Selon un rapport du gouvernement pakistanais en février 2004, le patrimoine culturel pakistanais est préservé selon la Loi sur les Antiquités de 1975 qui contient une disposition prévoyant une zone tampon de 60 mètres autour des monuments protégés. Le gouvernement fédéral n’est toutefois pas tenu d’acquérir le terrain qui se trouve à l’intérieur de la zone tampon protégée. La construction dans les aires protégées est régie par la législation provinciale ainsi que par la législation du district. Aucune des deux législations ne contient de disposition prévoyant de faire cesser des activités sur des terrains privés à l’intérieur de la zone tampon d’un monument protégé. Le Département d’Archéologie et des Musées considère donc que les législations provinciales et du district concernant les activités de construction devraient être mises en conformité avec la Loi sur les Antiquités de 1975. Actuellement, le gouvernement de l’Etat du Pendjab a publié une directive visant à inclure une disposition dans la Loi sur les antiquités concernant la zone tampon de 60 mètres autour des monuments protégés dans la réglementation des gouvernements provincial et du district. De plus, au cours de l’exercice financier en cours, le gouvernement pakistanais a alloué 5 000 000 de roupies pour réaliser des travaux de conservation dans les Jardins de Shalimar.
Le Comité du patrimoine mondial, à sa 24e session en 2000, a approuvé l’allocation d’une assistance d’urgence de 50 000 dollars EU pour établir un plan de gestion d’ensemble et entreprendre des mesures de consolidation et de conservation des ouvrages hydrauliques. Le 4 mars 2004, le gouvernement pakistanais a présenté un plan de travail révisé et une nouvelle ventilation du budget pour la mise en œuvre du projet, selon la recommandation du Comité.
Un projet sur deux ans pour la préservation du Fort de Lahore, financé par le gouvernement norvégien, en coopération avec le Bureau de l’UNESCO à Islamabad (900 000 dollars EU), a été lancé en mars 2003. Ce projet est centré sur un examen détaillé des problèmes et des menaces qui pèsent sur le Fort de Lahore – et en particulier le Shish Mahal – et l’établissement d’un nouveau plan directeur pour la conservation et la préservation du Fort de Lahore.
Une mission du Centre du patrimoine mondial s’est rendue à Islamabad et Lahore en juin 2003 pour donner suite aux mesures correctives recommandées par le Comité du patrimoine mondial pour le Fort de Lahore et les Jardins de Shalimar. S’agissant de la conservation du bien, la mission a indiqué qu’il était urgent de :
a) résoudre le problème général de drainage, d’augmentation des taux d’humidité et des réactions chimiques qui endommagent toutes les structures du site, avant d’entreprendre tout travail de restauration ;
b) contrôler et réguler les flux de visiteurs en limitant et en interdisant les visites de certaines zones.
En outre, concernant les Jardins de Shalimar, la mission a aussi recommandé de :
a) régler le problème d’empiétements urbains sur les côtés Est et Nord du bien, afin de réduire les dommages causés au mur extérieur par l’infiltration des eaux de surface ;
b) entreprendre les travaux de déviation de la Grand Trunk Road, et aménager une zone de protection le long du mur Sud ;
c) réparer dès que possible les réseaux d’alimentation en eau et de drainage de l’ensemble des Jardins, pour éviter toute nouvelle détérioration.
De plus, le projet « Tourisme culturel à Lahore et Peshawar » est en cours d’exécution, en collaboration avec l’UNESCO, le PNUD et le gouvernement pakistanais. Un rapport publié à ce sujet en janvier 2004 contient des recommandations et des propositions de projets dans le domaine de la gestion du tourisme.
En février 2004, lorsque le Premier Ministre du Pakistan a annoncé le transfert de la garde de ce bien aux autorités provinciales, le Bureau de l’UNESCO à Islamabad a fait part de son inquiétude par courrier adressé au Ministère des Minorités, de la Culture, des Sports, du Tourisme et de la Jeunesse, ainsi qu’à la Commission nationale pour l’UNESCO. Le Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO a demandé au Département d’Archéologie et des Musées de clarifier la situation concernant la garde de ce site, et notamment les conséquences d’un changement sur la gestion et l’administration, pour discussion à la 28e session du Comité du patrimoine mondial. Selon les informations reçues de l’Etat partie en avril 2004, il a été confirmé que lors de sa visite au Fort de Lahore le 20 février 2004, le Premier ministre pakistanais a annoncé le transfert de responsabilité de la garde du Fort de Lahore et des Jardins de Shalimar au gouvernement provincial du Pendjab. En outre, le Cabinet fédéral a décidé que la gestion et l’administration de ces monuments seraient également transférées au gouvernement du Pendjab. L’Etat partie a aussi informé l’UNESCO que les gouvernements fédéral et provincial préparent ensemble les formalités de ce transfert, dont la réalisation va prendre un certain temps.