L’Ensemble monumental de Hampi a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 1999, en raison de la construction partielle d’un pont suspendu dans la zone archéologique protégée, qui menaçait l’intégrité et l’authenticité du bien. Les travaux de construction ont été interrompus par la suite et plusieurs mesures palliatives ont été appliquées entre 2003 et 2006.
Rappelant sa décision 28 COM 15A.24 adoptée à sa 28e session (Suzhou, 2008), félicitant l’État partie pour sa décision de considérer le pont routier comme temporaire, en attendant de trouver une solution à long terme dans le cadre du plan de gestion d’ensemble du site, le Comité du patrimoine mondial a décidé de retirer le bien de la Liste du patrimoine mondial en péril en 2006 et a demandé à l’État partie de « revoir et adapter la conception architecturale et les dimensions du pont d’Anegundi afin de respecter l’intégrité visuelle du bien » et de traiter les problèmes à long terme que pose l’impact du pont s’agissant de la circulation des poids lourds et des activités de constructions illégales (décision 30 COM 7A.24). Dans les décisions suivantes (31 COM 7B.81 et 32 COM 7B.70) il est demandé à l’État partie de mettre en œuvre les recommandations de la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de janvier 2007 et de soumettre la documentation associée à l’examen du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives.
Le 22 janvier 2009, le Centre du patrimoine mondial a été informé par le Bureau de l’UNESCO à New Delhi de l’effondrement d’une partie du pont d’Anegundi suite à la reprise des travaux sur le site, faisant 8 morts et une vingtaine de blessés parmi les ouvriers sur le chantier. Dans une lettre datée du 22 janvier 2009, le Centre du patrimoine mondial a présenté ses condoléances à l’État partie et a demandé plus d’informations sur la situation.
Le 30 janvier 2009 l’État partie a soumis au Centre du patrimoine mondial un rapport sur l’état de conservation du bien, qui donne des indications sur l’effondrement du pont d’Anegundi et rend compte de l’avancement des travaux sur le site dans les termes suivants :
a) Pont d’Anegundi
Les travaux de construction sur le pont d’Anegundi ont repris à la mi-janvier 2009. Le 22 janvier 2009, suite à l’effondrement de la partie du pont du côté d’Anegundi, l’accès du public a été restreint et des mesures de sécurité et de sûreté supplémentaires ont été mises en place sur le reste du pont par les autorités gouvernementales de l’État de Karnataka. Les consultations se poursuivent entre l’Archaeological Survey of India (ASI) et le Gouvernement de l’État de Karnataka quant à l’avenir du pont d’Anegundi.
b) Plan de gestion intégrée (PGI) et Déclaration de valeur universelle exceptionnelle
Le plan de gestion intégrée (PGI) et la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle sont actuellement finalisés par l’organisme de gestion de l’aire du patrimoine mondial de Hampi (HWHAMA) en consultation avec l’ASI et les autres parties prenantes.
Les tâches définies dans le PGI en cours d’exécution pour traiter les problèmes d’un site du patrimoine vivant comprennent la préparation d’une carte de référence précise, la création d’une unité technique au sein du HWHAMA, le renforcement des capacités financières et techniques du HWHAMA, la préparation d’un schéma directeur (plan d’occupation des sols), la création d’un centre de traitement intégré de l’information, le développement d’une stratégie du tourisme, une stratégie de l’interprétation et des directives en matière d’urbanisme, la rationalisation des limites du bien et un programme de gestion du patrimoine commun (aucun détail n’a été fourni sur ce que recouvre ce programme).
L’État partie indique que les nouvelles limites proposées pour le bien et sa zone tampon ont été clairement définies dans le cadre du nouveau PGI. La surface totale placée sous le contrôle du HWHAMA après rationalisation de la zone tampon est de 236 km2 comparé à la surface initiale de 136 km2. Cet élément n’a pas encore été soumis officiellement à l’approbation du Comité du patrimoine mondial.
Le Gouvernement de Karnataka a approuvé la nomination de nouveaux personnels et l’octroi d’une subvention supplémentaire de 48 214 dollars EU pour le présent exercice. Un processus de recrutement est en cours pour les nouveaux postes à pourvoir. Un nouvel emplacement a été trouvé pour le centre d’interprétation, du côté nord de la bourgade de Kamalapuram, qui sera l’une des entrées principales de la zone archéologique la plus importante. L’État partie signale que les recommandations du PGI sont incluses depuis août 2008 dans un schéma directeur notifié en application du Karnataka Town and Country Planning Act, et qu’il est maintenant intégré dans le Plan d’aménagement du territoire à l’échelon national et de l’État.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent les efforts continus de l’État partie pour améliorer la gestion du bien, comme le montrent le renforcement des capacités au sein du HWHAMA, le changement d’emplacement du centre d’interprétation et la définition des nouvelles extensions des limites du bien. Cependant, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent également qu’un exemplaire de la version approuvée du Schéma directeur basé sur le PGI, le projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle, la demande officielle de modification des limites du bien et l’étude des transports au niveau régional et local avec de nouvelles règles de circulation des poids lourds à l’intérieur du bien, n’ont pas encore été reçus.
L’effondrement du pont a rendu caduque la question de sa conception modifiée. Notant que des consultations sont en cours entre l’ASI et les autorités de l’État de Karnataka pour déterminer l’avenir du pont, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives suggèrent qu’un nouvel emplacement de pont routier, plus approprié, soit identifié par l’État partie à l’extérieur du bien et au-delà du prolongement de ses limites envisagé pour son éventuelle extension, après avoir examiné l’étude des transports qui devrait en principe être terminée dans les prochains mois, et ils recommandent de démolir complètement le reste du pont pour éviter tout accident.
Le Bureau de l’UNESCO à New Delhi a organisé en mars 2009 une mission sur le bien, composée d’un architecte planificateur en conservation détaché du ministère français de la Culture, d’un urbaniste et d’un architecte planificateur indien, spécialiste de la conservation. La mission a identifié la nécessité d’achever rapidement et de procéder à la notification officielle de la réglementation détaillée sur la construction pour toutes les villes et villages implantés dans les nouvelles limites proposées pour le bien, notamment à l’intérieur de ses quatre localités (Hampi, Kaddirapuram, Kamalapuram et Anegundi), ainsi qu’à un contrôle vigilant des constructions illégales qui se poursuivent, en particulier à Virupapuragadda Island et dans les villages de Hampi. La mission a noté en outre la prolifération de logements sociaux construits pour les pauvres, sur les coteaux, avec un réseau de drainage insuffisant et des conditions de vie précaires, ce qui dégrade aussi le paysage du site. Il est urgent d’adopter et mettre en œuvre le PGI, afin de traiter les problèmes en mettant en place un contrôle du développement approprié.