Le 8 février 2010, le Centre du patrimoine mondial a reçu un rapport sur l'état de conservation, soumis par l'Etat partie, qui détaille les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la décision 33 COM 7B.136 adoptée par le Comité du patrimoine mondial lors de sa 33e session (Séville, 2009) ainsi que les recommandations faites par la mission conjointe d'experts Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de mars 2009:
a) Reconstruction de l'ensemble architectural de la tour de l'Église de la Compagnie de Jésus de Quito
L'État partie a présenté l'offre d'assistance du Comité du patrimoine mondial aux différents intervenants concernés, conformément à la décision 33 COM 7B.136. Le rapport signale cependant que la Compagnie de Jésus (Compañía de Jesús) "souhaite réaliser un projet qui englobe tout l'ensemble architectural des jésuites et qui inclura donc le campanile. L'étude consiste également en l'installation d'un hôtel conventuel et d'un musée jésuite". L'État partie a indiqué que les premières informations sur ce projet devaient être remises en avril 2010.
b) Évaluation multisectorielle de l'ensemble architectural
L'État partie rapporte qu'un accord a été signé entre la Municipalité de Quito et la Compañía de Jesús afin d'entreprendre une évaluation de l'ensemble architectural des jésuites et de définir les critères qui contribuent à la valeur universelle exceptionnelle du bien. Les objectifs de cet accord sont: (1) coordonner les actions destinées à la conservation physique et historique du bâtiment de la Compañía de Jesús et (2) mettre en place une équipe technique de haut niveau afin de mener la nécessaire étude globale, comme demandé par le Comité du patrimoine mondial, qui permettra l'utilisation des bâtiments historiques de la Compañía de Jesús en tant que campanile, hôtel et musée et leur intégration dans l'ensemble préexistant.
c) Utilisation de la structure en tant que campanile
L'État partie indique qu'une proposition alternative aux précédentes sera soumise au Centre du patrimoine mondial dès que les études seront achevées, au cours du second semestre 2010.
d) Projet touristique et mesures de sécurité afférentes
L'État partie indique que le cahier des charges pour l'offre de marché public de l'étude sur le projet touristique est en cours de rédaction à la Municipalité de Quito et que le rapport d'étude final sera rendu en septembre 2010. Il sera alors soumis au Centre du patrimoine mondial. Aucune mention n'est faite d'un éventuel rôle de l'Institut national pour le patrimoine culturel (INPC).
e) Remise des informations conformément au paragraphe 172 des Orientations
Des études sur les interventions à venir, réalisées par la commission, ont débuté en décembre 2009, elles s'achèveront en août 2010. L'État partie déclare qu'elles seront alors remises au Centre du patrimoine mondial. Aucune information n'a été donnée en ce qui concerne le mécanisme de prise de décision ou le calendrier des interventions à venir.
f) Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle
L'atelier sur "la préparation de l'inventaire rétrospectif et de la Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle (des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial) et sur une introduction au deuxième cycle de rapports périodiques pour l'Amérique latine et les Caraïbes" s'est déroulé à Buenos Aires, Argentine, du 26 au 28 novembre 2009. Les participants (dont l'Équateur) ont été formés à la rédaction de la Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle qui doit être remise avant le 31 juillet 2010.
L'INPC a signé un accord avec la Municipalité de Quito et le FONSAL (Fonds de sauvegarde du patrimoine culturel de Quito) afin de rédiger l'inventaire rétrospectif et la Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle.
g) Délimitation du bien et cadres légaux de référence
L'État partie signale qu'il a entamé la mise à jour et la définition des limites du bien en décembre 2009, ce travail s'achèvera en août 2010. Aucune mention n'est faite d'un quelconque cadre légal.
h) Responsabilités locales et nationales du bien
L'État partie n'a donné que très peu d'informations sur ce sujet mais a précisé que la révision du cadre légal et administratif est en cours, avec la modification de la Loi sur la culture qui définira les bases d'un nouveau système culturel. La ratification de cette loi a été repoussée à février 2010. Il n'est pas fait mention d'une quelconque modification à prévoir dans la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial.
i) Principes et règlementations des interventions sur le patrimoine architectural
Le rapport sur l'état de conservation signale que des décrets seront rédigés dans le cadre de l'inventaire rétrospectif. L'État partie précise que ces décrets seront soumis au Centre du patrimoine mondial dès que leur rédaction sera achevée. Aucun calendrier n'a cependant été défini. Il n'est en outre pas fait mention des recommandations de la mission de suivi réactif sur l'élaboration d'un plan de conservation des ensembles architecturaux religieux de Quito.
j) Communication avec le Comité du patrimoine mondial
L'État partie déclare qu'il suivra les procédures définies de communication avec l'UNESCO (par l'intermédiaire du Ministère des affaires étrangères et de la Délégation de l'État partie auprès de l'UNESCO). Aucune information n'a été donnée quant à la mise en place d'un mécanisme de décision sur les problèmes du patrimoine mondial tant au niveau local que national.
k) Autres problèmes de conservation
L'État partie n'a apporté aucune réponse aux recommandations de la mission de suivi réactif de 2009 sur les trois sujets suivants: le Palacio Legislativo (Parlement), le projet de transports en commun 'Tren ligero" et l'inventaire du patrimoine culturel architectural.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives estiment que toute intervention devrait être évaluée quant à son impact potentiel sur la valeur universelle exceptionnelle du bien. C'est la raison pour laquelle l'évaluation multisectorielle de l'ensemble architectural ainsi que celle de ses critères devraient être soumises à l'examen du Centre du patrimoine mondial en même temps que le projet de Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle, elles constitueraient une base de travail pour les prises de décision à venir.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives comprennent que les travaux ont été interrompus jusqu'à l'achèvement de l'étude de l'ensemble architectural des jésuites. Aucune réelle proposition n'a été faite suite aux recommandations de la mission de suivi réactif, en particulier au sujet du mécanisme de prise de décisions concernant le bien.