L'État partie a soumis un rapport sur l'état de conservation le 24 janvier 2008 précisant que le projet financé par la Commission européenne “Protection et promotion du patrimoine culturel en Jordanie” sera achevé d'ici avril 2008. Ce projet inclut un centre d'accueil des visiteurs, des sentiers de visite, un nouvel abri pour le complexe Saint-Étienne et la mise en place d'une clôture de protection. Le rapport note que l'abri initialement prévu par ce projet, auquel le Comité du patrimoine mondial s'était opposé, a été remplacé par un toit de protection de conception simple et de couleur harmonieuse et ne contient aucun mur rideau ni mur de verre susceptible d'avoir des effets néfastes sur l'environnement. Le rapport note également qu'une ONG chargée de promouvoir la prise de conscience au sein de la communauté de l'importance du patrimoine d'Um er-Rasas a été créée en partenariat entre la communauté locale et le Département des Antiquités.
Le rapport de l'État partie rend également compte plus en détail des efforts déployés pour apporter une réponse aux problèmes prioritaires identifiés par la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ ICOMOS de novembre 2006, notamment pour :
a) Définir les limites du site et clôturer le périmètre ;
b) Acquérir les terrains adjacents pour créer une zone tampon ;
c) Mettre sur pied une équipe chargée de l'entretien du site, pour notamment consolider les murs fragiles et couvrir les tranchées dangereuses pour les visiteurs ;
d) Dessinerdes sentiers de visites ;
e) Etablir une méthodologie de protection des mosaïques ;
f) Consolider les éléments architecturaux fragiles ;
g) Arrêter les travaux de restauration et de reconstruction des éléments effondrés ;
h) Arrêter les fouilles archéologiques jusqu'à ce qu'un plan de gestion complet soit établi et accepté ;
i) Définir une future structure de gestion et un système financier avec le ministère du Tourisme et des Antiquités ;
j) Revoir le plan de gestion et de conservation initié en 2005.
La mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO/ICOMOS qui a eu lieu du 24 au 27 mars 2008 a également eu un avis positif sur les efforts de l'État partie pour renforcer la conservation du bien. Le rapport note que les “membres de la mission ont convenu que la situation sur le site s'était substantiellement améliorée suite aux mesures entreprises par les autorités responsables afin de traiter les principaux problèmes soulevés par le Comité du patrimoine mondial” et qu' «il ne semblait plus désormais nécessaire» de considérer l'inscription éventuelle du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.
Le rapport de mission aborde les mêmes points mentionnés par l'État partie dans son rapport :
a) Le projet financé par la Commission européenne, conçu dans l'optique de promouvoir le tourisme, a substantiellement été modifié pour donner plus de poids aux problèmes de conservation, ce qui s'est traduit par la suppression de la route initialement envisagée entre les deux zones archéologiques et le remplacement de l'ancien abri de Saint-Étienne par un nouvel abri conçu de manière appropriée pour couvrir l'ensemble du complexe, éliminer les problèmes de détérioration biologique et dont les fondations seraient placées au-delà du périmètre des églises.
b) L'État partie s'est porté acquéreur de terrains autour et entre les deux principales zones archéologiques du bien, définissant ainsi une zone centrale homogène désormais clôturée pour une protection complète. L'État partie a également demandé de nouvelles réglementations de contrôle sur les terrains attenants au sein de ce qui pourrait être une future zone tampon redéfinie. En temps utile, une proposition de modification des limites des zones centrale et tampon destinées à faciliter la mise en œuvre d'un plan de gestion et d'un plan de conservation pour le site pourrait être soumise au Comité du patrimoine mondial.
c) Les tranchées dangereuses ont été signalées, couvertes et/ou comblées pour empêcher que des visiteurs ne se blessent. Bien que cela constitue une amélioration substantielle depuis la mission de novembre 2006, ce travail de signalisation peut toutefois être poursuivi et amélioré.
d) L'installation de sentiers clairement délimités et visuellement intégrés améliore la préservation des zones du bien les plus fragiles en faisant comprendre aux visiteurs les accès autorisés ou interdits. À nouveau, il est encore possible d'améliorer le système de signalisation.
e) La plupart des pavements en mosaïque du site a été préservée sous de fines couches de terre ou de sable et les feuilles de plastique remplacées par des membranes perméables plus appropriées. L'utilisation de membranes géotextiles n'a pas été possible à ce stade, étant donné leur coût élevé ; mais ce problème pourrait être résolu à l'avenir.
f) L'État partie a constitué une équipe chargée de consolider les éléments architecturaux menacés et d'appliquer les meilleures pratiques en matière de consolidation des surfaces en plâtre des murs de la “villa” et de ses structures de soutènement fragiles.
g) La restauration et la reconstruction d'éléments effondrés ont été arrêtées dans l'attente de l'élaboration d'un plan pour traiter ces éléments.
h) Les efforts pour couvrir les mosaïques de Saint-Étienne lors de l'enlèvement de l'ancien abri consistant en l'application d'une couche de sciure sous une feuille de plastique imperméable sans traitement biocide pourraient augmenter les dommages biologiques. Il a cependant été noté que le nouvel abri ouvert et un meilleur système de drainage de l'eau de pluie réduiront les problèmes d'humidité. Le rapport de mission a également recommandé une documentation plus poussée sur les mosaïques.
i) L'État partie a mis en place une nouvelle structure de gestion qui semble plutôt efficace d'un point de vue fonctionnel. Le rapport de mission note l'importance d'un budget annuel de fonctionnement pour compléter le budget de l'État pour la gestion du site.
j) Le rapport note de substantiels avancements dans la réorientation du plan de gestion du site, du tourisme vers la conservation, aidée par des changements de politique qui ont donné au Département des Antiquités l'entière responsabilité de l'élaboration des plans de gestion. Le rapport a également noté l'utilité de renforcer le plan de conservation (notamment orientations en matière de meilleures pratiques) récemment préparé par le Département des Antiquités, et a suggéré de le relier à un calendrier d’interventions et aux besoins financiers.
Le rapport de mission recommande également que l'État partie soumette un “document technique” au Centre du patrimoine mondial, incluant une documentation détaillée sur bon nombre de ces récentes initiatives, y compris les limites du site après l'acquisition de nouveaux terrains, une description technique du nouvel abri et ses avantages perçus, une description technique du recouvrement des mosaïques lors de l'installation du nouvel abri, des descriptions techniques de toutes les mesures de conservation et de consolidation du site mises en œuvre et une description technique de toutes les mesures de sécurité prises, dont les nouveaux sentiers de visite et l'annulation de la route reliant les deux zones archéologiques. Le rapport recommande également que ce document technique traite les problèmes globaux de gestion en donnant des détails sur la nouvelle structure de gestion, sur les progrès accomplis dans l'évolution du plan de conservation (faisant état de repères pour les mesures correctives à court et long termes déjà identifiées), et sur les discussions en cours avec la municipalité d'Um er-Rasas concernant les réglementations devant être appliquées aux terrains attenants. De même, le rapport de mission recommande que l'État partie soit encouragé à élaborer un système financier avec un budget annuel de fonctionnement minimum, une révision éventuelle des limites des zones inscrite et tampon, ainsi qu'une politique nécessaire de recherche archéologique, avec un calendrier de mise en œuvre établi en conséquence.