Cette année, la Journée mondiale des oiseaux migrateurs est consacrée à la mise en lumière du problème de la pollution avec pour thème « Protéger les oiseaux : soyez la solution à la pollution plastique ».

Les déchets et la pollution sont nuisibles pour de nombreux sites du patrimoine mondial. L'augmentation du tourisme signifie que de plus en plus de gens laissent des déchets dans les endroits les plus emblématiques du monde. Les sites du patrimoine mondial sont des escales essentielles pour les oiseaux, de sorte que la conservation efficace de ces sites est cruciale pour la sauvegarde des oiseaux migrateurs à l'échelle mondiale. Nous devons donc apprendre à visiter les sites sans laisser de traces.

La pollution marine, en particulier, est également un problème sur de nombreux sites du patrimoine mondial, où des déchets, tels que les plastiques, se retrouvent sur les plages. Les oiseaux, tortues et mammifères marins s'emmêlent dans les déchets marins ou les confondent avec de la nourriture, ce qui entraîne des taux de mortalité élevés.

Plusieurs sites du patrimoine mondial qui sont des voies de migration pour les oiseaux migrateurs ont créé des programmes de nettoyage et de sensibilisation, qui servent de modèle pour résoudre la pollution plastique dans les aires protégées du monde entier.

Lors de la 43e session du Comité du patrimoine mondial, le Sanctuaire d’oiseaux migrateurs le long du littoral de la mer Jaune et du golfe de Bohai de Chine (phase I) (Chine) à été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial. Les zones intertidales de la mer Jaune, Golfe de Bohai sont d'importance mondiale pour le rassemblement de nombreuses espèces d'oiseaux migrateurs qui utilisent la voie de migration Asie orientale - Australie. Les grands rassemblements d'oiseaux, y compris certaines des espèces les plus menacées au monde, dépendent du littoral comme halte pour la mue, le repos, l'hiver ou la nidification.

Dans le Parc de la zone humide d’iSimangaliso (Afrique du Sud), qui fait partie de la voie de migration Afrique-Eurasie, il existe des programmes réguliers de nettoyage et de sensibilisation pour protéger les plages le long de ses 220 km de côtes.  Un programme de travaux publics, « Travailler pour la côte », nettoie régulièrement les déchets de la côte, entretient les installations pour les visiteurs et élimine la végétation exotique envahissante.

Bien qu'une partie du problème puisse être traitée au niveau local par le biais de nettoyages et d'autres initiatives, une partie essentielle de la solution pour réduire les déchets marins sur les sites du patrimoine mondial nécessitera une action stratégique mondiale. L'année dernière, des gestionnaires du patrimoine mondial marins et des experts en matière de déchets marins du monde entier se sont réunis sur l'île de Norderney dans la mer des Wadden (Danemark, Allemagne, Pays-Bas), également située sur la voie de migration Afrique-Eurasie, site du patrimoine mondial, pour discuter des impacts des déchets marins et des plastiques.

Il reste encore un long chemin à parcourir malgré ces progrès. Les écosystèmes et la biodiversité se détériorent plus rapidement que jamais dans l'histoire de l'humanité, ce qui compromet le bien-être et l'existence future de l'humanité. C'est le message alarmant que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a communiqué récemment dans son rapport spécial sur l'océan et la cryosphère dans un climat en évolution. Le rapport fournit une analyse complète des effets du changement climatique sur l'océan et les zones gelées de la Terre. Ce rapport indique clairement que l'océan est en grande difficulté et que nous devons prendre des mesures pour le régénérer.

Le nettoyage n'est qu'un début - nous devons aussi recycler et ne pas mettre de déchets dans nos sites irremplaçables du patrimoine mondial.

 
Mechtild Rössler
Directrice, Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO