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Musée et lieu de Mémoire de l’ESMA - Ancien centre clandestin de détention, de torture et d’extermination

ESMA Museum and Site of Memory – Former Clandestine Center of Detention, Torture and Extermination
This property is located within the complex of the Former Navy School of Mechanics in Buenos Aires, in the former Officers’ Quarters. This was the Argentine Navy’s principal secret detention centre during the civil-military dictatorship of 1976-1983. As part of a national strategy to destroy armed and nonviolent opposition to the military regime, the Officers' Quarters building at ESMA (Escuela Superior de Mecánica de la Armada) was used for holding captive opponents who had been abducted in Buenos Aires and interrogating, torturing and eventually killing them.

La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

Musée et lieu de Mémoire de l’ESMA - Ancien centre clandestin de détention, de torture et d’extermination
Ce bien est situé au sein du complexe de l'ancienne École de mécanique de la marine de Buenos Aires, dans l’ancien « Casino des Officiers ». Il fut le principal centre de détention secret de la marine argentine pendant la dictature civilo-militaire (1976-1983). Dans le cadre d'une stratégie nationale visant à détruire toute opposition au régime militaire, armée ou non violente, le bâtiment du « Casino des Officiers » de l'ESMA (Escuela Superior de Mecánica de la Armada) a été le lieu de détention des opposants enlevés à Buenos Aires, qui y ont été interrogés, torturés et finalement tués.

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متحف "إيسما" والموقع التذكاري – مركز سري سابق للاعتقال والتعذيب والإبادة
يوجد هذا العنصر داخل مجمع مدرسة الميكانيكا السابقة التابعة للبحرية الأرجنتينية في بوينس آيرس، في مقر الضباط السابق. وكان هذا الموقع مركز الاعتقال السري الرئيسي التابع للبحرية الأرجنتينية إبان الحكم الدكتاتوري المدني - العسكري في الفترة الممتدة بين عامَي 1976-1983. وكان مبنى مقر الضباط في مدرسة الميكانيكا البحرية جزءاً من استراتيجية وطنية لقطع الطرق التي تستخدمها المعارضة المسلحة والسلمية للنظام العسكري، إذ كان يُستخدم لاحتجاز المعارضين الذين يُختطفون في بوينس آيرس واستجوابهم وتعذيبهم وقتلهم في نهاية المطاف

source: UNESCO/CPE
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海军机械学院博物馆和纪念地-曾经的秘密拘留、折磨与处决地
该遗址位于布宜诺斯艾利斯前海军机械学院建筑群内,是前军官宿舍。在1976-1983年军民独裁统治期间,这里是阿根廷海军的主要秘密拘留中心。作为摧毁军事政权反对者(武装与非暴力)的国家战略的一部分,阿根廷海军机械学院的军官宿舍楼被用来关押在布宜诺斯艾利斯遭绑架的反对者,实施审讯、折磨并最终将其杀害。

source: UNESCO/CPE
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Музей и Мемориальный комплекс ЭСМА, бывший подпольный центр содержания под стражей, пыток и истребления
Этот объект расположен на территории комплекса бывшей школы механиков военно-морского флота в Буэнос-Айресе, в бывших офицерских кварталах. В период военно-гражданской диктатуры 1976-1983 гг. это был главный секретный центр содержания под стражей ВМФ Аргентины. В рамках национальной стратегии по уничтожению вооруженной и ненасильственной оппозиции военному режиму здание офицерского корпуса ЭСМА (Высшая школа механики ВМФ) использовалось для содержания пленных оппозиционеров, похищенных в Буэнос-Айресе, их допросов, пыток и последующего убийства.

source: UNESCO/CPE
La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

Museo y Sitio de la Memoria ESMA - Ex Centro Clandestino de Detención, Tortura y Exterminio
Este predio se encuentra dentro del complejo de la Ex Escuela de Mecánica de la Armada en Buenos Aires, en el antiguo Cuartel de Oficiales. Este fue el principal centro secreto de detención de la Armada Argentina durante la dictadura cívico-militar de 1976-1983. Como parte de una estrategia nacional para destruir la oposición armada y no violenta al régimen militar, el edificio del Cuartel de Oficiales de la ESMA (Escuela Superior de Mecánica de la Armada) se utilizó para mantener cautivos a opositores que habían sido secuestrados en Buenos Aires e interrogarlos, torturarlos y finalmente asesinarlos.

source: UNESCO/CPE
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Façade d'entrée du Musée de l'ESMA et du Site de Mémoire - Ancien centre clandestin de détention, de torture et d'extermination © Albano García
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le Musée et lieu de Mémoire de l’ESMA - Ancien centre clandestin de détention, de torture et d’extermination est situé sur le terrain de ce qui était autrefois les quartiers des officiers de l’École de mécanique de la marine (ESMA), dans la ville de Buenos Aires, en Argentine.

Dans le centre clandestin installé dans le bâtiment des quartiers des officiers de l’ESMA, des officiers et des subordonnés de la marine argentine ont enlevé, torturé et assassiné plus de 5 000 personnes, mis en œuvre un plan de vol des bébés nés en captivité, exercé des violences sexuelles et à caractère sexiste, soumis des groupes de personnes détenues-disparues à divers types de travaux forcés, et organisé la spoliation des biens mobiliers et immobiliers des victimes. L’exercice systématique et organisé de la violence secrète par la dictature a eu lieu dans le cadre d’un plan transnational de coopération entre les dictatures du Cône Sud de l’Amérique pour lutter contre l’opposition armée et non armée de gauche et marxiste, ainsi qu’un grand nombre d’associations politiques et sociales progressistes. En raison des implications transnationales de ces événements, dans un contexte de tensions géopolitiques mondiales entre des visions du monde et des valeurs socio-politiques opposées, et compte tenu de l’échelle du bâtiment et de son fonctionnement, de sa situation au cœur de la ville, de la coexistence d’officiers de marine et de personnes détenues-disparues, ainsi que de la variété et de la complexité des crimes commis, le centre clandestin de l’ESMA a transcendé les frontières politiques et géographiques pour devenir un symbole international et emblématique représentant les caractéristiques de la disparition forcée de personnes, considérée aujourd’hui comme un crime contre l’humanité par les Nations Unies.

Critère (vi) : Le Musée et lieu de Mémoire de l’ESMA - Ancien centre clandestin de détention, de torture et d’extermination est étroitement et matériellement associé à, et hautement représentatif de, la répression illégale des opposants et dissidents armés et non armés, menée et coordonnée par les dictatures d’Amérique latine dans les années 1970-1980 et fondée sur la disparition forcée de personnes, dans un climat de tensions géopolitiques mondiales entre des visions du monde opposées sur l’ordre socio-politique du monde.

Intégrité

Le bien possède toutes les strates qui expliquent clairement l’évolution historique de sa construction, nécessaire pour comprendre sa valeur universelle exceptionnelle. Le bâtiment est protégé en qualité de preuve judiciaire depuis 1998 en raison des crimes contre l’humanité qui y ont été commis pendant les opérations de l’ancien centre clandestin de détention, de torture et d’extermination. À partir de cette date, toute modification a été interdite. La marine argentine a libéré et cédé le bâtiment en 2004. Jusqu’en 2014, seuls des travaux d’entretien et de lutte contre la détérioration ont été réalisés. De 2014 à 2015, les travaux pour créer et ouvrir le Musée et lieu de Mémoire de l’ESMA ont été réalisés dans le respect scrupuleux de la préservation de l’état de l’édifice, tel qu’il était au moment de sa désaffectation, et de son statut de preuve judiciaire. À l’heure actuelle, différentes marques et divers vestiges témoignant du séjour des détenus-disparus sur le lieu sont conservés. Le bâtiment présente aujourd’hui les conditions d’inaltérabilité nécessaires à la poursuite d’études pouvant permettre l’accès à de nouvelles preuves judiciaires. En outre, il représente une source documentaire pour la reconstruction historique des événements qui s’y sont déroulés.

Authenticité

La structure du bien, sa configuration spatiale, ses revêtements et les marques des diverses modifications architecturales et utilisations au fil du temps permettent de comprendre son histoire et son évolution et transmettent de manière crédible la valeur universelle exceptionnelle du bien. La validation du bâtiment en qualité de preuve judiciaire dans les procès pour les crimes contre l’humanité qui y ont été commis repose sur la reconnaissance de l’authenticité des installations et de la véracité des témoignages relatifs à ces événements et confirme l’association matérielle et étroite du bien avec ces événements. Les protocoles de conservation et de restauration appliqués pour l’installation du Musée et lieu de Mémoire de l’ESMA ont été approuvés conjointement par des experts en la matière, par un Conseil consultatif composé de représentants d’organisations de défense des droits humains et du corps judiciaire. Aujourd’hui, toutes les mesures de conservation et de restauration du bâtiment reposent sur des études scientifiques réalisées pour sa préservation, en raison de sa double nature de preuve judiciaire et de source documentaire.

Les attributs matériels du bien qui reflètent sa valeur universelle exceptionnelle sont complétés et renforcés par le processus rigoureux et précoce d’établissement des faits et de recherche de la justice en relation avec les événements criminels qui se sont déroulés pendant les dictatures des militaires et qui ont abouti au premier procès des juntes militaires en 1985 devant un tribunal civil. Ce procès et les méga-procès qui ont suivis ont produit des preuves accablantes sur ce qui s’est passé à l’ESMA. Le quartier des officiers a été protégé en qualité de preuve judiciaire pour les procès. La recherche de la vérité et de la justice est toujours en cours et constituera le socle d’un processus de réconciliation solide.

Éléments requis en matière de protection et de gestion

Diverses mesures de protection juridiques et institutionnelles couvrent le bien et sa zone tampon pour la préservation de sa valeur universelle exceptionnelle. D’un point de vue juridique, le bâtiment est protégé depuis 1998 par une injonction visant à maintenir le statu quo au titre de preuve judiciaire. En outre, la Cour émet continuellement des dispositions spécifiques concernant la préservation de l’ensemble du bâtiment. En ce qui concerne le patrimoine, le bien a été classé monument historique national en 2008, et sa zone tampon, composée des locaux destinés à l’Espace pour la mémoire et pour la promotion et la défense des droits humains (anciennement ESMA), a été classée site historique national. D’un point de vue institutionnel, le décret national pour la création du Musée et lieu de Mémoire de l’ESMA - Ancien centre clandestin de détention, torture et extermination définit son rôle administratif en tant qu’organisme décentralisé du Secrétariat national aux droits humains, dont la mission est d’informer et de transmettre les événements qui se sont déroulés dans le centre clandestin, ses antécédents et ses conséquences.

Le Musée et lieu de Mémoire de l’ESMA est géré par une direction exécutive et dispose d’un Conseil consultatif composé des mêmes membres issus du Répertoire des organisations des droits humains et rattachés à l’Espace pour la mémoire et pour la promotion et la défense des droits humains. Le Musée et lieu de Mémoire est situé dans l’enceinte des locaux destinés à l’Espace pour la mémoire et pour la promotion et la défense des droits humains (anciennement ESMA), qui abrite aujourd’hui des institutions publiques et des associations de la société civile d’envergure locale, nationale et régionale. L’Espace pour la mémoire et pour la promotion et la défense des droits humains (anciennement ESMA) est administré par un organe exécutif composé de représentants du gouvernement national, de la ville autonome de Buenos Aires et d’un Répertoire intégré par des organisations de défense des droits humains.

Le maintien à long terme de la valeur universelle exceptionnelle et de la mission du Musée et lieu de Mémoire de l’ESMA, qui est d'aider l’Argentine à réaliser son aspiration à ce que ces événements ne se reproduisent plus, nécessite l’engagement continu de toutes les institutions concernées pour présenter ce qui s’est passé pendant la dictature dans toute la complexité de son contexte et de ses conséquences et garantir que le bien continue d’être l’héritage de tous les Argentins afin de devenir celui du monde entier.

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