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Sites de métallurgie ancienne du fer du Burkina Faso

Ancient Ferrous Metallurgy Sites of Burkina Faso
This property is composed of five elements located in different provinces of the country. It includes about fifteen standing, natural-draught furnaces, several other furnace structures, mines and traces of dwellings. Douroula, which dates back to the 8th century BCE, is the oldest evidence of the development of iron production found in Burkina Faso. The other components of the property – Tiwêga, Yamané, Kindibo and Békuy – illustrate the intensification of iron production during the second millennium CE. Even though iron ore reduction –obtaining iron from ore – is no longer practiced today, village blacksmiths still play a major role in supplying tools, while taking part in various rituals.

La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

Sites de métallurgie ancienne du fer du Burkina Faso
Ce bien, composé de cinq éléments situés dans différentes provinces du pays, comprend une quinzaine de fourneaux debout à tirage naturel, plusieurs bases de fourneaux, des mines et des traces d’habitations. Remontant au VIIIsiècle AEC, Douroula est le témoin le plus ancien du développement de la production de fer recensé au Burkina Faso. Les autres composantes du bien - Tiwêga, Yamané, Kindibo et Békuy  – illustrent l’intensification de la production de fer au cours du IIe millénaire EC. Même si la réduction de fer – obtention de fer à partir du minerai –  n’est plus pratiquée aujourd’hui, les forgerons des villages jouent encore un rôle important en fournissant des outils et en prenant part à de nombreux rituels.

La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

مواقع صناعة تعدين الحديد القديمة في بوكينا فاسو
حوالي 15 موقداً قائماً حتى اليوم، وعدداً من الأفران، والمناجم وبعض آثار المساكن. وإذا ما عدنا إلى القرن الثامن قبل الميلاد، تعد قرية "دورولا" من أقدم العناصر التي تقف شاهدة على تطور صناعة تعدين الحديد في بوركينا فاسو. وتوضح العناصر الأخرى في الموقع - تيويغا وياماني وكينديبو وبيكوي - تكثيف صناعة الحديد في الألفية الثانية بعد الميلاد. وعلى الرغم من أن الحد من الحديد – تصنيع الحديد من المواد الخام - لم يعد يمارس اليوم، إلّا أن الحدادين في القرى لا يزالون يضطلعون بدور هام في توفير المعدات الحديدية والمشاركة في العديد من الطقوس.

source: UNESCO/ERI
La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

布基纳法索古冶铁遗址
该遗址由5个遗产点组成,分布于布基纳法索的不同省份,包含15个立式炉灶、若干熔炉基座、矿坑及居住遗迹。Douroula是布基纳法索最早(公元前8世纪)进行冶铁活动的场所。Tiwga、Yamane、Kindibo和Bekuy则见证了公元1000年后当地日益密集的冶铁活动。尽管如今已不再使用这些古老的冶铁技术,当地村镇的铁匠仍在提供生产工具、举办仪式活动中发挥着重要作用。

source: UNESCO/ERI
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Памятники древней металлургии
Этот объект, состоящий из пяти элементов, расположенных в разных регионах страны, включает около пятнадцати вертикальных печей, несколько других печных конструкций, шахты и остатки жилищ. Основанный в VIII веке до н. э., город Дурула является старейшим свидетельством развития производства железа в Буркина-Фасо. Другие элементы объекта – Тивега, Ямане, Киндибо и Бекуй – наглядно иллюстрируют интенсификацию производства железа во II тыс. н. э. Несмотря на то, что метод восстановления железа из руды больше не практикуется в наше время, деревенские кузнецы по-прежнему играют важную роль в поставках инструментов и проведении различных ритуалов.

source: UNESCO/ERI
La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

Sitios de la antigua metalurgia del hierro de Burkina Faso

Integrado por cinco elementos situados en diferentes provincias del país, este bien cultural comprende unos quince hornos aún en pie y varias estructuras de minas y forjas, así como vestigios de viviendas. El elemento situado en Durula data del siglo VIII a.C. y constituye el testimonio más antiguo del desarrollo de la producción de hierro hallado en Burkina Faso. Los cuatro elementos restantes de este bien cultural, situados en Tiwega, Yamané, Kindibo y Bekuy respectivamente, son ilustrativos de la intensificación de la metalurgia del hierro durante el segundo milenio de nuestra era. Aunque hoy en día ya no se practica la reducción indirecta de los minerales férreos para la obtención del hierro, los herreros de las localidades rurales siguen desempeñando un importante papel en la fabricación de herramientas y practican numerosos rituales vinculados a la siderurgia.

source: UNESCO/ERI
La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

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Fourneaux de Tiwêga, près de Kaya © DSCPM/MCAT
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Les cinq éléments constitutifs du bien témoignent de l’ancienneté et de l’importance de la production du fer ainsi que de son impact sur les sociétés précoloniales dans la zone sahélienne du Burkina Faso. Avec une datation remontant au VIIIe siècle avant notre ère, Douroula est le témoin le plus ancien du développement de la production du fer actuellement identifié sur le territoire du Burkina Faso, et illustre cette première phase relativement précoce du développement de la production de fer en Afrique. Tiwêga, Yamané, Kindibo et Békuy possèdent tous les quatre des fourneaux de réduction du minerai de fer remarquablement bien conservés. Ce sont également les très rares sites qui ont des fourneaux en élévation au Burkina Faso. Ce sont des sites de production massive qui, par leur ampleur, illustrent l’intensification de la production du fer au cours du second millénaire après notre ère, au moment où les sociétés d’Afrique de l’Ouest deviennent de plus en plus complexes. Le bien est directement associé à des traditions vivantes portées par les forgerons à Yamané, Kindibo et Douroula. Ces traditions s’expriment aujourd’hui par des valeurs symboliques liées à la technologie du fer au sein des communautés descendantes des forgerons et des métallurgistes.

Critère (iii) : Les sites de métallurgie ancienne du fer sont des témoins exceptionnels d’une tradition unique de réduction du minerai de fer, laissant aux communautés actuelles burkinabé un riche héritage technique et culturel. Douroula illustre cette première phase du développement de la production de fer en Afrique et démontre que la technologie de production du fer est déjà largement diffusée vers 500 avant notre ère dans toute la région. Tiwêga, Yamané, Kindibo et Békuy sont des sites de production massive qui illustrent l’intensification de la production du fer dans toute la zone sahélienne du Burkina Faso au cours du second millénaire après notre ère.

Critère (iv) : Les sites de métallurgie ancienne du fer sont des exemples éminents illustrant la variété des techniques traditionnelles de réduction du minerai de fer au Burkina Faso. Les fourneaux ont conservé la totalité ou la quasi-totalité de leur élévation et présentent des particularités morphologiques qui permettent de les différencier. D’autres vestiges sont associés aux fourneaux, comme d’immenses amas de scories et des traces d’extraction minière, ainsi que des traditions techniques encore vivantes. L’apparition très ancienne à l’échelle mondiale de cette technologie a eu des conséquences significatives sur l’histoire des peuples africains.

Critère (vi) : Les sites de métallurgie ancienne du fer du Burkina Faso sont directement associés à des traditions vivantes portées par le groupe socioprofessionnel des forgerons. Ces traditions s’expriment aujourd’hui par des valeurs symboliques liées à la technologie du fer au sein des communautés descendantes des forgerons et des métallurgistes. Maîtres du feu et du fer, les forgerons perpétuent des rites et des pratiques sociales ancestrales qui leur confèrent un rôle important au sein de leurs communautés à Yamané, Kindibo et Douroula.

Intégrité

Les sites de la métallurgie ancienne du fer abritent dans leurs limites tous les attributs essentiels qui leur confèrent une valeur universelle exceptionnelle. Ils ont tous été préservés dans leur intégrité et dans leur environnement sans perturbation majeure au cours des siècles. Aucun fourneau n’a fait l’objet d’un démontage ou d’un déplacement ni d’actes de destruction par vandalisme. Seule la base de fourneau de Douroula qui a livré la date la plus ancienne a fait l’objet d’aménagement pour assurer sa protection. L’éloignement des habitations et le caractère sacré de ces zones liées aux forgerons sont une garantie de protection de l’intégrité. Néanmoins, les conditions d’intégrité sont vulnérables du fait de l’érosion hydrique et éolienne des sols, les cycles de sécheresse et corolairement, la désertification, la colonisation de certains fourneaux par des termites et des arbres et l’orpaillage.

Authenticité

Les sites témoignent d’une continuité de production sur plus de 2700 ans, de la maîtrise des procédés de réduction et de transformation du fer, ainsi que de l’apport essentiel de cette technologie à l’histoire des peuplements africains, et non seulement à l’histoire des peuples du Burkina Faso. Les cinq sites de métallurgie du bien expriment une valeur universelle exceptionnelle tant par l’âge du phénomène, la forme des structures de réduction, la complétude des éléments du complexe métallurgique, la diversité et la richesse des techniques architecturales, ainsi que par les traditions des forgerons encore vivantes aujourd’hui. L’état limité de la documentation dans les zones du bien et leur zone tampon rend cependant les conditions d’authenticité vulnérables. Le maintien de l’authenticité devra constituer un axe important de la gestion du bien afin de maintenir la résilience des traditions liées au travail de la forge.

Éléments requis en matière de protection et de gestion

Le bien est protégé au niveau national par un ensemble de lois, auxquelles s’ajoute la protection traditionnelle assurée par les communautés locales sur la base du droit coutumier. La gestion est également assurée au niveau local par les communautés à l’exception du site de Békuy situé dans la forêt classée de Maro.

Un système de gestion, établit pour la période 2018 à 2022, s’appuie sur les plans de gestion de chacun des cinq sites et constitue l’outil principal de gestion durable du bien. Le bien est géré au plan de la réflexion et des orientations par un Comité national de gestion et au plan pratique par la Direction des Sites Classés Patrimoine Mondial. Le comité national de gestion exerce une autorité et un contrôle sur l’ensemble des questions relatives aux sites. À l’échelle de chaque site un comité local est mis en place pour veiller à la gestion durable du bien par les communautés locales. Ce comité aura pour boussole le plan de gestion du site et les orientations du comité national de gestion.