Le 12 février 2010, un rapport sur l’état de conservation du fort de Bahla et son oasis a été soumis par l’État partie. Le rapport met en avant les progrès accomplis dans l’élaboration du plan de gestion et le cadre institutionnel du bien ainsi que l’avancement des travaux de restauration en cours sur diverses parties du bien. Le rapport évoque également l’avancement du projet de réhabilitation du souq et l’amélioration des compétences traditionnelles de l’architecture de terre.
Du 18 au 23 décembre 2009, une mission de suivi conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM s’est rendu sur le site, comme demandé par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session (Séville, 2009).
a) Plan de gestion
Le rapport de l’État partie indique qu’un premier plan de gestion a été élaboré pour le bien entre 2003 et 2005. Il indique également, toutefois, que seule une partie du plan de gestion de 2005 a été adoptée par le Ministère du patrimoine et de la culture : la partie qui a trait aux politiques de sauvegarde et de mise en valeur du bien.
La mission de suivi réactif a constaté que le plan de gestion était toujours en cours d’achèvement. La mission a rencontré les consultants chargés du travail et s’est vu remettre un projet du plan actualisé, devant encore être officiellement avalisé par l’État partie. L’Etat partie a assuré à la mission que le plan de gestion allait rapidement être adopté, probablement sous la forme d’un décret royal.
b) Développement institutionnel
L’État partie indique qu’un nouveau bureau régional du Ministère du patrimoine et de la culture a été mis en place dans la région de Dhakhiliya, responsable du Fort de Bahla. Un bureau local a également été ouvert à Bahla et du personnel supplémentaire nommé. Ces nouveaux bureaux ont favorisé l’implication de la communauté locale sur le site. En outre, des réglementations en matière de construction ont également été adoptées.
c) Proposition de projet pour la restauration et la réhabilitation du souq
La proposition de projet initiale pour la réhabilitation du souq a été examinée par l’ICOMOS en 2009 et un certain nombre de modifications majeures a été demandé. L’État partie informe qu’en conséquence un architecte expert de l’ICOMOS a été nommé pour travailler avec les consultants du projet sur une proposition actualisée. L’État partie précise qu’il ne prendra aucune autre mesure tant que la proposition n’est pas approuvée par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives.
La mission a eu la possibilité d’examiner les progrès accomplis concernant le nouveau concept pour le souq et a trouvé que le projet tenait compte des inquiétudes émises par l’ICOMOS. La mission a également constaté le mauvais état de conservation de certains des édifices en terre dans le souq, essentiellement dû aux inondations et que le réseau d’évacuation des eaux a considérablement besoin d’être amélioré pour limiter les risques d’inondation.
d) Améliorations du savoir-faire constructif sur l’architecture de terre
L’État partie indique qu’afin de mettre en pratique les techniques traditionnelles de l’architecture de terre, une nouvelle source durable du matériau de base devait être identifiée. Celle-ci a été trouvée et le Ministère du patrimoine et de la culture a mis en place une unité de production centralisée pour fabriquer des briques en terre pour le bien.
La mission a constaté que, bien que la création de cette nouvelle unité de production soit une étape positive, il demeurait encore quelques inquiétudes quant à la nécessité d’une recherche appropriée et d’orientations sur l’utilisation des bons matériaux et mélanges pour les briques de terre. Cette recherche débouchera sur une amélioration de la qualité des briques et, par conséquent, la diminution des problèmes de conservation.
e) Autres points
La mission a noté que les limites actuellement définies pouvaient ne pas apporter une protection adéquate. Elle a par conséquent recommandé qu’une étude soit effectuée dans l’optique d’élargir la zone protégée et d’instaurer une zone tampon.
Un autre point examiné par la mission a porté sur le système d’irrigation falaj, le réseau d’adduction d’eau qui est une composante importante de l’oasis. La mission a recommandé que des travaux de conservation soient effectués sur certaines parties du réseau.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ont le sentiment que l’achèvement d’un plan de gestion actualisé constituerait une réalisation importante pour la création d’un système de gestion approprié pour le bien. Reste toutefois en suspend l’adoption totale et le plus rapidement possible du plan définitif par l’État partie, comme demandé précédemment par le Comité du patrimoine mondial.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ont le sentiment que la consolidation du cadre institutionnel et l’implication de la communauté locale du fort devraient être considérées comme des mesures particulièrement positives pour la durabilité à long terme du bien.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives sont satisfaits des mesures prises par l’État partie pour améliorer le projet du souq et examineront la nouvelle proposition dès qu’elle sera complétée par l’État partie et soumise au Centre du patrimoine mondial.