Lors de sa 30e session (Vilnius, 2006), le Comité a demandé a demandé à l’Etat partie d’inviter une mission conjointe ICOMOS-Centre du patrimoine mondial pour évaluer la mise en œuvre du plan d’action défini par le Comité dans sa décision28 COM 15A.14, faire des recommandations en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril et d’en faire rapport au Comité lors de sa 31e session en 2007.
Cette mission, effectuée du 19 au 24 février 2007, a abouti aux conclusions suivantes :
a) Finalisation du mécanisme législatif :
Le projet de loi portant protection du patrimoine culturel et du patrimoine naturel à caractère culturel, préparé par la Direction du patrimoine culturel en 2004, a été transmis par décret présidentiel N° 2006-425, le 28 août 2006, au Président de l’Assemblée Nationale du Bénin. La mission a constaté l’engagement des autorités et a apprécié leur détermination à doter le pays d’une loi protégeant le patrimoine culturel dans les meilleurs délais. La mission a en outre conclu, que le processus de finalisation du mécanisme législatif a progressé depuis la fin des élections présidentielles d’avril 2006, comme en témoigne l’acte de transmission à l’Assemblée Nationale du projet de loi signé par le Président de la République. Des garanties suffisantes existent pour affirmer que ce processus se poursuivra et verra le Bénin doté d’une loi sur le patrimoine culturel, qui lui permettra de proposer de nouveaux sites pour inscription sur la Liste dupatrimoine mondial.
b) Délimitation du bien et établissement de la zone tampon :
La délimitation du bien a été effectuée en février 2006. Elle a eu comme conséquence d’élargir la superficie du site à 47 ha 60 ca contre 44 ha. La zone tampon a été elle aussi déterminée. Elle s’étend à 200 m des limites du bien et est constituée de trois zones spécifiques à différent niveaux de restriction. Sur le plan réglementaire, l’Arrêté municipal 2006-N°4/013/MCA/SG-SAG du 05 juillet 2006 portant règlement d’urbanisme institue cette zone tampon. La mission considère que cette mesure a été pleinement remplie par l’Etat partie du Bénin, qui a officiellement soumis une demande de modification mineure des limites du bien pour approbation du Comité à sa 31e session.
c) Evaluation et actualisation du Plan de conservation et de gestion du bien :
L’évaluation de l’ancien plan de gestion couvrant la période 1999-2004 a été effectuée en mai 2006. Sur la base de ses recommandations, un nouveau plan de gestion pour 2007-2012 est en cours d’élaboration sous la coordination d’un expert de CRATerre-ENSAG (Centre international de construction en terre). Une version provisoire de ce plan a été remise à l’équipe de la mission d’évaluation. Le document est quasiment complet. La mission a été particulièrement impressionnée par l’appropriation de cette activité d’élaboration du plan de gestion et de conservation par les parties prenantes qui maîtrisaient assez bien son contenu. Le travail organisé autour des réunions de parties prenantes a été l’occasion d’accorder le point de vue des utilisateurs du site, de mettre à jour les données historiques, de trouver un consensus sur la vision, la signification culturelle, d’affirmer la sacralité des palais royaux, de lancer la réflexion sur l’appréciation des questions d’authenticité et d’intégrité, et enfin de faire le bilan des activités de conservation réalisées de 1985 à 2006. Le plan d’action 2007-2012 s’articule autour de quatre objectifs réalistes qui se focalisent sur la poursuite de l’amélioration de l’état de conservation du site. La mission a considéré que ce travail est en bonne voie de finalisation et qu’il devrait être soumis par l’Etat partie du Bénin au plus tard à la fin du mois d’avril 2007.
d) Poursuite des travaux de restauration et de conservation pour traiter au moins la moitié des éléments structurels du bien encore considérés comme étant dans un état sérieux de détérioration :
En comparaison avec la situation observée en 2004 lors de la mission ICOMOS - Centre du patrimoine mondial, où seuls 15 ha avaient été concernés par les travaux de restauration, la mission a, à l’issue d’un examen approfondi du site, fait les constations suivantes :
(i) le nettoyage complet de l’ensemble du périmètre a permis de mieux se faire une idée précise de l’état de conservation de toutes les composantes du bien ;
(ii) outre les aires royales de Ghezo, Glélé, et Gbehanzin, les autres aires royales (Huegbadja, Akaba, Agadja, Tegbessou, Kpengla, Agoli Agbo, Agonglo) ont été concernées par des travaux de stabilisation et de restauration. Les éléments les plus culturellement significatifs ont été sauvés: les tombeaux des rois, les accès principaux (honuwa) ; les temples les plus importants ; les bâtiments des rois (adjalala). Quelques uns des pans de murailles ont été reconstruits, mais ce travail devra se poursuivre afin de rendre les limites des différentes aires plus lisibles ;
(iii) le domaine de Dossèmé, habité par les femmes incarnant les esprits des rois d’Abomey, est lui aussi à 95% restauré grâce aux fonds propres du bien.
L’entretien du bien est assuré par le biais d’inspections quotidiennes qui sont effectuées sur l’ensemble des 47 ha afin de prévenir les dégradations et intervenir rapidement. Le personnel chargé des petites réparations est constitué. Une série d’équipements plus importants (débroussailleuse, brouettes, etc.) est sur le point d’être achetée, pour rendre encore plus efficace le travail actuellement mené. Le nettoyage des abords du site et de la cour des amazones, est assuré par la Mairie d’Abomey. De nouveaux travaux de conservation sont sur le point de démarrer, notamment sur l’aire royale de Agadja (avec le soutien financier de la Norvège), sur l’aire royale de Houebgadja (Fonds propres du musée et Programme d’investissement public), et enfin sur l’aire royale de Akaba (Fonds propres du site et contributions des familles royales). Des activités vont être également réalisés en 2007, dans le cadre du partenariat établi par la ville d’Abomey avec la ville d’Albi (France), portant sur l’installation d’un système d’éclairage sur la place Singbodji, de réaliser son assainissement, de réaliser la signalétique permettant de faciliter l’accès au site, et enfin de produire des documents promotionnels (cartes postales et dépliants).
Au vu de l’ensemble des activités menées, la mission a conclu que l’Etat partie a réalisé dans sa quasi-totalité, le plan d’action élaboré par le Comité du patrimoine mondial dans sa décision 28 COM 15A.14. Elle a également conclu que la mise en œuvre de ce plan d’action a permis de constater qu’il n’existait plus de menaces ou de risques de perte de la valeur universelle exceptionnelle, de l'intégrité et/ou de l'authenticité, des Palais royaux d’Abomey.
Enfin, la mission a recommandé au Comité du patrimoine mondial le retrait des Palais royaux d’Abomey de la Liste du patrimoine mondial en péril, lors de sa 31e session.