A sa 31e session (Christchurch, 2007), le Comité du patrimoine mondial a pris note du Plan d'action 2007-2009 soumis par la nouvelle entité en charge de la gestion Parques de Sintra-Monte da Lua (PSML) et ayant reçu l'aval des toutes les institutions territoriales concernées. Le Comité du patrimoine mondial a également demandé à l'État partie d'assurer à l'entité en charge de la gestion du bien une aide financière et politique continue afin que celle-ci puisse avancer dans la préparation et l'élaboration d'un plan de gestion intégré du bien du patrimoine mondial pour la période 2010-2014 et d'adopter des mesures mieux à même de contrôler l'empiètement urbain dans les zones centrale et tampon du bien du patrimoine mondial. La mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/UICN de 2006 avait fait état d'une considérable amélioration de la conservation des principaux palais tandis que les principales menaces identifiées perduraient.
Le 19 mars 2009, l'État partie a remis un rapport actualisé établi par l'entité responsable de la gestion du site, PSML. Le rapport rappelle la structure de PSML, une société publique regroupant dans son conseil d'administration des actionnaires de toutes les institutions nationales concernées et de la Municipalité de Sintra. Il est en outre rappelé que la société PSML a la charge des principaux palais et parcs du Paysage culturel de Sintra, auquel le Palais de Pena et l'hôtel de Seteais ont été récemment ajoutés, ce qui correspond à 40% du territoire du bien du patrimoine mondial.
Sur la base du Plan d'action 2007-2009 soumis au Comité du patrimoine mondial à sa 31e session (Christchurch, 2007), l'entité en charge de la gestion du site, PSML, détaille un certain nombre d'actions mises en œuvre au cours des 2 dernières années:
a) Cadre institutionnel et légal
PSML a initié une analyse cohérente des instruments de planification de l'occupation des sols, y compris une analyse du plan de gestion forestière, dans une optique de révision des limites du bien, permettant la définition d'une stratégie de développement urbain du paysage culturel du bien du patrimoine mondial, de sa zone tampon et de ses zones de transition, en définissant leur articulation dans le cadre des exigences de la protection du bien.
b) État de conservation des palais et des parcs
PSML fait état de travaux de conservation et de restauration ininterrompus, y compris la réhabilitation des bâtiments des parcs, le nettoyage des forêts et la restauration des principaux palais, en partie financés par des fonds privés.
c) Ouverture et interprétation des parcs et palais
PSML rend compte d'une augmentation du nombre de visiteurs au cours des dernières années, de l'installation de plans destinés à l'interprétation du site par les visiteurs et d'outils complémentaires pour améliorer la gestion des visites.
Bien qu'étant une société publique, il est à noter que PSML est contrainte de collecter des fonds comme une société privée. Les mécanismes qui conduisent à maximiser les ressources financières en augmentant le nombre de visiteurs font peser un risque considérable de surexploitation des parcs et palais. Le but de PSML qui consiste à augmenter à l'avenir le nombre des visiteurs de ses parcs et palais doit être considéré comme potentiellement préjudiciable à leurs qualités et devrait donc être reconsidéré.
Alors que de louables efforts ont été accomplis afin de collecter des financements complémentaires, en provenance de diverses fondations et d'autres sources, destinés à la réhabilitation et à la restauration des parcs et palais, pour, par exemple, être en conformité avec les mesures de prévention des incendies, il s'avère essentiel que tout travail de restauration et de conservation soit basé sur des preuves et une recherche scientifiques approfondies.
Il faut également souligner que le rapport de l'État partie ne concerne que des actions menées sur une petite partie du bien du patrimoine mondial (40% de sa superficie totale), et qu'aucune information n'est donnée sur les actions et aménagements qui se sont déroulés dans la partie restante.
L'analyse des divers instruments de planification menée par PSML complète et met à jour celle menée par les membres de la mission de mars 2006, elle révèle qu'il existe une diversité de règlementations en la matière qui ne sont pas suffisamment coordonnées.
Le Centre du patrimoine mondial, l'ICOMOS et l'UICN estiment que la coordination de toutes les entités responsables demeure inefficace, faisant courir un risque de prise de décision incohérente. Il est donc suggéré que soit créé un comité directeur du bien du patrimoine mondial, fonctionnant comme une plateforme d'échanges pour tous les intervenants et comme une unité centrale en charge des problèmes et décisions liés au patrimoine mondial sur tout le territoire du bien et de sa zone tampon.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives font par ailleurs savoir que la Municipalité de Sintra a pris part à la création d'un réseau de coopération entre différents paysages culturels du patrimoine mondial, et a accueilli à cette fin une conférence internationale en septembre 2008.
Comme souligné par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives dans leurs rapports de 2006 et de 2007, un engagement tant politique que financier et des mécanismes de coordination améliorés sont nécessaires pour assurer la cohérence des travaux de conservation dans les différentes parties de ce paysage culturel du patrimoine mondial. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives sont préoccupés par l'absence persistante de tels mécanismes de coordination, réclamés depuis l'inscription du bien sur le Liste du patrimoine mondial, cette absence constitue un danger potentiel pour la valeur universelle exceptionnelle du bien.
Récemment, l'attention du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives a été attirée par l'empiètement urbain, ininterrompu et en rapide croissance, originaire de la région de Lisbonne (les municipalités avoisinantes) et de la zone côtière et son urbanisation (sur le territoire de la Municipalité de Sintra) avec une circulation automobile en augmentation et des infrastructures de grande envergure. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives expriment leurs vives préoccupations quant aux impacts sur la valeur universelle exceptionnelle et l'intégrité du bien et recommandent qu'une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/UICN évalue l'état général de conservation du bien.