Le 24 mars 2011, l’Etat partie a soumis un rapport concis sur l’état de conservation du bien, fournissant des informations limitées sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre des mesures correctives et contenant peu de nouvelles informations par rapport aux précédents rapports :
a) Organisation d’une opération mixte anti-braconnage de grande envergure entre l’autorité de gestion ICCN (Institut Congolais pour la Conservation de la Nature) et les Forces Armées Congolaises (FARDC) dans les zones les plus menacées
L’État partie signale qu’une unité mobile d’intervention a été créée par l’autorité de gestion du parc, l’ICCN, en juillet 2009, composée de 25 gardes choisis sur la base de leur intégrité et de leur efficacité. Cette unité a reçu une formations spécialisée en 2010 et est désormais opérationnelle. Les activités de surveillance, les vivres des patrouilles et les primes des gardes continuent d’être couverts par le programme ECOFAC IV financé par l’Union européenne. Vingt anciens braconniers issus des quatre communautés locales ont aussi été incorporés à l’unité des gardes du parc.
Le rapport mentionne aussi qu’à la fin de 2010, une mission conjointe a été organisée par les FARDC et la police nationale afin d’évaluer la situation de sécurité et d’enquêter sur le problème du braconnage dans le parc. Selon le rapport, cette procédure devrait déboucher sur une coopération renforcée entre les FARDC et la police pour résoudre le problème du braconnage. Le rapport note également que 7 braconneurs notoires, qui avaient été arrêtés par les autorités du parc, ont été condamnés et emprisonnés après un procès, ce qui a permis de sensibiliser les communautés locales à ce sujet.
Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent que le rapport ne fournit pas d’informations sur l’opération de sécurité de grande envergure destinée à combattre le braconnage armé, qui avait été annoncée en 2009. Toutefois, le Centre du patrimoine mondial a reçu le rapport final sur le financement assuré par le Fonds du patrimoine mondial, demandé à la 34e session. La subvention non dépensée a été retournée au Fonds. Le rapport confirme que cette opération de sécurité n’a pas encore été entreprise en raison du manque de consultation au niveau du site. Les financements ont été consacrés à la préparation d’une stratégie et d’une feuille de route anti-braconnage, à la formation du personnel de l’ICCN, à l’achat de matériels et à l’organisation de campagnes de sensibilisation. La feuille de route proposée pour combattre le braconnage à l’intérieur du bien a reçu le soutien des communautés locales et des gouverneurs régionaux, mais n’a pas encore été mise en œuvre en raison du manque de financement.
b) Etablir une concertation permanente entre les autorités politiques, administratives et militaires provinciales des quatre provinces concernées par le bien pour éliminer, de façon coordonnée, les activités illégales, notamment le braconnage de grande envergure, dans le parc
Le rapport note que la Conférence des gouverneurs, une structure de suivi tripartite créée en 2008 avec la participation des quatre autorités provinciales concernées, de l’armée et de l’ICCN, l’organe de gestion des aires protégées chargé surveiller et évaluer le plan de lutte contre le braconnage, est toujours sur pied mais a besoin d’être relancée. Une nouvelle réunion de la Conférence est prévue dans la première moitié de 2011. Le rapport note que l’autorité de protection de la zone continue d’entretenir des contacts bilatéraux avec chacun des gouverneurs. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN rappellent la nécessité d’assurer une coopération étroite entre les autorités politiques, administratives et militaires provinciales des quatre provinces afin de combattre les prélèvements illégaux de ressources naturelles, en particulier le braconnage.
c) Mettre en œuvre la stratégie de lutte anti-braconnage récemment développée
Le rapport de l’Etat partie précise que le programme de formation des gardes du parc, développé conjointement avec l’International Fund for Animal Welfare (IFAW), a permis de former 60 gardes. Cette formation a été réalisée par trois instructeurs de l’IFAW et deux instructeurs de l’armée. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent que le rapport ne fournit pas d’informations sur la mise en œuvre de la stratégie anti-braconnage qui a été élaborée en 2007.
d) Entamer un processus de résolution de conflit sur l’utilisation des ressources du parc par un processus participatif
Comme le mentionne le rapport de l’année dernière, l’État partie indique que les activités participatives de délimitation et de démarcation se poursuivent et que le processus d’établissement des structures participatives est en cours. Le rapport indique que les négociations de déménagement consenti de certaines communautés situées dans le bien sont en cours, mais que les financements doivent encore être identifiés pour couvrir les frais de réinstallation.
Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent qu’aucune information n’a été fournie sur le contenu de l’accord en cours de négociation entre le parc et les communautés locales, comme le demandait la décision 34 COM 7A.7.
e) Élaborer et appliquer une stratégie pour minimiser et atténuer l’impact des villages dans le parc
L’Etat partie réitère les informations incluses dans le rapport précédant selon lesquelles l’État partie précise que cette stratégie a été élaborée et intégrée dans le plan stratégique triennal 2009-2011 pour le bien. Les fonds nécessaires pour sa mise en oeuvre font défaut, cepandant elle est prévue grâce au financement de l’Union Européenne et grâce à l’action du Réseau des Aires protégées de l’Afrique centrale (RAPAC).
Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent que la stratégie n’a pas été soumise au Centre du patrimoine mondial en dépit de la demande spécifique formulée dans la décision 34 COM 7A.7.
f) Relier, dans le cadre d’un plan d’aménagement du parc, les deux blocs du bien
Le rapport indique que la préparation du plan de gestion général est bien avancée et devrait être finalisée d’ici la fin du premier semestre 2011. Le plan de gestion général prévoit la création d’un couloir, en accord avec les communautés locales. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent qu’aucune information n’est communiquée sur les résultats des consultations avec les communautés locales, ni sur les études préliminaires ni sur l’étude de faisabilité, détaillée qui étaient mentionnées dans les rapports de l’État partie de 2009 et 2010.
g) Mettre en place un fonds fiduciaire pour la réhabilitation des biens du patrimoine mondial de la République démocratique du Congo (RDC)
La mise en place d’un fonds fiduciaire pour les zones protégées de la RDC se poursuit : les caractéristiques du fonds ont été définies par un groupe d’experts et discutées en janvier 2011 entre les parties prenantes concernées et un facilitateur. Le rapport considère la possibilité de créer une fondation dans le cadre des lois de la RDC, mais confirme qu’il est préférable de créer le Fonds aux Royaume-Uni. En outre, il a été décidé d’orienter l’objectif de la fondation sur le financement de « zones opérationnelles protégées auxquelles la stratégie de conservation nationale accorde la priorité ». Les biens du patrimoine mondial relèvent de ces critères. Le rapport final sera revu par le comité de pilotage en mai 2011 pour approbation, de même qu’un plan de travail et son budget pour les 12 mois à venir. Il est prévu que la fondation soit créée en juin 2012.