Ce rapport a été établi afin d'apporter une réponse aux problèmes évoqués par le Comité du patrimoine mondial dans sa Décision 31COM7B.23. Le Comité du patrimoine mondial a demandé à l'État partie de lui donner des informations sur l'état de conservation du bien, en particulier sur l'étendue et la mise en œuvre effective des politiques et plans existants, sur le projet de renforcement des capacités et sur les impacts directs ou indirects de la construction d'une nouvelle autoroute côtière. La décision demandait également à l'État partie de retirer les autorisations accordées à la pratique du jet ski dans le périmètre du bien, de réexaminer et d'annuler le projet d'aménagement touristique de l'île de Lam Bo et le projet de grande infrastructure touristique dans le village flottant de Cua Van. L'État partie a remis un rapport sur l'état de conservation du bien, il a été reçu par le Centre du patrimoine mondial le 10 février 2009.
L'État partie signale que, le 29 avril 2008, le Comité populaire de la province de Quang Ninh a donné son approbation à une série de projets prioritaires d'investissements qui s'intègrent dans le Plan directeur à échéance 2020 pour la gestion, la conservation et la promotion de la baie d'Ha-Long. Bien qu'aucun détail ne soit en général donné tant sur les budgets spécifiques que sur les projets, il semble que ceux-ci incluent toute une série d'initiatives positives dont le renforcement de capacités, l'éducation, la recherche scientifique et la restauration de la barrière de corail. D'autres projets évoqués concernent l'amélioration des chenaux de navigation pour les canots, le dragage de la baie, et l'amélioration des sites touristiques.
L'État partie rend compte d'initiatives entreprises dans un certain nombre de domaines. Il signale que 2.214 habitants vivent dans les trois villages flottants situés sur le territoire du bien. L'État partie a reconnu l'existence historique des pêcheurs ainsi que la nécessité d'endiguer la croissance de leur installation. L'État partie reconnaît également qu'un système inadapté de collecte des déchets, une faible prise de conscience des enjeux et des installations illégales continuent de représenter des défis à relever. Les problèmes liés à l'aquaculture nécessitent une intervention permanente contre les fermes flottantes illégales, l'État partie fait état d'une surexploitation des ressources maritimes. En ce qui concerne la production de charbon et son traitement, le rapport rend compte de l'application permanente de règlements.
Le chiffre de 427 bateaux de tourisme opérant dans le périmètre du bien est annoncé, ils sont tous soumis à une réglementation en matière de rejet des eaux usées et de collecte des déchets solides. La qualité de ces embarcations est jugée en augmentation. Le rapport fait également état d'une série d'actions visant à améliorer la protection de l'environnement du bien, par, entre autres, un important investissement dans un équipement de suivi, le traitement des déchets, des campagnes destinées à la prise de conscience et une application renforcée de la loi.
Le rapport signale que le projet de renforcement des institutions, mené avec le soutien du Fonds du patrimoine mondial, sera finalisé en octobre 2009 et a été mis en œuvre en partenariat avec les bureaux nationaux de l'UNESCO et de l'UICN.
En ce qui concerne les demandes du Comité du patrimoine mondial, l'État partie fait remarquer qu'il a promulgué une loi interdisant le jet ski sur le territoire du bien en juillet 2007. L'État partie a également fait interdire le projet de construction sur l'île de Lom Bo, et signale qu'une étude des valeurs de l'île est en encours de réalisation, elle pourrait déboucher sur un projet d'écotourisme. En outre, il est précisé qu'aucune infrastructure supplémentaire n'a été construite dans le village flottant de Cua Van.
Le rapport rend également compte de trois importants projets d'aménagement qui sont, semble-t-il, situés en dehors du périmètre du bien mais pourraient affecter ses valeurs: la construction d'une autoroute dans la ville de Ha-Long, qui implique une grande protection de la côte, la cimenterie de Cam Pha et le port de Cal Lan où une extension du port, ayant recours à des chenaux dragués, est désormais en service.
Le rapport de l'État partie ne donne que peu de détails sur ces projets d'aménagement et aucune donnée spécifique sur leur impact.
Le rapport de l'État partie comprend également une analyse des succès et des échecs de la gestion du bien et rend compte d'engagements à la mise en œuvre d'une série d'initiatives dans le domaine de la conservation et de la gestion. Les problèmes évoqués par l'État partie concernent l'efficacité limitée de la restauration, et les difficultés liées à l'application des lois. Le rapport attribue ces échecs aux grands problèmes socioéconomiques rencontrés, à la diversité d'intervenants, à la rapide croissance économique de la région, à l'absence d'outil global tant législatif que de gestion, et, à une nécessité d'une plus grande capacité de gestion.
Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN estiment que le rapport de l'État partie est un bon reflet à la fois des importants progrès accomplis et des défis à relever qui s'inscriront dans la gestion à long terme de ce bien. L'État partie fait des efforts concertés pour trouver des solutions à ces problèmes, ces efforts doivent cependant être soutenus et augmentés à l'avenir. L'interdiction du jet ski et l'annulation du projet d'aménagement de Lom Bo sont des succès mais il est important de rappeler que même le projet d'écotourisme actuellement en cours d'évaluation à Lom Bo n'est envisageable que sous réserve de la confirmation de son absence d'impact sur les valeurs du bien. Le choix de la localisation du centre culturel de Cua Van demeure problématique, en raison de sa situation sur une doline immergée. Il pourrait être situé dans un endroit moins sensible. Il est cependant appréciable qu'aucun aménagement supplémentaire de l'infrastructure n'ait été signalé depuis le dernier rapport sur le bien.
Au regard de cette situation, le bien semblerait donc un candidat idéal pour la mise en place d'une application concertée d'un "programme d'efficacité de gestion", associé à une coordination des aides financières en provenance de l'État partie et de partenaires internationaux, et ce, afin de permettre à la gestion du bien de passer à un niveau supérieur et d'améliorer les capacités du Conseil de gestion de la baie d'Ha-Long. La réglementation du trafic des bateaux est un sujet majeur, le remplacement de leurs moteurs diesel est également considéré comme une grande priorité. La baie d'Ha Long est-elle à la hauteur de ce que les touristes du monde entier devraient y trouver ? Alors que cette question est de plus en plus souvent posée, une attention plus grande devrait être accordée à la qualité du séjour et à la gestion des visiteurs, en outre, une meilleure interprétation du site est nécessaire.
Les valeurs du bien resteront sous la pression constante du développement économique et souffriront des impacts de la pollution et de la gestion des déchets. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN estiment que les impacts des projets d'aménagement mitoyens du bien sont sous estimés et ne bénéficient pas assez de l'attention du rapport de l'État partie. Par ailleurs, l'augmentation rapide de l'enfouissement des déchets au nord du bien est la source d'une vive préoccupation et commence à faire baisser la qualité du séjour sur la baie d'Ha Long, tout en menaçant sa valeur universelle exceptionnelle. La mise en œuvre systématique d'évaluations d'impact environnemental, correspondant au plus haut niveau d'exigence internationale, pour tout projet d'aménagement est demandée d'urgence. Enfin, l'intégration de la gestion du bien au sein d'un programme plus vaste de gestion intégrée de la zone côtière, établissant un lien entre les travaux de la province de Quang Ning et ceux de la ville de Hai Phong, serait également profitable au bien.
Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN signalent en outre que, dans le cadre d'une volonté de mise en place d'une protection plus vaste du bien et d'une meilleure conservation et gestion de la côte, il serait possible de plaider en faveur d'une meilleure reconnaissance internationale de la côte, de la mer et des îles soit par l'intermédiaire du programme Biosphère de l'UNESCO soit par celui d'une éventuelle extension du bien du patrimoine mondial.
L'actuelle gestion partenariale du bien (État partie- UNESCO- UICN) pourrait contribuer à une augmentation du programme d'aide par le biais du Comité du patrimoine mondial. Au regard de l'importance de la baie d'Ha Long, le bien pourrait constituer un exemple de formation et de développement de bonnes pratiques pour toute la région. Cependant, à l'heure actuelle, le bien n'a pas encore ce potentiel, en raison des problèmes observés et des pressions auxquelles il doit faire face.
Des mises à jour régulières et un suivi amélioré des activités se déroulant sur le territoire et aux alentours du bien semblent être une condition requise afin que le Comité du patrimoine mondial soit tenu informé de l'état de conservation du bien.