Ce site, inscrit en 1982 sur la Liste du patrimoine mondial au titre des critères (iv) et (vil, a été l'objet d'un programme de restauration et de mise en valeur de 1979 à 1990 avec l'assistance technique et financière de l'UNESCO et du PNUD.
A. Le parc National Historique, très diversifié, associe des monuments grandioses, Citadelle, Sans-Souci, Ramiers, à un monde rural de montagne. Préserver cet écrin naturel des réalisations du Roi Christophe fut à l'origine de la création du parc National Historique. La complexité des problèmes, le souci d'être en mesure de mener une action efficace et d'éviter la dispersion ont conduit à limiter sa superficie à 25 km2. En 1978, à la demande du gouvernement haïtien, des missions préparatoires envoyées par l'UNESCO ont établi avec les autorités nationales le programme de restauration, de mise en valeur de ces monuments et de leur environnement. L'Institut de Sauvegarde du Patrimoine national (ISPAN), créé en mars 1979, est chargé de la politique de protection du patrimoine national et d'assumer l'étude et l'exécution des projets de sauvegarde et de mise en valeur des éléments spécifiques représentatifs du patrimoine. En 1979, I'ISPAN a présenté le projet ISPAN/PNUD/UNESCO qui incluait le plan de conservation de la Citadelle, du site de Sans-Souci et du site fortifié des Ramiers et la mise en valeur des monuments et sites à des fins culturelles. Dans ce programme s'inscrivait la création d'ateliers pour lesquels était proposé un programme de formation. Les travaux conjoints ISPAN/PNUD/UNESCO commencés en 1979 ont été achevés officiellement le 21 juillet 1990. Au moment du démarrage du projet, les archives et la documentation étaient quasi inexistantes, d'où la nécessité de procéder à une lecture attentive des bâtiments et des relevés détaillés. Des études permirent de définir les différentes étapes de construction, ainsi que les techniques utilisées. L'un des objectifs de tout programme de développement et de toute campagne internationale de sauvegarde de monuments et de sites étant de renforcer la capacité nationale d'assurer la préservation et la mise en valeur du patrimoine, un programme intensif de formation fut mis sur pied. Entre 1980 et 1987, la période la plus active des travaux de restauration, vingt-deux cadres et techniciens ont reçu une formation théorique et pratique : architectes, ingénieurs, dessinateurs et chefs de chantier.
Pour élargir les possibilités d'assistance technique existantes grâce à ce projet, une campagne internationale pour le sauvetage de la Citadelle, de Sans-Souci et des Ramiers a été lancée en 1980. Un comité américain (United States Committee for Restoration of the Citadelle - USCRC), responsable de l'organisation de la campagne américaine et de la promotion du projet aux Etats-Unis a été formé en décembre 1987. Ce comité, à buts non lucratifs, s'était fixé comme objectifs de faire connaître le projet de préservation des monuments et de recueillir les fonds nécessaires à la poursuite des travaux de restauration. Le "World Monuments Fund" a également assisté activement le projet en identifiant de nouvelles sources de financement auprès des fondations privées américaines. Enfin, dès 1981, d'autres contributions financières ont été accordées pour des opérations ponctuelles, dans le cadre de l'assistance bilatérale, suite aux démarches entreprises en Haïti auprès des représentations diplomatiques des Etats membres. Le projet a, au cours des années, pris un essor non prévisible lors de sa conception, en partie en raison de l'amélioration socio-économique de la zone suscitée par la création d'emplois et l'intérêt toujours croissant que la communauté nationale et internationale a porté au projet. En dépit des restrictions budgétaires et des changements intervenus dans le pays depuis 1986, qui ont retardé l'exécution des travaux, les objectifs du projet ont été réalisés. Le gouvernement haïtien a consacré 2.373.273 dollars à la restauration de cet ensemble, le PNUD et l'UNESCO, 2.688.863 dollars.
B. L'analyse de la Citadelle a très rapidement conduit à la nécessité d'arrêter l'infiltration des eaux pluviales qui menaçaient les structures, dont certaines étaient déjà fortement endommagées par le tremblement de terre de 1842. Si les travaux réalisés à deux reprises, en 1930-1933 et 1950-1955, ont sauvé la Citadelle de la ruine, vingt ans après il n'en était pas moins d'une grande urgence de reconsidérer sa mise hors d'eau. Ce fut l'objectif majeur de ce projet mis en application après deux ans d'études. Ces travaux permirent de définir les différentes étapes, ainsi que les techniques de construction. Parmi les diverses solutions envisagées pour la mise hors d'eau de la batterie Coidavid, on a retenu la pose d'une couverture en bacs d'aluminium, de grande longueur, sur une charpente reconstituant la structure du plancher d'origine en utilisant une solive sur deux. Les traces de l'état original de la batterie Royale étaient en quantité suffisante pour permettre une reconstitution historiquement juste. Cette restauration assure la mise hors d'eau de quelque 1.200 m2 de bâtiments. Quant aux terrasses, les recherches se sont orientées vers des solutions d'étanchéité. Les techniques retenues reposent essentiellement sur la mise en oeuvre d'une couche étanche, d'une forme de pente en béton, recouverte d'une étanchéité au mortier de bitume, un épais pavage en assure la finition et la protection.
C. Ainsi qu'à la Citadelle, tous les bâtiments de Sans-Souci sont construits en maçonnerie de moellons. Le Palais était couvert d'ardoises. Un remarquable réseau hydraulique desservait l'ensemble monumental. Les bassins et les canalisations étaient, en 1979, enfouis sous terre. Les pluies torrentielles s'abattant sur les maçonneries sans protection ont aggravé les fissures et contribué à l'écroulement des murs et au décollement des enduits restants. Assainir le site fut l'objectif majeur et il fallut avant tout effectuer des sondages et des fouilles, afin, d'une part, de retrouver les canalisations d'origine et, d'autre part, de mieux comprendre les constructions. L'option choisie pour la préservation a porté sur la consolidation et la mise en valeur des éléments restants, toute restauration, fût-elle partielle, étant exclue en l'absence de documents d'origine.
D. Le site fortifié des Ramiers a été dégagé en 1972 de la végétation luxuriante qui le recouvrait. On y retrouve les mêmes matériaux que ceux des autres monuments. Les redoutes étaient mieux conservées que le complexe résidentiel, mais difficilement accessibles, puisque les ponts-levis qui en permettaient l'accès ont disparu. L'option choisie pour la préservation fut la consolidation des éléments existants et la mise en valeur de l'ensemble architectural.