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Le paysage culturel de Diy Gid Biy des Monts Mandara (extension du Paysage culturel de Sukur)

Date de soumission : 23/06/2020
Critères: (iii)(v)(vi)
Catégorie : Culturel
Soumis par :
Ministère des Arts et de la Culture de la République du Cameroun
État, province ou région :
Extrême-Nord, Département : Mayo -Tsanaga
Coordonnées N10 55 09 E13 48 21
Ref.: 6483
Avertissement

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Les noms des biens figurent dans la langue dans laquelle les États parties les ont soumis.

Description

Le paysage culturel de Diy‑Gid‑Biy (DGB) est un site que le Cameroun propose en extension au paysage culturel de Sukur du Nigéria inscrit en 1999.  Ce paysage est un ensemble de ruines, constitué de seize (16) structures en pierre sèche qui s’étendent sur 22 km2 tout au long d’une chaine montagneuse partagée entre le Cameroun et le Nigéria, appelée « Monts Mandara ».

Ces ruines anciennes de grandes bâtisses se différencient très nettement des architectures des populations actuelles. On les retrouve dans les villages Bigidé, kuva, Mondossa, Mudukwa, Moutchikar, Ndouval et Oupay ; repartis entre les Cantons de Koza et de Moskota, respectivement dans les arrondissements de Koza et Mayo Moskota.

L’expression Mafa « Diy-Gid-Biy » signifie littéralement « Oeil du Chef au sommet ». Diy veut dire œil et peut renfermer une idée de vigilance. Gid signifie sommet, qui traduirait le contrôle des lieux alors que Biy veut dire grand et puissant. Selon les Mafa, les auteurs des Diy-Gid-Biy sont de puissantes personnes qui se sont situées au sommet des collines afin de mieux avoir le contrôle du territoire. Par ailleurs, les DGB sont le reflet d‘un passé architectural remarquable, constituant des valeurs identitaires locales, régionales ou nationales. On sait dorénavant qu‘il y a eu, entre les 12ème et 17ème siècles AD (Tableau 4.2), dans les Monts Mandara septentrionaux, le développement d‘un type architectural bien déterminé et jamais connu dans le bassin du lac Tchad et la sous-région d‘Afrique Centrale.  Les sites DGB représentent un groupe de 16 structures et plates-formes complexes en pierre d'une immense importance historique, archéologique et culturelle.

Justification de la Valeur Universelle Exceptionnelle

Le paysage culturel des DGB est un site avec les composantes culturelles et archéologiques. Il est caractérisé par des cultures en terrasses, des constructions en pierre sèche et des chaussées pavées de pierre et du granit. Ce type de construction à vocation défensive existe dans les récits de vie et de pratique de nombreux groupes ethniques qui occupent actuellement les monts Mandara et leurs piémonts. Mais leurs restes n’attirent pas les regards, à première vue, comme celles des Diy-gid-biy. DGB-1 dit « mâle » est l'un des plus impressionnants des 16 sites d'architectures en pierre sèche de ces structures. DGB-2 dit « femelle » est situé à 30mètres de DGB-1, qui ont fait l’objet des fouilles archéologiques de décembre 2001 à février 2002 et de septembre à décembre 2002. Les murs en pierre sèche ont des formes circulaires et semi-circulaires surmontés d'une plateforme. Les Etudes entreprises sur le site montrent que les murs et les compartiments ont été construits à plusieurs étapes ou phases successives selon les besoins des propriétaires. Le modèle de construction varie d'un site à un autre. La caractéristique des sites de DGB est l’utilisation des pierres sèches comme matériaux de construction pour les murs de parement ou blocaille pour le remplissage des plateformes ou terrasses. Les murs sont de deux types, les murs à double façades dont l'intérieur a été rempli des blocailles et qui ont servi de clôture ou au cloisonnement des monuments. Tel est le cas du mur de la partie Sud‑Ouest dont le côté interne est rempli de pierres qui ne font pas généralement partie du mur et sont disposés de manière plus ou moins régulière. Les murs de soutènement sont élevés dans le cadre de construction des plateformes et des terrasses pour améliorer la qualité du relief du sol, pour renforcer certains murs. Les murs les plus hauts atteignent 6 mètres. Dans le DGB-1, on observe sur la façade nord un tunnel sous la plateforme en direction du sud. Un linteau en pierre soutient le dallage à l'entrée. A trois mètres à travers le tunnel se trouve une chambre carrée qui aurait pu servir de poste de garde. Au-delà le tunnel conduit à une enceinte circulaire à une sortie sur une plateforme en terrasse sous forme d'amphi théâtre. Les murs des monuments DGB-1 et 2 sont en cours de délabrement et d'écroulement dû à l'action des phénomènes naturels (vieillissement, érosion) et à l'action anthropique (agriculture).

A une trentaine de mètres au nord‑ouest de DGB-1, il y a une plus petite plateforme, en ruine sur une butte, dénommé DGB-2 que nous considérons comme faisant partie de DG-1. Les études archéologiques conduites sur le site DGB-1 indiquent que le site a été abandonné au 15ème siècle de notre ère et ne semble pas avoir été l’œuvre des Mafa, actuels occupants de la région arrivés il y a trois siècles. Plusieurs hypothèses ont été évoquées pour leurs différentes fonctions :

  • Poste de refuge ou forts de défense ;
  • Mausolées ou chambre funéraire des Chefs ;
  • Résidence des élites ;
  • Entrepôts ou centre commercial ;
  • Sanctuaire pour les « faiseurs de pluies ».

Le paysage culturel des DGB est constitué de seize (16) ruines en série se trouvant dans sept villages et qui ont joué probablement des rôles différents au sein des communautés de leurs constructeurs, avec pour corollaire certaines fonctions agricoles, résidentielles et une dimension spirituelle importante liée à des croyances immatérielles en rapport avec l’eau et la fécondité, similaires, avec de petites variations d’une part et d’autre part complémentaires avec Sukur, selon des informations orales obtenues sur le terrain du côté du Cameroun et qu’il reste à vérifier du côté du Nigéria. Il est important de relever que les DGB sont des constructions associées au pouvoir politique comme avec l'architecture principale et les voies pavées de Sukur (Smith et David 1995). Sukur a en commun avec DGB certaines caractéristiques architecturales, notamment les escaliers, les linteaux en pierre, la construction soignée des murs. Par leur diversité de fonctions, les DGB ont une valeur ajoutée : celle de l’association distinctive de façades, de plates-formes et de passages. Ces caractéristiques ne sont pas visibles à Sukur, qui est un site domestique et impressionnant avec des attributs cérémoniels.

Les études archéologiques (fouilles et dates) ont identifié les éléments liés à l’exécution des activités rituelles associées à l’eau et à la fécondité (David 2008). Ces études démontrent que les DGB ont connu plusieurs phases d’occupation et distinguent une variété de rôles cérémoniels que ces sites ont joué au sein des communautés de leurs constructeurs en plus des fonctions agricoles et résidentielles. Ces études indiquent que la construction du DGB 1 qui a connu une longue phase de construction et d’occupation est associée à une sècheresse très grave qui a frappé le sud du bassin du lac Tchad au début du 15e siècle après J.C. (Brunk et Gronenborn 2004) et, qui a occasionné un arrêt d’activités précoce sur le DGB-2. La fermeture précoce des cérémonies et le transfert de ses fonctions rituelles au plus grand site DGB-1 au XVIe siècle après J.C. lors d’une deuxième sécheresse démontre l’occupation à des phases différentes de ces sites.  Ce qui nous amène à envisager un ensemble de processus parallèles, mais interdépendants qui se déroulent à travers les sites :

  • Le premier fermement ancré dans l’environnement géographique et socioculturel montagnard des Monts Mandara ;
  • Le second s’étendant vers le nord et la plaine des communautés comme celle de Kerawa qui s’intégraient elles-mêmes à des réseaux d’échanges économiques et politiques plus complexes et orientés vers l’international ;
  • Le troisième repose sur l’hypothèse que les sociétés montagnardes mandaras évoluent vers leurs formes actuelles au cours de cette période, rendant le processus plus complexe et intéressant.

Critère (iii) : Datant des 12ème et 15ème siècles AD, les Diy-Gid-Biy représentent une ancienne civilisation des structures en pierres sèches qui se singularisent par la nature des matériaux de construction. C’ est un paysage qui illustre une forme d’occupation du territoire exceptionnel et se caractérise par des constructions de plateforme en pierre sèche des Monts Mandara qui sont un exemple unique et d’une tradition de maçonnerie en pierre sèche riche et exceptionnelle en Afrique Centrale en extinction. 

Critère (v) : Le paysage culturel de Diy‑Gid‑Biy est resté inchangé pendant des siècles et continuent à survivre à une époque où cette forme d’architecture est menacée dans de nombreuses régions du monde par le terrorisme qui sévit dans cette zone depuis des années. Les DGB et l’agriculture en terrasse des Mafa forment aujourd’hui un paysage à valeur patrimoniale exceptionnelle.

Critère (vi) : Ce patrimoine architectural séculaire est le témoignage éloquent d’une tradition spirituelle et culturelle. Le paysage culturel de Diy-Gid-Biy est le témoignage éloquent d’une tradition spirituelle et culturelle forte et continue qui perdure depuis de nombreux siècles et qui s’intègre aujourd’hui dans un paysage agricole d’exploitation extensive, où les populations Mafa ont aménagé des terrasses. Cette forme d’agriculture est une application de l’ingéniosité des Mafa, en vue de domestiquer un environnement extrêmement hostile et rude.

Déclarations d’authenticité et/ou d’intégrité

Intégrité

Avec une superficie totale de 5468 hectares, le Paysage culturel des DGB comporte des structures résidentielles étroitement associées à une typologie architecturale unique qui a conservé sa morphologie essentielle pour les communautés qui pratiquent encore une variété d’activités rituelles. Sur les sites, certains de ces rituels étaient probablement associés à des idées d'eau et de fécondité. Les sites étaient utilisés pendant une période de crise climatique et de bouleversements politiques au XVe siècle après JC. Cela implique leurs origines locales et leur importance pour les constructeurs qui avaient des liens culturels avec les Mafa modernes, mais aussi leur articulation avec des systèmes culturels et économiques plus larges au sud du lac Tchad. Bien que les sites soient inhabités aujourd’hui, aucune décision importante pour la vie de la communauté n’est prise sans s’en référer aux esprits « présents » sur les sites. Les communautés du paysage des DGB sont rattachées fortement à leur patrimoine culturel immatériel qu’elles pratiquent sur les 16 sites des DGB pendant les périodes des semailles, des récoltes, de mort excessive, de maladie, de sécheresse extrême, de disette, à travers la fête du taureau le « marai », le Golala (fête des récoltes), le Msla (fête des ancêtres) …des rites de sacrifice, des festivals. Avec les ressources rares et face à ce lieu sec et aride, les populations depuis le XVIe siècle ont réussi à dompter leur environnement à travers l’agriculture sur terrasse qui n’affecte pas l’intégrité de ce paysage. Les plates-formes et les terrasses de la plupart de ces sites sont aujourd'hui exploitées comme surfaces pour l'agriculture et les murs DGB (comme toutes les autres constructions artificielles de la région) sont réutilisés et recyclés lorsque les exigences de l'agriculture et de l'utilisation des sols l'exigent. De plus, les attitudes des Mafa, sont respectueuses de cet environnement. Les Mafa sont effrayés d’effectuer des mauvaises actions sur les sites et leurs créateurs présumés. Ce qui décourage la destruction occasionnelle et encourage la conservation de ces architectures même par leur descendance. Les Mafa parlent souvent avec résignation des défis de la vie dans cet environnement, mais aussi avec une fierté et un confort évident quant à la subsistance et la protection que ce paysage domestiqué rend possible.

Les conditions difficiles d’accès auxdits sites participent de la protection des seize DGB et pourraient limiter l’exploitation et la destruction des pierres, principales ressources de ces sites, où aucune forme d’installation démesurée n’est possible ; d’où le respect de l’intégrité de ce paysage. Les ressources prélevées lors de la chasse des rongeurs par les enfants sont de petites quantités et n’entraînent pas de transformation majeure du paysage qui garde toute sa morphologie de ruine stabilisée, mais pourrait être reconstituée. La zone proposée inclut les marchés, les écoles, les formations sanitaires et les centres de décision tels que les sous-préfectures, les mairies, qui jouent un rôle crucial dans la vie du paysage. Les limites englobent tous les villages, où chaque membre de la communauté reconnait l’importance du site auquel il est rattaché. Bien que certains ne pratiquent pas les rites de manière récurrente, les croyances immatérielles sont fortement ancrées dans les esprits des populations Mafa qui s’identifient à ces sites. L’accès difficile préserve ce paysage de tout développement où aucune exploitation n’est autorisée sur le site, étant classée patrimoine national.

Authenticité

L’architecture du paysage culturel des DGB dans son ensemble avec ses composantes physiques sont restés inchangés depuis des siècles. L’utilisation des sites est marquée par l’observance des rites, des sacrifices …de façon irrégulière, mais sans interruption pendant des années. Grâce aux conditions difficiles d’accès et à la situation géographique du paysage, aucun développement n’est possible autour des sites. Les communautés vivant autour utilisent des pierres, de la paille et du bois pour la construction de leurs habitations qui ont la forme typique de la case Mafa, adaptée au contexte climatique rude de la zone, où, harmonie entre l’aménagement de l’homme et les éléments de nature cohabitent. Néanmoins l’intrusion des matériaux comme la tôle et le ciment sont visibles dans les villages en contrebas desdits sites. Dans cette partie du monde, les populations se contentent de ce qu’elles possèdent depuis des siècles, notamment, leur forme endogène de construction, d’alimentation, d’agriculture sur terrasse et de transport. En raison de l’isolement des lieux, les produits industriels de consommation ne sont pas importés, ce qui assure la préservation de ce paysage et son authenticité dans son ensemble. Certaines activités liées à la vannerie, la forge et la poterie existent encore et sont pratiquées par des personnes âgées pendant la saison sèche. Ce paysage rural est à l’abri de la pollution urbaine sous toutes ses formes. 

Il y a lieu de relever que depuis 2014, existe un problème de sécurité qui a préservé le paysage et empêché jusqu’ici le développement touristique anarchique autour des (16) sites. Bien que l’absence des touristes soit regrettable sur le plan économique, il y a tout de même lieu de relever que cela a permis que les activités menées sur les sites favorisent le maintien de leurs valeurs esthétiques, permettant d’assurer la résilience des populations exacerbées par des attaques récurrentes sur leur bétail et leurs cultures. La présence des terroristes empêche les populations de vaquer à leurs occupations de façon sereine et provoque le déplacement des populations vivant surtout en contrebas des sites et qui fuient les exactions de ces derniers. Lors de la mission en février 2020, il y a eu une attaque terroriste dans le village Mondossa, près du DGB 12. Parmi les dégâts on pouvait dénombrer plusieurs maisons incendiées ; une école et le centre de santé vandalisés ; les vivres et le bétail des populations emportés et le reste brulés ; deux (02) personnes furent tuées dont une brulée.

Comparaison avec d’autres biens similaires

Le Paysage culturel de Sukur et de Diy-Gid-Biy (DGB) est localisé dans la partie Nord –Est du Nigeria et Nord-Ouest du Cameroun sur la chaine montagneuse des Monts-Mandara. Il est constitué de deux sites situés de part et d’autre dans les régions de Madagali du côté du Nigéria et de l’Extrême-Nord du côté du Cameroun. Ce paysage est formé par un bien du patrimoine mondial inscrit en 1999 sous les critères III, V, VI. Il s’agit du Paysage culturel de Sukur avec une superficie de 764,40 ha. Le Paysage culturel de Sukur et des DGB présente les attributs d’un espace, dont l’action humaine a su dompter les conditions difficiles liés à l’environnement ou l’adaptation de l’homme face à l’adversité de son environnement. Ces attributs lui confèrent les fonctions agricoles et résidentielles liées à l’usage des rituels associés à l’eau et à la fécondité. L’exécution de ces pratiques traditionnelles immatérielles dans et autour des différents sites, les font vivre et leur attestent une dimension de paysage vivant. Les attributs de la Valeur Universelle Exceptionnelle sont l’agriculture en terrasses, les allées pavées, le palais du roi Hidi, les architectures des seize DGB, l’association des plates-formes, les terrasses, les escaliers, les silos, les tombes, les autels, et les rites qui y sont pratiqués. En termes d'échelle de monumentalité et peut-être de complexité, ils ont un rapport comparatif avec les grandes murailles du Zimbabwe ainsi qu'avec les structures de Sukur, en particulier le complexe en pierre du palais de Hidi. En effet, le style architectural de la grande enceinte de la Chefferie (DGB1) ressemble au style architectural du palais de Hidi de Sukur. La différence se situe au niveau de la non occupation de celui des DGB qui est inhabité et subit actuellement une dégradation contrairement à celui de Sukur qui est habité, entretenu et bien structuré.

L’analyse comparative provisoire que nous proposons peut se structurer autour de quatre aspects :

  • Civilisation vivante et/ou disparue dont les créateurs ont construit des architectures en pierre sèche uniques au Nigéria en Afrique de l’Ouest et au Cameroun en Afrique Centrale (Critère iii).
  • Tradition culturelle dont les cérémonies traditionnelles autour des fêtes du taureau, de récolte et certains rites spécifiques à ces peuples (Critère iii).
  • Ensemble architectural impressionnant en termes de conception et complexité des éléments architecturaux qui les composent tels que l’association distinctive de façades, de plates-formes et de passages construits entre les XIIe et XVIIe siècles après J.C. et qu’on ne trouve qu’en Afrique centrale (Critère v).
  • Festivals, cérémonies, traditions vivantes et croyances selon lesquelles les peuples Sukur et Mafa croient que ce sont leurs ancêtres qui ont construit ces sites et aucune action ne peut être menée sans invocation des dieux de ces lieux (Critère vi).

AFRIQUE

  • Comparaison avec des sites archéologiques non-inscrits au niveau du Cameroun et du Nigéria

Il existe des sites archéologiques abandonnés dispersés à la périphérie des montagnes qui présentent des caractéristiques comparables aux sites DGB et de Sukur. Il s'agit notamment :

  • des châteaux des princes de Mofu-Diamaré situés au Sud-Est (Vincent 1991) de Maroua dans la même région que les DGB, qui sont des architectures de pierres soignées ;
  • du Gre-a -Tlala-Mafa situé au nord du massif de Mandara et également associé au peuple Mafa et du site Garrvi Guza Pulke à l'extrémité nord-ouest du massif au Nigeria (MacEachern 1993a) avec des murs et des escaliers étendus, qui sont des caractéristiques souvent associées aux sites DGB.

D’autres sites importants ont été localisé au nord-ouest des DGB1 et 2 et à mi-chemin entre ce complexe de sites et la capitale unique des plaines de l’État de Wandala à Keroua, à la frontière Nigéria / Cameroun. Ces sites comprennent des plates-formes, des escaliers et des dispositions de montants en pierre debout, ainsi que les vestiges de l'architecture domestique. Ils n'ont pas les façades distinctives des DGB, ou du moins jusqu'à présent aucun n'a été trouvé, mais ils peuvent se comparer en termes de taille et de complexité avec au moins certains des sites DGB.

  • Comparaison avec les Ruines de Khami (Zimbabwe), inscrit sous les critères III et IV en 1986

Les ruines de Khami sont un ensemble de sites archéologiques en pierre sèche abandonnés au XIXe siècle et composés de plates-formes, d’un grand nombre de passages étroits, de galeries de circulations, de terrasses cultivées et d’impressionnantes décorations murales. Certaines caractéristiques archéologiques et architecturales de ces ruines ressemblent au Paysage culturel de Sukur et de DGB, mais ce dernier possède des caractéristiques qui lui sont propres, notamment l’association des plates-formes en maçonnerie ou en blocs construites pour un usage cérémoniel des pratiques rituelles des PréMafa.

  • Comparaison avec le Great Zimbabwe, inscrit sous les critères III et VI en 1986

Ce site est un témoignage unique de la civilisation disparue des Chona entre les 11e et 15 e siècles. La nation s’est identifiée à cet ensemble historiquement symbolique et a pris pour emblème l’oiseau en stéatite comme Totem royal. En plus de son architecture nettement plus diversifiée, le paysage culturel de Sukur et de DGB présente des formes d’utilisation comme les cultures en terrasse et des association rituelles vivantes qu’on ne retrouve pas au Great Zimbabwe. Contrairement à Great Zimbabwe, les DGB ne bénéficient pas de programmes de conservation pour stabiliser les ruines.

  • Comparaison avec le Paysage culturel du Pays Konso (Ethiopie), inscrit sous les critères III et IV en 2011

Le Paysage culturel de Pays Konso est un site aride, constitué de terrasses en pierre et de fortifications qui est un exemple spectaculaire d’une tradition vivante remontant à vingt-et-une génération. Ces vastes terrasses témoignent du combat séculaire de l’homme face un environnement hostile, aride et accidenté. Tout comme le Paysage de Sukur et de DGB, qui quant à lui affronte un climat très rude dont la température s’élève par moments en période sèche à 47° Celsius à l’ombre dans cette partie de l’Afrique centrale.

  • Comparaison avec le Nyanga Cultural Landscape (Zimbabwe/Mozambique), site national
  • Comparaison avec le Ziwa National Monument (Zimbabwe), site de la Liste indicative nationale

ASIE

  • Comparaison avec les Rizières en terrasses de cordillères des Philippines, (Philippines) inscrit sous les critères iii, iv et v en 1995.

Les Rizières en terrasses de cordillères offrent un exemple exceptionnel d’un paysage culturel vivant dont on peut suivre l’évolution depuis deux millénaires à partir de l’époque coloniale. Elles témoignent d’un système de production de riz durable, essentiellement communautaire basé sur la collecte de l’eau, des forêts peuplant le sommet des montagnes et sur la construction de terrasses et de bassins d’eau en pierre. Ces rizières, tout comme le paysage culturel de Sukur et de DBG, attestent de l’utilisation des sols résultant d’une interaction harmonieuse entre l’homme et son environnement qui a créé un paysage en terrasses sur des pentes abruptes dans un environnement rude, hostile dont la température s’élève à 47°Celsius à l’ombre en saison sèche.

  • Comparaison avec les Ensembles de Prambanan (Indonésie), inscrit sous les critères i et iv en 1991
  • Comparaison avec les Ensembles de Borobudur (Indonésie), inscrit sous les critères iii, iv et v en 1995

AMERIQUES

  • Comparaison avec la Vallée de la Supe (Pérou), inscrit sous les critères ii, iii et iv en 2009

Ce site est la plus ancienne manifestation connue de la civilisation des Amériques. Il est également impressionnant en termes de conception et de complexité de ses éléments architecturaux et spatiaux.

  • Comparaison avec le site historique d’Etat de Cahokia Mounds (Etats Unis d’Amérique), inscrit sous les critères iii et iv en 1982

Le site de Cahokia Mounds est le plus grand site archéologique au nord du Mexique. Datant de la période mississipienne (800-1350), il est le plus ancien et c’est un ensemble éminent de centre culturel, religieux, économique de tradition mississipienne préhistorique. Il témoigne de l’existence d’une société préurbaine dans laquelle une puissante hiérarchie politique et économique était responsable de l’organisation du travail, de l’agriculture et du commerce comme l’attestent la taille et le plan des bâtiments publics et privés. De même pour le Paysage culturel de Sukur et de DGB qui ont connu des systèmes socioculturels dans lesquels les sites DGB étaient importants.