jump to the content

Ouadi Qadisha ou Vallée sainte et forêt des cèdres de Dieu (Horsh Arz el-Rab)

Ouadi Qadisha (the Holy Valley) and the Forest of the Cedars of God (Horsh Arz el-Rab)

The Qadisha valley is one of the most important early Christian monastic settlements in the world. Its monasteries, many of which are of a great age, stand in dramatic positions in a rugged landscape. Nearby are the remains of the great forest of cedars of Lebanon, highly prized in antiquity for the construction of great religious buildings.

Ouadi Qadisha ou Vallée sainte et forêt des cèdres de Dieu (Horsh Arz el-Rab)

La vallée de la Qadisha est l'un des plus importants sites d'établissement chrétien au monde, et ses monastères, souvent très anciens, s'inscrivent dans un extraordinaire paysage accidenté. On trouve non loin de là les vestiges de la grande forêt de cèdres du Liban, très prisés jadis pour la construction de grands édifices religieux.

وادي قاديشا أو الوادي المقدس وحرش أرز الرب

يُعتبر وادي قاديشا من أهمّ المواقع للتأسيس المسيحي في العالم. فأديرة الرهبان القديمة بمعظمها تتواجد في وسط طبيعةٍ خلابة. وقريبًا منها، نجد آثار غابة أرز لبنان الكبيرة، التي كانت مطلوبةً جدًا في الماضي لبناء العمارات الدينيّة الكبيرة فيها.

source: UNESCO/ERI

夸底•夸底沙(圣谷)和神杉林

圣谷是基督教早期世界上最重要的修道士聚居地。它的许多修道院年代已十分久远,引人注目地坐落在崎岖不平的地形中,附近是黎巴嫩山林遗址,这里的树木为古代宗教建筑提供了优质的木材。

source: UNESCO/ERI

Священная Долина (Уади-Кадиша) и Божественная Кедровая Роща (Хорш-Арз-эль-Раб)

Долина Кадиша – это одно из наиболее значимых раннехристианских монашеских поселений в мире. Его монастыри, многие из которых очень древние, великолепно вписаны в гористый ландшафт. Поблизости уцелели остатки большого массива ливанского кедра, высоко ценившегося в древности как материал для строительства крупных культовых сооружений.

source: UNESCO/ERI

Valle Santo (Uadi Qadisha) y Bosque de los cedros de Dios (Horsh Arz Al Rab)

El Valle de Qadisha fue el escenario de uno de los primeros y más importantes asentamientos monásticos cristianos del mundo. Sus monasterios –antiquísimos en gran parte– se yerguen espectaculares en medio de un paisaje accidentado. En sus cercanías se encuentran los vestigios del gran bosque de cedros del Líbano, sumamente apreciados en la Antigüedad para la construcción de grandes edificios religiosos.

source: UNESCO/ERI

カディーシャ渓谷(聖なる谷)と神のスギの森(ホルシュ・アルツ・エル-ラーブ)

source: NFUAJ

Ouadi Qadisha (de Heilige vallei) en het Bos van de ceders van God (Horsh Arz el-Rab)

De Qadisha vallei en het Bos van de ceders van God (Horsh Arz el-Rab) bevinden zich in het noorden van Libanon. De Qadisha vallei is een van de belangrijkste vroegchristelijke kloosternederzettingen ter wereld. De kloosters – waarvan er vele heel oud zijn – staan op indrukwekkende plekken in een ruig landschap. In de buurt zijn de overblijfselen van het grote cederbos van Libanon te vinden, ceders werden in de oudheid erg gewaardeerd voor de bouw van grote religieuze gebouwen. De rotsen van de Qadish vallei hebben door de eeuwen heen gediend als een plaats voor meditatie en toevlucht.

Source : unesco.nl

  • Anglais
  • Français
  • Arabe
  • Chinois
  • Russe
  • Espagnol
  • Japonais
  • Néerlandais
Ouadi Qadisha ou Vallée sainte et forêt des cèdres de Dieu (Horsh Arz el-Rab) © Tim Schnarr
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

La Vallée de la Qadisha est l'un des plus importants sites d'établissement des premiers monastères chrétiens au monde, et ses monastères, pour beaucoup très anciens, s'inscrivent dans un extraordinaire paysage accidenté. On trouve non loin les vestiges de la grande forêt de cèdres du Liban, très prisés jadis pour la construction de grands édifices religieux.

Le site de la vallée de la Qadisha et de la Forêt des cèdres de Dieu (Horsh Arz el-Rab) est situé dans le nord du Liban, au nord de la chaîne du Mont-Liban, à la base du Mont al-Makmel et à l'ouest de la Forêt des cèdres de Dieu. Elle est arrosée par le saint fleuve Qadisha célébré dans les Écritures. La Forêt des cèdres de Dieu est située sur le Mont Makmel, entre 1900 et 2050 m d'altitude, à l'est du village de Bcharré.

Les falaises rocheuses de la vallée de la Qadisha ont servi depuis longtemps de lieux de méditation et de refuge. La vallée renferme la plus forte concentration de monastères et d'ermitages remontant à la toute première phase de l'expansion du christianisme. Les principaux sont les monastères Saint-Antoine de Quzhayya, Notre-Dame de Hauqqa, Qannubin et Mar Lichaa. Cette vallée constitue un témoignage unique du centre vital de l'érémitisme maronite. Ses grottes naturelles creusées dans les collines quasi inaccessibles et décorées de fresques témoignent d'une architecture conçue spécifiquement pour les besoins spirituels et vitaux des anachorètes. Il existe également de nombreuses terrasses réalisées pour la culture des céréales par les moines, ermites et les paysans qui vivaient dans la région dont plusieurs sont toujours cultivées.

Liée à la Vallée de la Qadisha par des relations historiques et de contiguïté, la Forêt des cèdres de Dieu est le dernier vestige des forêts antiques et l'un des rares sites où pousse encore le Cedrus lebani, l'un des matériaux de construction très prisé dans le monde antique et cité 103 fois dans la Bible.

Critère (iii) : La vallée de la Qadisha accueille depuis les premiers pas de la chrétienté les communautés monastiques. Quant aux arbres de la Forêt des cèdres, ils sont les survivants d'une forêt sacrée et de l'un des matériaux de construction jadis les plus prisés.

Critère (iv) : La vallée abrupte est depuis longtemps un lieu de méditation et de refuge. Elle contient un nombre exceptionnel de fondations monastiques cénobitiques et érémitiques, certaines datant d'une période très ancienne de l'expansion du christianisme. Les monastères de la Vallée de la Qadisha sont parmi les exemples survivants les plus significatifs de la force de la foi chrétienne.

Intégrité (2009)

La vallée de la Qadisha englobe toutes les grottes, les monastères et les terrasses agricoles qui sont associés aux activités du début de l'ère chrétienne. Les éléments culturels du site sont pour la plupart existants, mais leur état de conservation est variable : certains édifices religieux sont dégradés, leur stabilité est précaire et, à quelques exceptions près, les fresques ont presque toutes disparu. L'intégrité visuelle de la vallée est perturbée par la croissance des établissements humains aux abords, spécialement sur les crêtes entourant la vallée, ainsi que par le flux incontrôlé des visiteurs. La réserve de la Forêt des cèdres de Dieu se trouve dans les limites du bien et elle est bien préservée. Toutefois, l'intégrité visuelle des environs est affectée par la présence de kiosques de souvenirs d'une part et, du côté est, par la présence d'une construction illicite. L'entrée de la Forêt du côté est devrait être contrôlée et la construction illégale devrait être démolie, d'autant plus qu'elle est sise dans une zone destinée à être reboisée.

Authenticité (2009)

Le caractère d'origine des anciens habitats monastiques troglodytes est toujours lisible. L'architecture monastique et les habitats agricoles de la Vallée n'ont pas encore été altérés par des modifications ou des interventions de substitution. De plus, ils n'ont pas été dénaturés par des activités incompatibles avec l'esprit des lieux. Avec le temps, quelques sites ont perdu certain de leurs éléments caractéristiques tels que fresques ou structures. L'authenticité globale des vestiges chrétiens est par conséquent rendue vulnérable. La Forêt des Cèdres de Dieu a conservé son authenticité en termes de survie des arbres.

Besoins en matière de protection et de gestion (2009)

La vallée sainte de la Qadisha est protégée par les arrêtés ministériels 13/1995 et 60/1997 édictés par le Ministère de la culture, par l'arrêté 151/95 édicté par le Ministère de l'environnement, et par la loi sur les Antiquités 166/1933. Un nouveau plan d'urbanisme et de l'organisation du bâti a été validé. Actuellement la Direction générale des antiquités (DGA) et le Ministère de l'environnement sont les instances officielles responsables du bien. La COSAQ, organisme constitué par les propriétaires des terrains (Patriarcat Maronite, Ordres religieux, etc.), par les municipalités de la région et les associations privées, s'occupe de la gestion du bien. Deux commissions de coordination, administrative et scientifique, devraient être crées pour aider à la gestion du bien et ceci dans le cadre du plan de gestion qui a été soumis au Centre du patrimoine mondial lors du classement du site. Ce plan de gestion a été mis à jour en 2007-2008. La création d'un parc régional et le développement d'un plan de gestion détaillé visant à assurer l'intégrité et l'authenticité du bien est recommandée par le Comité du patrimoine mondial. Un programme d'interventions permettra entre autres la réalisation de travaux sur le patrimoine bâti, l'amélioration du réseau routier et de celui qui a trait aux excursions, le renforcement du gardiennage et du contrôle dans la vallée, le soutien au tourisme écologique et à l'agriculture biologique et la rédaction d'études et la création de bases de données.  

La zone des cèdres est considérée comme un site naturel national et elle est soumise à des textes de protection spécifiques : la loi de 8/7/1939 concernant les paysages et les sites naturels au Liban ; le décret NI434 du 28/3/1942 qui précise les limites géographiques et les normes de la région des cèdres ; le décret K/836 du 9/1/1950 concernant l'organisation et l'aménagement de la région des cèdres ; le décret 52 du 7/11/2005 concernant l'organisation et l'aménagement de la région des cèdres ; le décret loi 558 du 24/7/1996 concernant la protection des forêts du Liban sous l'égide du Ministère de l'Agriculture. La protection de ce site est assurée par l'action conjointe du Patriarcat maronite, de la municipalité de Bcharré, de l'armée libanaise, et du Comité des Amis de la forêt des cèdres. Le Ministère de l'Agriculture et la DGA sont les administrations officielles responsables du site. Le Comité des Amis de la forêt des cèdres gère la forêt suivant un plan d'action. Certaines mesures de protection doivent être envisagées, notamment celle de dégager les environs de la forêt et d'éloigner les magasins de souvenirs. Un relevé écologique continuel est indispensable pour assurer un suivi et un contrôle.

Description longue

La vallée de la Qadisha a été occupée par des communautés monastiques depuis les toutes premières années du christianisme. Les arbres de sa forêt des cèdres sont les survivants d'une forêt sacrée ; c'était le matériau de construction le plus recherché du monde ancien.

Beaucoup des grottes de la Qadisha occupées par des anachorètes chrétiens avaient été utilisées auparavant comme abris ou comme tombes, dès le paléolithique. Dès les premiers siècles du christianisme, la vallée sacrée servit de refuge à ceux qui cherchaient la solitude. Les maronites syriens y cherchèrent refuge lors des persécutions religieuses qui commencèrent à la fin du VIIe  siècle ; ce mouvement s'intensifia au Xe  siècle, après la destruction du monastère de Saint-Marun. Les moines maronites établirent leur nouveau centre à Qannubin, au cœur de la Qadisha, et les monastères qui combinaient érémitisme et vie communautaire se multiplièrent rapidement sur les collines environnantes.

À la fin des croisades, les grottes de la Qadisha furent le théâtre de terribles actions menées contre leurs occupants, les maronites. En 1268 et en 1283, les sultans mamelouks Baybars Ier et Qalaoun conduisirent des campagnes contre les grottes-forteresses et les villages environnants. En dépit de ces attaques, le monastère de Deir Qannubin devint le siège du patriarcat maronite au XVe  siècle, et le demeura pendant cinq siècles. Au XVIIe  siècle, la réputation de piété des moines maronites était telle que nombre de poètes, d'historiens, de géographes, de politiciens et d'ecclésiastiques européens visitèrent la Qadisha, et s'y installèrent même parfois.

Toutefois, la vallée sacrée n'était pas seulement occupée par les maronites. Ses falaises rocheuses ont abrité d'autres communautés chrétiennes au cours des siècles : jacobites (orthodoxes syriens), melchites (orthodoxes grecs), nestoriens, Arméniens et même Éthiopiens. Le cèdre (Cedrus lebani) est décrit dans les anciens travaux de botanique comme le plus ancien arbre au monde. Il était admiré par les israélites, qui le rapportèrent chez eux pour construire le premier et le second temple de Jérusalem. Les sources historiques indiquent que les célèbres forêts de cèdres commençaient déjà à disparaître à l'époque de Justinien, au VIe  siècle apr. J.-C.

La longue et profonde vallée de la Qadisha (« sacrée ») se trouve au pied du mont Al-Makmal, au nord du Liban. Une rivière sainte, le Nahr Qadisha, la traverse sur 35 km, à partir de sa source située dans une grotte qui se trouve légèrement en contrebas des cèdres sacrés. Les pentes de la vallée forment des remparts naturels, et leurs falaises escarpées contiennent de nombreuses grottes, souvent situées à plus de 1 000 m d'altitude, et difficiles d'accès. Elles sont environnées de terrasses aménagées par les ermites pour cultiver le blé, la vigne et l'olivier. Les ermitages consistent en petites cellules qui ne sont pas plus hautes qu'un homme, parfois fermées par un mur ; ils exploitent les caractéristiques de la roche, ce qui explique l'irrégularité de leur répartition. Certains d'entre eux conservent encore des peintures murales.

Il existe quatre complexes monastiques : le monastère de Qannubin , le plus ancien des établissements maronites, se trouve au nord-est de la Qadisha ; le monastère de Saint-Antoine de Quzhayya occupe la pente opposée de la vallée, et aurait été fondé, selon la tradition, au IVe  siècle, par saint Hilarion, en l'honneur de l'anachorète égyptien saint Antoine le Grand - mais les plus anciens documents qui le mentionnent ne sont pas antérieurs aux environs de l'an mille ; le monastère de Notre-Dame de Hauqqa (Saydet Hauqqa) se trouve à une altitude de 1 150 m, entre Qannubin et Quzhayya, à la base d'une énorme grotte ; enfin, le monastère de Mar Lichaa (Mar Lisa ou saint Élisée), mentionné pour la première fois au XIVe  siècle, est partagé entre deux communautés, un ordre solitaire maronite et l'ordre des carmélites déchaussées. Ce dernier est formé de trois ou quatre petites cellules, d'un réfectoire et de quelques salles collectives ; l'église communautaire comporte quatre chapelles creusées dans sa façade rupestre.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Une grande partie des grottes de la Qadisha occupées par les anachorètes chrétiens avaient été antérieurement utilisées comme abris et tombeaux dès l'ère paléolithique. Depuis le début de l'ère chrétienne, la Vallée sainte servait de refuge aux personnes en quête de solitude. Les maronites syriens vinrent s'y abriter des persécutions religieuses à partir du VIIe siècle, et ce mouvement s'intensifia au Xe siècle, à la suite de la destruction du monastère de Saint Marun. Les moines maronites établirent leur nouveau centre à Qannubin, au coeur de la Qadisha, et des monastères combinant vie érémitique et vie cénobitique s'étendirent rapidement sur les collines environnantes.

A la fin des croisades, les grottes de la Qadisha furent le lieu d'actions dramatiques contre les Maronites. En effet, en 1268 et 1283, respectivement, les sultans mamelouks Baybars Ier et Qalaoun menèrent des campagnes contre ces grottes-forteresses et les villages alentour. En dépit de ces attaques, le monastère Deir Qannubin devait, au XVe siècle, devenir le siège du patriarcat maronite, et le rester pendant cinq cents ans. Au XVIIe siècle, la réputation de piété des moines maronites était telle que de nombreux poètes, historiens, géographes, politiciens et ecclésiastiques visitèrent la Qadisha, allant même parfois jusqu'à s'y installer.

La Vallée sainte n'était cependant pas simplement le centre de la culture maronite. Ses falaises rocheuses abritèrent aussi d'autres communautés chrétiennes au fil des siècles : jacobites (Syriens orthodoxes), melchites (Grecs orthodoxes), nestoriens, Arméniens, et même Ethiopiens.

Le cèdre (Cedrus lebani) est décrit dans d'anciens écrits botaniques comme le plus vieil arbre du monde. Les Israélites l'admiraient, et l'emportèrent sur leur terre pour bâtir les premier et second Temples de Jérusalem. Selon les sources historiques, les fameuses forêts de cèdres commençaient à disparaître à l'époque de Justinien Ier, au VIe siècle après Jésus-Christ.

Source : évaluation des Organisations consultatives