Lors de l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial, le Comité du patrimoine mondial, à sa 28e session (Suzhou, 2004), a formulé la demande suivante à l’État partie :
a) soumettre son plan de travail annuel pour la première année suivant l’inscription, ainsi que les plans complets de gestion et de conservation ;
b) passer en revue l’avancement de la mise en œuvre de ces plans lors de deux missions de suivi.
La première mission de suivi effectuée par l’ICOMOS s’est déroulée du 30 mars au 3 avril 2005. Comme le rapport n’était pas disponible à la dernière session du Comité, un bref résumé est présenté ci-dessous. Parmi les principales questions abordées dans le rapport, il convient de noter que :
a) le site n’est pas protégé contre des menaces potentielles extérieures ;
b) l’état général de conservation du site n’est pas bon ;
c) la majorité des travaux de restauration déjà menés sur le site ne sont pas adaptés, notamment en raison de l’absence de cohérence de l’approche et de la méthode de restauration ;
d) le site ne reçoit pas les visiteurs dans de bonnes conditions, tant sur le plan de la sécurité que sur le plan de la protection des vestiges archéologiques.
D’autre part, la mission a donné quelques détails sur un projet de la Commission européenne consistant à aider les autorités jordaniennes à favoriser la promotion touristique des sites d’Um er-Rasas et Lehun, par le biais d’un programme de préservation.
L’État partie a soumis le 31 mai 2005 un document présentant une série de directives pour l’établissement du futur plan de gestion. Ce document mentionne les objectifs des autorités et les thèmes à traiter, y compris la conservation, la documentation et la gestion, mais ce n’est pas un plan de gestion.
Par lettre, datée du 1er février 2006, l’État partie a informé le Centre du patrimoine mondial de certaines difficultés concernant la mise en œuvre du projet de la Commission européenne qui ont entraîné des retards dans la soumission des documents présentant les futurs centres d’accueil, abris et parking. L’établissement du plan de gestion a aussi été retardé. L’État partie a donc suggéré de reporter la seconde mission de suivi jusqu’à ce que le projet final de plan de gestion soit disponible, peut-être avant mai 2006. Pour le moment, les projets et documents susmentionnés ont été envoyés au Centre du patrimoine mondial et sont en cours d’étude.
Compte tenu des informations fournies concernant le site depuis son inscription sur la Liste du patrimoine mondial, il apparaît que certaines mesures prioritaires de conservation et de gestion doivent être prises avant tout projet d’aménagement. Ces mesures prioritaires, qui doivent constituer les premiers éléments du plan de gestion à établir simultanément, doivent être les suivantes :
a) définir clairement les limites de la ou des zone(s) à protéger et clore, si nécessaire, même temporairement ;
b) traiter les problèmes de sécurité, notamment en interdisant aux visiteurs l’accès aux zones potentiellement dangereuses et réaliser les travaux nécessaires pour couvrir les tranchées et sondages archéologiques ;
c) isoler et préserver les éléments archéologiques et architecturaux les plus menacés et endommagés en établissant un plan d’accès réservé temporaire de sentiers de visite ;
d) préserver les mosaïques avec des matériaux temporaires et protecteurs adaptés (couches spéciales de géotextile et couches de sable drainant) ;
e) consolider les éléments architecturaux les plus menacés en utilisant des structures temporaires mais sûres ;
f) arrêter les travaux de restauration et de reconstruction des éléments effondrés ;
g) résoudre, dès que possible, les problèmes d’humidité en utilisant des solutions simples et temporaires, notamment pour le sol en mosaïque de l’église Saint-Étienne, qui bénéficie d’un abri ;
h) définir la future structure de gestion et le système financier qui seront adoptés dans le plan de gestion du site.
L’État partie devra définir, en consultation avec l’ICOMOS et le Centre du patrimoine mondial, comment mettre en œuvre ces mesures prioritaires et réviser en conséquence la conception, le calendrier et le plan de travail du programme financé par la Commission européenne.