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Paysage culturel du Morne

Maurice
Facteurs affectant le bien en 2016*
  • Habitat
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Vastes infrastructures et/ou installations touristiques / de loisirs
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Projet d'aménagement incluant 6 hôtels
  • Mise en œuvre incomplète de certaines parties du plan de gestion
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2016
Demandes approuvées : 1 (de 2004-2004)
Montant total approuvé : 17 487 dollars E.U.
2004 Preparing Nomination file for le Morne Mountain and ... (Approuvé)   17 487 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2016**

Février 2016 : mission conjointe de suivi réactif UNESCO/ICOMOS

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2016

Une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS s’est rendue sur le bien du 26 janvier au 2 février 2016. L’État partie a ensuite soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 26 février 2016. Le rapport de la mission et le rapport de l’État partie sont disponibles à https://whc.unesco.org/fr/list/1259/documents.

Dans son rapport, l’État partie a souligné son engagement à gérer la montagne et sa zone tampon comme une seule et unique unité de paysage, selon la recommandation faite lors de l’inscription. Le plan de gestion a été révisé afin de rendre plus lisibles les rôles et responsabilités des multiples parties prenantes et de créer une plateforme de gouvernance intégrée destinée à éviter tout conflit entre les utilisateurs et les clients du patrimoine.

Afin de créer une base de données de recherche, l’État partie, par l’entremise du Fonds du patrimoine du Morne (Le Morne Heritage Trust Fund – LMHTF) et de l’Université de Maurice, a entrepris des travaux de recherche sur l’archéologie et l’histoire des marrons. Afin de conserver la riche biodiversité de la montagne, un protocole d’accord est en cours de rédaction entre le Ministère de l’agro-industrie et le LMHTF pour entreprendre des travaux conjoints de conservation de la biodiversité qui seront mis en œuvre dès que l’accès au plateau sera possible.

Depuis l’inscription du bien, le nombre de propositions de projets de développement, principalement dans la zone tampon, est croissant. En réponse à cette situation, des cadres juridiques ont été mis en place afin de faire appliquer la loi, contrôler et suivre les projets sur le territoire du bien, de sa zone tampon et de son cadre général. Tous les projets de développement sont soumis à des évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP).

Il a été demandé à la mission d’examiner les pressions exercées par le développement sur le bien et sa zone tampon, en particulier, le projet de développement de grande envergure soumis par Le Morne Brabant IRS Co Ltd (LMB) qui est situé sur le territoire du bien. La mission a constaté que le recours juridique présenté par les promoteurs étant encore en cours d’examen par les tribunaux, aucun élément détaillé sur le projet de développement ne lui a été communiqué, et elle a été informée que LMB, qui loue le terrain, pourrait envisager de modifier son projet au fil du traitement de l’affaire par la justice. Entretemps, les promoteurs refusent l’accès aux terrains qu’ils ont loués, ce qui, en conséquence, entrave l’accès à la route principale qui gravit la montagne du Morne et dessert le site archéologique de Makak qui se situe sur la zone prévue pour le projet de développement.

Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2016

La mission a pu constater que l’inscription et la préservation du paysage culturel du Morne sont considérées comme une avancée très positive à Maurice eu égard à la particularité de l’identité historique et culturelle de la communauté créole et de ses associations.

S’agissant du projet de développement de LMB, il est pris note des conclusions de la mission. L’absence d’issue aux recours juridiques liés à ce projet perdure depuis l’inscription du bien.  La mission a cru comprendre que les promoteurs semblent souhaiter une sorte de compensation financière. La société immobilière affirme que, contrairement à ce qui a été rapporté lors de l’inscription (on disait alors que le bien appartenait en grande partie à l’État), il est désormais avéré que le bien est composé de terres possédées par des propriétaires et des sociétés privés ainsi que par l’État. Peu de détails ayant été communiqués à la mission quant au litige, on ne saurait dire clairement ni à quels titres la société immobilière s’estime financièrement désavantagée, ni si le litige repose sur la possession par l’État de toutes les terres composant le bien. La question de la propriété n’est pas, en soi, une question qui intéresse le Comité du patrimoine mondial mais relève de la seule responsabilité de l’État partie, comme le stipule le paragraphe 15 des Orientations. S’agissant de la prétendue limitation de ses droits à développer sa propriété foncière, invoquée par LMB, la mission a également noté que de telles restrictions étaient déjà en vigueur avant l’inscription, en vertu de la proclamation du bien « site mémoriel national » et de sa protection très stricte.

Il est essentiel que l’impasse juridique dans laquelle sont l’État partie et le plaignant trouve une issue définitive et équilibrée. Il est certes regrettable que le promoteur refuse l’accès au bien qu’il a loué, ce qui a des conséquences sur la conservation et la gestion du bien et sur la mise en œuvre des activités patrimoniales, il convient toutefois, tant que le litige persiste, que le LMHTF poursuive ses activités de gestion et de conservation du bien dans toute la mesure du possible vu les circonstances.

Les travaux de recherche entrepris en collaboration avec l’Université de Maurice sur l’archéologie des marrons sont accueillis avec satisfaction. Au vu de l’importance du site de Makak pour les informations qu’il recèle sur les liens entre les communautés des marrons et la montagne, la mission a recommandé qu’une demande soit faite auprès du promoteur afin qu’il autorise l’accès au site pour des travaux de fouilles archéologiques qui permettront de poursuivre l’étude du site. La mission a également pris note des opportunités pour le LMHTF d’envisager la possibilité d’acquérir le site de Makak afin d’en faire un centre d’accueil des visiteurs et un point d’accès au bien par le flanc nord.

La version révisée du Plan de gestion (2014 - 2019) du bien et de sa zone tampon est désormais en vigueur. Il intègre une Analyse critique des points de vue et il est complété par des Orientations pour la politique de planification, un Plan de gestion des terres (2014 - 2019), un Plan de gestion du lagon (2013) et un Plan de développement économique local pour le village du Morne. La mission a constaté l’efficacité de ces documents et de leur mise en œuvre.

La mission a également pu observer un manque de terres pour le développement local du village du Morne, souligné par le Plan de développement économique local du Morne. Cette question n’est pas abordée par le Plan de gestion car le village n’est pas situé sur le territoire du bien ou de sa zone tampon. Toutefois, il convient d’aider la communauté à aménager des espaces à urbaniser (de préférence dans la zone tampon), et à satisfaire ses besoins en infrastructures de base afin qu’elle bénéficie du bien autant que les propriétaires d’hôtels et la classe de propriétaires terriens mauriciens.

Décisions adoptées par le Comité en 2016
40 COM 7B.14
Paysage culturel du Morne (Maurice) (C 1259bis)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 39 COM 7B.42, adoptée à sa 39e session (Bonn, 2015),
  3. Accueille avec satisfaction les bénéfices constatés de l’inscription du bien en matière d’identité historique et culturelle de la communauté créole et de ses associations ;
  4. Note que la version révisée du Plan de gestion (2014 – 2019), qui intègre une Analyse critique des points de vue et des Orientations pour la politique de planification, est désormais en vigueur et qu’elle est complétée par un Plan de gestion des terres (2014 – 2019), un Plan de gestion du lagon (2013) et un Plan de développement économique local pour le village du Morne, et accueille aussi avec satisfaction sa mise en œuvre efficace par le Fonds du patrimoine du Morne (Le Morne Heritage Trust Fund – LMHTF)
  5. Encourage l’État partie à étudier les possibilités d’élargir le Plan de gestion afin de permettre un développement adéquat du village du Morne, mis en œuvre par ses résidents pour répondre aux besoins d’espaces à urbaniser et d’infrastructures de base ;
  6. Accueille en outre avec satisfaction la récente collaboration avec l’Université de Maurice sur l’archéologie des marrons et prend acte des opportunités d’ouverture du site de Makak aux visiteurs ;
  7. Note également l’absence persistante d’issue aux recours juridiques à propos du projet de développement envisagé sur le territoire du bien par Le Morne Brabant IRS Co Ltd (LMB), une situation qui perdure depuis l’inscription du bien, et le refus d’accès par le promoteur au bien qu’il loue, et, en conséquence, à la route principale qui mène à la montagne du Morne et au site archéologique de Makak, ce qui n’est pas sans conséquence sur la conservation, la gestion du bien et la mise en œuvre d’activités liées au patrimoine ;
  8. Encourage également l’État partie à veiller à ce que le LMHTF poursuive ses activités de gestion et de conservation du bien dans toute la mesure du possible vu les circonstances ;
  9. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2017, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018.
Projet de décision : 40 COM 7B.14

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 39 COM 7B.42, adoptée à sa 39e session (Bonn, 2015),
  3. Accueille avec satisfaction les bénéfices constatés de l’inscription du bien en matière d’identité historique et culturelle de la communauté créole et de ses associations ;
  4. Note que la version révisée du Plan de gestion (2014 – 2019), qui intègre une Analyse critique des points de vue et des Orientations pour la politique de planification, est désormais en vigueur et qu’elle est complétée par un Plan de gestion des terres (2014 – 2019), un Plan de gestion du lagon (2013) et un Plan de développement économique local pour le village du Morne, et accueille également avec satisfaction sa mise en œuvre efficace par le Fonds du patrimoine du Morne (Le Morne Heritage Trust Fund – LMHTF)
  5. Encourage l’État partie à étudier les possibilités d’élargir le Plan de gestion afin de permettre un développement adéquat du village du Morne, mis en œuvre par ses résidents pour répondre aux besoins d’espaces à urbaniser et d’infrastructures de base ;
  6. Accueille en outre avec satisfaction la récente collaboration avec l’Université de Maurice sur l’archéologie des marrons et prend acte des opportunités d’ouverture du site de Makak aux visiteurs ;
  7. Note également l’absence persistante d’issue aux recours juridiques à propos du projet de développement envisagé sur le territoire du bien par Le Morne Brabant IRS Co Ltd (LMB), une situation qui perdure depuis l’inscription du bien, et le refus d’accès par le promoteur au bien qu’il loue, et, en conséquence, à la route principale qui mène à la montagne du Morne et au site archéologique de Makak, ce qui n’est pas sans conséquence sur la conservation, la gestion du bien et la mise en œuvre d’activités liées au patrimoine ;
  8. Encourage également l’État partie à veiller à ce que le LMHTF poursuive ses activités de gestion et de conservation du bien dans toute la mesure du possible vu les circonstances ;
  9. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2017, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018.
Année du rapport : 2016
Maurice
Date d'inscription : 2008
Catégorie : Culturel
Critères : (iii)(vi)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2016) .pdf
arrow_circle_right 40COM (2016)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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