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Etat de conservation (SOC)

Parc national de la Salonga (2008)

Etat de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril
Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : Première phase du programme financé par la Fondation des Nations Unies (FNU) et la Belgique pour la conservation des biens du patrimoine mondial en RDC ("Programme RDC") (2001-2005): environ 320 000 dollars EU. Phase actuelle: (2005-2008) financement limité de la FNU. 

Assistance internationale reçue pour le bien

Demandes approuvées : 0 (de1985-2000)
Montant total approuvé : 149 900USD

2000   Emergency assistance to World Natural Heritage of the democratic ...   5 400  USD
1999   Emergency support for Parc National de la Salonga   20 000  USD
1992   Review of the state of conservation of World Heritage sites in ...   3 750  USD
1990   Reinforcement of protection for Salonga National Park: ...   60 000  USD
1990   Training of 2 specialists each from Salonga and Virunga National ...   4 750  USD
1987   Financial contribution for the preparation of a technical ...   6 000  USD
1987   Additional costs of equipment for Salonga National Park   12 000  USD
1985   Equipment and financial contribution towards the development of a ...   28 000  USD
1985   18-month training for a specialist from Salonga National Park at ...   10 000  USD
Missions**

2007 : mission Centre du patrimoine mondial / UICN 

Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Conflit armé, insécurité, et instabilité politique;

b) Braconnage par des militaires et des groupes armés;

c) Conflits avec les communautés locales à propos des limites du parc;

d) Impact des villages situés sur le territoire du bien. 

Mesures Correctives

Les mesures correctives suivantes ont été identifiées par la mission Centre du patrimoine mondial / UICN de 2007 et adoptées par le Comité du patrimoine mondial lors de sa 31e session (Christchurch, 2007) :

a) Organiser d’urgence une opération mixte d’anti-braconnage entre l’autorité de gestion (ICCN) et l’armée congolaise (FARDC) en coopération avec la mission des Nations Unies (MONUC) dans les zones les plus menacées ;

b) Créer un mécanisme de concertation permanente entre les autorités politiques, administratives et militaires provinciales des quatre provinces concernées par le bien pour éliminer, de façon coordonnées, les activités illégales, notamment le grand braconnage, dans le parc ;

c) Mettre en œuvre la stratégie de lutte anti-braconnage développée récemment ;

d) Entamer un processus de résolution de conflit sur l’utilisation des ressources du Parc par un processus participatif ;

e) Concevoir et mettre en œuvre une stratégie pour minimiser et atténuer les impacts des villages situés dans le bien;

f) Dans le cadre de l’élaboration du plan d’aménagement du bien, créer un couloir écologique entre les deux secteurs du bien ;

g) Créer un fonds spécial pour la réhabilitation des biens du patrimoine mondial de la République démocratique du Congo (RDC). 

Problèmes de conservation actuels

Bien soumis au mécanisme de suivi renforcé depuis 2007 (31 COM 7A.32)

Le 1er février 2008, un rapport succinct sur l’état de conservation des cinq biens du patrimoine mondial en RDC a été soumis par l’État partie. Le rapport donne un bref aperçu des opérations de gestion en cours mais peu d’informations sur la mise en œuvre des mesures correctives. Il mentionne un rétablissement des populations d’éléphants, une plus grande visibilité des bonobos et des populations d’ongulées très abondantes, mais ne fournit pas de données précis sur la population de ces espèces. L’Etat partie signale, par ailleurs, un braconnage important du potamochère, de l’antilope-cheval, du crocodile et des primates mais ne donne pas de chiffres précis. Les autorités du parc ont aussi rapporté l’abattage de deux éléphants par des militaires au mois de décembre 2007. Les responsables de cet abattage auraient été traduits en justice grâce à une forte collaboration entre l’ICCN, le WWF et la police locale.

Depuis la mission de 2007, l’Etat partie, avec l’appui de ces partenaires, a commencé la mise en œuvre des mesures correctives. Ceci a été facilité par le démarrage du programme Ecosystèmes Forestiers d’Afrique Centrale (ECOFAC) financé par l’Union européenne qui appuie l’autorité de gestion ICCN pour la mise en place de la gestion du bien, le renforcement des capacités du personnel et la conservation communautaire. En outre, le parc a reçu un appui du Fonds du patrimoine mondial de 70,000 dollars EU pour un projet de sécurisation du bien et de ses environs à travers la lutte contre le braconnage armé commercial. Elle s’inspire très largement du projet « SOS éléphants » mis en œuvre, avec succès, dans la Réserve de faune à okapis.

Progrès relatifs à la mise en œuvre des mesures correctives :

a) Organiser d’urgence une opération mixte d’anti-braconnage entre l’autorité de gestion (ICCN) et l’armée congolaise (FARDC) en coopération avec la MONUC dans les zones les plus menacées

L’opération mixte a été planifiée dans le cadre du projet de sécurisation et a débuté en avril 2007 avec des activités d’investigations qui doivent permettre aux autorités du parc d’obtenir le maximum d’informations sur les filières de braconnages établies dans le bien. Une fois la ou les zone(s) occupée(s) par les braconniers armées identifiée(s), des accords seront passés avec les FARDC pour mener des opérations ciblées et ponctuelles. L’identification des membres des équipes mixtes (25 gardes ICCN et 25 FARDC) est en cours et des missions de reconnaissance ont déjà été organisées. Les autorités du parc ont aussi établi des contacts avec la MONUC afin d’échanger des informations et d’évaluer la possibilité d’une implication de la MONUC dans l’opération.

b) Créer un mécanisme de concertation permanente entre les autorités politiques, administratives et militaires provinciales des 4 provinces concernées par le bien pour éliminer, de façon coordonnées, les activités illégales, notamment le grand braconnage, dans le parc 

Avec l’appui de la MONUC, l’ICCN et ses partenaires de terrain ont pu organiser une importante mission de sensibilisation dans les provinces. Sous le haut patronage du ministre d’Etat à l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, une réunion tripartite sur la sécurisation du bien a été organisée du 14 au 16 avril 2008 dans la province du Bandundu avec la participation du ministre de l’Environnement et de la Conservation de la Nature ainsi que les gouverneurs de Bandundu, de l’Equateur et du Kasaï occidental. L’objectif de cette réunion tripartite était de mettre sur pied un cadre permanent de travail et de consultation pour la résolution immédiate des problèmes qui se posent dans le bien.

c) Mettre en œuvre la stratégie de lutte anti-braconnage développée récemment

La mise en œuvre de la stratégie de lutte anti-braconnage a débuté avec la mise en œuvre du projet de sécurisation.

d) Entamer un processus de résolution de conflit sur l’utilisation des ressources du Parc par un processus participatif

Selon les autorités du parc, les exactions dont sont victimes les populations locales de la part des braconniers ont peu à peu conduit celles-ci à se désolidariser de ces derniers et à appeler une intervention d’urgence pour ne plus être sous la coupe des braconniers. Cette nouvelle attitude des populations locales a ainsi permis aux autorités du parc de promouvoir la création de comités de concertation entre l’ICCN et les responsables locaux ainsi que d’autres plates-formes de résolutions des conflits. L’ICCN prévoit d’étendre le programme actuel d’éducation environnementale dans ces zones d’intervention axées sur les pratiques de gestion durable des ressources naturelles. On planifie également la promotion d’activités alternatives économiquement viables pour faire reculer les mauvaises pratiques d’utilisation des ressources naturelles.

e) Concevoir et mettre en œuvre une stratégie pour minimiser et atténuer les impacts des villages situés dans le bien

Aucun élément d’information n’a été fourni quant à l’état d’avancement de la mise en œuvre de cette mesure corrective.

f) Dans le cadre de l’élaboration du plan d’aménagement du bien, créer un couloir écologique entre les deux secteurs du bien

Aucun élément d’information n’a été fourni quant à l’état d’avancement de la mise en œuvre de cette mesure corrective.

g) Créer un fonds spécial pour la réhabilitation des biens du patrimoine mondial de la RDC

Un fonds fiduciaire pour les aires protégées en RDC est en cours de création et est présenté dans le rapport général sur l’état de conservation des biens de la RDC (document WHC-08/32.COM/7A, point 31). 

Conclusion
Décision
  • Adoptée

  • Projet de décision

32COM7A.31
Link to the decision

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-08/32.COM/7A,

2. Rappelant la décision 31 COM 7A.32, adoptée à sa 31e session (Christchurch, 2007),

3. Félicite l'État partie pour sa lutte contre le braconnage, mais exprime sa préoccupation quant aux menaces actuelles pour l'intégrité des biens ;

4. Réitère sa demande à l'État partie d'adopter une approche globale pour faire face aux dangers imminents qui pèsent sur les biens de la République démocratique du Congo (RDC), en se basant sur les mesures correctives adoptées par le Comité du patrimoine mondial ainsi que sur les recommandations des missions de suivi ;

5. Invite tous les États parties à la Convention à utiliser leurs contacts bilatéraux pour susciter l'intérêt de la communauté internationale et promouvoir la mise en oeuvre des recommandations du Comité du patrimoine mondial ;

6. Regrette que l'État partie ait reporté la réunion de haut niveau entre les autorités de la RDC, le Président du Comité du patrimoine mondial, le Directeur général de l'UNESCO, le Président de l'UICN, les bailleurs de fonds et les autres parties intéressées pour définir des stratégies visant à remédier à la détérioration persistante de l'état de conservation des cinq biens de la RDC inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril avant la 32e session du Comité du patrimoine mondial, et prie instamment l'État partie de fixer une date pour cette réunion le plus rapidement possible, en consultation avec avec le Bureau du Directeur général de l'UNESCO, le Président du Comité du patrimoine mondial et le Bureau du Président de l'UICN ;

7. Se félicite de l'engagement de la Fondation des Nations Unies, du Fonds du patrimoine mondial africain et des Etats parties italien et belge à soutenir les activités de restauration de la valeur universelle exceptionnelle des cinq biens ;

8. Note avec satisfaction les progrès accomplis en vue de la création d'un fonds-en-dépôt pour les biens de la RDC ;

9. Décide de continuer à appliquer le mécanisme de suivi renforcé aux cinq biens de la République démocratique du Congo.

32COM7A.7
Link to the decision

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-08/32.COM/7A,

2. Rappelant la décision 31 COM 7A.7, adoptée à sa 31e session (Christchurch, 2007),

3. Note avec inquiétude les rapports faisant état d'une poursuite du braconnage, notamment le braconnage d'éléphants, par des militaires ;

4. Exprime sa satisfaction que l'État partie ait commencé la mise en oeuvre de certaines mesures correctives établies par le Comité du patrimoine mondial à sa 31e session (Christchurch, 2007), notamment le démarrage, avec l'appui du Fonds du patrimoine mondial, d'une opération mixte de lutte contre le braconnage ;

5. Demande à l'État partie, en collaboration avec l'ICCN, organe de gestion des aires protégées, de poursuivre d'urgence la mise en oeuvre des mesures correctives, et de proposer un calendrier pour leur mise en oeuvre ;

6. Réitère sa demande à l'État partie, en concertation avec le Centre du patrimoine mondial et l'UICN, de développer un projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle, incluant les conditions d'intégrité ainsi qu'une proposition d'Etat de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session, en 2009 ;

7. Demande également à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2009, un rapport détaillé sur l'état de conservation du bien et les progrès réalisés dans la mise en oeuvre de tous les mesures correctives avec un proposition de calendrier pour leur mise en oeuvre, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session en 2009 ;

8. Décide de continuer d'appliquer au bien le mécanisme de suivi renforcé ;

9. Décide également de maintenir le Parc national de la Salonga (République démocratique du Congo) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Projet de décision : 32 COM 7A.7

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-08/32.COM/7A,

2. Rappelant la décision 31 COM 7A.7, adoptée à sa 31e session (Christchurch, 2007),

3. Note avec inquiétude les rapports faisant état d’une poursuite du braconnage, notamment le braconnage d’éléphants, par des militaires;

4. Exprime sa satisfaction que l’Etat partie ait commencé la mise en œuvre de certaines mesures correctives établies par le Comité du patrimoine mondial à sa 31e session (Christchurch, 2007), notamment le démarrage, avec l’appui du Fonds du patrimoine mondial, d’une opération mixte anti-braconnage;

5. Demande à l’État partie, en collaboration avec l’ICCN, organe de gestion des aires protégées, de poursuivre d’urgence la mise en œuvre des mesures correctives, et de proposer un calendrier pour leur mise en œuvre ;

6. Réitère sa demande à l’État partie, en concertation avec le Centre du patrimoine mondial et l’UICN, de développer un projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle, incluant les conditions d’intégrité ainsi qu’une proposition d’Etat de conservation souhaitée en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session en 2009 ;

7. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2009, un rapport détaillé sur l’état de conservation du bien et les progrès réalisés dans la mise en œuvre de tous les mesures correctives avec une proposition de calendrier pour leur mise en œuvre, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session en 2009 ;

8. Décide de continuer d’appliquer le Mécanisme de suivi renforcé pour le bien ;

9. Décide également de maintenir le Parc national de Salonga (République démocratique du Congo) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Parc national de la Salonga
Etat Partie :
République démocratique du Congo
Date d'inscription : 1984
Fiches d'inscriptions (année) : 1983
Catégorie : Naturel
Critères : (vii)(ix)
Liste en péril : Oui
Exports
Fichier Word
Rapports SOC (année)
2012
2011
2010
2009
2008
2007
2006
2005
2004
Menaces*
  • Chasse, récolte et ramassage traditionnels
  • Activités illégales
  • Guerre
  • Troubles civils
  • Autres menaces :
Inscriptions sur la Liste en péril
Année: 1999
Menaces sur le bien :

Le Parc national de la Salonga était le seul des 5 sites de la République démocratique du Congo qui n'était pas encore inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Du fait de sa situation au centre du pays, il était moins affecté par les conflits armés en cours.

Le braconnage, l'installation d'habitations portent pourtant atteinte à l'intégrité du site et son inscription permettra à la Salonga de profiter - comme les quatre autres sites de ce pays - du projet de l'UNESCO, financé en grande partie par la Fondation des Nations Unies, visant à fournir une assistance - d'un montant de 4,1 millions de dollars - en matière notamment de formation et d'équipement du personnel, ainsi que de protection de la biodiversité.

 



* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.