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Axoum

Brève description

Près de la frontière nord de l'Éthiopie, les ruines de la ville ancienne d'Axoum marquent l'emplacement du cœur de l'Éthiopie antique, lorsque le royaume d'Axoum était l'État le plus puissant entre l'Empire romain d'Orient et la Perse. Les ruines massives, qui datent du Ier au XIIIe siècle, comprennent des obélisques monolithiques, des stèles géantes, des tombes royales et les ruines de châteaux anciens. Longtemps après son déclin politique vers le Xe siècle, les empereurs d'Éthiopie vinrent se faire couronner dans cette ville.

Description longue

Les ruines de la ville antique d'Axoum se trouvent près de la frontière septentrionale de l'Éthiopie, dont elles étaient autrefois le centre, lorsque le royaume d'Axoum était le plus puissant État entre l'Empire romain d'Orient et la Perse. Ses ruines imposantes, datées entre le Ier et le XIIIe siècle, comportent des obélisques monolithes, des stèles gigantesques, des tombes royales et les vestiges d'anciennes forteresses. Bien après le déclin politique du royaume, au Xe siècle, les empereurs éthiopiens étaient encore couronnés à Axoum.

[U21] Dès le IIe millénaire, et jusqu'au IVe siècle de notre ère, l'Éthiopie est demeurée une zone d'immigration. Les nouveaux arrivants provenaient pour la plupart d'une région de l'ouest du Yémen, associée à la culture sabéenne : les conditions d'existence dans leurs contrées d'origine étaient probablement si dures que leur seul moyen d'y échapper était de prendre la route directe qui menait de la mer Rouge à l'Érythrée. Dans le courant du IVe siècle, Axoum était déjà à l'apogée de son développement territorial, et son royaume englobait la plus grande partie du Yémen du Sud.

La ville d'Axoum est née plusieurs siècles avant la naissance du Christ, comme capitale d'un État qui commerçait avec la Grèce, l'Égypte et l'Asie. Avec sa flotte atteignant Ceylan, Axoum devint plus tard le principal pouvoir entre l'Empire romain et la Perse et contrôla un temps différentes parties de l'Arabie du Sud. Le nom d'Axoum apparaît pour la première fois au Ier siècle apr. J.-C., dans le Périple de la Mer érythréenne. De fait, la ville, considérée comme le cœur de l'ancienne Éthiopie, donna son nom au royaume qui s'étendit alors à toute cette zone. Les ruines du site s'étendent sur une aire très vaste : de gigantesques stèles en forme d'obélisques, d'une hauteur impressionnante, une énorme table de pierre, des colonnes brisées et des tombes royales qui portent gravées les légendes et les traditions d'Axoum ; les ruines de trois châteaux du Ier siècle apr. J.-C. se trouvent dans la partie ouest de la ville.

Les plus anciens témoignages suggèrent que c'est d'Axoum que Makeda, la mythique reine de Saba, partit pour visiter le roi Salomon à Jérusalem. Un fils naquit de leur union : Ménélik Ier, élevé en Éthiopie, fit le voyage de Jérusalem dans sa jeunesse et y demeura plusieurs années avant de revenir dans son pays avec l'arche d'alliance. Cette arche, selon les croyances égyptiennes, est demeurée à Axoum depuis cette date ; elle est conservée dans une annexe de l'église Sainte-Marie-de-Sion.

Outre la vieille église Sainte-Marie-de-Sion, nombre d'édifices d'Axoum remontent aux périodes préchrétienne et chrétienne. Parmi eux, une série d'inscriptions sur tablettes de pierre présentent une importance considérable pour les historiens du monde antique : outre un texte trilingue en grec, sabéen (la langue du sud de l'Arabie) et ge'ez (l'éthiopien classique), commandité par le roi Ezana au IVe siècle apr. J.-C., ce sont des obélisques et des stèles dont certaines remontent à trois millénaires. L'obélisque conservé in situ, haut de 23 m, présente un beau décor gravé figurant un édifice de neuf étages, sur le modèle des maisons-tours du sud de l'Arabie.

La culture d'Axoum a été très influencée par celle du sud de l'Arabie : on parlait à Axoum le ge'ez, une version modifiée de la langue de cette région, mêlée d'éléments grecs, et, peut-être, des langues cushites qui étaient déjà présentes dans ce secteur ; de même, son patrimoine architectural provient de cette région, et certains monuments d'Axoum combinent différentes divinités du Moyen-Orient.

Depuis sa capitale sur le plateau de Tigray, Axoum contrôlait le commerce de l'ivoire avec le Soudan. Le royaume dominait aussi la voie commerciale menant vers le sud et le port d'Adulis sur le golfe de Zola. Son succès reposait sur le savoir technique, sur la production de monnaies, sur un fort mouvement d'immigration de marchands gréco-romains et sur le trafic maritime qui transitait par le port d'Adulis. Les commerçants y échangeaient les produits d'Axoum contre toute sorte de vêtements, de bijoux et de métaux, notamment du métal pour fabriquer des armes.

À son apogée, Axoum contrôlait des territoires aussi lointains que le sud de l'Égypte, la partie orientale du golfe d'Aden, le sud du cours de l'Omo et, à l'ouest, le royaume cushite de Méroé. Le royaume des Himyarites, dans le sud de l'Arabie, était également sous le contrôle d'Axoum. Contrairement aux nobles, le peuple utilisait des barres de sel et de fer comme monnaie, et le troc demeura leur principale source de commerce

Source : UNESCO/CLT/WHC