liste de quatorze recommandations pour remédier à cette situation.
En avril 2005, l’UNESCO et l’ICOMOS ont effectué une seconde mission de suivi réactif qui a passé en revue la mise en œuvre des recommandations de la première mission de 2002, évalué l’état général de conservation du site, estimé s’il répond aux critères de la liste en péril et préparé les éléments d’un programme d’action pour renforcer la conservation et la gestion du site.
La mission a conclu que l’État partie s’était engagé au plus haut niveau pour répondre aux motifs de préoccupation signalés dans le rapport de mission de 2002 et aux décisions ultérieures du Comité, notamment par la création d’une Commission présidentielle pour la protection du site. Cette Commission a pour tâche de préparer, sur une période de trois ans, un plan d’ensemble de conservation et d’aménagement de cette zone, et notamment un projet de structure de gestion.
De plus, la mission a noté l’accroissement de la présence et du contrôle de l’Institut national pour le patrimoine culturel (IPC) et les progrès accomplis dans le renforcement des Instituts municipaux pour le patrimoine (IMP) de Miranda (Coro) et de Colina (port de La Vela).
La mission a toutefois noté que la plupart des mesures en étaient toujours au stade de la planification et que les résultats, la portée et l’impact des travaux de la Commission présidentielle sur l’état de conservation du site ne pourront être évalués que plus tard. Par ailleurs, la mission a été informée que de fortes pluies, survenues entre novembre 2004 et février 2005, ont provoqué de graves dommages à un grand nombre de bâtiments, tant à Coro qu’à La Vela. De plus, la mission a observé une grave altération de l’authenticité et de l’intégrité de l’ensemble urbain, particulièrement à La Vela.
À la suite des recommandations de ces deux missions conjointes UNESCO/ICOMOS de suivi réactif, entreprises en 2002 et 2005 à Coro et son port, le Comité a décidé d’inscrire le site sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Qui plus est, le Comité a confirmé la validité des conclusions et recommandations de la mission de suivi réactif de 2002 et il a adopté les quatre repères de référence susmentionnés pour évaluer à l’avenir l’efficacité des mesures à prendre par l’État partie en vue d’un retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril.
Selon la demande du Comité, l’Institut national pour le patrimoine culturel (IPC) a adressé un rapport, daté du 14 février 2006, présentant les grandes lignes d’un plan intégré de conservation et d’aménagement de Coro, La Vela et ses zones d’influence (Lineamientos del Plan Integral de Conservación y Desarrollo de Coro, La Vela y sus áreas de influencia). Ces grandes lignes sont fondées sur un ensemble de quatre analyses scientifiques (PLINCODE) qui comportent des documents sur l’histoire, les valeurs architecturales et urbaines et la situation environnementale et socioéconomique de Coro et La Vela. Le rapport définit huit menaces essentielles sur le site et ses environs et présente les grandes lignes d’un plan d’action.
L’État partie a présenté un rapport sur les mesures d’urgence prises pour protéger le patrimoine (Informe del Estado Venezolano sobre la salvaguardia del Patrimonio de Coro y La Vela). Ce rapport décrit différentes mesures – dont des ateliers et forums de sensibilisation et de renforcement des capacités et d’importants investissements dans un projet immobilier expérimental, des interventions temporaires de sécurité et la mise en place d’un système de drainage.
Comme l’avait demandé le Comité, un projet de plan de gestion des risques, daté du 31 août 2005, a été adressé au Centre du patrimoine mondial.
Les documents susmentionnés constituent la base du document final – le plan d’aménagement intégré – qui doit être approuvé par le gouvernement vénézuélien le 3 août 2006.
Néanmoins, ces documents ne permettent pas d’évaluer l’état de conservation du bien et aucun document n’a été fourni en ce sens. Le plan de gestion intégrée en est toujours, pour l’essentiel, à la phase d’analyse et de planification. Il n’existe pas de plan de conservation et aucun document de la sorte n’a été fourni.
Le rapport sur les mesures d’urgence qui a été adressé manque d’informations essentielles ; il ne comporte aucune évaluation de l’état actuel de conservation ou des niveaux de détérioration, ni de critères permettant de fixer des priorités, ni de calendrier de mise en œuvre. Les mesures en cours d’exécution ne sont pas suffisantes pour protéger efficacement le site et empêcher qu’il ne se détériore davantage.
Le plan de gestion des risques manque d’informations essentielles : il ne traite ni de prévention ni de réactions aux dommages causés par les infestations de xylophages, les incendies, les conflits armés, les vents et tempêtes tropicales, les risques d’origine humaine ou les risques liés à la pollution industrielle.
En conclusion, la plupart des mesures en sont toujours au stade de planification et il est encore trop tôt pour évaluer les résultats, la portée et l’impact du travail de la Commission présidentielle sur l’état de conservation du site. En attendant, le bien du patrimoine mondial n’est pas géré comme un ensemble intégré et il n’y a pas de plan de conservation.