Le 29 janvier 2008, le Centre du patrimoine mondial a reçu un rapport de l’État partie, daté du 22 janvier 2008, qui contient la version finale de l’évaluation d’impact sur l’environnement (EIE) de l’autoroute Yamato-Kita (près de 2 000 pages en japonais avec un résumé en anglais) et une note sur le « concept de base du programme révisé de célébrations du 1 300e anniversaire de la capitale Nara Heijo-kyo ». Ces documents étaient complétés par des déclarations séparées exprimant l’avis de l’Agence des affaires culturelles du Japon (Bunka-cho), l’organisme gouvernemental national responsable des biens du patrimoine culturel mondial, sur ces deux questions.
a) L’autoroute Yamato-Kita
Dans son rapport, l’État partie informe le Centre que la procédure d’évaluation d’impact sur l’environnement de l’autoroute Yamato-Kita en est à sa phase finale, ou « Étape 3 », au cours de laquelle le Comité d’étude spécialisé pour l’EIE a apporté les modifications requises et produit sa version finale le 26 décembre 2007. Cette version finale devrait être soumise au Conseil de l’urbanisme de la préfecture de Nara et au Conseil de l’urbanisme de la préfecture de Kyoto, respectivement en février et mars 2008, après quoi une décision finale concernant l’autoroute Yamato-Kita sera prise, si les membres des Conseils parviennent à un accord.
L’EIE finale confirme le choix de Saikujo-Saho comme trajet pour l’autoroute Yamato-Kita qui, dans sa partie souterraine, passe à l’extérieur de la zone centrale du bien et, sur une longueur de près de 1,5 km, longe la périphérie de la zone tampon. À propos des variations du niveau de le nappe phréatique que l’infrastructure pourrait générer, ce qui constituerait une menace pour les vestiges archéologiques, une étude effectuée par un Comité indépendant a établi qu’elles seraient minimes et dans tous les cas inférieures aux fluctuations saisonnières. Quoi qu’il en soit, l’EIE indique que des mesures supplémentaires seront prises pour diminuer tout impact sur les fluctuations du niveau de la nappe phréatique en utilisant la méthode dite de Préservation du flux des eaux souterraines pendant les travaux de construction. De plus, un "Comité spécial d’étude et de surveillance de la nappe phréatique" a été mis en place pour mettre au point le système de surveillance et les mesures de limitation des risques qui pourraient être nécessaires pour éviter tout dommage futur aux précieux vestiges.
En ce qui concerne l’impact possible des tronçons à ciel ouvert de l’autoroute (environ 160 m le long de la limite de la zone tampon du bien) sur les biens culturels enterrés, l’EIE envisage des sondages archéologiques préventifs et des fouilles de sauvetage, si nécessaire, en s’appuyant sur la Loi relative à la protection des biens culturels en vigueur. Le rapport fait toutefois remarquer que les limites de la zone tampon ont été définies pour garantir le contrôle de l’intégrité visuelle du paysage qui entoure la zone centrale du bien (d’où le tunnel et la tranchée ouverte qui ne sera pas visible du bien), sans se préoccuper des vestiges archéologiques potentiels. En ce qui concerne la tour de ventilation prévue dans la zone tampon, elle ne fera que 8 mètres de haut, ce qui est conforme à la réglementation établie par la préfecture de Nara pour la zone.
Dans la déclaration qui accompagne l’EIE, le Bunka-cho confirme qu’à son avis, et après analyse approfondie de la question, « le projet d’autoroute Yamato-Kita ne provoquera pas d’altération du niveau de la nappe phréatique dans les zones d’intérêt archéologique et n’aura, sur les vestiges archéologiques enterrés comme sur le paysage, aucun impact négatif susceptible d’entraîner une perte de valeur du bien en tant que patrimoine mondial ».
b) Célébrations du 1 300e anniversaire de la capitale Nara Heijo-kyo
S’agissant des festivités prévues en 2010, l’État partie donne des informations sur un nouveau plan révisé par rapport à celui présenté en 2007 au Comité du patrimoine mondial. Les changements proposés par rapport à la proposition précédente semblent réduire l’ampleur des festivités de plusieurs façons : le nombre de visiteurs attendus pendant l’année sera ramené de cinq à deux millions et demi ; le nombre de structures temporaires prévues sera « considérablement réduit » et aucun quai temporaire de chemin de fer ni passerelle pour piétons ne seront construits. De plus, au lieu d’une exposition de six mois dans des pavillons temporaires sur le site du palais de Nara, des événements saisonniers seront organisés principalement dans l’enceinte du site du palais de Nara, en utilisant les installations existantes, notamment l’ancienne Salle des audiences impériales dont la reconstruction devrait être achevée d’ici 2010. Le nouveau programme de festivités comprend également des célébrations sur le site d’autres biens du patrimoine mondial de la province. Le Bunka-cho estime la proposition acceptable du point de vue de la conservation du bien et souhaitable comme moyen de promouvoir patrimoine culturel auprès des visiteurs.
c) Protection juridique
En novembre 2007, le Centre du patrimoine mondial a reçu des informations laissant entendre que le gouvernement japonais envisagerait de modifier le statut juridique du site du palais de Nara, en le transformant en « Parc national gouvernemental », placé sous l’autorité du ministère des Travaux publics (et toujours sous la supervision du Bunka-cho). Ce changement est censé permettre de disposer de ressources supplémentaires pour gérer le bien, notamment pour soutenir un projet de reconstruction de certains éléments de l’ancien ensemble, après l’achèvement de l’ancienne Salle des audiences impériales. Aucune allusion n’est faite à ces allégations dans le rapport de l’État partie. Toutefois, par courrier séparé, l’État partie a informé le Centre du patrimoine mondial que des informations sur cette question seraient soumises dans le courant de l’année 2008, dès que les aspects administratifs et juridiques seraient clarifiés.
Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives considèrent que le trajet définitif du projet d’autoroute Yamato-Kita n’a pas d’impact négatif sur la valeur universelle exceptionnelle ni sur l’intégrité du bien. Ils notent que l’EIE donne l’assurance que le projet n’aura d’impact négatif ni sur le niveau de la nappe phréatique ni sur les vestiges archéologiques.
Concernant les festivités commémoratives, il est noté que leur ampleur a été réduite et qu’elles ne semblent plus prévoir de nouveaux projets de reconstruction.
Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives apprécieraient toute information complémentaire sur le statut de parc national gouvernemental envisagé et ses implications.