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Complexe W-Arly-Pendjari

Bénin, Burkina Faso, Niger
Facteurs affectant le bien en 2021*
  • Activités illégales
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Terrorisme
  • Élevage de bétail / pacage d’animaux domestiques
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Projet d'exploitation du phosphate (problème résolu)
  • Projet de barrage (problème résolu)
  • Absence de suivi de la mise en œuvre du plan de gestion
  • Transhumance
  • Insécurité
  • Braconnage
Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO jusqu'en 2021

Montant total accordé: 247 870 dollars EU du gouvernement de la Norvège en 2020-2021

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2021
Demandes approuvées : 5 (de 1997-2012)
Montant total approuvé : 105 450 dollars E.U.
2012 Préparation de la proposition d’inscription du Parc ... (Approuvé)  
2002 Confection des plaques de commémoration de 2 sites ... (Approuvé)   450 dollars E.U.
1998 Strengthening Management Capacity of "W" National Park ... (Approuvé)   45 000 dollars E.U.
1997 Purchase of Equipment for W National Park (Approuvé)   50 000 dollars E.U.
1997 Equipment for W National Park (Approuvé)   10 000 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2021**

Mission UNESCO/RAMSAR, 8-22 mai 2004 

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2021

Le 24 décembre 2019, les États parties du Bénin, le Burkina Faso et le Niger ont soumis un rapport conjoint sur l’état de conservation du bien, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/749/documents, et qui fournit les informations suivantes :

  • Le dispositif de surveillance du bien a été renforcé par l’augmentation des effectifs des écogardes (+139 agents), leur formation en stratégie de Lutte Anti-Braconnage (LAB) et la fourniture d’équipements y compris l’armement et les munitions pour assurer le contrôle du bien ;
  • Des patrouilles transfrontalières mixtes de surveillance avec les forces de défense et de sécurité ont été initiées pour assurer la protection du bien dans un contexte sécuritaire préoccupant ;
  • Dans le cadre de la coopération transfrontalière, deux décisions majeures ont été adoptées pour garantir la gestion des ressources partagées (24 janvier 2017) et harmoniser la gestion des aires protégées du Complexe (Accord tripartite du 9 mai 2019) ;
  • Des initiatives concertées sont menées avec plusieurs partenaires pour intégrer les aspects liés au changement climatique dans la gestion du bien ;
  • Pour garantir le financement durable du bien, la Fondation des savanes ouest africaines (FSOA) est fonctionnelle au Bénin ; le Burkina Faso a ouvert son guichet en 2019 et le processus est en cours au Niger ;
  • Plusieurs initiatives sont mises en œuvre avec le soutien de différents partenaires techniques et financiers pour gérer durablement la transhumance autour du bien mais des difficultés persistent;
  • Malgré les efforts du Bénin et du Burkina Faso, la carte des limites de la zone tampon à l’échelle 1/50 000e n’a pas pu être réalisée pour des contraintes financières et le soutien de l’UNESCO a été sollicité par les trois États parties dans une correspondance officielle datant du 21 février 2020 ;
  • Une zone tampon consensuelle a été définie pour le Parc national du W au Niger et la nouvelle carte sera soumise au Centre du patrimoine mondial ;
  • En 2019, un inventaire aérien des éléphants et le suivi des grands carnivores avec des caméras pièges ont été réalisés. Les rapports de ces activités sont en cours de finalisation ;
  • Une piste d’atterrissage a été construite dans le Parc national de la Pendjari après réalisation d’une Étude d’impact environnemental (EIE) qui a conclu que les travaux n’auraient aucun impact sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) ;
  • Le principal défi demeure la dégradation de la situation sécuritaire dans la région avec la possibilité que les terroristes trouvent refuge dans le bien.

Le Centre du patrimoine mondial a été informé des travaux d’aménagements dans le Parc national de la Pendjari y compris la construction d’une clôture électrique, un aérodrome et sentiers. Suite aux correspondances du Bénin du 27 août 2019 et du 11 décembre 2019, les différentes études réalisées dans le cadre de ces travaux ont été transmises au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’UICN.

Le 12 février 2020, le Centre du patrimoine mondial a envoyé une lettre à l'État partie du Burkina Faso pour clarifier les informations selon lesquelles les problèmes sécuritaires ont entrainé une évacuation du personnel du Parc national d’Arly. Le 7 juillet 2020, l’État partie du Burkina Faso a confirmé la dégradation de la situation sécuritaire et une évacuation du personnel des parcs d'Arly et W. Le 12 novembre 2020, le Centre du patrimoine mondial a informé les États parties du Bénin, du Burkina Faso et du Niger de la proposition d’inscrire le Complexe W-Arly-Pendjari sur la Liste du patrimoine mondial en péril en raison de l'insécurité croissante et de l'absence totale de gestion des composantes Arly et W du bien au Burkina Faso, conformément au paragraphe 180 des Orientations et a sollicité une réunion à la convenance des trois États parties.

Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2021

La signature en 2019 de l’Accord tripartite en vue d’une gestion harmonisée des aires protégées constituant le bien illustre un renforcement de la coopération transfrontalière pour sa gestion efficace. Il est recommandé que le Comité encourage les trois États parties à mettre en œuvre cet Accord et à poursuivre les initiatives en cours afin d’intégrer les considérations climatiques dans la gestion du complexe pour en atténuer les effets et mettre en œuvre des activités d’adaptation avec les partenaires techniques et financiers impliqués dans ces initiatives.

D’importants efforts ont été déployés pour définir de façon participative une zone tampon pour le Parc national du W au Niger et pour élaborer la carte des limites de la zone tampon du bien à l’échelle 1/50 000e. Il est recommandé que le Comité salue les efforts des États parties et demande au Niger de soumettre la nouvelle carte au Centre du patrimoine mondial à travers la procédure d’une modification mineure des limites du bien, et demande aux États parties de finaliser la réalisation de la carte des limites de la zone tampon pour l’ensemble du bien à l’échelle 1/50 000e

L’augmentation des effectifs des écogardes, le renforcement de leur capacité opérationnelle et l’organisation des patrouilles conjointes de surveillance avec les forces de défense et de sécurité sont accueillies favorablement. Cependant, la récente dégradation de la situation sécuritaire dans la région est devenue très inquiétante comme le témoigne l’attaque meurtrière du 9 août 2020 dans la zone de Kouré à proximité du Complexe et l’embuscade du 27 avril 2021 tendue dans la composante Arly du Complexe à une patrouille antibraconnage récemment formée pour contribuer aux efforts de sécurisation du bien. Le bien sert également de refuge à plusieurs groupes terroristes actifs dans le Sahel entrainant ainsi une évacuation du personnel de gestion des parcs d'Arly et W au Burkina Faso. À la lumière de l’insécurité croissante qui a entraîné une absence totale de présence de la gestion dans ces composantes du bien, la VUE du bien est sujette à une mise en péril, conformément au paragraphe 180 des Orientations. Il est par conséquent recommandé que le Comité inscrive le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril afin d’alerter la communauté internationale sur la situation critique du bien, d’accompagner les trois États parties dans l’élaboration d’une feuille de route pour l'amélioration de l’état de conservation du complexe tout en garantissant le financement nécessaire pour sa sécurisation. Dans ce contexte et grâce à l’appui financier du gouvernement de la Norvège, le Centre du patrimoine mondial et l’UICN collaborent avec les trois États parties et ses partenaires pour l’organisation de consultations nationales et régionales ainsi que d’une réunion de haut niveau en vue de contribuer à la gestion durable du bien et de sa périphérie face à la crise sécuritaire dans le Sahel.

Notant l'importance des espèces caractéristiques de la VUE du bien, il est regrettable que les résultats des inventaires biologiques de 2019 ne soient pas encore disponibles et il est recommandé que le Comité demande aux États parties de fournir ces informations au Centre du patrimoine mondial dès que possible pour examen par l’UICN.

De plus, la pression de la transhumance dans le bien demeure préoccupante et s’y traduit par un pâturage illégal en saison sèche. Il est important que les États parties mettent en œuvre les Plans d’Aménagement et Gestion (PAG) des blocs écologiques du bien dans le strict respect des zonages retenus.

Enfin à la lumière des préoccupations susmentionnées, il est recommandé que le Comité demande aux États parties d’inviter dès que la situation sécuritaire le permet une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN sur le bien pour évaluer son état de conservation actuel au regard de la situation sécuritaire et proposer en concertation avec les États parties, un ensemble de mesures correctives et un État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR), pour examen par le Comité à sa 45e session en 2022.

Décisions adoptées par le Comité en 2021
44 COM 7B.79
W Complexe W-Arly-Pendjari (Bénin, Burkina Faso, Niger) (N 749)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 41 COM 8B.3, adoptée lors de sa 41esession (Cracovie, 2017),
  3. Adresse ses plus sincères condoléances aux familles des gardes tués dans l’exercice de leur fonction et à l’ensemble du personnel des administrations nationales en charge de la gestion du bien ;
  4. Prend note du renforcement de la capacité opérationnelle des écogardes, de leur effectif et de l’organisation des patrouilles conjointes de surveillance avec les forces de défense et de sécurité et considère que cette collaboration devra être renforcée sur une plus longue durée au regard de la situation sécuritaire dans la région ;
  5. Exprime sa plus vive inquiétude quant à l’insécurité croissante dans la région et le bien, notamment la présence de groupes terroristes armés qui opèrent dans le bien, ayant entrainé une évacuation du personnel de gestion des parcs d'Arly et W au Burkina Faso, et conduisant à une augmentation des activités illégales (braconnage, transhumance, orpaillage) tout en mettant en danger la vie du personnel de surveillance du parc et l’intégrité du bien ;
  6. Considère également qu'en raison de l’insécurité croissante et de l’absence relative de présence de la gestion qui en résulte dans les deux composantes d’Arly et W du bien au Burkina Faso, la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien pourrait être affectée si les mesures sécuritaires actuelles ne sont pas efficaces ;
  7. Exprime sa préoccupation quant aux impacts de la transhumance dans le bien, et demande aux États parties de mettre en œuvre les Plans d’Aménagement et Gestion (PAG) des blocs écologiques du bien dans le strict respect des zonages retenus ;
  8. Félicite les États parties du Bénin, du Burkina Faso et du Niger pour la signature en mai 2019 de l’Accord tripartite relatif à la gestion harmonisée des aires protégées du Complexe transfrontalier W-Arly-Pendjari et les encourage à mettre en oeuvre les dispositions de cet Accord ;
  9. Accueille favorablement toutes les activités entreprises pour la définition consensuelle de la zone tampon pour le Parc national du W au Niger et demande également à l’État partie du Niger de soumettre la nouvelle carte au Centre du patrimoine mondial à travers la procédure d’une modification mineure des limites du bien afin d’assurer une approche cohérente des zones tampons pour l’ensemble du Complexe W-Arly-Pendjari ;
  10. Notant les difficultés techniques et financières, demande en outre aux États parties du Bénin et du Burkina Faso de soumettre au Centre du patrimoine mondial une nouvelle carte des limites de la zone tampon à l’échelle 1:50 000 d’ici le 1er décembre 2022 pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e session;
  11. Regrette qu’aucune information sur les résultats des différents inventaires réalisés n’aient été fournis et demande par ailleurs aux États parties de fournir ces informations au Centre du patrimoine mondial, dès que possible, pour examen par l’UICN ;
  12. Salue les efforts déployés pour d’une part, intégrer les considerations climatiques dans la gestion efficace du bien, et d’autre part, en atténuer les effets et mettre en oeuvre des activités d’adaptation, et encourage également les États parties à poursuivre leurs efforts avec les partenaires techniques et financiers impliqués dans ces initiatives ;
  13. Demande de plus aux États parties d’inviter dès que possible une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN sur le bien pour évaluer l’état de conservation du bien ;
  14. Demande enfin aux États parties de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erfévrier 2022, un rapport conjoint actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e
Projet de décision : 44 COM 7B.79

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 41 COM 8B.3, adoptée lors de sa 41esession (Cracovie, 2017),
  3. Adresse ses plus sincères condoléances aux familles des gardes tués dans l’exercice de leur fonction et à l’ensemble du personnel des administrations nationales en charge de la gestion du bien ;
  4. Prend note du renforcement de la capacité opérationnelle des écogardes, de leur effectif et de l’organisation des patrouilles conjointes de surveillance avec les forces de défense et de sécurité et considère que cette collaboration devra être renforcée sur une plus longue durée au regard de la situation sécuritaire dans la région ;
  5. Exprime sa plus vive inquiétude quant à l’insécurité croissante dans la région et le bien, et notamment la présence de groupes terroristes armés qui opèrent dans le bien, ayant entrainé une évacuation du personnel de gestion des parcs d'Arly et W au Burkina Faso, et conduisant à une augmentation des activités illégales (braconnage, transhumance, l'orpaillage) tout en mettant en danger la vie du personnel de surveillance du parc et l’intégrité du bien ;
  6. Considère également qu'en raison de l’insécurité croissante et de l’absence totale de présence de la gestion qui en résulte dans les deux composantes d’Arly et W du bien au Burkina Faso, la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien est sujette à une mise en péril, conformément au paragraphe 180 des Orientations ;
  7. Décide d’inscrire le Complexe W-Arly-Pendjari (Bénin, Burkina Faso, Niger) sur la Liste du patrimoine mondial en péril ;
  8. Demande également aux États parties, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, de développer un ensemble de mesures correctives, un calendrier pour leur mise en oeuvre, ainsi qu’une proposition d’État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR), pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45esession en 2022;
  9. Exprime sa préoccupation quant aux impacts de la transhumance dans le bien et demande en outre aux États parties de mettre en œuvre les Plans d’Aménagement et Gestion (PAG) des blocs écologiques du bien dans le strict respect des zonages retenus ;
  10. Félicite les États parties du Bénin, du Burkina Faso et du Niger pour la signature en mai 2019 de l’Accord tripartite relatif à la gestion harmonisée des aires protégées du Complexe transfrontalier W-Arly-Pendjari et les encourage à mettre en oeuvre les dispositions de cet Accord ;
  11. Accueille favorablement toutes les activités entreprises pour la définition consensuelle de la zone tampon pour le Parc national du W au Niger et demande également à l’État partie du Niger de soumettre la nouvelle carte au Centre du patrimoine mondial à travers la procédure d’une modification mineure des limites du bien afin d’assurer une approche cohérente des zones tampons pour l’ensemble du Complexe W-Arly-Pendjari ;
  12. Notant les difficultés techniques et financières, demande de plus aux États parties du Bénin et du Burkina Faso de soumettre au Centre du patrimoine mondial une nouvelle carte des limites de la zone tampon à l’échelle 1:50 000 d’ici le 1erdécembre 2022 pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e session en 2023;
  13. Regrette qu’aucune information sur les résultats des différents inventaires réalisés n’aient été fournis et demande d’une part aux États parties de fournir ces informations au Centre du patrimoine mondial, dès que possible, pour examen par l’UICN ;
  14. Salue les efforts déployés pour d’une part, intégrer les considerations climatiques dans la gestion efficace du bien, et d’autre part, en atténuer les effets et mettre en oeuvre des activités d’adaptation, et encourage également les États parties à poursuivre leurs efforts avec les partenaires techniques et financiers impliqués dans ces initiatives ;
  15. Demande d’autre part aux États parties d’inviter dès que la situation sécuritaire le permet une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN sur le bien pour évaluer son état de conservation actuel au regard de la situation sécuritaire et finaliser en concertation avec les États parties, un ensemble de mesures correctives et un DSOCR, pour examen par le Comité à sa 45esession en 2022 ;
  16. Demande enfin aux États parties de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erfévrier 2022, un rapport conjoint actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e session en 2022.
Année du rapport : 2021
Burkina Faso Bénin Niger
Date d'inscription : 1996
Catégorie : Naturel
Critères : (ix)(x)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2019) .pdf
Proposé initialement pour examen en 2020
arrow_circle_right 44COM (2021)
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* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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