L’Etat partie a soumis un rapport détaillé sur l’état de conservation du bien le 2 février 2012, avec des informations sur les efforts réalisés pour mettre en œuvre les mesures correctives :
a) Evacuer les groupes armés du bien et étendre la couverture de surveillance à tout le bien
L’Etat partie rappelle les opérations militaires de la MONUSCO (Mission de Stabilisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (RDC)), Amani Leo, Kimya I et Kimya II, destinées à neutraliser les groupes armés en activité dans la région du Kivu, et confirme que ces opérations ont eu un impact positif sur l’occupation du bien par des hommes armés. Ces opérations ont permis d’accroitre la couverture de surveillance du bien à tous les secteurs sauf quelques poches dans des zones inaccessibles et enclavées. Le rapport donne une description détaillée des opérations de surveillance et de protection du parc et signale qu’en 2011, 27,22 % de l’étendu du parc a été couvert des patrouilles. Les cartes présentées montrent une assez bonne couverture du secteur de Tshivanga (53 %) et du secteur d’Itebero (42%). La couverture du secteur de Lulingo reste assez faible (23 %), mais il faut noter que ce secteur n’était jamais couvert depuis la création du parc jusqu’à la création d’une nouvelle station à Lulingo en 2008 et la création d’une sous-station à Kasese en 2011. La surveillance a aussi repris dans le secteur de Nzovu (où la station était abandonnée après une attaque en 2009), mais la couverture reste faible. Elle est également presque inexistante dans le couloir entre la haute et la basse altitude. Le rapport fait état de survols aériens du parc et des expéditions scientifiques qui ont permis d’avoir des données et de faire l’état de lieux des endroits les moins touchés.
Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent les progrès réalisé dans la couverture du bien mais aussi que le rapport ne donne pas d’informations sur la fréquence des patrouilles dans les secteurs couverts.
b) Clore toutes les opérations illégales d'exploitation minière à l'intérieur du bien et annuler officiellement tous les titres miniers empiétant sur le bien
L’Etat partie rappelle dans son rapport que le gouvernement avait suspendu en 2010 l’exploitation minière sur toute l’étendue de l’Est du Pays, ce qui avait résulté dans la fermeture des carrés miniers dans le Parc, en haute comme en basse altitude. Cependant, le rapport précise que quelques carrés miniers isolés sont encore observés à des endroits se situant à proximité des campements ou des bases militaires. Le rapport note que la coopération allemande a ouvert un bureau à l’est du Congo qui essaie d’identifier les caractéristiques des minerais en provenance des aires protégées, ce qui permettra un meilleur suivi au niveau des centres de négoce que l’Etat vient d’installer.
c) Evacuer le couloir écologique et initier des mesures pour restaurer la végétation et la connectivité
L’Etat partie signale qu’aucune décision n’a été prise au niveau national pour annuler les titres d’occupation du couloir écologique, octroyés illégalement par les services des titres immobiliers et du cadastre. Cependant, le rapport note que des progrès ont été réalisés dans le processus d’évacuation du couloir écologique à travers des concertations avec les fermiers. A travers ces démarches, le rapport note que le contentieux entre les fermiers du bloc Bitale et le Parc vient de s’achever, que les parties spoliées par les fermiers viennent d’être restituées au parc et qu’une démarcation participative des limites du parc vient d’être effectuer. Le rapport note qu’avec ce succès, une démarche similaire va commencer pour le bloc Kalubwe – Mulume Munene. L’Etat partie signale que la restauration naturelle est en cours sur le terrain qui avait été récupéré en 2010. Le rapport fait état d’une reconstitution progressive et naturelle de la forêt dans le secteur de Mpuse (forêt secondaire de montagne). Cette mesure est accompagnée par une intensification des patrouilles dans ce secteur pour décourager toute tentative de retour des populations. Le rapport note aussi la restauration des forêts de bambou.
d) Développer de manière participative et mettre en œuvre un plan de zonage pour résoudre la question des villages dans le secteur de basse altitude, tout en assurant le maintien des valeurs et de l'intégrité du bien
L’Etat partie signale que des consultations avec les communautés, vivant le long de la piste Mumbili et Nkolo dans le parc, se poursuivent et que des propositions seront soumises dans quelques mois à la Direction Générale pour décision finale. Ces consultations font suite à l’étude menée en juin 2010, avec l'aide de l'UICN, qui préconisait un zonage du parc avec une relocalisation de certains villages dans le périmètre du bien, a définition de certaines zones d'occupation permanente par les populations humaines et de zone d'usage durable sur le territoire du bien. Le rapport note que ces populations sont actuellement des gens déplacées à cause de l’insécurité dans leur zone d’origine et qu’actuellement ils se sont retirés dans les villages de Nzovu, Lulingu, Shabunda et Kalonge.
Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent qu’il est très important de s’assurer que les options identifiées garantissent la conservation de la valeur universelle exceptionnelle du bien.
e) Poursuivre les efforts pour redynamiser le dispositif de surveillance, en assurant un contrôle de la totalité du bien
Comme mentionné précédemment, l’Etat partie signale une augmentation de la couverture du bien par la surveillance. Le rapport note également la mise en place d’une carte avec cadrats pour mieux orienter les patrouilleurs et s’assurer que la totalité du bien est contrôlée. En outre, un plan d’aménagement des infrastructures est en développement, dans lequel les endroits stratégiques où installer les postes de patrouilles seront déterminés. Le rapport signale néanmoins que les effectifs, les équipements appropriés et les pistes d’accès dans les secteurs restent encore un problème pour assurer un contrôle efficace.
f) Finaliser et approuver le plan de gestion du bien et assurer les moyens pour sa mise en œuvre
L’Etat partie signale que la première phase de la mise en œuvre du plan de gestion du PNKB vient de toucher à sa fin (2009 – 2011) et qu’une évaluation est en cours.
g) Inventaire des espèces
Le rapport note que l’inventaire des secteurs situés dans la basse altitude n’a pas encore été réalisé, mais que des contacts sont pris avec des ONG spécialisés pour étudier la faisabilité d’une telle étude. Il signale que cet inventaire a également été inscrit dans le plan d’action pour la conservation des grands singes à l’est de la RDC.
Le rapport fait état d’une augmentation de 10% du nombre des gorilles dans les familles suivies, passant de 126 à 139 individus. Le rapport confirme des rapports précédents faisant état d'une petite population résiduelle d'éléphants dans le secteur de Tshivanga.
h) Limiter au seul trafic local le tronçon de la Route RN3 qui traverse le bien, assurer les moyens pour sa contrôle et envisager un contournement du bien en cas de la réouverture vers Kisangani
Le rapport note que les travaux pour la réhabilitation du tronçon traversant le bien ont été finalisés en respectant les normes environnementales. Le contrôle du trafic se fait au niveau des barrières à l’entrée et la sortie du parc mais devrait être renforcé. Des équipes ont été mises en place pour évaluer les impacts environnementaux de la route sur le commerce de viande de brousse et la fabrication de la braise. Le rapport mentionne aussi que le trafic à ce jour reste réduit, étant donné que la réhabilitation du tronçon Hombo – Walikale (qui connecte à Kisangani) n’est pas encore envisagée. Le rapport mentionne également qu’une Etude d’impact environnemental (EIE) pour le contournement du parc a été réalisée.
Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN réitèrent l’importance de prévoir le contournement du parc au cas où la réhabilitation du tronçon Hombo – Walikale serait envisagée et recommandent que l’EIE soit soumise au Centre du patrimoine mondial, conformément au Paragraphe 172 des Orientations, pour examen par l’UICN.
Le rapport mentionne également des travaux d’infrastructures prévus, notamment la réhabilitation de la station de Tshivanga avec la construction de bureaux et un campement de gardes et la construction de postes de patrouille.Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN rappellent la nécessité de transmettre au Centre du patrimoine mondial des informations sur les constructions planifiées dans le parc, conformément au Paragraphe 172 des Orientations.