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Etat de conservation (SOC)

Monts Rwenzori (2009)

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO
Assistance internationale reçue pour le bien

Demandes approuvées : 0 (de1995-2005)
Montant total approuvé : 116 739USD

2005   Rwenzori Mountains National Park, Implementation of Annual ...   19 990  USD
2001   Emergency Assistance for Rwenzori Mountains National Park ...   64 500  USD
1996   Organize the Rwenzori Mountains Scientific Conference (15-16 ...   12 249  USD
1995   Equipment for Rwenzori Mountains National Park   20 000  USD
Missions**

Mission conjointe de suivi réactif UICN/UNESCO en 2003

Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Exploitation minière sur le bien;

b) Ressources humaines et financières insuffisantes;

c) Dégradation de la zone tampon;

d) Impact du tourisme et des expéditions en montagne ;

e) Changement climatique. 

Mesures Correctives
Problèmes de conservation actuels

Le Parc national des Monts Rwenzori a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 1999, suite à la suspension des activités de conservation et des projets en raison des sérieux problèmes de sécurité dans la région où le Parc est localisé. Après un retour de la sécurité, une mission Centre du patrimoine mondial/UICN de suivi a visité le bien en 2003. Le bien a été retiré de la Liste du patrimoine mondial en péril en 2004. Le Comité du patrimoine mondial a continué à suivre l'état de conservation du bien du fait de certaines des menaces mentionnées ci-dessus. À sa 31e session (Christchurch, 2007), le Comité du patrimoine mondial a identifié le progrès effectué par l’Etat partie pour améliorer l'intégrité du bien, et a demandé des informations supplémentaires : sur l'exécution du plan de gestion, et les progrès vis-à-vis des menaces liées au braconnage, l’exploitation illégale du bois et les activités minières. Le Comité a également invité l’Etat partie à surveiller le statut de la fonte des glaciers.

Le 30 janvier 2009, un rapport complet sur l'état de conservation du bien a été soumis par l’Etat partie. Le rapport fournit à une mise à jour sur des activités, la recherche et le travail de gestion des communautés locales et des partenaires. L’Etat partie a également soumis un rapport le 4 janvier 2008. L'information des deux rapports est présentée.

L'évaluation des problèmes principaux de conservation, y compris le progrès dans la mise en application des demandes du Comité du patrimoine mondial et vis-à-vis des menaces identifiées dans des rapports précédents, est comme suit :

 

a) Gestion

Le Comité du patrimoine mondial a invité l’Etat partie à rendre compte du progrès accompli sur l'exécution du plan de gestion et afin de régler les problèmes de personnel. Tandis que d’importants progrès ont été accomplis ces dernières années pour améliorer l'infrastructure de Parc, le manque de financement suffisant entrave l'accomplissement du programme. La Fondation MacArthur a amélioré les résidences pour le personnel et le bureau du projet de conservation des Monts Rwenzori et de gestion environnementale financé par WWF. Il y a six cadres supérieurs et 12 gardes forestiers logés dans les résidences récemment rénovées. Le bien a un personnel 74 comprenant neuf gardiens et 60 gardes forestiers.

L’Etat partie a progressivement augmenté le financement du bien. Cependant le financement du gouvernement ne couvre actuellement que 50 % des coûts récurrents du Parc. Une analyse des lacunes financières est actuellement conduite avec l'appui du WWF dans le but d'établir une stratégie durable de financement. Des options innovatrices de financement telles que des paiements pour la conservation de la captation de l'eau sont également explorées. Des coûts importants de l’investissement sont financés par les partenaires, en particulier le projet de gestion de zones protégées et d'utilisation durable (PAMSU) avec le financement de la Banque mondiale et du FEM (Fonds pour l’environnement mondial). Cependant, le projet finit en juin 2009 et il n’est pas encore sûr que davantage de financement soit disponible.

 

b) Collaboration avec la communauté

Les communautés voisines du bien participent à l'entretien des limites par le biais d’une initiative de gestion collaborative des limites. Des activités de délimitation du bien sont presque accomplies. L’Etat partie signale que les groupes de communauté impliqués dans cette initiative participent également aux projets de gestion des ressources naturelles tels que des initiatives de restauration des paysages forestiers à côté du Parc. Pour réduire les prélèvements illégaux des ressources, un projet pilote est également en cours avec les deux communautés pour établir un système de prélèvements suivis de certaines ressources telles que le bambou, certaines vignes, les plantes médicinales et le miel dans un secteur limité du Parc (à moins de 3km de la limite). Des protocoles d'accord ont été signés avec les communautés et les autorités du Parc surveillent le programme de prélèvements. Si réussi, le plan de gestion de Parc prévoit d’étendre ce programme à d'autres communautés. Le projet du WWF pour la conservation et la gestion environnementale des Monts Rwenzori a soutenu plus encore une stratégie environnementale complète visant à informer les communautés des valeurs naturelles du bien.

 

c) Conservation et protection des ressources

L’Etat partie a signalé que l'effort de patrouille et la zone de couverture ont augmenté de 5%. En conséquence, les incidents dus aux activités illégales ont diminué de 5% comparé à l'année précédente. Les efforts de patrouille sont concentrés sur les secteurs de basse altitude du Parc, qui sont sujets à la pression la plus élevée. Les activités illégales principales sont les prélèvements illégaux des ressources (bambou, plantes médicinales, miel), l’abattage d'arbres et le braconnage. L’UICN note qu'il serait utile dans les rapports futurs de l’Etat partie de se rapporter à des chiffres sur des arrestations et des poursuites, et sur les tendances dans les espèces visées par des braconniers. 

L’autorité de gestion du bien collabore également avec le bien du patrimoine mondial voisin du Parc national de Virunga en République démocratique du Congo. Les deux biens se sont engagés dans des patrouilles coordonnées sous des initiatives transfrontalières de collaboration avec l'appui de la Société pour la conservation de la faune sauvage (Widllife Conservation Society). Le bien a également dispensé une formation à des officiels des douanes et de l’immigration quant aux animaux interdits afin de commencer à aider le suivi du trafic de faune.

 

d) Exploitation minière

L’Etat partie signale que Kilembe Mines Limited a suspendu les activités d’étude et de prospection prévues par leur bail dans le Parc, en attente de la consultation supplémentaire avec UWA (Uganda Wildlife Authority) sur les options d'utilisation de la terre pour leur bail. Les consultations n’ont pas encore pris fin.

 

e) Gestion de l'impact du tourisme

L’Etat partie a développé un plan de gestion des déchets pour contrôler les détritus liés au de tourisme et aux autres activités. Bien qu’un financement suffisant ne soit pas disponible actuellement pour entièrement mettre en application la stratégie, des progrès ont été accomplis pour contrôler les déchets liés au tourisme.

 

f) Suivi

L’Etat partie note qu'il surveille les valeurs du bien et, est impliqué dans la recherche sur les éléphants, les chimpanzés, l'utilisation des ressources, et plusieurs autres domaines en collaboration avec des particuliers et des institutions. L’UICN aimerait obtenir des détails sur les résultats de ces rapports. L’Etat partie développe également un plan de suivi écologique se concentrant sur les valeurs du bien et les menaces. Il est indiqué que ce plan est à une étape avancée. 

 

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN accueillent favorablement le développement d'un plan de suivi écologique pour la valeur universelle exceptionnelle et l'intégrité du bien, qui mènera à une réponse adaptée pour la gestion des menaces.

Le rapport 113 de 2007 du Centre de recherches environnementales sur le « changement climatique et les écosystèmes aquatiques des Monts Rwenzori, Ouganda » a rendu compte des résultats des mesures sur le terrain et de la cartographie par satellite. Les résultats identifient une tendance continue de la récession des glaciers. Au taux actuel de perte de 0.7 km3 par décennie, les glaciers disparaîtront d'ici 2030. Les responsables du bien surveillent la neige et la superficie du glacier, ainsi que le climat et la qualité de l’eau dans le bien et dans les fleuves alentours.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent que la valeur universelle exceptionnelle de ce bien est affectée par le changement climatique et encouragent l’Etat partie à discuter des approches pour s’adapter au changement climatique avec d'autres Etats parties qui ont également des biens du patrimoine mondial de montagne affectés par la fonte des glaciers et des zones de montagne dont la végétation est modifiée.

Un problème important demeure le financement des activités de gestion et l’Etat partie est fortement encouragé à poursuivre ses efforts dans l’établissement d’une stratégie de financement durable.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN sont satisfaits par les progrès accomplis par l’Etat partie vis-à-vis des menaces et des problèmes de gestion du bien depuis son retrait de la Liste du patrimoine mondial en péril en 2004. Cependant, ils sont inquiets que des baux d’exploitation demeurent toujours dans le bien et les étapes nécessaires sont maintenant d'assurer que ceux-ci soient rendus par leurs propriétaires. Etant donné le progrès substantiel réalisé, il est proposé de ne pas demander un autre rapport sur l’état de conservation jusqu'en 2012, bien que les efforts doivent être soigneusement examinés dans le rapport sur ce bien dans le cadre de l'exercice du rapport périodique pour l'Afrique en 2009-2010, afin de considérer le besoin pour un examen plus approfondi dans le cadre du suivi réactif. 

Conclusion
Décision
  • Adoptée

  • Projet de décision

33COM7B.7
Link to the decision

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B,

2. Rappelant la décision 31 COM 7B.9, adoptée à sa 31e session (Christchurch, 2007),

3. Notes avec satisfaction les progrès accomplis par l'Etat partie en abordant les menaces et les problèmes de gestion du bien ;

4. Encourage l'Etat partie à poursuivre ses efforts afin d'établir une stratégie de financement durable pour le bien et fait appel à la communauté internationale des donateurs pour continuer à soutenir la gestion du bien ;

5. Prie instamment l'Etat partie de prendre les mesures nécessaires pour s'assurer que tous les permis d'extraction minière dans le bien soient annulés, et qu'aucun autre permis d'extraction ne soit émis à l'intérieur du bien, en conformité avec l'engagement du Conseil international des minéraux et des métaux (ICMM) de ne pas entreprendre ces activités dans les biens du patrimoine mondial ;

6. Accueille favorablement le développement d'un plan de suivi écologique pour surveiller la valeur universelle exceptionnelle et l'intégrité du bien et demande à l'Etat partie à soumettre une copie au Centre du patrimoine mondial d'ici le 1er février 2010, ainsi que des copies des rapports de suivi plus détaillés qui ont été réalisés sur les valeurs du bien, comme mentionné dans le rapport de l'Etat partie ;

7. Invite l'Etat partie à partager l'expérience avec d'autres Etats parties et experts, y compris des experts de la Commission internationale de l'UICN sur les zones protégées (WCPA), sur la conservation du patrimoine mondial de montagne et sur le changement climatique, pour explorer des stratégies appropriées et des pratiques d'adaptation et d'atténuation pour maintenir la valeur universelle exceptionnelle du bien à long terme ;

8. Demande également à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2012, un rapport sur l'état de conservation du bien, y compris la confirmation de l'annulation définitive des permis d'extraction minière, un plan de suivi écologique, et les progrès effectués quant aux dispositions financières adéquates pour la gestion du bien, ainsi que sur les autres points susmentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 36e session en 2012.

Projet de décision: 33 COM 7B.7

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B,

2. Rappelant la décision 31 COM 7B.9, adoptée à sa 31e session (Christchurch, 2007),

3. Notes avec satisfaction les progrès accomplis par l’Etat partie en abordant les menaces et les problèmes de gestion du bien ;

4. Encourage l’Etat partie à poursuivre ses efforts afin d’établir une stratégie de financement durable pour le bien et fait appel à la communauté internationale des donateurs pour continuer à soutenir la gestion du bien ;

5. Prie instamment l’Etat partie de prendre les mesures nécessaires pour s'assurer que tous les permis d’extraction minière dans le bien soient annulés, et qu'aucun autre permis d'extraction ne soit émis dans les limites du bien, en conformité avec l’engagement du Conseil international des minéraux et des métaux (ICMM) de ne pas entreprendre ces activités dans les biens du patrimoine mondial;

6. Accueille favorablement le développement d'un plan de suivi écologique pour surveiller la valeur universelle exceptionnelle et l'intégrité du bien et demande à l’Etat partie à soumettre une copie au Centre du patrimoine mondial pour le 1er février 2010, ainsi que des copies des rapports de suivi plus détaillés qui ont été réalisés sur les valeurs du bien, comme mentionné dans le rapport de l’Etat partie;

7. Invite l’Etat partie à échanger l'expérience avec d'autres Etats parties et experts, y compris des experts de la Commission internationale de l’UICN sur les zones protégées (WCPA), travaillant sur la conservation du patrimoine mondial de montagne et sur le changement climatique, pour explorer des stratégies appropriées et des pratiques d'adaptation et de réduction pour maintenir la valeur universelle exceptionnelle et l'intégrité du bien à long terme ;

8. Demande également à l’Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2012, un rapport sur l’état de conservation du bien, y compris la confirmation de l’annulation définitive des permis d’extraction minière, les progrès effectués sur le plan de suivi écologique, et sur les dispositions financières adéquates à la gestion du bien, ainsi que sur les autres points susmentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 36e session en 2012.

Monts Rwenzori
Etat Partie :
Ouganda
Date d'inscription : 1994
Fiches d'inscriptions (année) : 1993
Catégorie : Naturel
Critères : (vii)(x)
Exports
Fichier Word
Rapports SOC (année)
2012
2009
2007
2006
2005
2004
Menaces*
  • Exploitation minière
  • Impacts des activités touristiques/de loisirs des visiteurs
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Ressources financières
  • Ressources humaines
  • Autres modifications du climat
  • Autres menaces :
Inscriptions sur la Liste en péril
Année: 1999 -2004
Menaces sur le bien :

Le Comité a noté les rapports signalant différents problèmes:

  • manque de ressources, 
  • suspension des projets,
  • sérieuses questions de sécurité qui se posent dans le Parc du fait du conflit dans la région,
  • personnel responsable n’assurant plus la surveillance de la plus grande partie de ce Parc.

Le Comité s’est déclaré sérieusement préoccupé de la situation en matière de sécurité sur ce site. Le Comité a demandé au Centre et à l’UICN, qui travaillent en étroite coopération avec l’organisme ougandais chargé de la préservation de la faune sauvage, de consulter les ONG de conservation et autres organisations internationales présentes dans la région pour discuter des moyens de faire connaître à toutes les parties concernées par le conflit dans la région la nécessité de respecter le statut de patrimoine mondial du site et de mettre au point des projets pour en renforcer la gestion. Le Comité a décidé d’inscrire les Monts Rwenzori sur la Liste du patrimoine mondial en péril.



* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.