Le montant de 50.000 dollars EU approuvé par le Président du Comité du patrimoine mondial en juin 2004 comme assistance d’urgence pour le bien a été décentralisé vers le Bureau UNESCO d'Islamabad et utilisé pour effectuer des mesures urgentes de stabilisation et de conservation d’une sélection de bâtiments détériorés dans les jardins de Shalimar ainsi que pour la restauration de leur paysage d’origine. De plus, le Bureau de l’UNESCO d’Islamabad utilise les fonds du Programme de subvention Getty pour une étude de base et la documentation de bâtiments sélectionnés.
Le Centre du patrimoine mondial a reçu un rapport de l’Etat partie le 29 janvier 2005. Ce rapport explique que les zones tampon sont prévues dans la législation actuelle du patrimoine culturel et confirme que l’autorité de gestion du bien a été transférée au gouvernement du Punjab (département de la Culture) avec effet en août 2004.
Le rapport de l’Etat partie porte également sur un certain nombre de mesures significatives qui ont été prises pour la sauvegarde du bien depuis le transfert de l’autorité de gestion, grâce essentiellement au soutien financier du gouvernement norvégien par un projet conjoint UNESCO/gouvernement du Punjab. Les résultats principaux suivants ont été obtenus :
a) Le plafond historique en péril du Shish Mahal a été raccroché avec succès en avril 2004, résultat d’un effort conjoint entre des conservateurs internationaux et nationaux. À la suite de la stabilisation de ce plafond, un nouveau toit est en cours d’installation au-dessus du Shish Mahal, qui assurera une protection effective contre les infiltrations d’eau et offrira suffisamment d’espace pour le nettoyage régulier et l’entretien du plafond décoratif. La menace envers ce monument, qui était l’une des raisons d’inscription de ce bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 2000, a donc été supprimée.
b) La création d’ateliers d’artisans du bâtiment, par exemple pour le travail des fresques, de pietra dura, des miroirs et des mosaïques, en vue de garantir les conditions de « durabilité » demandées par l’agence donatrice.
c) Le premier projet de schéma directeur pour le fort de Lahore, qui doit être achevé en octobre 2005 et soumis aux autorités compétentes pour approbation et financement.
D’autres travaux mineurs de conservation ont été accomplis ou sont en cours.
En ce qui concerne le rapport de janvier 2005 mentionné plus haut, l’ICOMOS a félicité de leurs efforts les autorités nationales et leurs différents partenaires, l’UNESCO, l’Institut de conservation Getty et le gouvernement de la Norvège, pour la mise en place d’une série d’initiatives intégrées, puissantes et bien coordonnées pour la conservation des jardins de Shalimar et du fort de Lahore.
Toutefois, l’ICOMOS souligne l’importance de répondre pleinement à un certain nombre de questions pour lesquelles le Comité a demandé un complément d’information dans la décision prise lors de la 28e session (Suzhou, 2004) et qui restent sans réponse :
a) Le Comité a demandé à l’Etat partie « en collaboration avec l’ICOMOS, d’étudier attentivement les valeurs patrimoniales des Jardins de Shalimar et du fort de Lahore pour redéfinir la zone centrale de protection et les zones tampons du bien ». Les commentaires de l’Etat partie sur les zones tampon suggèrent toutefois les limites, dans le cadre de la loi pakistanaise, de ce qui peut être fait pour améliorer l’efficacité des zones tampon, en particulier du fait du transfert de responsabilité du niveau fédéral au niveau provincial.
b) Le Comité a également demandé que l’Etat partie « prenne toutes les mesures pour assurer l’établissement d’une autorité effective de gestion du site pour la protection de ce bien et informe le Comité des effets qu’un changement de responsabilité pour le bien du niveau national au niveau provincial a eu et aura dans l’avenir sur la conservation de ce bien ».
L’ICOMOS, de plus, note que les commentaires de l’Etat partie sur le transfert de responsabilité d’un niveau gouvernemental à un autre sont ambigus et n’indiquent pas clairement les perspectives pour la gestion future du site. En même temps, rien n’est dit des efforts pour établir une autorité de gestion générale du site.
Selon les informations recueillies par le Centre du patrimoine mondial au cours d’un atelier subrégional sur le suivi de l’exercice de rapport périodique en Asie du Sud, tenu à Lahore du 11 au 17 avril 2005, le gouvernement du Punjab a pris récemment un certain nombre de décisions importantes pour renforcer la protection du bien, aussi bien pour les jardins de Shalimar que pour le fort.
En ce qui concerne les jardins de Shalimar, les actions décidées comprennent :
a) le détournement de la grande route principale et l’acquisition pour démolition ultérieure de 106 maisons afin de créer une large zone tampon respectivement sur les côtés sud et est des jardins de Shalimar ;
b) la consolidation et la conservation des restes de la citerne qui a été démolie en 1999 (événement qui avait contribué à la décision du Comité d’inscrire ce bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril) ; et
c) la réalisation d’importants travaux de drainage pour atténuer l’impact des eaux usées et salines sur les murs du périmètre.
Au fort de Lahore, les actions prévues comprennent :
a) la réalisation de travaux de conservation sur des bâtiments sélectionnés conformément à un schéma directeur qui doit être finalisé en octobre 2005 ;
b) la restriction aux piétons de la route sud d’Azuri Bagh et le déplacement du marché de Rim ; ainsi que
c) la fermeture de la grande route principale au trafic lourd pour alléger les pressions imposées au bien.
Des affectations financières substantielles ont apparemment été effectuées pour la réalisation des travaux ci-dessus. En réponse à une demande des autorités norvégiennes, le gouvernement du Punjab a de plus exprimé son intention d’affecter de manière permanente aux travaux de conservation du bien une part des recettes des droits d’entrée des deux monuments.
Il semblerait donc que le transfert de l’autorité de gestion du niveau fédéral au niveau provincial a déclenché un sentiment renouvelé de propriété et d’engagement de la part des autorités responsables à Lahore, avec des bénéfices tangibles immédiats pour la conservation du bien. Toutefois, comme le note l’ICOMOS, il subsiste certaines incertitudes quant aux implications générales du transfert de responsabilité du niveau fédéral au niveau provincial. En particulier, il n’apparaît pas clairement que les procédures existent pour que les autorités centrales de l’Etat partie garantissent que les normes appropriées de conservation soient appliquées par les institutions provinciales responsables de la gestion quotidienne du bien, et quelle est la procédure de désignation et de réglementation de l’utilisation des terrains dans les zones tampon. Cela doit être clarifié d’urgence par l’Etat partie, d’autant plus qu’il semble que la même approche puisse être adoptée pour d’autres biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, comme Taxila.