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La Parc National de Campo-Ma'an

Date de soumission : 02/02/2018
Critères: (vii)(viii)(ix)(x)
Catégorie : Naturel
Soumis par :
Ministère des Arts et de la Culture
État, province ou région :
Sud, Département : Océan
Coordonnées N2 10 - 2 45 et E9 50 - 10 48
Ref.: 6312
Avertissement

Les Listes indicatives des États parties sont publiées par le Centre du patrimoine mondial sur son site Internet et/ou dans les documents de travail afin de garantir la transparence et un accès aux informations et de faciliter l'harmonisation des Listes indicatives au niveau régional et sur le plan thématique.

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Les noms des biens figurent dans la langue dans laquelle les États parties les ont soumis.

Description

Situé à proximité de l’océan atlantique, le Parc National de Campo Ma’an (264 064 ha) est créé par arrêté n° 2000/004/PM du 06 janvier 2000. Il se trouve sur grand paysage dominé par deux principaux types de reliefs : la partie Nord couverte par les montagnes et quelques plateaux et la partie Sud couverte de collines et de petites vallées. L’altitude d’ensemble est inférieure à 200m. Le Parc appartient au domaine de la forêt dense humide guinéo-congolaise sempervirente qui garde sa verdure toute l’année. Une quinzaine d’associations végétales y sont représentées. Les plus caractéristiques sont :

  1. Forêts atlantiques biafrèene à Caesalpiniaceae occupant près de 65% de la superficie du Parc du Nord-Ouest au Sud-Est. Ces forêts n’ont presque pas été perturbées ;
  2. Forêts atlantiques biafrèene à Caesalpiniaceae encore abondantes, avec Calpocalyx heitzii et Sacoglottis gabonaises qui couvrent 10% de la superficie du Parc et s’étendent de l’île de Dipikar jusqu’aux monts Mamelle (périphérie Ouest du Parc) ;
  3. Forêts atlantiques biafréennes à Caesalpiniaceae avec Aucoumea klaineana se trouvent essentiellement à la périphérie Nord-Ouest du Parc au sein desquelles se retrouvent les agro-industries d’hévéa et de palmiers à huile ;
  4. Forêts atlantiques littorales à Caesalpiniaceae relativement rares, avec Calpocalyx heitzii et Sacoglottis gabonensis couvrent au plus 5% de la superficie du Parc et longent la côte de l’Ouest de l’île de Dipikar jusqu’à Ebodje ;
  5. Forêts mixtes, toujours vertes, atlantiques et semi-caducifoliées, avec prédominance d’éléments de forêts toujours vertes atlantiques couvrent environ 15% de la superficie du Parc partant de la zone Nord-Ouest jusqu’à la périphérie Sud-Ouest ;
  6. Forêts submontagnarde sont disséminées dans la partie Nord du Parc au Sud de l’arrondissement d’Akom II;
  7. Forêts dégradées sont disséminées essentiellement dans les zones agroindustrielles d’HEVECAM S.A. et SOCAPALM et le long de la bande côtière ;
  8. Forêts marécageuses et périodiquement inondées longent la rivière Ntem et la Lobé ;
Mangroves basses internes à petits Rhizophora racemosa et Pandanus satabiei se trouvent dans la zone de Campo.

Il est admis que cette zone a été le refuge des espèces d’Afrique Centrale pendant la dernière glaciation du quaternaire, d’où sa grande diversité faunistique et floristique. En effet, les inventaires réalisés jusqu'à ce jour donnent les indications suivantes : 1 500 espèces de plantes (114 endémiques), 80 grands et moyens mammifères, 390 invertébrées, 249 espèces de poissons, 112 reptiles, 80 amphibiens, 302 oiseaux. Avec cet important nombre d’oiseaux, cette zone est classée par Birdlife International comme ‘’Zone d’importance pour la conservation des oiseaux’’. On rencontre parmi les mammifères du site, certaines espèces de grande importance et parfois considérées comme menacées (23 sont sur la liste rouge de l’UICN) telles que le pangolin géant (Manis gigantea), l’éléphant d’Afrique (Loxodonta africana cyclotis), le gorille (Gorilla, gorilla), le léopard (Panthera pardus), le buffle (Synerus caffer nanus) et le mandrill (Madrillus sphinx).

Justification de la Valeur Universelle Exceptionnelle

Critère (vii) : Le Parc National de Campo-Ma ‘an représente un phénomène naturel ou des aires d’une beauté naturelle et d’une importance esthétique exceptionnelles par sa grande superficie et son grand espace végétal. En outre, il regorge les vestiges Allemand, suivie d’une plantation d’hévéa et les roches emblématique de Dipikar. On observe également les chutes d’eaux de Memve’ele, la grotte à buffle, la grotte à picatharte, la mangrove de Dipikar. 

Critère (viii) : Le parc National de Campo-Ma ‘an est un exemple éminemment représentatif des stades de l’histoire de la terre, y compris le témoignage de la vie, de processus géologique en cours dans le développement des formes terrestres ou d’éléments géo morphiques ou physiographique ayant une grande signification. Le parc a été témoin d’un refuge des plus espèces animaliers au dernier quartenaire pendant l’aire glacière.

Critère (ix) : Il est un exemple éminemment représentatif de processus écologiques et biologiques en cours dans l’évolution de développement des écosystèmes et communauté de plantes et d’animaux terrestres, aquatiques, côtiers et marins. Le parc présente une quinzaine d’associations végétales suivies de 1500 espèces de plantes et une grande diversité animales et biologiques.

Critère (x) : Il contient les habitats naturels les plus représentatifs et les plus importants pour la conservation in situ de la diversité biologique, y compris ceux où survivent des espèces menacées tel : les pangolins (Manis sp), l’éléphant d’Afrique (Loxodonta africana cyclotis), le gorille des plaines de l’Ouest (Gorilla, gorilla), le chimpanzé (Pan troglodytes). Toutes ces biodiversités ont une importance du point de vue de la science ou de la conservation.

Déclarations d’authenticité et/ou d’intégrité

En raison de son enclavement qui a longtemps limité les perturbations humaines, le site de Campo Ma’an est l’une des rares zones qui ait pu conserver son intégrité écologique. Avec sa zone périphérique, intégrée dans le plan aménagement, le site est suffisamment étendu pour assurer l’intégrité des espèces qu’il abrite. En effet, le parc est situé à l’intérieur d’une Unité Technique opérationnelle (UTO) qui est un ensemble de plantations industrielles, d’unités forestières d’aménagement, des projets structurants (complexe industrialo-portuaire de Kribi et le barrage hydroélectrique de Memve’ele et d’espaces à usage multiple géré de manière à intégrer la conservation et le développement. Par ailleurs, les limites du parc sont contiguës à celles de la réserve de Rio Campo en Guinée Equatoriale, dont le processus de création d’une binationale Rio-Campo-Ma ’an est en cours pour la sauvegarde de la biodiversité. Toutefois, il est impératif que de mesures fortes soient prises pour freiner le braconnage qui se développe progressivement et dont les principales causes sont la pauvreté, la difficulté (pour motif d’enclavement) d’écoulement des produits agricoles et la forte demande en viande de brousse des centres urbains.

Comparaison avec d’autres biens similaires

Le parc national de Campo-Ma ’an (PNCM) est assez représentatif du domaine de la forêt dense humide guinéo-congolaise toujours verte, contrairement à la Réserve de Faune du Dja (RFD) qui appartient au domaine Camerouno-congolais. En dépit de cette petite nuance, la richesse biologique de ces sites est comparable :

- 1500 espèces de plantes, pour les deux sites;
- 80 espèces de mammifères pour PNCM contre 109 pour la RFD
- 302 espèces d’oiseaux pour le PNCM contre 320 pour la RFD.

La différence la plus importante concerne les poissons avec 249 espèces pour le PNCM contre 62 pour la RFD. Cette richesse en poissons vient sans doute de sa proximité de l’océan l’atlantique. Il convient de mentionner que la superficie de la RFD (526 000 ha) est pratiquement le double de celle du PNCM (264 064 ha). Le PNCM et la réserve de Rio Campo en Guinée Equatoriale ont presque les mêmes caractéristiques, cependant, ce dernier n’est pas encore inscrit sur la Liste du patrimoine mondial.

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