A la demande des gouvernements éthiopien et italien, l’UNESCO envoie à la fin du mois une mission d’évaluation à Axoum, au nord de l’Ethiopie, en vue de la réinstallation sur son site d’origine de l’obélisque qui se trouvait à Rome depuis 1937. Sur la base de cette évaluation, un projet de réinstallation de l’obélisque et de valorisation du site sera élaboré par l’UNESCO et financé par l’Italie. Afin d’assurer son transport, le monument a été découpé en trois parties. Il sera acheminé par avion depuis l’aéroport de Rome. Un premier élément, pesant 60 tonnes, est attendu à Axoum début avril.

Le 18 novembre dernier, les gouvernements éthiopien et italien ont signé un accord sur le retour de l’obélisque d’Axoum, dans le cadre de la Convention relative à la protection du patrimoine mondial culturel et naturel de 1972. A ce titre ils ont demandé la collaboration de l’UNESCO. Le site archéologique d’Axoum a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en 1980. La Convention du patrimoine mondial engage les Etats parties « à apporter leur concours à l’identification, à la protection, à la conservation et à la mise en valeur du patrimoine culturel et naturel ».

« Ce geste hautement symbolique, issu d’un commun accord entre l’Italie et l’Ethiopie, ne peut que réjouir toute la communauté internationale. C’est un moment historique », a déclaré le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura. « Après 68 ans d’exil, l’obélisque d’Axoum retourne au cœur de l’Ethiopie antique, dans la région du Tigré. Il sera de nouveau érigé dans son royaume qui, selon le philosophe perse Mani, était ‘le troisième du monde’ et dont les vestiges figurent parmi les premiers sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial.»

Devenue symbole de l’identité du peuple éthiopien, cette stèle funéraire de 160 tonnes et de 24 mètres de hauteur a 1700 ans environ. En 1937, elle avait été emportée à Rome par l’armée italienne.

A la suite de deux accords signés en 1956 et 1997 entre l’Italie et l’Ethiopie stipulant le retour de l’obélisque d’Axoum, l’Ethiopie a formé un Comité national pour le retour de l’obélisque. Ce dernier, en collaboration avec le Centre International d’études pour la conservation et la restauration des biens culturels (ICCROM), a effectué une série de recherches et d’analyses techniques en vue du découpage et du transport du monument vers l’Ethiopie.

Le retour de l’obélisque est désormais imminent. Les autorités éthiopiennes, responsables de son transport de l’aéroport d’Axoum vers le site archéologique ont d’ores et déjà modernisé l’aéroport et renforcé les deux ponts qui devront être empruntés par le convoi.