Lors de sa 29e session, le Comité du patrimoine mondial a félicité l’État partie des efforts entrepris pour établir un plan de gestion et de conservation et un schéma directeur de tourisme pour le site, et a invité l’État partie à soumettre les versions finales de ces documents et à les faire appliquer. Le Comité a noté avec satisfaction le soutien permanent fourni par les gouvernements français et japonais pour résoudre certains des problèmes auxquels ce bien est confronté. Le Comité a demandé à l’État partie de présenter au Centre du patrimoine mondial, avant le 1er février 2006, un rapport sur l’état de conservation du bien, incluant les mesures adoptées dans le prolongement des recommandations de la mission ICOMOS de suivi réactif de 2004, pour examen par le Comité lors de sa 30e session en 2006, et il a décidé de maintenir le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.
En 2005, tout un dossier d’information sur le bien a été publié, notamment des brochures en couleur intitulées « Kilwa Kisiwani, An Overview of Its Cultural Heritage » ; « Songo Mnara, An Overview of Its Cultural Heritage » ; « Kilwa Kivinje, An Overview of Its Cultural Heritage » ; « Kilwa Kisiwani, Ancient port City of the East African Coast ». Une publication de 89 pages largement illustrée – « Kilwa Kisiwani, Ancient Port City of the East African Coast » par Karen Moon, pour le Ministère des Ressources naturelles et du Tourisme – a également été publiée en 2005.
Grâce à l’aide financière du Fonds du patrimoine mondial, une plaque de grès émaillée rédigée en anglais et en swahili a été réalisée pour le bien de Kilwa Kisiwani et Songo Mnara.
Le Centre du patrimoine mondial constate que l’État partie fait beaucoup d’efforts pour améliorer la conservation, la gestion et le développement durable du site, et faire participer plus activement la communauté locale et la communauté internationale des bailleurs de fonds.
Le gouvernement norvégien finance actuellement un projet de 201.390 dollars intitulé « Conservation d’urgence des sites du patrimoine mondial en péril de Kilwa Kisiwani et Songo Mnara », dont l’exécution est confiée au Bureau de l’UNESCO à Dar-es-Salaam. Ce projet de conservation, lancé en septembre 2005, comporte 4 phases et comprendra essentiellement des travaux de conservation d’urgence sur les sites de Kilwa Kisiwani et Songo Mnara, ainsi qu’une aide à la formation et au renforcement des capacités des ressortissants nationaux spécialisés en conservation.
Le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS ont reçu du Département tanzanien des Antiquités, en décembre 2005 et mars 2006, les documents suivants : un plan de gestion du site (daté de janvier 2006), un schéma directeur du tourisme pour Kilwa (mars 2005) ainsi que d’autres documents d’information et un projet de « Dossier de proposition d’inscription révisé du site du patrimoine mondial des Ruines de Kilwa Kisiwani et Songo Mnara, incluant la ville historique de Kilwa Kivinje ». Un autre rapport sur l’état de conservation de ce bien du patrimoine mondial a été reçu le 1er mars 2006.
Le plan de gestion du site donne une excellente vue d’ensemble de l’histoire du bien, de l’état de conservation des sites qui le composent, des questions de gestion et des projets de redéfinition des limites et d’inclusion de sites avoisinants associés. Le plan de gestion expose des objectifs stratégiques clairs et se fonde sur une déclaration de valeur du bien. Il convient de souligner la méthode de large consultation de la communauté et des acteurs concernés utilisée lors de l’établissement du plan. Ce plan accompagne et complète le Plan de tourisme fourni sous forme de projet en mars 2005. Le schéma directeur du tourisme est détaillé, avec une optique et des conclusions bien intégrées par rapport à la méthode définie dans le plan de gestion du bien.
Le rapport de l’État partie sur l’état de conservation du bien commence par une présentation de la déclaration de valeur (telle que définie dans le plan de gestion du bien) et par des remarques sur l’intégrité/authenticité. Le rapport décrit l’état matériel, les questions et problèmes qui se posent en de nombreux points du site, les différents outils de planification et de gestion en place pour protéger et conserver le bien, les pressions sociales et économiques diverses qui affectent le bien, et les mesures de suivi appliquées.
L’ICOMOS, dans son étude de ces différents rapports, instruments et initiatives de gestion, juge le plan de gestion du bien correctement conçu et mis en œuvre, mais souhaite faire part de son regret que le rapport sur l’état de conservation rédigé par l’État partie en janvier 2006 n’explique pas comment le plan de gestion doit être mis en œuvre et comment il convient d’intégrer les nombreuses autres procédures et instruments parallèles de planification et de gestion déjà en place.
L’ICOMOS indique également que le but défini du plan de gestion est de « garantir la bonne application des méthodes de conservation et de gestion assurant une rationalisation du site du patrimoine mondial de Kilwa Kisiwani et Songo Mnara permettant d’inclure la ville historique de Kilwa Kivinje », alors que le rapport de l’État partie sur l’état de conservation n’évoque pas de projet d’extension de la proposition d’inscription. Ledit rapport reproduit toutefois effectivement la déclaration de valeur du plan de gestion qui reconnaît l’extension (en vue d’inclure Kilwa Kivinje) comme faisant partie du bien à gérer. L’ICOMOS note d’autre part que le Comité, à ses 28e et 29e sessions, ne fait pas directement allusion au projet d’extension, sauf pour demander à l’État partie de suivre les recommandations de la mission ICOMOS de 2004, centrée notamment sur la nécessité d’étendre la proposition d’inscription initiale pour inclure Kilwa Kivinje.
L’ICOMOS souhaiterait également attirer l’attention du Comité sur le travail effectué pour rédiger une déclaration de valeur pour le plan de gestion, et sur la longue partie du rapport établi par l’État partie sur l’état de conservation et portant sur l’intégrité/authenticité. Ces efforts pour placer le souci de la valeur au centre du processus décisionnel sont vraiment bienvenus mais l’ICOMOS note cependant que la déclaration de valeur qui a été rédigée dépasse le simple critère (iii) qui avait justifié l’inscription du bien. L’ICOMOS constate également que l’interprétation de la valeur, de l’authenticité et de l’intégrité est empruntée à la précédente version des Orientations, et non à la version en vigueur depuis février 2005.
L’ICOMOS juge utile de concevoir un mécanisme de gestion traitant l’ensemble intégré du territoire (incluant Kilwa Kivinje), mais souligne qu’il est important que l’État partie fasse connaître son intention d’étendre l’inscription dans le cadre de ce processus, afin que le Comité puisse être informé de cette démarche.