1.         Parc national historique – Citadelle, Sans Souci, Ramiers (Haïti) (C 180)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1982

Critères  (iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/180/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1982-1987)
Montant total approuvé : 102 200 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/180/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/180/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 1991

Ce site, inscrit en 1982 sur la Liste du patrimoine mondial au titre des critères (iv) et (vil, a été l'objet d'un programme de restauration et de mise en valeur de 1979 à 1990 avec l'assistance technique et financière de l'UNESCO et du PNUD.

 

A.       Le parc National Historique, très diversifié, associe des monuments grandioses, Citadelle, Sans-Souci, Ramiers, à un monde rural de montagne. Préserver cet écrin naturel des réalisations du Roi Christophe fut à l'origine de la création du parc National Historique. La complexité des problèmes, le souci d'être en mesure de mener une action efficace et d'éviter la dispersion ont conduit à limiter sa superficie à 25 km2. En 1978, à la demande du gouvernement haïtien, des missions préparatoires envoyées par l'UNESCO ont établi avec les autorités nationales le programme de restauration, de mise en valeur de ces monuments et de leur environnement. L'Institut de Sauvegarde du Patrimoine national (ISPAN), créé en mars 1979, est chargé de la politique de protection du patrimoine national et d'assumer l'étude et l'exécution des projets de sauvegarde et de mise en valeur des éléments spécifiques représentatifs du patrimoine. En 1979, I'ISPAN a présenté le projet ISPAN/PNUD/UNESCO qui incluait le plan de conservation de la Citadelle, du site de Sans-Souci et du site fortifié des Ramiers et la mise en valeur des monuments et sites à des fins culturelles. Dans ce programme s'inscrivait la création d'ateliers pour lesquels était proposé un programme de formation. Les travaux conjoints ISPAN/PNUD/UNESCO commencés en 1979 ont été achevés officiellement le 21 juillet 1990. Au moment du démarrage du projet, les archives et la documentation étaient quasi inexistantes, d'où la nécessité de procéder à une lecture attentive des bâtiments et des relevés détaillés. Des études permirent de définir les différentes étapes de construction, ainsi que les techniques utilisées. L'un des objectifs de tout programme de développement et de toute campagne internationale de sauvegarde de monuments et de sites étant de renforcer la capacité nationale d'assurer la préservation et la mise en valeur du patrimoine, un programme intensif de formation fut mis sur pied. Entre 1980 et 1987, la période la plus active des travaux de restauration, vingt-deux cadres et techniciens ont reçu une formation théorique et pratique : architectes, ingénieurs, dessinateurs et chefs de chantier.

Pour élargir les possibilités d'assistance technique existantes grâce à ce projet, une campagne internationale pour le sauvetage de la Citadelle, de Sans-Souci et des Ramiers a été lancée en 1980. Un comité américain (United States Committee for Restoration of the Citadelle - USCRC), responsable de l'organisation de la campagne américaine et de la promotion du projet aux Etats-Unis a été formé en décembre 1987. Ce comité, à buts non lucratifs, s'était fixé comme objectifs de faire connaître le projet de préservation des monuments et de recueillir les fonds nécessaires à la poursuite des travaux de restauration. Le "World Monuments Fund" a également assisté activement le projet en identifiant de nouvelles sources de financement auprès des fondations privées américaines. Enfin, dès 1981, d'autres contributions financières ont été accordées pour des opérations ponctuelles, dans le cadre de l'assistance bilatérale, suite aux démarches entreprises en Haïti auprès des représentations diplomatiques des Etats membres. Le projet a, au cours des années, pris un essor non prévisible lors de sa conception, en partie en raison de l'amélioration socio-économique de la zone suscitée par la création d'emplois et l'intérêt toujours croissant que la communauté nationale et internationale a porté au projet. En dépit des restrictions budgétaires et des changements intervenus dans le pays depuis 1986, qui ont retardé l'exécution des travaux, les objectifs du projet ont été réalisés. Le gouvernement haïtien a consacré 2.373.273 dollars à la restauration de cet ensemble, le PNUD et l'UNESCO, 2.688.863 dollars.

 

B.         L'analyse de la Citadelle a très rapidement conduit à la nécessité d'arrêter l'infiltration des eaux pluviales qui menaçaient les structures, dont certaines étaient déjà fortement endommagées par le tremblement de terre de 1842. Si les travaux réalisés à deux reprises, en 1930-1933 et 1950-1955, ont sauvé la Citadelle de la ruine, vingt ans après il n'en était pas moins d'une grande urgence de reconsidérer sa mise hors d'eau. Ce fut l'objectif majeur de ce projet mis en application après deux ans d'études. Ces travaux permirent de définir les différentes étapes, ainsi que les techniques de construction. Parmi les diverses solutions envisagées pour la mise hors d'eau de la batterie Coidavid, on a retenu la pose d'une couverture en bacs d'aluminium, de grande longueur, sur une charpente reconstituant la structure du plancher d'origine en utilisant une solive sur deux. Les traces de l'état original de la batterie Royale étaient en quantité suffisante pour permettre une reconstitution historiquement juste. Cette restauration assure la mise hors d'eau de quelque 1.200 m2 de bâtiments. Quant aux terrasses, les recherches se sont orientées vers des solutions d'étanchéité. Les techniques retenues reposent essentiellement sur la mise en oeuvre d'une couche étanche, d'une forme de pente en béton, recouverte d'une étanchéité au mortier de bitume, un épais pavage en assure la finition et la protection.

 

C.    Ainsi qu'à la Citadelle, tous les bâtiments de Sans-Souci sont construits en maçonnerie de moellons. Le Palais était couvert d'ardoises. Un remarquable réseau hydraulique desservait l'ensemble monumental. Les bassins et les canalisations étaient, en 1979, enfouis sous terre. Les pluies torrentielles s'abattant sur les maçonneries sans protection ont aggravé les fissures et contribué à l'écroulement des murs et au décollement des enduits restants. Assainir le site fut l'objectif majeur et il fallut avant tout effectuer des sondages et des fouilles, afin, d'une part, de retrouver les canalisations d'origine et, d'autre part, de mieux comprendre les constructions. L'option choisie pour la préservation a porté sur la consolidation et la mise en valeur des éléments restants, toute restauration, fût-elle partielle, étant exclue en l'absence de documents d'origine.

 

D.   Le site fortifié des Ramiers a été dégagé en 1972 de la végétation luxuriante qui le recouvrait. On y retrouve les mêmes matériaux que ceux des autres monuments. Les redoutes étaient mieux conservées que le complexe résidentiel, mais difficilement accessibles, puisque les ponts-levis qui en permettaient l'accès ont disparu. L'option choisie pour la préservation fut la consolidation des éléments existants et la mise en valeur de l'ensemble architectural.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 15 COM VII

18. Le rapport sur le suivi de l'état de conservation des biens culturels présenté par le Secrétariat a traité des sites suivants : Xanthos-Létoon (Turquie), La Valette (Malte), Shibam (Yémen), le parc national historique - Citadelle, Sans Souci, Ramiers (Haïti), la vallée de Kathmandu (Népal), Mohenjo-Daro (Pakistan), le Cavalier de Madara (Bulgarie). Dix-sept sites ont été visités au titre du suivi par un expert, qui est chargé de coordonner l'action pour la préservation de 115 sites méditerranéens dans le cadre du PNUE - Convention de Barcelone. Ces visites ont donné une abondance d'informations et de documentation qui ont besoin d'être analysées. De plus, le diagnostic et les recommandations faites par l'expert devaient être transmises aux autorités nationales avant qu'un rapport ne puisse être présenté au Comité. Le résumé des constatations faites par l'expert concernant deux sites a été inclus dans le document de travail SC-91/CONF.002/3. Des rapports sur l'état de conservation des quinze autres sites seront soumis au Bureau en juin 1992. En outre, l'expert présent à cette session était prêt à expliquer son approche et à répondre à des questions précises. Un rapport supplémentaire sur le suivi a été préparé par le coordonnateur du Projet régional PNUD/UNESCO pour le patrimoine culturel et le développement en Amérique latine et les Caraïbes, également présent à cette session.

19. Le Comité a été également informé du type de suivi continu effectué par le Secrétariat sur des projets qui faisaient l'objet d'une campagne internationale de sauvegarde ou au titre de projets financés par l'PNUD. La brochure qui vient d'être publiée sur le travail accompli à Sana'a, ainsi que le rapport sur la mission en Bulgarie annexée au document préparé par le Secrétariat, a montré que le suivi le plus efficace pouvait être fait grâce à des missions d'assistance technique. Malheureusement, les moyens financiers et les ressources humaines du Secrétariat sont trop faibles par rapport au grand nombre de sites déjà inscrits sur la Liste du patrimoine mondial.

20. De l'avis du Secrétariat, l'action de suivi devrait être menée sous forme d'un dialogue continu avec les Etats parties qui devrait commencer avant même l'inscription du site, afin d'informer les responsables locaux (responsables politiques et spécialistes) des valeurs à maintenir et des principes et méthodes de conservation à appliquer. En particulier, la mise en œuvre du plan de gestion demandé au moment de la proposition d'inscription devrait être vérifiée au titre de l'exercice de suivi.

21. Le représentant de l'ICOMOS a communiqué au Comité les informations alarmantes reçues sur la détérioration de certaines parties des monuments de Kizhi Pogost (URSS). Il a souligné que son organisation était intéressée d'envoyer une mission sur place pour vérifier l'état de conservation du site. Se référant au centre culturel en cours de construction entre la tour de Belem et le monastère des Hiéronymites à Lisbonne (Portugal), il a souligné que les travaux étaient presque achevés et que le dossier très complet présenté par le gouvernement montrait que le règlement du concours architectural tenait compte du fait que le site était classé comme patrimoine mondial. Une partie du nouveau bâtiment remplaçait des    constructions industrielles, ce qui représentait une amélioration. Ce cas montrait qu'il serait nécessaire de définir une stratégie pour guider à l'avenir les architectes chargés de l'aménagement des sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial. A son tour, l'observateur portugais a souligné le fait que le projet d'intégrer ce centre culturel dans le site faisait partie d'un plan de sauvegarde de la zone, en vue de revaloriser l'ensemble. Le Comité a pris note du rapport de l'ICOMOS et, à la lumière de cet exemple, a souligné que les Etats parties devaient accorder une attention toute particulière au maintien des valeurs des sites du patrimoine mondial, lors de l'élaboration de projets d'aménagements ou de nouvelles constructions ou de restaurations importantes. Avant que des décisions irréversibles ne soient prises, les autorités nationales devaient informer le Comité, par l'intermédiaire du Secrétariat de l'UNESCO, de leur intention d'entreprendre ou d'autoriser des projets dans une zone protégée par la Convention. La nécessité d'une étroite collaboration entre le Secrétariat et les responsables locaux a été soulignée au cours des débats. Le Comité a noté que l'ICOMOS, en collaboration avec l'ICCROM, préparait un guide sur la gestion des sites à l'usage des responsables du patrimoine.

22. Le Coordonnateur du Projet régional PNUD/UNESCO pour le patrimoine culturel et le développement en Amérique latine et les Caraïbes a expliqué la méthode qui a servi à l'analyse détaillée de six sites de la région. Les documents présentés ne reflètent que le travail déjà accompli dans le cadre d'un projet plus vaste concernant seize sites en tout dont l'évaluation se poursuivra jusqu'en 1993 et représenterait pour le Fonds du patrimoine mondial une dépense de 40.000 $EU.

23. Le Comité a pris note de ce rapport. Tout en considérant qu'il s'agissait d'une méthode intéressante, il a estimé qu'elle ne pouvait être nécessairement appliquée à toutes les régions.

24. Le Coordonnateur du réseau mis en place par le programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) pour la protection des sites méditerranéens dans le cadre de la Convention de Barcelone a exposé à son tour sa méthode de travail dans l'exercice de suivi. A l'occasion des visites des dix-sept sites du pourtour de la Méditerranée, il a recensé, en collaboration avec les experts locaux, les différents problèmes soulevés par la conservation des sites en question. A la suite de ses visites, il gardait le contact avec les responsables pour les aider dans leur tâche par des conseils techniques et de la documentation.

25. Un membre du Comité s'est interrogé sur les limites des possibilités d'intervention du Comité et du Secrétariat dans la gestion d'un site. Le Secrétariat a expliqué qu'il prévenait toujours les responsables nationaux dont la collaboration était évidemment indispensable.

26. La possibilité de l'intervention du secteur privé dans les activités de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine a été soulevée. Un délégué a considéré que des progrès restaient à faire dans ce domaine. Par exemple, les différents problèmes posés par une trop grande fréquentation des sites pourraient être mieux résolus grâce à la collaboration d'associations privées.