Un rapport mondial publié il y a un mois montre que les écosystèmes et la biodiversité du monde se détériorent plus rapidement que jamais, mettant en péril le bien-être et l'avenir de l'humanité.

Le Rapport d'évaluation mondiale sur la biodiversité et les services écosystémiques, publié par la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) début mai, démontre clairement qu'à l'échelle globale, nous n'atteignons pas les objectifs que nous nous étions fixés dans le cadre des objectifs d'Aichi de la Convention sur la diversité biologique (CDB), afin de ralentir la diminution de la biodiversité.

C'est dans ce contexte que les Parties à la CDB négocient actuellement le futur cadre mondial pour la biodiversité, qui devrait être adopté lors de la 15ème Conférence des Parties (COP15) de la CDB qui se tiendra à Kunming (Chine) en novembre 2020. Après deux décennies au cours desquelles les objectifs fixés n'ont pas été atteints, il est clair que le statu quo n'est plus tenable si nous voulons sauver le tissu de la vie dont dépend notre avenir. En effet, le rapport de l'IPBES préconise une transformation radicale afin de lutter contre les facteurs de changement, notamment la conversion des terres, la surexploitation des ressources naturelles et le dérèglement climatique, ce qui exige des bouleversements au sein des systèmes financiers et économiques mondiaux pour bâtir une économie durable.

Du 10 au 12 juin, la Convention du patrimoine mondial, ainsi que les sept autres Conventions relatives à la biodiversité et les deux Conventions de Rio, ont participé à un atelier de consultation des Conventions relatives à la biodiversité sur le Cadre mondial pour la diversité biologique après 2020, tenu à Berne, en Suisse. Dans son allocution inaugurale, Martha Rojas-Urrego, Secrétaire générale de la Convention de Ramsar, a souligné que le cadre pour l'après-2020 représentait une occasion unique d'aborder la biodiversité de manière coopérative et complémentaire, qui reflète les priorités et les contributions de toutes les conventions. En tant que représentant du Centre du patrimoine mondial, Guy Debonnet a suggéré de mettre davantage en valeur le rôle de la culture dans la conservation de la biodiversité.

Dès le début, la Convention du patrimoine mondial a reconnu les liens étroits qu'entretiennent patrimoine naturel et patrimoine culturel. Le Centre du patrimoine mondial a également indiqué que le débat sur les aires protégées ne devrait pas seulement porter sur l'augmentation des zones terrestres et maritimes couvertes, mais aussi sur la manière d'accroître les investissements pour gérer les aires déjà protégées, y compris les sites du patrimoine mondial, afin d'améliorer leur état de conservation et d'optimiser leur efficacité dans la protection de la biodiversité.

Pendant trois jours, les participants ont échangé leur point de vue sur la façon dont les Conventions pouvaient contribuer davantage à l'élaboration du cadre mondial sur la biodiversité après 2020, afin de maximiser ses utilité et applicabilité générales en tant que cadre "mondial ". Ce qui ressortira de cet atelier alimentera les travaux du groupe de travail intersessions à composition non limitée, créé dans le cadre de la CDB pour élaborer le Cadre mondial sur la biodiversité après 2020, qui se réunira pour la première fois à Nairobi en août 2019.