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Sikhote-Aline central

Central Sikhote-Alin

The Sikhote-Alin mountain range contains one of the richest and most unusual temperate forests of the world. In this mixed zone between taiga and subtropics, southern species such as the tiger and Himalayan bear cohabit with northern species such as the brown bear and lynx. After its extension in 2018, the property includes the Bikin River Valley, located about 100 km to the north of the existing site. It encompasses the South-Okhotsk dark coniferous forests and the East-Asian coniferous broadleaf forests. The fauna includes species of the taiga alongside southern Manchurian species. It includes notable mammals such as the Amur Tiger, Siberian Musk Deer, Wolverine and Sable.

La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

Sikhote-Aline central

La chaîne de montagnes de Sikhote-Alin abrite l’une des forêts tempérées les plus riches et les plus insolites du monde. C’est une zone mixte entre la taïga et les régions subtropicales où des espèces du sud comme le tigre et l’ours de l’Himalaya cohabitent avec des espèces du nord comme l’ours brun et le lynx. Après son extension en 2018, le bien inclue aussi la Vallée de la rivière Bikine, située à une centaine de kilomètres au nord du bien existant. Elle englobe les forêts sombres de conifères du Sud-Okhotsk et les forêts de conifères et de feuillus d’Asie de l’Est. La faune associe des espèces de la taïga et des représentants du sud de la Mandchourie. Elle comprend des espèces de mammifères remarquables telles que le tigre de l’Amour, le porte-musc, le glouton ou la zibeline.

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Vues de la réserve Verkhnebikinsky © V. Solkin
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Les montagnes Sikhote-Aline forment une cordillère reculée dans la zone tempérée de l'Extrême-Orient russe qui s'étire sur quelque 1 000 kilomètres le long de la mer du Japon jusqu'au nord-est de Vladivostok. Le bien en série rassemble trois aires protégées de la partie centrale de la chaîne montagneuse, inscrites en deux temps. La Zapovednik de Sikhote-Aline strictement protégée (401 428 ha) a été classée en 2001, conjointement avec la Réserve zoologique de Goralij, beaucoup plus petite (4 749 ha), sur la côte, qui inclut une aire marine de quelque 2 900 ha. L'ajout d'une extension en série de plus de 1 200 000 ha résultant de l'inscription du Parc national de la Bikine en 2018 a quasiment fait quadrupler la surface du bien dont l'impressionnante étendue atteint désormais 1 566 818 ha. Le bien se trouve dans le « Centre Primorye de diversité des plantes », au point de rencontre biogéographique de la faune et de la flore de la taïga, des forêts tempérées et des régions subtropicales. Il abrite les représentations de forêts de feuillus et de forêts mixtes tempérées parmi les plus diverses et intactes de la planète, connues comme la taïga de l'Oussouri ou Oussouriyskaya qui fait partie des forêts de Mandchourie. En s'appuyant sur la notion plus ancienne de territoire d'utilisation traditionnelle, le Parc national de la Bikine accorde d'importants droits d'utilisation des ressources aux populations autochtones qui ont contribué à freiner l'exploitation forestière à grande échelle dans les secteurs moyen et supérieur de la vallée de la Bikine avant la déclaration du parc national. Les moyens de subsistance et la culture des communautés locales et des peuples autochtones Oudegeïs, Nanaïs et Orochis se maintiennent en lien étroit avec le paysage forestier.

Au-delà de son immensité, l'extension en série est d'autant plus significative que la protection du patrimoine mondial s'applique désormais aux deux versants principaux de la cordillère qui se distinguent remarquablement par le relief, le climat, la végétation, le paysage et la biodiversité. Le gradient altitudinal s'échelonne du niveau de la mer jusqu'à environ 1 900 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui ajoute encore à la diversité d'habitats et d'écosystèmes. Les montagnes doivent leur renommée à l'extraordinaire profusion de plantes et d'invertébrés adaptés aux conditions de vie des régions tempérées et un taux élevé d'endémisme. Le tigre de l'Amour, plus grand félidé du monde, appelé aussi tigre de Sibérie, est le représentant de la faune le plus spectaculaire. Les montagnes Sikhote-Aline offrent un habitat à la quasi-totalité de la population relique de cette sous-espèce de tigre en danger et culturellement vénérée, espèce emblématique et espèce parapluie incontestée de la région.

Critère (x) : Malgré l'exploitation forestière à grande échelle menée dans la région, la chaîne de Sikhote-Aline continue de présenter une couverture végétale naturelle où subsistent de vastes étendues de forêts intactes dans ses zones les moins accessibles. Le bien bénéficie de représentations intactes d'un des paysages de forêts tempérées les plus divers au monde sur les pentes orientale et occidentale du Sikhote-Aline central. Les types de forêt varient en fonction de l'aspect et du gradient altitudinal à partir du niveau de la mer jusqu'à près de 2 000 mètres au-dessus du niveau de la mer, laissant place à une végétation de toundra sur les sommets. La conjugaison de l'histoire glaciaire, du lieu, du climat et du relief a favorisé le développement de forêts tempérées extrêmement diverses avec des assemblages uniques où figurent les éléments fauniques et floristiques des zones boréales, tempérées et subtropicales, ce qui en fait un « centre de diversité de plantes » de réputation mondiale. La présence répertoriée de 1 200 espèces de plantes vasculaires, dont 180 arbres et formations arbustives, est extraordinairement élevée pour une forêt tempérée et comprend de nombreuses espèces endémiques. Parmi plus de 400 espèces de vertébrés recensées se détache le nombre impressionnant de 65 espèces de mammifères. La cordillère marque pour plusieurs d'entre elles la limite de répartition le plus au sud, par exemple pour le carcajou, ou la plus au nord, comme pour le majestueux tigre de l'Amour. Pour celui-ci et beaucoup d'autres espèces, Sikhote-Aline central est d'une importance critique du point de vue de la conservation. Le bien abrite d'autres espèces aussi remarquables et charismatiques que le goral à longue queue, le porte-musc de Sibérie, l'ours brun et l'ours noir de l'Himalaya, le lynx, ainsi que des oiseaux spectaculaires en danger, comme le kétoupa de Blakiston, plus grand hibou au monde, le harle de Chine et la grue du Japon.

Intégrité

Lorsque la Zapovednik de Sikhote-Aline a été créée dans les années 1930, c'était la plus grande aire intégralement protégée de Russie englobant dans ses limites ce qui est aujourd'hui le Parc national de la Bikine. Suite à une importante réduction de sa superficie dans les années 1950, la Zapovednik a de nouveau été agrandie à sa taille actuelle. Son immensité, son éloignement, ses difficultés d'accès et son ancien statut de protection se sont conjugués pour en assurer la bonne conservation comme le montre le versant oriental des montagnes face à la mer du Japon. Certes, la Réserve zoologique de Goralij ajoute d'importantes valeurs complémentaires en matière de conservation côtière et marine du bien en série, mais elle est plus vulnérable aux menaces et aux effets de lisière. L'inscription du Parc national de la Bikine en tant qu'extension en série a fortement accru l'échelle et la représentativité écologique des terres protégées. La vaste étendue du parc national où ne passe aucune route, son isolement relatif et sa configuration spatiale qui suit les frontières naturelles du bassin moyen et supérieur de la rivière Bikine confèrent un degré élevé d'intégrité naturelle. Les impacts humains causés dans le passé sont le piégeage intensif d'animaux pour le commerce de la fourrure et le fait que des visons d'Amérique élevés en captivité se sont échappés dans la nature il y a plusieurs décennies.

Éléments requis en matière de gestion et de protection

La totalité des trois aires protégées constitutives du bien en série est la propriété de l'État. Les principales causes de la dégradation et la disparition des forêts dans la région, l'industrie forestière, ainsi que l'exploration et l'extraction minières sont légalement exclues de l'ensemble du bien. L'histoire de la Zapovednik de Sikhote-Aline remonte aux années 1930 ; comme toutes les aires fédérales strictement protégées de la Fédération de Russie, elle est administrée par le Ministère des Ressources naturelles et de l'Environnement en vertu de la législation et de la réglementation spécifique sur les aires protégées fédérales, tandis que la Réserve zoologique de Goralij, relativement petite, est administrée par un Département régional de la Chasse en tant que zone de gestion des espèces. L'extension plus récente a suivi la création du Parc national de la Bikine en 2015 et l'approbation de la réglementation connexe en 2016. Une particularité notoire du Parc national de la Bikine est le large droit de chasse et de prélèvement de subsistance accordé aux peuples autochtones dans de vastes secteurs du parc national, fondé sur une négociation convenue de longue date avant l'établissement du parc national. L'idée est d'inciter fortement les populations autochtones à restreindre l'utilisation des ressources à un niveau durable et à jouer un rôle majeur dans la défense de leurs ressources contre le braconnage et la cueillette illicite. Les droits d'utilisation des autochtones ne découlent pas du statut de parc national à proprement parler, mais s'appuient sur les stipulations correspondantes du décret en vigueur, ce qui les rend potentiellement vulnérables aux modifications juridiques et politiques. La coordination globale de la gestion des trois composantes du bien en série est d'une extrême importance, tenant pleinement compte du fait que chaque élément a sa propre catégorie de gestion et qu'il engage deux niveaux gouvernementaux. La petite Réserve zoologique de Goralij est l'élément le plus vulnérable en raison de sa faible dimension et sa facilité d'accès comparé à la Réserve naturelle.

Le tigre de l'Amour est totalement protégé de la chasse depuis 1947. Les effondrements de population observés dans le passé, dûs en partie au braconnage, viennent rappeler la vulnérabilité de cette espèce phare iconique. Des efforts notoires et permanents s'imposent pour atteindre cet objectif à l'intérieur comme à l'extérieur du bien afin d'éviter l'extinction de l'espèce, sans toutefois se limiter à la seule application de la loi. Des actes de braconnage, de pêche et de cueillette ou ramassage illicites ont été signalés, qui nécessitent de prendre des mesures de gestion décisives. D'autres inquiétudes sont liées aux incendies qui risquent de se multiplier en raison du changement climatique annoncé et de l'amélioration de l'accès au site. Comme il faut s'attendre à voir augmenter la pression sur le bois, les plantes médicinales et la nature sauvage dans toute la région forestière, la future intégrité du bien dépendra non seulement de l'efficacité de la gestion de ses trois éléments constitutifs, mais encore de la gestion coordonnée de l'ensemble du bien en série et de ses zones tampons. De même, la consolidation du réseau croissant d'aires protégées dans la région est un investissement dans l'intégrité du bien ; certaines aires protégées de la région peuvent être considérées à l'avenir comme de nouvelles extensions potentielles du bien en série. Des efforts sont nécessaires afin de maintenir la connectivité au niveau du paysage, sans pour autant se limiter à des dispositions effectives relatives à une zone tampon et à l'utilisation mesurée des terres et des ressources pour assurer la future intégrité du bien et la survie de son espèce phare, le tigre de l'Amour. Il est clair que cela exige la participation continue de tous les secteurs et échelons gouvernementaux, ainsi que des communautés locales et des peuples autochtones.