L’État partie, comme demandé par le Comité du patrimoine mondial (décision 35 COM 7B.52), a invité une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS à visiter le bien et a soumis un rapport sur l’état de conservation le 31 janvier 2012. Le rapport de mission est en cours d’achèvement et sera disponible à l’adresse suivante : http://whc.unesco.org/fr/sessions/36COM
Le rapport de l’État partie rappelle de nombreux problèmes soulevés dans le rapport sur l’état de conservation présenté à la 35e session du Comité du patrimoine mondial en 2011 (documentWHC-11/35.COM/7B.Add), la déclaration de valeur universelle exceptionnelle rétrospective adoptée par Comité du patrimoine mondial à sa 34e session (Brasilia, 2010) et le Rapport du second cycle des rapports périodiques dans les États arabes présenté à la même réunion à Brasilia. Il est expliqué que les systèmes de gestion et juridiques sont en place mais qu’ils n’ont pas été mis en œuvre. De même, alors que les éléments du bien qui détiennent la valeur universelle exceptionnelle sont intacts et que leur intégrité et leur authenticité ne sont que faiblement touchées par les problèmes rencontrés, leur conservation, leur environnement, leurs valeurs spirituelles sont menacés. La lettre d’accompagnement du Ministre de la culture indique que l’État partie voudrait élaborer un plan d’action, avec l’aide du Centre du patrimoine mondial, afin de sauvegarder les valeurs spirituelles, culturelles, naturelles et socio-économiques du bien.
Le rapport énumère les éléments du cadre de gestion et juridique pour la protection du bien et rappelle les problèmes persistants. Parmi ceux-là : la diversité des régimes de propriété, de nombreuses parties prenantes ayant des aspirations différentes, l’isolement de la vallée, l’abandon et la pauvreté passés des habitants qui, aujourd’hui, entendent capitaliser sur l’inscription, et le développement qui s’ensuit d’équipements touristiques illégaux et inappropriés ainsi que l’accès non géré des visiteurs. Bien qu’un plan de gestion, préparé en 1998, complété par des principes de gestion précisés en 2007, soit en place, la faiblesse de sa mise en œuvre le rend inefficace. Par exemple, les décisions de démolition de structures inappropriées ne sont pas appliquées. La Communauté pour la sauvegarde de la vallée de la Qadisha (COSAQ), chargée de la gestion du bien, n’a pas réussi à harmoniser les exigences et les aspirations des différentes parties prenantes, des spécialistes de la conservation et des autorités administratives. Les difficultés liées à l’élimination des déchets ainsi que le suivi et la gestion du développement et de l’accès des visiteurs demeurent. De plus, le traitement et la conservation de nombreuses fresques devraient être menés.
L’État partie est parfaitement conscient des problèmes de gestion, et des mesures ont été prises pour remédier à la situation. Des projets de conservation, des programmes d’amélioration de la présentation et de l’accès ont été élaborés grâce à diverses sources de financement. Un plan de zonage pour différents types de développements spécifiques et appropriés et un plan administratif établissant un cadre légal approprié pour la vallée ont été adoptés.
La mission conjointe de suivi Centre du patrimoine mondial / ICOMOS s’est déroulée du 9 au 13 avril 2012 et, bien que très courte, a pu confirmer les informations fournies par l’État partie et évaluer les problèmes généraux auxquels le bien est confronté :
a) Absence de structure de gestion opérationnelle,
b) Projets de développement du tourisme,
c) Constructions illégales dans la vallée et sur ses marges,
d) Manque de gestion des déchets,
e) Accès non contrôlé des visiteurs,
f) Surveillance insuffisante du site,
g) Absence d’entretien des routes et des sentiers,
h) Absence de stratégie de conservation des bâtiments historiques,
i) Absence de politique de développement socio-économique.
De plus, la mission a été informée de l’existence d’un grand projet de développement dans l’emprise du bien, intitulé Planning Wadi Qannoubine, et a eu l’occasion d’en parler avec différentes parties prenantes, insistant en particulier sur les graves conséquences négatives qu’aurait ce projet sur l’intégrité et la valeur universelle exceptionnelle du bien s’il était réalisé. Les dispositions de ce projet qui risquent d’avoir le plus d’impact sur le bien concernent l’accès mécanisé à la vallée de Qannoubine (voitures électriques et lignes téléphériques), l’élargissement de la route en fond de vallée et la création de 5 villages modèles pour l’hébergement des touristes.
Les principales recommandations de la mission concernant les actions à entreprendre dans un avenir proche sont, entre autres :
a) Établir une structure de gestion avec une équipe permanente en charge de l’entretien, du gardiennage et de la gestion des visiteurs,
b) En parallèle, établir un mécanisme de financement afin de permettre le fonctionnement de la structure de gestion et la mise en œuvre des projets d’amélioration et de réhabilitation,
c) Entreprendre une étude cadastrale afin d’établir une cartographie détaillée du bien et un inventaire de toutes les constructions,
d) Réviser les cartes du bien et de sa zone tampon récemment soumises de manière à y inclure tous les villages voisins,
e) Abandonner le projet d’élargir la route, de construire un téléphérique ou des villages modèle sur le territoire du bien ;
f) Établir un plan de conservation et de restauration, pour les bâtiments historiques ainsi que l’habitat rural,
g) Établir un plan de gestion des visiteurs,
h) Établir un plan de gestion des risques,
i) Entreprendre des études visant à améliorer les conditions de vie des habitants vivant dans l’emprise du bien et dans les villages voisins, notamment par la valorisation des produits locaux de l’agriculture et de l’artisanat et le développement d’infrastructures pour les visiteurs et les pèlerins.