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Ensemble du temple de la Mahabodhi à Bodhgaya

Inde
Facteurs affectant le bien en 2004*
  • Activités illégales
  • Destruction délibérée du patrimoine
  • Habitat
  • Impacts des activités touristiques / de loisirs des visiteurs
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Utilisations et associations rituelles/spirituelles/religieuses
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Pression du tourisme ; manque de capacités en matière de techniques de conservation, absence de mécanisme de gestion (notamment législatif), manque de coordination des institutions ; incendies

Informations complémentaires :

Les pressions liées aux aménagements incluent les activités religieuses dans et autour du bien du patrimoine mondial. Bodhgaya est exposé à des conditions climatiques extrêmes (temps très sec et chaud) qui rendent plus difficiles la conservation, ainsi que la construction d’installations pour accueillir les touristes et les pèlerins

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2004
Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2004**
Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2004

A la demande de la 27e session du Comité du patrimoine mondial en 2003, un plan de gestion a été présenté au Secrétariat le 2 février 2004. Tout en évoquant les dialogues et la coopération des acteurs locaux, il soulève des questions sur la protection des valeurs sacrées remarquables de ce bien et fait état des pressions de développement à l’intérieur et autour du bien dues au tourisme et aux activités liées aux pèlerinages, ainsi que du vandalisme et du vol.

 

L’ICCROM et l’ICOMOS ont présenté un rapport commun qui félicite l’Etat partie d’avoir réuni des informations utiles pour la préparation du rapport et d’avoir adopté une approche innovante qui se manifeste à travers les efforts visant à équilibrer le développement et la conservation. Il attire cependant l’attention sur un certain nombre de points à traiter pour assurer la protection complète, à long terme, des valeurs de patrimoine mondial du bien. Voici quelques-unes des principales questions techniques, conceptuelles et de gestion qui ont été mises en évidence :

 

a) Questions techniques

(i) Le bien du patrimoine mondial inscrit est l’ensemble du temple de la Mahabodhi. Malgré l’importance accordée à Bodhgaya, étant donné son rôle capital dans le cadre qui entoure la Mahabodhi, le plan de gestion doit aborder de front les problèmes d’entretien du temple en traitant Bodhgaya dans ce contexte.

(ii) Le plan de gestion n’est pas centré sur la valeur du bien. La déclaration de valeur est, en fait, un résumé descriptif des critères d’inscription reconnus par le Comité et, par conséquent, elle ne sert pas à fonder ni à justifier les décisions concernant le bien.

(iii) Le plan de gestion ne repose pas sur le dossier de candidature soumis par l’Etat partie. La zone centrale et la zone tampon définies pour le territoire de Bodhgaya sont très différentes des zones originellement définies dans le dossier présenté par l’Etat partie en vue de l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial. L’expansion de la zone centrale et les modifications proposées pour renforcer la zone tampon doivent être clairement indiquées et portées à l’attention du Comité pour acceptation.

 

b) Questions conceptuelles

Bodhgaya est un lieu de pèlerinage. Le point de vue exprimé souligne la nécessité d’en faire une ville qui prêche la doctrine du bouddhisme, mais la signification profonde du bien en tant que lieu de pèlerinage est passée sous silence. Le dossier de candidature où cette valeur singulière aurait dû être reconnue ne parle que de vestiges matériels. Le pèlerinage supprime de nombreuses barrières et reflète l’harmonie entre les différents groupes religieux, et le fait que Bouddha ait lui-même préconisé le pèlerinage à Bodhgaya exerce une influence dans la survie du bien jusqu’à ce jour. Paradoxalement, dans le corps du rapport, les pèlerins sont considérés comme des acteurs importants dont les besoins sont reconnus.

 

c) Questions de gestion

(i) La Mahabodhi comme centre d’intérêt. Le rapport se lit comme s’il s’agissait d’un document de planification conçu essentiellement pour le traitement et le développement à long terme de Bodhgaya comme foyer du culte bouddhiste, en prêtant attention à l’occasion à la Mahabodhi comme un élément secondaire à l’intérieur d’un plus vaste projet. C’est l’ensemble même des temples de la Mahabodhi et non Bodhgaya qui devrait occuper la première place dans le plan de gestion.

(ii) Traitement de Bodhgaya. Si l’Etat partie souhaite étendre le site de la Mahabodhi pour y inclure Bodhgaya, le plan de gestion devrait alors proposer une stratégie de protection des valeurs patrimoniales spécifiques de Bodhgaya et la porter à l’attention du Comité.

(iii) Aller au-delà des intentions. Le rapport est avant tout une déclaration de bonnes intentions. Si elles ne s’appuient pas sur un cadre juridique permanent et ne sont pas étayées par une structure de gestion annexe identifiant les ressources nécessaires pour une gestion durable, l’engagement véritable en faveur de la protection du bien ne peut pas être assuré.

(iv) Rôle de l’Archaeological Survey of India (ASI). A l’heure actuelle, l’ASI n’exerce aucun contrôle juridique sur les décisions concernant le bien du patrimoine mondial. Il serait donc utile d’établir une législation pour classer l’ensemble des temples de la Mahabodhi en monument protégé. L’ASI devrait également donner une perspective nationale du programme global de conservation en travaillant en partenariat avec les autres instances concernées et la société civile.

(v) Traitement de la zone tampon. Il y a des contradictions évidentes dans le plan de gestion, qu’il faut résoudre. Par exemple, le document condamne le développement abusif tout en acceptant l’introduction récente de nombreuses structures.

(vi) Importance du processus. Le plan de gestion devrait éclaircir le processus à utiliser à long terme dans la prise de décisions sur le bien, ce qui garantirait la survie des valeurs patrimoniales reconnues.

(vii) Stratégie de recherche : Bien qu’il soit question de fouilles et de conservation, rien n’a été fait pour tenter de développer une stratégie de recherche globale. Voilà un site qui a connu un événement important au VIe siècle avant J.-C. et dont l’existence se poursuit depuis 2 500 ans. Il faut en approfondir la connaissance. Il faudrait également intégrer une stratégie de recherche globale comme une partie essentielle de la gestion.

(viii) Structure de la gestion : Le renforcement de l’autonomie et le remaniement des institutions forment une approche positive, mais il est indispensable de créer une organisation ayant un puissant leadership afin de coordonner les agences compétentes et de saisir les aspirations de la société civile pour la gestion du site.

(ix) Suivi : Bien que certains aspects du suivi soient mentionnés à la rubrique “entretien”, il est important de consacrer un chapitre au suivi. Cela aidera à préparer le rapport comme l’exige le processus de rapport périodique du Comité du patrimoine mondial.

 

En conclusion, l’ICOMOS et l’ICCROM recommandent fortement que le plan soit évalué par des spécialistes indiens de la conservation, qu’il tienne compte des commentaires du présent document et qu’il soit révisé en conséquence avant l’adoption finale de sa mise en œuvre. Nous voudrions aussi attirer l’attention de l’Etat partie sur la nécessité de démontrer qu’un programme d’exécution réaliste et pratique sera effectivement mis en œuvre avec une aide juridique, financière et institutionnelle appropriée et dans un cadre de gestion permettant de protéger les valeurs patrimoniales du bien.

 

Le Secrétariat a été informé de plusieurs procès dénotant les rapports conflictuels entre les groupes religieux et la communauté locale. Afin de limiter l’impact du tourisme de masse et des activités associées au pèlerinage, il faudrait mettre en place un suivi régulier et de bons mécanismes de conservation. Toutes ces mesures devraient être établies avec le Mahabodhi Temple Trust, en étroite coopération avec le Gouvernement de l’Etat de Bihar chargé des questions de tourisme et d’infrastructure et avec une plus large participation du Gouvernement central (Archaeological Survey of India), avec sa perspective nationale et ses compétences techniques en matière de conservation du patrimoine.

 

Lors de la cérémonie de consécration du temple de la Mahabodhi à tous les bouddhistes du monde entier, le 19 février 2004, le Ministre indien de la Culture et du Tourisme a promis le soutien du Gouvernement central pour améliorer les infrastructures à l’intérieur et autour de Bodhgaya (ex. ouverture de l’aéroport aux vols internationaux) et créer un parc de méditation où les pèlerins pourront se recueillir dans le calme.

Décisions adoptées par le Comité en 2004
28 COM 15B.57

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Rappelant l’inquiétude suscitée lors de l’inscription par les pressions exercées sur le bien par le tourisme et le pèlerinage ;

2. Félicite l’État partie d’avoir fait des efforts en vue d’élaborer un document exhaustif sur la conservation et la gestion du bien à long terme ;

3. Demande à l’État partie de poursuivre ses efforts afin de finaliser le plan de gestion pour le soumettre à l’évaluation de spécialistes indiens de la conservation et de tenir compte des suggestions émises par les Organisations consultatives dans le rapport commun ICCROM-ICOMOS qui met particulièrement l’accent sur :
a) l’intégration d’une approche de la gestion sensible aux valeurs patrimoniales,
b) baser le document sur la protection du bien du patrimoine mondial de la Mahabodhi,
c) le développement d’une stratégie de mise en oeuvre réaliste,
d) l’intégration d’un processus d’évaluation par des spécialistes dans l’élaboration du plan,

4. Encourage l’État partie à identifier les mécanismes juridiques permettant de classer l’ensemble des temples de la Mahabodhi comme monument protégé, d’assurer l’entretien de la zone tampon proposée par l’État partie lors de l’inscription de la Mahabodhi et d’envisager l’extension possible de la zone centrale pour y inclure Bodhgaya ;

5. Invite l’État partie à organiser une série d’interventions d’acteurs dans le processus d’amélioration et de finalisation du plan de gestion et de soumettre une demande de Coopération technique à cet effet ;

6. Demande au Centre du patrimoine mondial et aux organisations consultatives d’organiser une première mission conjointe pour juger des étapes réalisées par l’État partie pour protéger les valeurs de patrimoine mondial du bien et de soumettre son rapport à l’examen de la 29e session du Comité en 2005.

 

Projet de décision : 28 COM 15B.57

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Rappelant l’inquiétude suscitée lors de l’inscription par les pressions exercées sur le bien par le tourisme et le pèlerinage ;

 2.  Félicite l’Etat partie d’avoir fait des efforts en vue d’élaborer un document exhaustif sur la conservation et la gestion du bien à long terme ;

 3.  Demande à l’Etat partie de poursuivre ses efforts afin de finaliser le plan de gestion pour le soumettre à l’évaluation de spécialistes indiens de la conservation et de tenir compte des suggestions émises par les Organisations consultatives dans le rapport commun ICCROM-ICOMOS qui met particulièrement l’accent sur :

       a)  L’intégration d’une approche de la gestion sensible aux valeurs patrimoniales ;

b)  Base le document sur la protection du bien du patrimoine mondial de la Mahabodhi ;

c)  Le développement d’une stratégie de mise en œuvre réaliste ;

d)  L’intégration d’un processus d’évaluation par des spécialistes dans l’élaboration du plan.

4.  Encourage l’Etat partie à identifier les mécanismes juridiques permettant de classer l’ensemble des temples de la Mahabodhi comme monument protégé, d’assurer l’entretien de la zone tampon proposée par l’Etat partie lors de l’inscription de la Mahabodhi et d’envisager l’extension possible de la zone centrale pour y inclure Bodhgaya;

5.  Invite l’Etat partie à organiser une série d’interventions d’acteurs dans le processus d’amélioration et de finalisation du plan de gestion et de soumettre une demande de Coopération technique à cet effet ;

6.  Demande au Centre du patrimoine mondial et aux Organisations consultatives d’organiser une première mission conjointe pour juger de l’amélioration du document préparépar l’Etat partie en vue de protéger les valeurs de patrimoine mondial du bien et de soumettre son rapport à l’examen de la 29e session du Comité en 2005.

Année du rapport : 2004
Inde
Date d'inscription : 2002
Catégorie : Culturel
Critères : (i)(ii)(iii)(iv)(vi)
Documents examinés par le Comité
arrow_circle_right 28COM (2004)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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