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Décision 43 COM 8B.20
Bagan (Myanmar)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les documents WHC/19/43.COM/8B et WHC/19/43.COM/INF.8B1,
  2. Inscrit Bagan, Myanmar, sur la Liste du patrimoine mondial sur la base des critères (iii), (iv) et (vi) ;
  3. Adopte la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle suivante :

    Brève synthèse

    Bagan est un paysage sacré qui présente un éventail exceptionnel d’art et d’architecture bouddhiques. Ce paysage illustre des siècles de pratique bouddhiste theravada d’accumulation de mérites (bouddhisme kammatique) et témoigne de façon spectaculaire de la civilisation de Bagan (période du XIe au XIIIe siècle), époque où le bouddhisme redistributif devint un mécanisme de contrôle politique, le roi faisant réellement office de donateur principal. Durant cette période, Bagan prit le contrôle du transport fluvial et étendit son influence sur une vaste région. La tradition de l’accumulation de mérites se traduisit par un accroissement rapide de la construction des temples, qui culmina au XIIIe siècle. Ce bien en série composé de huit éléments se situe sur une courbe de l’Irrawaddy (ou Ayeyarwady), dans la région centrale sèche du Myanmar. Sept des éléments se situent d’un côté du fleuve, et un autre (l’élément 8) est situé sur la rive opposée. Les attributs immatériels du bien sont reflétés par le culte bouddhiste et les activités d’accumulation de mérites, les pratiques culturelles traditionnelles et l’agriculture. Ce bien en série, formé de huit éléments, compte 3 595 monuments répertoriés, dont des stupas, des temples et autres structures destinées à la pratique spirituelle bouddhiste, de vastes ressources archéologiques et de nombreuses inscriptions, fresques et sculptures. Bagan est un paysage culturel complexe, à plusieurs niveaux, qui comprend également des communautés vivantes et des zones urbaines contemporaines.

    Critère (iii) : Bagan constitue un témoignage exceptionnel et persistant de la tradition culturelle bouddhiste de l’accumulation de mérites, et de l’apogée de la civilisation de Bagan du XIe au XIIIe siècle, quand le site était la capitale d’un empire régional.

    Critère (iv) : Bagan renferme un extraordinaire ensemble d’architecture monumentale bouddhique, qui reflète l’intensité de la ferveur religieuse d’un grand empire bouddhique ancien. Dans le contexte des très riches expressions et traditions de l’architecture et de l’art bouddhiques que l’on rencontre dans toute l’Asie, Bagan est particulier et exceptionnel.

    Critère (vi) : Bagan illustre de manière exceptionnelle les croyances et traditions bouddhistes vivantes concernant l’accumulation de mérites, exprimées par le nombre remarquable de stupas, temples et monastères qui ont survécu, soutenus par des traditions et des activités religieuses qui se sont perpétuées. Si les témoignages concernant les pratiques de l’accumulation de mérites sont répandus dans de nombreux sites et régions bouddhiques, les influences établies durant la période de Bagan, et la dimension et la diversité des expressions, ainsi que les traditions qui se sont perpétuées, rendent Bagan exceptionnel.

    Intégrité

    L’intégrité de Bagan repose sur la capacité des huit éléments à exprimer la valeur universelle exceptionnelle, et sur les témoignages matériels que constituent le paysage, les sites archéologiques, les monuments, les inscriptions, les sculptures, les peintures murales, les peintures sur étoffe et le cadre dans son ensemble ; et sur le patrimoine immatériel et les pratiques culturelles qui se sont perpétués ; ainsi que sur la gestion des pressions sur l’état de conservation. L’intégrité est vulnérable, du fait des multiples facteurs affectant Bagan, des pressions exercées par le tourisme et le développement, des pressions environnementales, et des catastrophes naturelles.

    Authenticité

    L’authenticité du bien repose sur le paysage et ses monuments bouddhiques, avec leurs dimensions, envergures, matériaux, conceptions et ancienneté variés ; et sur les riches traditions religieuses et culturelles qui se sont perpétuées. Les principaux éléments bâtis au sein du bien, en particulier les très grands temples et stupas, conservent un degré élevé d’authenticité dans leur forme et leur conception, à l’intérieur comme à l’extérieur. Les éléments décoratifs de bon nombre de monuments individuels ont survécu sous leur forme d’origine. L’authenticité a été dégradée par des interventions inappropriées dans les années 1970 et 1990, et par les dégâts importants provoqués par les tremblements de terre.

    Éléments requis en matière de protection et de gestion

    La protection juridique de Bagan est fournie par la loi sur la protection et la préservation des régions du patrimoine culturel N°20/2019, récemment amendée ; la loi de 2015 sur la protection et la préservation des monuments anciens (avec arrêté mis à jour en 2016) ; et la loi de 2015 sur la protection et la préservation des objets antiques (avec arrêté mis à jour de 2016). Ces lois sont appliquées par le Département d’archéologie et du musée national (DANM). La protection juridique, pour être efficace, dépend de la mise en œuvre complète de la loi de protection et de préservation du patrimoine culturel des régions. Le bien est également protégé du fait des pratiques et de l’engagement des communautés religieuses et des communautés locales.

    Les plans de zonage du patrimoine ont été établis et intégrés dans des plans régionaux, pour assurer la coordination. Une zone de protection supplémentaire de 100 km x 100 km a été établie autour du bien pour contrôler les développements. Tous les développements au sein des zones protégées font l’objet, à l’heure actuelle, d’une évaluation archéologique spécifique au site et d’un avis du DANM.

    Le comité national de coordination de Bagan (BAGANCOM) a été créé par le gouvernement national, en tant qu’organisme décisionnel de Bagan, assurant la coordination entre les agences. Les principaux facteurs affectant le bien sont les interventions de conservation passées, le tourisme et les pressions dues au développement, les pressions environnementales et les désastres naturels.

    Le système de gestion est basé sur le cadre de gestion intégrée. Certains éléments du système de gestion ont été établis récemment, et d’autres ne sont pas encore intégralement mis en œuvre, mais l’approche est bien conçue. Des directives ont été élaborées pour appuyer les activités les plus urgentes. En particulier, la réduction des risques et la réponse aux catastrophes se sont améliorées de façon significative dans le cadre des réactions au séisme de 2016. La suite de l’élaboration du système de gestion doit reposer sur une approche paysagère de la gestion du bien en série.

    Certains documents stratégiques et de principe essentiels, comme la stratégie de tourisme durable, le plan des risques archéologiques, la stratégie pour le secteur agricole et le système d’étude d’impact sur le patrimoine ne sont pas encore prêts ou n’ont pas encore donné lieu à une mise en œuvre opérationnelle. Le bien contient un certain nombre d’éléments intrusifs (des hôtels, par exemple). Un système rigoureux d’étude d’impact sur le patrimoine et des processus clairs quant aux prises de décision sont d’une importance cruciale pour la gestion future de Bagan. Il a été recommandé d’établir une stratégie hôtelière à long terme, qui détermine les zones où des hôtels pourront être construits à l’avenir.

  4. Recommande que l’État partie prenne en considération les points suivants :
    1. achever les processus administratifs nécessaires pour réviser les délimitations des éléments 6 et 7, et de la zone tampon pour l’élément 4, et soumettre les cartes révisées au Centre du patrimoine mondial,
    2. effectuer de nouveaux travaux de recherche et de documentation sur le système historique de gestion de l’eau de Bagan, et s’assurer que les éléments de ce système sont conservés et gérés en tant qu’attributs de la valeur universelle exceptionnelle du bien,
    3. achever de façon prioritaire le projet « Carte unique », pour réunir les cartes légales dans un seul SIG, achever l’inventaire des monuments de Bagan et le classement de ces monuments, et travailler à réunir toutes les données des sites dans un seul système de données intégré,
    4. achever le programme d’installation des bornes le long des délimitations des éléments du bien et de la zone tampon, et éliminer les bornes frontières de l’ancienne « zone de protection du patrimoine », pour éviter toute confusion,
    5. achever la carte des risques archéologiques proposée, et veiller à ce que ses conclusions et les procédures associées soient communiquées à toutes les parties prenantes concernées,
    6. exiger de toutes les missions internationales travaillant à Bagan qu’elles signent des accords officiels, de sorte qu’elles respectent les dispositions du cadre de gestion intégrée, les décisions de BAGANCOM et les avis du comité international de coordination de Bagan,
    7. revoir les mesures actuelles de contrôle de la planification et du développement, et les processus d’approbation qui y sont associés, notamment le plan régional et urbain des environs de la zone patrimoniale de Bagan, pour qu’il ne soit plus possible de construire des nouveaux bâtiments ayant une hauteur, des dimensions ou une forme, inappropriées au sein du bien ou de la zone tampon,
    8. veiller à ce qu’une approche paysagère soit intégrée au développement et à la mise en œuvre continus du système de gestion,
    9. développer davantage le système d’étude d’impact sur le patrimoine pour évaluer avec rigueur l’impact potentiel des changements et développements sur la valeur universelle exceptionnelle de Bagan, et veiller à ce qu’une étude d’impact sur le patrimoine soit obligatoire pour tous les nouveaux aménagements au sein de Bagan, conformément au cadre amendé de la protection juridique. Dans l’immédiat, s’assurer qu’une étude d’impact sur le patrimoine est exigée pour tous les nouveaux développements d’infrastructures touristiques et pour les projets d’extension de l’aéroport de Bagan,
    10. évaluer davantage la « capacité d’accueil » du bien et la gestion de la future croissance touristique à Bagan, notamment en tenant compte des contraintes liées aux circonstances physiques et sociales de chaque élément,
    11. créer et réunir régulièrement un forum rassemblant les membres de BAGANCOM, les autorités régionales et les représentants des industries hôtelières et touristiques, pour favoriser le dialogue, communiquer les obligations réglementaires et les programmes de conservation, et identifier les problèmes de gestion touristique,
    12. outre l’élimination des hôtels et installations touristiques intrusifs, et la prise en compte de la nécessité d’une approche progressive et d’une stratégie à long terme pour les hôtels à Bagan, préparer une stratégie hôtelière en consultation avec l’ICOMOS et le Centre du patrimoine mondial, pour créer des zones au sein desquelles les hôtels pourront être développés (modifications aux installations existantes comprises). Tous les nouveaux aménagements devront faire l’objet d’une étude d’impact sur le patrimoine. La création de zones où les développements d’hôtels pourront avoir lieu devra s’accompagner de réglementations concernant la hauteur des bâtiments et autres questions liées aux emplacements et au style, et cette création devra être intégrée dans la stratégie touristique régionale,
    13. imposer un moratoire sur la construction de nouveaux promontoires d’observation et autres structures/bâtiments d’observation construits à cet effet, en attendant le réexamen des installations destinées aux visiteurs et de leurs besoins, et la finalisation et la mise en œuvre de la stratégie de tourisme durable de Bagan,
    14. attribuer des ressources supplémentaires pour pouvoir développer davantage le système de suivi,
    15. offrir des possibilités d’évolution professionnelle dans le domaine de la gestion du patrimoine culturel au personnel de BAGANCOM et aux représentants des autorités régionales concernées,
    16. allouer les ressources nécessaires pour garantir la mise en œuvre complète des mesures spécifiées dans le plan de gestion des risques de catastrophes de Bagan,
    17. achever et mettre en œuvre la stratégie pour le secteur agricole de Bagan, après réexamen par BAGANCOM, le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS,
    18. après un processus de consultation et l’examen attentif des intérêts et du bien-être des habitants, établir un plan par étapes pour éliminer progressivement les logements construits illégalement dans les délimitations du bien ;
  5. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial d’ici le 1erdécembre 2021 un rapport sur la mise en œuvre des recommandations susmentionnées pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e session en 2022.
Code de la Décision
43 COM 8B.20
Thèmes
Inscriptions sur la Liste du patrimoine mondial
États Parties 1
Biens 1
Année
2019
Documents
WHC/19/43.COM/18
Decisions adopted during the 43rd session of the World Heritage Committee (Baku, 2019)
Contexte de la Décision
WHC-19/43.COM/8B
WHC-19/43.COM/INF.8B1
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