L'État partie a soumis son rapport sur l'état de conservation du bien au Centre du patrimoine mondial le 7 janvier 2008. Une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS a fait, comme convenu, la visite d’Arequipa du 28 avril au 1er mai 2008. Son rapport couvre les deux préoccupations majeures évoquées dans le 31 COM 7B.123, ainsi que l'identification d'autres sérieuses difficultés, et formule plusieurs recommandations en vue d’une action immédiate.
a) Plan de préparation aux catastrophes
Le Comité du patrimoine mondial a instamment prié les autorités responsables, depuis sa 27e session en 2003, d'intégrer un plan de préparation aux catastrophes dans le schéma directeur compte tenu de la fréquence de l'activité sismique dans la région. Le rapport de l'État partie indique que l'ébauche du plan est quasiment terminée mais qu'il n'a pas été finalisé du fait des remaniements récents au sein de la Municipalité provinciale d'Arequipa. Le plan demeure incomplet et n'a donc pas été transmis au Comité. La mission de 2008 a recommandé la création d'un groupe de travail interdisciplinaire composé de représentants au niveau local et régional afin de finaliser le plan de prévention des risques. La mission a demandé à ce que le plan finalisé soit présenté officiellement au Comité du patrimoine mondial d'ici à janvier 2009.
b) Obligation de rapport
Les informations détaillées sur les projets proposés qui affectent les bâtiments historiques n'ont pas été reçues au 1er octobre 2007, comme l'avait demandé le Comité du patrimoine mondial. Le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS demeurent préoccupés du fait que seules des informations élémentaires aient été communiquées en ce qui concerne les interventions architecturales sur les bâtiments les plus importants du bien inscrit, ce qui n'est pas conforme au paragraphe 172 des Orientations.
c) Démolition illégale de bâtiments dans la zone historique
Une baisse du nombre de démolitions totales de bâtiments sur le site a été constatée en 2007, mais il n'en demeure pas moins que plusieurs édifices ‘protégés’ remarquables ont été affectés par d'importantes modifications qui entraînent une destruction substantielle. La mission de 2008 rapporte qu'il semble y avoir des obstacles techniques et juridiques qui empêchent ces travaux de démolition. Elle recommande qu'une analyse des cas spécifiques soit effectuée et présentée au Comité du patrimoine mondial pour montrer le niveau d'efficacité des processus de l'autorité municipale.
d) Préparation de l'inventaire
La mission de 2008 considère l'expansion et la réalisation de l'inventaire des bâtiments historiques restants comme essentielles pour étayer leur déclaration en qualité de ‘monuments’ ou de ‘ zones protégées’ et justifier leur contribution à la valeur universelle exceptionnelle du site. Cela devrait être finalisé d’urgence, au moins en référence à la zone de protection maximale. L'inventaire constitue une base de révision des limites de la zone protégée et tient compte de la nécessité d'éloigner les commerces et les services annexes qui dominent dans le centre historique aux dépens des habitants du quartier et du patrimoine urbain. Cela est particulièrement important dans les parties sud et est du centre historique, autour du marché San Camilo où l'impact des activités commerciales est particulièrement destructeur. Si ces secteurs du bien du patrimoine mondial continuent à perdre leur intégrité, le site risquera d'être placé sur la Liste du patrimoine mondial en péril.
e) Techniques et matériaux de restauration et de reconstruction, incluant la formation
La mission a conclu qu'un financement accru était nécessaire pour les types de mesures prises pour revitaliser les ‘Tambos’ afin de présenter des exemples de pratiques de meilleure conservation qui seront un facteur décisif pour maintenir la viabilité du centre historique. La formation de spécialistes en conservation et restauration du patrimoine est essentielle et devrait être entreprise à tous les niveaux éducatifs, depuis les stages de courte durée jusqu'aux diplômes universitaires en ingénierie et architecture et aux qualifications de troisième cycle. Une formation en archéologie s’impose également, étant donné la longue histoire précoloniale du site.
f) Mode de gestion et de planification
La mission avance que les plans existants, y compris le schéma directeur, devraient être révisés afin d'introduire et de donner la priorité à la protection de la valeur universelle exceptionnelle du bien. Le rapport met également en lumière la nécessité de trouver une meilleure articulation entre les instances nationales, régionales et locales. Il recommande qu'un groupe de travail du patrimoine mondial soit créé avec des représentants des organes compétents. Le groupe de travail proposé serait responsable de produire le rapport sur l'état de conservation d'Arequipa en janvier 2009. Le processus de création d'une nouvelle structure de gestion du centre historique, qui a été invoqué comme étant la raison de la non finition du plan de préparation aux risques dans les années passées, ne devrait pas constituer un obstacle à l’amélioration de la protection du bien. La mission suggère qu'un document axé sur la composition, le fonctionnement et la répartition des compétences soit présenté au Comité du patrimoine mondial à sa 33e session en 2009.
g) Valeur universelle exceptionnelle
La mission de 2008 a réfléchi au maintien des valeurs pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial. Elle a recommandé qu'une nouvelle déclaration de valeur universelle exceptionnelle soit établie en justifiant l'inscription du bien et, en même temps, en réévaluant et en renforçant le lien entre la ville et la campagne environnante. Dans le cadre de la préparation de cette nouvelle déclaration, il faudrait dresser une carte montrant l'extension possible des limites de la zone tampon qui couvre les étendues de terre voisines. Cette extension constituerait la base territoriale d'un cadre de réglementation adéquat pour protéger les terrasses agricoles. Les conclusions de ce travail devraient être envoyées à l'ICOMOS pour évaluation et présentation au Comité du patrimoine mondial pour l’approbation définitive d'une modification de la zone tampon.
h) Participation communautaire
La mission a recommandé de solliciter l'assistance technique du Fonds du patrimoine mondial afin d'élaborer un programme de participation communautaire basé sur les progrès accomplis à Los Tambos.
i) Pollution et congestion du trafic
La mission a observé une importante congestion du trafic dans le centre historique et recommande que des études soient menées sur l'impact du nouveau projet de transport en commun (EMBARK 2008), notamment par rapport aux niveaux accrus d'utilisation des taxis et des véhicules privés et aux problèmes de stationnement des voitures dans le centre historique.