Une mission de suivi organisée par l’UNESCO a été envoyée à Huê en novembre 2003 pour évaluer l’état de conservation du bien du patrimoine mondial et conseiller les autorités vietnamiennes sur les mesures à prendre pour permettre l’amélioration de la conservation et de la protection du patrimoine de Huê. Cette mission a permis d’effectuer un certain nombre de constats.
Les opérations suivantes, effectuées ou en projet, contribuent à redonner à la citadelle de Huê sa dimension urbaine et paysagère première :
a) Le dégagement des berges de la Rivière des Parfums au niveau du Quartier Kim Long.
b) Le dégagement des fossés sud-est, avec création d'une voie avec alignement d'arbres le long de sa limite extérieure dans le Quartier Phu Hoa.
c) La mise en valeur du fossé et du glacis sud-est, en face de la Tour du drapeau.
d) La plantation et la replantation d'arbres d'alignement.
e) L’ouverture à la circulation du public de la Porte Hau au nord-est de la citadelle.
f) Le projet d'opération de restauration et de mise en valeur du grand canal.
g) Le projet d'opération de mise en valeur des "maisons jardins" prévue dans le Quartier Kim Long.
L’architecture domestique et commerciale ancienne est en danger dans la citadelle et ses faubourgs en raison de la pression foncière qui conduit à une densification générale. La composante monumentale du bien ne semble pas en danger, même si la restauration et la mise en valeur de l’architecture monumentale de Huê représentent une tâche d’une ampleur considérable.
Certains projets ont déjà ou peuvent avoir un impact négatif sur les valeurs patrimoniales du site de Huê et de ses environs. Il s’agit en particulier :
I. Du dangereux développement des infrastructures routières dans le bien inscrit, induisant un risque de mitage du cadre géomantique par une urbanisation anarchique et une augmentation du trafic routier :
(i) par la création du contournement sud-ouest de la Route nationale 1 traversant le site inscrit, avec la construction d'un pont sur la Rivière des Parfums ;
(ii) par la création et l’élargissement de voies liés à l'ouverture du contournement sud-ouest de la Route nationale 1 ;
(iii) par des élargissements de route ;
II. Des dangereux projets de développement des infrastructures routières dans le bien inscrit liés au danger de passage du niveau 2 au niveau 1 en matière d'infrastructure urbaine, notamment :
(i) le projet de création d'une voie périphérique sud-ouest avec un pont coupant la perspective de la Rivière des Parfums ;
(ii) le projet d'élargissement de la rue Nguyen Chi Thanh dans le Quartier Phu Cat ;
(iii) le projet d'élargissement de la rue Tan Da dans le Quartier Huong So, qui conduirait à un élargissement des voies dans la citadelle et à une augmentation du transit et du stationnement des véhicules ;
III. Du développement préoccupant de la construction de bâtiments modernes ne respectant pas les règles de hauteur ou de densité.
IV. Du comblement d'une partie d'un étang au nord du Quartier Tay Loc à proximité de la Porte An Hoa et, d'une manière générale, de l'augmentation de la pression de l'urbanisation sur les éléments du réseau hydrographique et les terrains agricoles situés dans la citadelle.
L’ICOMOS souligne la nécessité urgente d’un plan directeur, sur la base des recommandations du rapport de mission. Ce dernier ne devrait pas être conçu sur le modèle occidental, mais de manière à prendre en compte les particularités et les conditions locales. Le sommaire proposé dans l’Accord de coopération décentralisée entre la communauté urbaine de Lille (France) et la province de Thua Thien Huê est considéré comme une excellente base de travail pour un tel plan. Une réglementation complémentaire relative à l’usage de l’espace public et aux conditions sanitaires est nécessaire pour renforcer le schéma directeur éventuel.