Cet ensemble, inscrit en 1979 sur la Liste du patrimoine mondial au titre des critères (i), (iii) et (vi), a fait l'objet en 198£ de l'envoi du questionnaire de mise à jour des informations sur les biens culturels inscrits sur la Liste du patrimoine.
A l'époque, les réponses ont porté sur quatre éléments : le Sphinx, le complexe de Chéops à Guizeh, les pyramides de Kephren et de Mykerinos. Un changement de législation de protection a été signalé. En effet, une loi de 1983 conforte le pouvoir de l'Etat sur la gestion des sites. Cette loi s'est vue complétée par une centralisation administrative des mesures à prendre. En outre, la loi étend le périmètre de protection aux zones tampons du pourtour des sites archéologiques telles qu'elles sont définies par les autorités.
Depuis quelques années, le site des Pyramides est de plus en plus menacé, notamment par l'afflux des touristes et le développement incontrôlé du village avoisinant. Afin de mettre un terme à la détérioration des monuments qui en découle, les autorités égyptiennes ont élaboré un plan de développement de l'ensemble de la zone. Comme ce plan a donné lieu à des controverses en Egypte même, le Ministère de la culture a décidé de demander à un comité consultatif spécial d'experts internationaux de lui donner son avis sur le projet et il a prié le Directeur général de suggérer les noms d'experts de haut niveau de différents pays susceptibles de travailler au sein du comité avec des spécialistes égyptiens.
Le comité consultatif, composé de neuf experts égyptiens et six experts étrangers, s'est réuni au Caire du 14 au 18 mai 1990 pour étudier les divers aspects du projet, dont le principal objectif est de renforcer la protection du site en prenant diverses mesures de réaménagement et: en l'isolant totalement.
Le comité a pleinement approuvé les réaménagements prévus, à savoir :
a) contrôle rigoureux de l'accès au site ;
b) suppression de toutes les structures modernes : bâtiments, plates-formes, murs, barrières, etc. ;
c) remplacement des routes goudronnées par des pistes de sable stabilisé ;
d) interdiction de tous les véhicules à moteur à l'exception des voitures électriques conduites par le gardien du site ;
e) contrôle du nombre des visiteurs admis sur le site ;
f) création d'un itinéraire obligatoire pour les chameaux et les chevaux ;
g) exclusion de tous les autres animaux : chiens, chèvres, etc.,
et il a souligné leur caractère d'urgence.
En ce qui concerne les moyens d'isoler la zone, le Comité a préconisé les mesures suivantes :
a) en bordure orientale du site (près du Sphinx) : une fois achevées les fouilles archéologiques nécessaires, mise en place d'une structure légère, un peu en dessous du niveau actuel du sol, comportant des rangées de sièges en pente douce pour les spectateurs du spectacle son et lumière, la hauteur de la nouvelle structure ne devant pas excéder 6 m ; une simple barrière devrait être érigée des deux côtés de cette structure pour interdire toute intrusion au construction indésirable ;
b) en bordure septentrionale (fin de la route des pyramides) : le guichet installé de ce côté pour contrôler l'accès des visiteurs devrait être une structure très légère et simple conçue de façon à ne pas altérer la topographie ou la physionomie actuelles de la colline et à ne pas affecter la vue.
La recommandation principale formulée par le Comité concerne l'élaboration d'un plan directeur pour l'ensemble de la zone, y compris la zone tampon, sur la base d'études détaillées. En transmettant aux autorités égyptiennes le rapport du Comité d'experts (qui est à la disposition des membres du Comité qui souhaiteraient le consulter) le Directeur général a attiré tout spécialement l'attention sur cette recommandation ; et fait observer que, dans la mesure où il s'agit d'un site protégé par la Convention du patrimoine mondial, le Comité souhaiterait sans doute pouvoir étudier le plan directeur avant qu'il ne soit mis à exécution. Il a également fait part aux autorités égyptiennes des inquiétudes exprimées par le Bureau lors de sa réunion de juin 1990 quant aux risques que les travaux de construction pourraient faire courir au site et appelé l'attention sur la nécessité réaffirmée à cette occasion de préserver celui-ci dans son intégrité.
S'agissant du Sphinx, le Directeur général a accordé 100.000 dollars pour des travaux de sauvegarde. Une mission d'expert, en novembre 1989, a confirmé l'urgence d'une intervention pour la sauvegarde du sphinx, portant sur des études approfondies qui permettront la mise en place de pierres de remplacement de même qualité, mais de résistance plus élevée à l'action des agents destructeurs. Il a recommandé que l'allocation de l'Unesco soit affectée à l'achat d'équipement à cette fin (porosimètre, machine d'essai à la compression et matériel nécessaire aux tests à effectuer sur la pierre). Cet équipement a été fourni.
Suite aux recommandations de cet expert, une équipe du Centre expérimental français de recherches et d'études du bâtiment et des travaux publics (CEBTP), a réalisé, en avril 1990, un examen et une auscultation dynamique afin d'estimer la qualité de la pierre non destructrice et d'apprécier son degré d'homogénéité. Au terme de ces tests et analyses, le Centre a conclu que la pierre du cou et de la tête du Sphinx était de bonne qualité.
A la demande des autorités égyptiennes, le Getty Conservation Institute a entrepris un projet de recherche visant à déterminer les facteurs qui contribuent à la détérioration du Sphinx. A cette fin, une station météorologique fonctionnant à l'énergie solaire a été installée sur le dos du Sphinx afin de recueillir des données sur l'environnement du site et des alentours pendant l'année ou les deux années à venir. Ce dispositif permettra de collecter et d'analyser des informations sur la vitesse et la direction des vents, le rayonnement solaire, la température de l'air et de la surface du monument, le degré d'humidité et les précipitations.
Les résultats de ce projet de recherche et de la mission entreprise par le CEBTP permettront aux experts de porter un diagnostic précis sur l'état du monument et d'élaborer un plan d'action pour sa sauvegarde.
Le Secrétariat rendra compte oralement au Comité de tout élément nouveau concernant ces projets.