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Brasilia

Brésil
Facteurs affectant le bien en 2017*
  • Habitat
  • Système de gestion/plan de gestion
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Pression urbaine susceptible d’incidence sur le plan d’urbanisme original (Plano Piloto) qui avait justifié l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial
  • Absence de plan directeur 
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2017
Demandes approuvées : 2 (de 1997-2000)
Montant total approuvé : 42 000 dollars E.U.
2000 Organisation of the sixth DOCOMOMO International ... (Approuvé)   12 000 dollars E.U.
1997 Symposium on the Preservation of Contemporary Heritage: ... (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2017**

Novembre 2001 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; mars 2012 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2017

Le 1er décembre 2016, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, qui est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/445/documents et présente les informations suivantes :

  • Un groupe de travail de l’Agence du district fédéral pour l’aménagement du territoire et l’habitat (SEGETH) a relancé le processus de préparation du Plan de préservation du milieu urbain de Brasilia (PPCUB) en janvier 2016 et a établi un plan de travail et une méthodologie. Ce dispositif est actuellement mis en place en collaboration avec le Conseil du district fédéral pour la préservation et l’aménagement du territoire (CCPPTM/DF) qui inclut la société civile. Il est convenu de présenter la troisième version du projet de loi du PPCUB devant le pouvoir législatif au cours de 2017 ;
  • En mars 2015, un accord de soutien technique a été signé entre la SEGETH et l’Institut du patrimoine historique et artistique national (IPHAN) afin de créer un groupe de soutien technique et a établi un calendrier partagé pour la gestion de l’ensemble urbain. En juin 2016, deux autres agences fédérales – l’une chargée de la culture (SeCult) et l’autre de la fiscalisation (AGEFIS) – ont souscrit à l’accord. À ce jour, le groupe de soutien technique a tenu 57 réunions pour traiter de questions telles que le drainage urbain, les aménagements des terres dans le secteur des ambassades, les directives pour les kiosques commerciaux dans les lieux publics, la rénovation/restauration de la gare routière centrale (Rodoviária do Plano Piloto), l’application de l’ordonnance n° 314/92 de l’IPHAN et les modifications d’accès routier (Eixo Rodoviário Norte) ;
  • Suite aux consultations avec le groupe de soutien technique, les architectes et les urbanistes, l’IPHAN a publié l’ordonnance n°166/2016 (datée du 11 mai 2016 et jointe au rapport de l’État partie en portugais et en anglais). Cette ordonnance vient en complément de la précédente ordonnance 314/1992 et organise l’aire du patrimoine mondial de Brasilia en deux zones protégées (A et B) en fonction de leur importance historique et urbaine. Elle définit des critères rigoureux pour le Plano Piloto et ses quatre zones de préservation (Zone A) et des paramètres spécifiques ainsi que des degrés de préservation pour les trois autres zones de préservation (Zone B).

Parmi les autres mesures de conservation du bien, l’État partie se réfère à l’ordonnance 184 de l’IPHAN sur les conditions applicables aux structures temporaires qui se trouvent sur l’Esplanada dos Ministérios, Praça dos Três Poderes et alentours, la déclaration de 23 structures individuelles d’Oscar Niemeyer en tant que monuments nationaux, les initiatives du groupe de soutien technique destinées à engager les habitants des superquadras dans la préservation du patrimoine culturel et les problèmes d’habitat et d’espaces commerciaux, ainsi que l’adoption d’une politique d’éducation au patrimoine par l’Agence du district fédéral pour l’Éducation.

Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2017

Le rapport de l’État partie fournit des données limitées concernant la préparation du PPCUB et l’accord de coopération entre les deux institutions (IPHAN et SEGETH). Toutefois, une analyse du texte de l’accord de coopération confirme que les objectifs et les modes de fonctionnement de l’accord sont clairement énoncés. Le fait qu’à ce jour plus de 50 réunions de travail du groupe de soutien technique aient eu lieu démontre que le groupe est opérationnel et constitue un mécanisme approprié à la coopération et la coordination. Il convient de noter cependant que la durée de l’accord est de 48 mois. Il faudrait recommander qu’après cette période, le caractère effectif de l’accord soit évalué et qu’un mécanisme de coopération à long terme soit mis en place.

Quant à la troisième version du PPCUB, l’État partie informe qu’elle sera achevée en 2017. Il est recommandé que le Comité demande à l’État partie de soumettre ce document dès qu’il sera à la disposition du Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives.

L’ordonnance 166/2016 de l’IPHAN qui vient en complément de l’ordonnance 314/1992 est un document important dans le processus de préservation de l’ensemble urbain de Brasilia. Le document technique qui accompagne l’ordonnance rappelle les origines du Plano Piloto et son évolution au fil du temps, et les efforts déployés afin de préserver sa Valeur universelle exceptionnelle (VUE) à travers une législation spécifique promulguée par le Gouvernement du district fédéral (GDF) et l’IPHAN. Le document souligne le fait que la dynamique et la croissance rapide de la ville exigent de nouvelles approches, de nouveaux instruments et de nouvelles pratiques de gestion.

La législation fédérale se compose désormais de l’ordonnance 314/1992 (à laquelle se rattachent les recommandations et l’étude de Lucio Costa : Brasilia revisitée 1985/1987 Complémentarité, préservation, densification et expansion urbaine) qui est maintenant complétée par la disposition 166/2016. Celle-ci définit deux principales zones protégées (A et B) et un certain nombre de zones de préservation pour lesquelles ont été établies des normes spécifiques concernant, entre autres, l’usage, l’occupation et la hauteur du bâti. La Zone A comprend le Plano Piloto lui-même et les terrains jusqu’au bord du lac, ce qui fait ressortir la relation intime entre la ville et le lac avec son paysage alentour.

Les dispositions finales de la règle 166/2016 stipulent que les interventions dans l’ensemble urbain de Brasilia doivent être soumises à l’analyse et l’approbation du Gouvernement du district fédéral et que l’approbation de l’IPHAN ne sera obligatoire que dans des cas particuliers. Il convient de noter que l’ordonnance ne définit pas les mécanismes propres à la mise en œuvre de ces dispositions. Une coopération et une coordination effectives entre les deux organismes à travers le groupe de soutien technique et les autres mécanismes est jugée indispensable, tout comme l’alignement entre les ordonnances et le PPCUB.

L’évaluation technique de l’ordonnance par l’ICOMOS conclut qu’un résultat important a été obtenu mais elle signale qu’un grand nombre d’organisations civiques et autres ont signé en mai 2016 un manifeste qui exprime de très sérieuses préoccupations quant aux implications de la norme sur les modifications  de l’usage et la hauteur, l’utilisation et les fonctions des zones résidentielles et les entrequadras, notamment le concept originel de l’utilisation et des fonctions des rives du lac Paranoá. De ce fait, il serait souhaitable de tenir un débat public autour de l’ordonnance 166/2016 avec la participation de la population et des organisations civiles, ce qui devrait conduire éventuellement à l’examen de ce texte afin de clarifier toute imprécision et contradiction avec les précédentes dispositions et renforcer l’intégrité et la préservation du bien.

La même évaluation montre que l’ordonnance 184 devrait être plus restrictive et autoriser uniquement des usages temporaires de l’Esplanade associés à ses valeurs symboliques tout en continuant à minimiser la durée et les dimensions des installations et des structures provisoires.

Décisions adoptées par le Comité en 2017
41 COM 7B.58
Brasilia (Brésil) (C 445)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/17/41.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 39 COM 7B.88, adoptée à sa 39e session (Bonn, 2015),
  3. Salue les progrès accomplis au niveau de l’établissement de mécanismes institutionnels pour la coopération et la coordination entre l’Institut du patrimoine historique et artistique national (IPHAN) et l’Agence du district fédéral pour l’aménagement du territoire et l’habitat (SEGETH), et les autres parties prenantes, et le fait qu’un groupe mixte de soutien technique soit opérationnel depuis 2015 ; et recommande d’évaluer le caractère effectif de cet accord après la période initiale de trois ans afin d’instaurer des mécanismes à long terme en matière de coopération et de coordination institutionnelle ;
  4. Apprécie l’ordonnance 166/2016 de l’IPHAN en complément de l’ordonnance 314/1992 qui établit des aires et des zones protégées pour le site du patrimoine mondial et définit des critères relatifs aux fonctions, à la densité, la hauteur du bâti et les espaces à ciel ouvert ; note cependant qu’un certain nombre d’organisations civiles et professionnelles ont exprimé de vives préoccupations quant à son impact et à ses conséquences sur les valeurs et les attributs du bien et recommande donc également que l’État partie lance un débat ouvert sur de ces questions et revoit finalement l’ordonnance afin de la renforcer en tant qu’instrument de préservation et d’amélioration de la VUE de l’ensemble urbain de Brasilia ;
  5. Se déclare également satisfait de l’ordonnance 184 de l’IPHAN qui fixe les conditions d’utilisation et l’établissement de structures temporaires sur l’Esplanada dos Ministérios, Praça dos Três Poderes et alentour, et recommande en outre que l’État partie envisage d’appliquer des règlementations encore plus restrictives à cet égard ;
  6. Note également que le processus d’élaboration du Plan de préservation du milieu urbain de Brasilia (PPCUB) a été relancé et qu’un troisième projet sera finalisé courant 2017 et demande à l’État partie de soumettre le projet final du PPCUB dès qu’il sera à la disposition du Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives ;
  7. Demande également à l’État partie de fournir au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2018, un rapport sur :
    1. l’alignement et l’interaction des ordonnances 166/2016, 314/1992 de l’IPHAN et du PPCUB,
    2. l’évaluation de l’efficacité de l’accord de soutien technique et du groupe de soutien technique en tant que mécanismes de coopération et de coordination institutionnelles,
    3. les dispositions relatives à l’examen et l’approbation des interventions dans l’ensemble urbain de Brasilia telles que définies au Titre IV de l’ordonnance 166/2016 de l’IPHAN et du PPCUB ;
  8. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2018, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés pour une évaluation par les Organisations consultatives, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 43e session en 2019.
Projet de décision : 41 COM 7B.58

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/17/41.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 39 COM 7B.88, adoptée à sa 39e session (Bonn, 2015),
  3. Salue les progrès accomplis au niveau de l’établissement de mécanismes institutionnels pour la coopération et la coordination entre l’Institut du patrimoine historique et artistique national (IPHAN) et l’Agence du district fédéral pour l’aménagement du territoire et l’habitat (SEGETH), et les autres parties prenantes, et le fait qu’un groupe mixte de soutien technique soit opérationnel depuis 2015 ; et recommande d’évaluer le caractère effectif de cet accord après la période initiale de trois ans afin d’instaurer des mécanismes à long terme en matière de coopération et de coordination institutionnelle ;
  4. Apprécie l’ordonnance 166/2016 de l’IPHAN en complément de l’ordonnance 314/1992 qui établit des aires et des zones protégées pour le site du patrimoine mondial et définit des critères relatifs aux fonctions, à la densité, la hauteur du bâti et les espaces à ciel ouvert ; note cependant qu’un certain nombre d’organisations civiles et professionnelles ont exprimé de vives préoccupations quant à son impact et à ses conséquences sur les valeurs et les attributs du bien et recommande donc également que l’État partie lance un débat ouvert sur de ces questions et revoit finalement l’ordonnance afin de la renforcer en tant qu’instrument de préservation et d’amélioration de la VUE de l’ensemble urbain de Brasilia ;
  5. Se déclare également satisfait de l’ordonnance 184 de l’IPHAN qui fixe les conditions d’utilisation et l’établissement de structures temporaires sur l’Esplanada dos Ministérios, Praça dos Três Poderes et alentour, et recommande en outre que l’État partie envisage d’appliquer des règlementations encore plus restrictives à cet égard ;
  6. Note également que le processus d’élaboration du Plan de préservation du milieu urbain de Brasilia (PPCUB) a été relancé et qu’un troisième projet sera finalisé courant 2017 et demande à l’État partie de soumettre le projet final du PPCUB dès qu’il sera à la disposition du Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives ;
  7. Demande également à l’État partie de fournir au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2018, un rapport sur :
    1. l’alignement et l’interaction des ordonnances 166/2016, 314/1992 de l’IPHAN et du PPCUB,
    2. l’évaluation de l’efficacité de l’accord de soutien technique et du groupe de soutien technique en tant que mécanismes de coopération et de coordination institutionnelles,
    3. les dispositions relatives à l’examen et l’approbation des interventions dans l’ensemble urbain de Brasilia telles que définies au Titre IV de l’ordonnance 166/2016 de l’IPHAN et du PPCUB ;
  8. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2018, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés pour une évaluation par les Organisations consultatives, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 43e session en 2019.
Année du rapport : 2017
Brésil
Date d'inscription : 1987
Catégorie : Culturel
Critères : (i)(iv)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2016) .pdf
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* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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