L’État partie a soumis son rapport sur l’état de conservation le 28 mars 2010. Ce rapport fournit des informations sur les travaux majeurs de réhabilitation, le renforcement des capacités et autres activités associées entreprises dans le cadre des efforts de l’État partie pour poursuivre les travaux de sauvegarde commencés en 2007. Les activités entreprises qui sont décrites dans le rapport sont résumées ci-après.
a) Progrès dans les travaux de conservation entrepris sur les éléments subsistants encore menacés
L’État partie rend compte de l’achèvement de quatre activités majeures de reconstruction depuis 2008 :
- La reconstruction du palais Houegbadja, qui a comporté la reconstruction de 200 mètres linéaires de murs de clôture, de la salle d’entrée Logodo et de la case de la prêtresse du roi Tassinonxo. Elle a été cofinancée par l’Allemagne et l’État partie au moyen d’un plan d’investissement public.
- La reconstruction et la mise en valeur du Honnuwa du palais Agadja. Le projet était cofinancé par la ville d’Albi (France), le directorat du patrimoine mondial de la Norvège (Rijksantikvaren) par l’intermédiaire de l’UNESCO et le programme Afrique 2009 et a impliqué la formation de dix jeunes professionnels afin d’assurer la transmission des techniques de restauration et du savoir-faire pour obtenir un résultat durable.
- La reconstruction du palais Akaba, qui a porté sur 1496 mètres linéaires de murailles et sur plusieurs édifices parmi lesquels l’entrée Logodo donnant sur la cour intérieure, les temples de l’esprit du roi Djêxo et la case du Conseil des ministres Adjalala. Cette reconstruction particulière a été financée par le plan national d’investissement public.
Incendie du 21 janvier 2009
Un incendie qui s’est déclaré le 21 janvier 2009 a endommagé cinq tombes et un lieu de culte du bien et a exigé une action immédiate pour des travaux urgents de restauration. Cet évènement a largement attiré l’attention du public grâce à sa couverture par les media nationaux et à la visite de plusieurs représentants et personnalités nationaux de haut rang, qui firent appel au soutien des parties prenantes. Par la suite, des travaux de réparation des dommages sur les murs, les toits, les bas-reliefs, les installations électriques et les décorations traditionnelles ahlihans furent financés par l’État partie par le biais d’un plan d’investissement public et soutenus par plusieurs donateurs privés, dont des membres de la famille royale et l’école du patrimoine africain (EPA).
c) Conservation et gestion
Le rapport indique que les principaux objectifs prioritaires du plan de gestion (2007-2011) ont été atteints grâce aux activités dont il fait état. La surveillance et la gestion quotidienne du site, exécutées de manière systématique pour la conservation préventive et curative, garantissent l’identification et l’application des meilleures pratiques de conservation. En ce qui concerne le renforcement des capacités pour la gestion régulière et les services destinés aux visiteurs, il a été organisé sur le site divers ateliers en coopération avec l’EPA, l’ISESCO et le musée du Louvre de la France et des sessions de conseil en gestion. Un projet de recherche historique pour préparer une exposition au Musée du Quai Branly à Paris (novembre 2009 – janvier 2010) a également aidé à remplir cet objectif. Ces deux activités visaient à améliorer la connaissance des valeurs matérielles et immatérielles du bien, l’état de conservation d’une manière progressive, les services aux visiteurs et les processus générant des revenus.
Poursuite de la stratégie de financement des activités de conservation et de mise en valeur du bien
Plusieurs statistiques figurant dans le rapport indiquent une augmentation continue du nombre de visiteurs et des revenus tirés des ventes dans les années passées. Selon le rapport, cette tendance positive est le résultat d’une approche réussie visant à augmenter les revenus en accord avec les objectifs du plan de gestion et de conservation. Outre les revenus tirés des ventes et l’attribution au site par le fonds de développement du musée de75% du revenu généré (par ex. pour la promotion, l’entretien et les besoins de sécurité), le ministère de la Culture a fourni un équipement technique à l’équipe de gestion du site (groupe électrogène, moto etc.). Grâce à la diversification des évènements culturels et l’ouverture au public de bâtiments jusqu’ici inaccessibles, le bien devrait attirer des visiteurs plus nombreux et l’augmentation des revenus devrait servir à financer le reste des travaux de conservation souhaités.
Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives notent que l’état de conservation du site s’est considérablement amélioré et sont d’avis que les objectifs fixés dans le plan de gestion sont bien remplis par l’État partie grâce à un suivi quotidien minutieux du bien, au renforcement des capacités, aux activités de promotion et à l’achèvement réussi de travaux de restauration. L’État partie doit par conséquent poursuivre sa stratégie et ses efforts pour maintenir cette tendance positive des dernières années depuis son retrait de la Liste du patrimoine mondial en péril en 2007. Néanmoins des mesures de gestion relatives à la préparation aux risques doit être mise en place pour éviter la répétition d’incidents comme l’incendie de 2009. En outre, en ce qui concerne les efforts pour accroître la fréquentation des visiteurs, l’accès public aux biens et leur mise en valeur, le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives considèrent qu’il pourrait être utile d’élaborer une stratégie de tourisme culturel en tant qu’annexe au plan de gestion.
Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives réitèrent la nécessité de disposer d’un document de politique de reconstruction des palais, qui prenne en compte les objectifs du plan de gestion et de conservation 2007-2011.