Dans sa décision 32 COM 7B.73, adoptée à sa 32e session (Québec, 2008), concernant le site du palais de Nara (site Heijo-kyo), un des huit sites formant le bien, le Comité du patrimoine mondial a recommandé de poursuivre le développement et la mise en place de systèmes appropriés de surveillance de la nappe phréatique et de plans d’atténuation des risques, afin de prévenir toute variation indésirable du niveau de la nappe phréatique pouvant avoir été causée par la construction et/ou utilisation de l’autoroute envisagée. Il a également recommandé que l’État partie prenne des mesures appropriées pour qu’aucun dommage ne soit causé aux vestiges archéologiques enterrés lors de la préparation des détails des célébrations commémoratives prévues en 2010. Le Comité du patrimoine mondial a enfin demandé à l’État partie de confirmer si oui ou non un nouveau projet de reconstruction était prévu sur le site, et de préciser si une quelconque modification du cadre juridique et institutionnel du site du palais de Nara était envisagée et d’expliciter les implications possibles de cette modification pour la gestion et la conservation du bien.
Le 2 février 2009, le Centre du patrimoine mondial a reçu un rapport de l’État partie faisant état des avancements suivants :
a) L’autoroute Yamato-Kita
Le comité d’étude et de surveillance de la nappe phréatique pour l’autoroute Yamato-Kita a tenu sa 4e réunion le 1er août 2008. Il a analysé les résultats des études du sol du site, a débattu de mesures pour la préservation des mokkan (tablettes de bois gravées enfouies), et cherché des solutions pour maintenir stable le niveau de la nappe phréatique en cas d’événement imprévu. Il est demandé à ce comité d’élaborer un “plan élémentaire” pour la surveillance de la nappe phréatique et l’atténuation des risques, en vue de la création d’un plan plus général. L’État partie n’a pas communiqué de calendrier pour la réalisation de ces deux plans.
b) Célébrations du 1 300e anniversaire de la capitale Nara Heijo-kyo en 2010
Les commémorations du 1 300e anniversaire de l’ancienne capitale auront lieu tout au long de l’année 2010, essentiellement sur le site du palais de Nara. Les célébrations sont en cours de préparation et seront gérées par l’“association pour les commémorations du 1 300e anniversaire de Nara Heijo-kyo”, composée du gouvernement préfectoral de Nara et d’autres organisations locales. Le 10 septembre 2008, l’association a demandé la permission à l’agence des affaires culturelles du Japon (ACA), conformément à la loi sur la protection des biens culturels, d’ériger dans le cadre des festivités des structures temporaires au sein du site du palais de Nara. Comme mentionné dans le précédent rapport sur l’état de conservation soumis pour la 32e session, le projet global des festivités a considérablement été réduit en janvier 2008 par rapport au projet original. Après un examen minutieux, l’ACA a jugé que le projet n’aurait aucun impact négatif sur les vestiges archéologiques et que l’impact des structures temporaires sur le paysage serait mineur et non permanent. L’autorisation a donc été délivrée le 21 novembre 2008.
c) Décision de faire du site du palais de Nara un “parc du gouvernement national”
Le rapport de l’État partie signale que le gouvernement du Japon a approuvé, le 28 octobre 2008, une résolution du Conseil des ministres visant à faire de l’ensemble du site du palais de Nara, à l’exception de quelques zones résidentielles adjacentes, un “parc du gouvernement national”. Ces parcs sont des parcs urbains entretenus et administrés par le gouvernement national, conformément aux dispositions de la loi sur les parcs urbains, sous la responsabilité du ministère de la Terre, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme (MTIT). Le rapport ne donne pas les raisons qui ont motivé cette décision. Il précise toutefois que la gestion du site du palais de Nara continuera de dépendre de la loi japonaise sur la protection des biens culturels en vertu d’un nouveau cadre juridique impliquant le MTIT, l’ACA et la préfecture de Nara, qui reste, d’un point de vue légal, l’autorité gestionnaire du site.
Le 1er décembre 2008, le MTIT a approuvé un “plan élémentaire pour le parc du gouvernement national du site historique du palais d’Asuka-Nara” (ci-après “le plan élémentaire”). Ce plan élémentaire a été rédigé en prenant en compte les politiques fondamentales et les contenus spécifiques articulés par l’ACA dans son “schéma élémentaire pour la préservation et le développement du site du palais de Nara” (ci-après le “schéma élémentaire”) qui avait été adopté en 1978.
L’État partiesignale que le plan élémentaire inclut la reconstruction à l’échelle de certains des anciens édifices et structures au sein du palais, comme les remparts de terre, la porte Sud et les tours Est et Ouest non loin de la première salle d’audience impériale (actuellement en reconstruction). Cela dépendra, selon le rapport de l’État partie, du “résultat d’une étude et reconnaissance suffisantes” réalisée sous la surveillance minutieuse de l’ACA.
La reconstruction des structures susmentionnées ne figurait pas dans le dossier de proposition d’inscription (1998), alors que les reconstructions alors en cours de la porte Suzaku, du secteur Toin-teien (secteur du jardin du palais d’Orient) et du Daigokuden (salle d’audience impériale) étaient mentionnées. Il semble, toutefois, que la reconstruction de l’ensemble de la salle d’audience impériale était déjà envisagée dans une version de 1993 du schéma élémentaire. Le plan élémentaire prévoit également le transfert des routes, des installations ferroviaires et de recherches existantes à l’extérieur du “parc du gouvernement national” du site historique spécial du palais de Nara nouvellement créé.
Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives, tout en notant les progrès accomplis dans le développement des mesures de suivi et d’atténuation des risques pour toute variation éventuelle du niveau de la nappe phréatique et autres risques afférents à la construction de l’autoroute et à son utilisation future, font remarquer la nécessité d’un calendrier concret pour la réalisation de ces mesures. Concernant les structures temporaires devant être érigées pour les commémorations du 1 300e anniversaire, il est noté que celles-ci seront d’un poids léger, conçues de manière sensible et n’impliqueront pas de fondation ni excavation de tranchées. Néanmoins, un délai pour leur enlèvement après les festivités doit être formulé.
En ce qui concerne l’intention de l’État partie de reconstruire à l’échelle certains édifices et structures au sein du site du palais de Nara, les motifs de ce projet d’envergure n’ont pas été établis. Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives rappellent que cela devrait avoir été fait en consultation avec le Comité du patrimoine mondial et que la reconstruction n’est acceptable “que si elle s’appuie sur une documentation complète et détaillée et n’est aucunement conjecturale”, comme stipulé au paragraphe 86 des Orientations et respecte toutes les dispositions des Orientations concernant l’authenticité et l’intégrité. Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives considèrent qu’avant qu’un tel projet de reconstruction ne commence, une justification complète des raisons qui la motivent, y compris les éléments probants détaillés sur lesquels elle repose, devrait être soumise au Centre du patrimoine mondial pour évaluation par les organisations consultatives.
En ce qui concerne le nouveau cadre administratif et institutionnel pour la gestion du site du palais de Heijo, le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives considèrent qu’il est important de voir de quelle manière ces changements affectent le système de gestion général pour l’ensemble du bien en série inscrit, à savoir de quelles manières les politiques de conservation de chacun des huit sites formant le bien inscrit sont harmonisées et coordonnées afin de garantir que la valeur universelle exceptionnelle du bien du patrimoine mondial est préservée et mise en valeur. Au vu de ces modifications, il peut être approprié pour l’État partie de considérer la création d’un cadre de coordination générale pour la gestion de ce bien en série.
Dans le cadre du prochain exercice de soumission de rapports périodiques pour la région Asie- Pacifique, le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives prêteront assistance à l’État partie dans la préparation d’une Déclaration de valeur universelle exceptionnelle pour le bien.